Point de vue de l’islam sur la contraception

jeudi 26 septembre 2013 à 15h01min

L’expression "planning familial" se réfère à la contraception utilisée par le mari et
l’épouse pour planifier le nombre d’enfants en espaçant les grossesses. L’expression
"contrôle des naissances" désigne, quant à elle, l’utilisation de la contraception pour
empêcher la gestation résultant d’une relation sexuelle ayant eu lieu dans le cadre du
nikâh ou hors nikâh (ce qui est strictement interdit dans l’Islam). Du point de vue
islamique, toute utilisation de la contraception comme un moyen pour la promotion
de la promiscuité est tout à fait inacceptable. Les sentiments naturels entre homme
et femme doivent être canalisés à travers l’institution du mariage. C’est pour cela que
nous préférerons l’expression "planning familial" à du "contrôle des naissances".

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Point de vue de l’islam sur la contraception

L’Islam est une qualité de vie parfaite. C’est un système et un code global de culte,
d’éthique et de moralité. La détermination de ce qui est halâl (légal) ou harâm (illégal)
doit se baser sur le Qour’ane, les Hadiths -la Sounnah du Prophète. Si la règle ne se
trouve pas dans ces références premières, alors le savant fait appel aux autres
sources de la loi musulmane et étudie les décisions des savants musulmans érudits
en la matière.

Le sujet de la contraception serait délicat à traiter du point de vue religieux sans
l’approche médicale. Il est nécessaire de considérer les différentes méthodes de
contraception et leurs effets secondaires pour déterminer leur acceptabilité religieuse
ou non.
Nous aborderons donc le point de vue de la loi islamique en ce qui concerne la
contraception. Est-elle autorisée ou sanctionnée ? Quelles seraient les raisons
léqitimes pour autoriser une telle pratique et les méthodes envisageables ?

Le point de vue islamique ...

L’utilisation des méthodes contraceptives s’apparente au "az’l" (coït interrompu) qui
était pratiqué également par certains Sahabas. Le az’l n’est pas autorisé sans excuse
valable. Quand Rassouloullah fut questionné à propos du az’l, il le compara à un
"infanticide caché" et il mentionna ensuite le verset du Qour’ane sur l’abomination
d’enterrer quelqu’un vivant (Mishkaat P : 276 rapporté du Sahih Muslim)
Sheikh Abdoul Haq Mouhaddith Dehlawi (rahimahoullâh) écrit dans son livre
"Iam’aat" que la pratique hideuse du az’l tombe également dans le cadre de ce
verset.

Tout comme le az’l n’est pas permis sans excuse valable, il en est de même pour la
contraception qui requiert des raisons valables pour son acceptation. (Note : Les
excuses valables sont celles définies par les Oulama comme valides)
On peut mentionner comme excuse valable le cas où la mère a subit pendant la
grossesse précédente et pendant l’accouchement des difficultés telles qu’elle a
besoin d’un certain temps pour retrouver sa force et son endurance physique, le
risque d’une grave détérioration de la santé de la mère en cas de grossesse,
présence chez la mère d’une maladie mentale ou physique entraînant l’incapacité à
assurer ses devoirs maternels, espacement entre deux portées afin de ne pas léser
l’allaitement du premier enfant. .. Il est nécessaire de souligner que la décision d’avoir
recours à la contraception dans ces cas ne dépend pas du couple concerné. Elle doit
se baser sur le diagnostique d’un médecin honnête, qualifié, de préférence ayant une inclinaison pour le dîne, et s’appuyant sur des preuves médicales établies.
Cependant la peur de la pauvreté, la recherche de moyen de subsistance plus
abondant, les ambitions professionnelles, les études, la préservation de la beauté
corporelle ("garder la ligne") ne peuvent constituer des excuses valables.

N’oublions pas qu’avec ou sans contraception, rien n’empêchera le décret divin de se
réaliser. Si Allah a décidé de la naissance d’un enfant, aucune contraception ne
pourra retenir sa décision.

L’analyse des différentes méthodes ...

Les principes islamiques :
Maintenant, si une personne souhaite, pour des raisons valables, recourir à la
contraception, la méthode utilisée devra vérifier les principes suivants :
- Les méthodes irréversibles ne sont pas autorisées sauf en cas de force majeure où
la vie de la mère est en danger [(Qour’ane An-nissa 119), (Houjjatoul lahil baaligha
p:356voI2),(Badaai’ous sanaa’ir’ p311 vol ?), (Qaadhi Khaan p365vol ?)]
- Les méthodes réversibles intervenant après la fécondation de l’oeuf ou la
nidification ne sont pas permises [(AIMabssout Assarakhsi p51vo130 ; p8 ? voI26),
(Masalato tahdidin nasl ; Ramadan AI BoutY p ?6),(Raddoul Mouhtaar p519
voI5),(lhyaa Oloumoud dîne ; AI Ghazaali p51 vol2 ].
Lorsque les méthodes qui permettent la contraception avant la fécondation sont —
possibles, elles doivent être utilisées aux dépens de celles qui interviennent après la
fécondation.

Les différentes méthodes :

La variété des méthodes contraceptives disponibles de nos jours est mentionnée cidessous.
Pour faciliter la présentation, elle sera classifiée en trois catégories : les
méthodes irréversibles, les méthodes réversibles préventives, les méthodes
réversibles post- conception.

a- Les méthodes irréversibles (permanentes) :

1. La vasectomie chez l’homme : Il interrompt l’émission des spermatozoïdes. Le
canal déférent est coupé ou lié après incision de la peau des bourses.

2. La ligature des trompes chez la femme : Cette procédure bloque les trompes et
empêchent l’oeuf et les spermatozoïdes de se rencontrer.

Ces deux méthodes ne sont pas autorisées à moins qu’une autre grossesse mettrait
en danger la vie de la femme.

b- Les méthodes préventives : Elles empêchent la fécondation de l’ovule.

3. L’abstinence : ou éviter toute relation conjugale pendant un certain temps. Cette méthode est la meilleure et la plus efficace mais elle est évidemment désirée par le
couple que pour une courte durée.

4. La méthode naturelle (méthode des températures, méthode de la glaire cervicale
ou méthode de Billings) : Elle permet de déterminer les phase féconde et inféconde
par l’examination quotidienne de la température et de la glaire cervicale afin d’éviter
toute relation pendant les jours féconds. Elle présente le moins d’effets secondaires
et ne requiert pas l’assistance d’un médecin après la consultation initiale.

5. Le retrait ou la méthode du az’l : Voir plus haut.

6. Les spermicides : Ils comprennent des mousses, des gelées (ou crèmes), des
ovules et des comprimés solubles à introduire dans le vagin. Ces produits associent
un agent tensio-actif (qui modifie la perméabilité des membranes de la cellule et
détruisent les spermatozoïdes) à un agent bactéricide.

7. Les