Deal de places dans les établissements scolaires publics : Le REN-LAC en appelle à la vigilance des parents d’élèves

lundi 30 septembre 2013 à 23h45min

La période des rentrées scolaires est propice à un deal de place dans les établissements scolaires. Les auteurs de ces pratiques ne sont autres que certains enseignants chargés d’éduquer la jeunesse. Maintes fois décriée par des parents d’élèves et des syndicats d’enseignants par le biais des médias, cette activité lucrative persiste. Le REN-LAC dénonce cette pratique qui ne cesse de prendre de l’ampleur et interpelle les chefs d’établissement sur leur responsabilité.

Deal de places dans les établissements scolaires publics : Le REN-LAC en appelle à la vigilance des parents d’élèves

Les deals de place ont la peau dure au Burkina pendant les préparatifs de la rentrée scolaire. Les parents d’élèves s’arrachent les cheveux pour trouver un établissement d’enseignement en vue d’y inscrire leur progéniture. Dans le même temps, certains éducateurs, se donnent à cœur joie à des deals de place. Les établissements publics sont les plus concernés par le phénomène. Cette période est appelée le « mercato » (allusion aux tractations qui se font autour des transferts des joueurs de football peu avant la reprise des championnats) ou le « calcio » (allusion au championnat italien, réputé dur, mais caractérisé de tout temps, par des trucages de matchs). L’administration de l’établissement contribue pour beaucoup soit à la dérive soit au maintien d’une bonne éthique. Lorsqu’elle affiche très tôt une note informant les parents d’élèves de non disponibilité de places, ces derniers se ruent sur le marché noir. La pratique est simple. En tant que parent d’élève, vous approchez un enseignant pour négocier une place pour votre enfant, il vous fait savoir que son quota de place est dépassé mais il peut contacter un de ses collègues qui n’a pas encore épuisé son quota. Quelques jours après il vous dit que le collègue réclame une contrepartie financière. Les montants réclamés sont fonction de la qualité de l’enseignement dans l’établissement et du niveau de la classe. Selon certains parents d’élèves qui ont eu à recevoir les propositions, les montants varient entre 50 000 FCFA et 125 000 FCFA. Les places de la classe de 6ème et de seconde sont les plus chères, cela se justifie par le fait qu’il y a très peu de places à ce niveau. En plus l’élève aura plusieurs années à passer dans l’établissement s’il commence par ces classes.

Les responsables d’établissement devront être plus vigilants

Les enseignants bénéficient du droit d’inscrire en moyenne deux élèves dans les établissements publics. Cette autorisation peut être réduite ou revue à la hausse en fonction de la disponibilité des places. Pendant que les uns plus soucieux du rôle qu’ils peuvent jouer dans l’éducation des enfants accordent ces places à des parents proches méritants ou démunis, d’autres ont choisi de faire des rackets organisés et de la surenchère. C’est ainsi que des parents d’élèves se voient proposer des places en échange de fortes sommes d’argent. Le REN-LAC en appelle au bon sens des éducateurs. Les responsables d’Etablissements scolaires publics devraient être plus regardants sur l’usage fait des places offertes aux enseignants. Les effectifs pléthoriques dans les établissements publics sont une des conséquences de ce marché lucratif des débuts d’année au Burkina. Pourquoi ne pas demander à chaque élève venu par ce canal, le montant que ses parents ont eu à débourser, cela permettra de débusquer les enseignants vendeurs de place. Dans certains Etablissements de la capitale, la machine est bien huilée, la chaîne va du gardien au responsable d’Etablissement en passant par les frères des enseignants. L’on pourrait créer à défaut des comités anti-corruption (CAC) ou trouver des méthodes subtiles de dénonciation des enseignants véreux par les parents et les élèves.

L’avenir de la jeunesse est une préoccupation pour le REN-LAC qui a déjà tenu des conférences sur la corruption dans le secteur de l’éducation. La Bande dessinée KOUKA éditée chaque année pour la jeunesse permet une sensibilisation dès le bas-âge. Le Réseau n’acceptera jamais que ces efforts soient sapés par des brebis galeuses. Une prise de conscience des éducateurs est nécessaire par le refus de toutes propositions onéreuses en échange de places dans nos écoles, lycées et collèges. Les responsables d’Etablissement doivent jouer leur partition afin que ce droit à l’éducation consigné dans la Constitution soit inscrit dans du marbre pour tous les enfants du Burkina. Les ministères des enseignements et de l’éducation devront prendre des mesures vigoureuses contre le phénomène afin que la gangrène ne déteigne pas sur la qualité de notre enseignement.

Le Réseau National de Lutte Anti-Corruption (REN-LAC)

01 BP 2056 Ouagadougou 01, Rue Zomsaba, 17.572

Tél : +226 50 43 32 83 - Numéro vert : 80 00 11 22

E-mail : renlac@renlac.org – Site web : www.renlac.org

Messages

  • Que voulez-vous !moi personnellement,je viens de payer plus de 100.000Fr pour mes 2 enfants,est-ce j’ai vraiment le choix ?les enseignants aussi pensent que c’est la seule opportunité qui leur est offerte pour se faire la poche à l’instar d’autres corps de metier qui ont tout aussi leurs circuist !Au Burkina,la corruption est devenue une règle,et à tous les niveaux de l’administration publique,d’ailleurs plus on est corrompu mieux on est promu !Imaginez un DAF,un CSAF,un DG vous passent un marché,et en retour vous ne faites pas de geste, équivaudrait à dire adieu à cette structure,du coup on gagne plus en ne dénonçant pas,surtout quant on vie de petits commerces tant pis !!!!!

  • moi mon ex collègue du lycée yadega m’a exigé 37500 f pour inscrire mon neveu (suis encadreur). c’est le provo qui m’a donné la place cadeau.

  • C’est misérable comme attitude. Que fait la gendarmerie ? Le cas de Ouaga est grave. Le trio proviseur-président APE et délégué du personnel constitue le fléau.
    Les syndicats comme le SYNTER qui sont prompts à dénoncer les tarres du système éducatif sont muets sur le deal des places. Franchement, tout est relatif en matière de morale.

  • Il faut embastiller tous ces cancres corrompus. Y a-t-il aucune structure publique pour investiguer et faire juger tous ces faux types.
    Normal’ quand certains en sont a des milliards pres sans inquietude, c’est pas etonnant qu’ils fassent des emules.

  • Que voulez- vous ? C’est notre 13ème mois. Lorsqu’un douanier fait un deal de 5 millions tous les mois on ne dit rien. Il est de quelle catégorie ? Préposé de douanes avec villas, voitures , célibatériums, etc... Ou est le fameux REN LAC dans ces cas ? Si un pauvre enseignant se fait remercier par 50 000f pour un service rendu on tombe sur lui à bras raccourci. Guiro n’était qu’un fonctionnnaire de catégorie A1 comme moi. Mais il a détourné combine de francs avant l’affaire des cantines à milliards. Laissez nous tranquiles car vous vous faites ridicules. Nous ne cautionnons pas la corruption mais il y a comme un acharnement sur un corps socio professionnel de la part du REN LAC. Occuppez-vous de la corruption à grande échelle au lieu de vous acharner sur les menus fretins.

  • Que voulez vous qu’on fasse car tout cela découle de la faillite de l’Etat dans la gestion de l’enseignement puisque l’Etat a préféré pioncer sur ses lauriers et laisser le Privé installé son chienlit dans l’instabilité pecunier dont il fulmine avec sa melodie de nouvelle augmentation à chaque session scolaire . Scolarité -APE et j’en passe . Pauvre Burkina l’esclave mérite ses chaines comme l’a bien foemulé l’autre devancier ( Paix à son ame )

  • Merci KDOUL. Arrêtons d’être hypocrite. Les fonctionnaires qui ne sont pas corrompus au Faso se compte sur le bout des doigts0. Et si c’est le cas, c’est qu’ils n’ont pas opportunités. La solution viendra d’en haut, de la grande corruption qui capte les milliards qui auraient pu lutter contre la pauvreté et réduire la petite corruption. Courage au REN LAC pour la sensibilisation et la dénonciation.

  • Que voulez vous qu’on fasse car tout cela découle de la faillite de l’Etat dans la gestion de l’enseignement puisque l’Etat a préféré pioncer sur ses lauriers et laisser le Privé installer son chienlit dans l’instabilité pecunier dont il fulmine avec sa mélodie de nouvelle augmentation à chaque session scolaire . Scolarité -APE et j’en passe . Pauvre Burkina l’esclave mérite ses chaines comme l’a bien formulé l’autre devancier ( Paix à son ame )

  • Que voulez vous qu’on fasse car tout cela découle de la faillite de l’Etat dans la gestion de l’enseignement puisque l’Etat a préféré pioncer sur ses lauriers et laisser le Privé installer son chienlit dans l’instabilité pecunier dont il fulmine avec sa mélodie de nouvelle augmentation à chaque session scolaire . Scolarité -APE et j’en passe . Pauvre Burkina l’esclave mérite ses chaines comme l’a bien formulé l’autre devancier ( Paix à son ame )

  • LE REN LAC NOUS POMPE L’AIR AVEC SES AIRS DE DONNEUR DE LEÇONS : C’EST POURRI DANS LE MILIEU ASSOCIATIF ET IL NE PIPE MOT DE CELA. C’EST TOUJOURS LE GOUVERNEMENT QU’IL VOIT AINSI QUE LES CORPS HABILLES, QU’IL REGARDE EN SON PROPRE SEIN ET AUTOUR DE LUI IL VERRA BIEN DE CHOSES. ZUT...

    • VERGES, si tous les Burkinabè avait ton raisonnement, adieu l’espoir d’un Burkina meilleur. A peine si tu ne nous dit pas de faire le lit de la corruption. Si à ton avis le REN LAC ne fait pas un travail satisfaisant, qu’attends-tu en tant que citoyen à agir en lieu et place de celui-ci ? J’ai l’impression que tu n’as même pas pris connaissance du contenu du rapport du REN LAC. Je me trompe ?

  • Tout travailler ou fonctionnaire bénéficie des faveurs (octroi de stage, de poste,de contrat.....). Le problème se trouve dans l’utilisation de cette faveur. Je suis d’accord avec le REN-LAC sur le coût exorbitant des places.Mais je n’en veux pas aux enseignants qui n’ont fais que jouir de leurs droits. J’accuse par contre le Ministère,qui a cessé de recruter par test pour donner la chance a tout le monde.
    La solution c’est de réduire le quota à (01) place par enseignant et d’organiser des test de recrutement.

  • le ren lac n a jamais mené une enquête sur ceux qui ventent les sujets des concours directs de la fonction publique metant en perile l egalité des chances.je sais que je suis hors sujet mais s est aussi ma façon de les reveiller

    • @ la verité : sais tu que le RENLAC a un numéro vert ? si tu as des faits de corruption avérés sous la main il faut les contacter et tu veras la suite ! Ils ne peuvent pas tout faire mais ils constituent cette lueur d’espoir que nous avons intérêt à maintenir, sinon la corruption deviendra la règle.

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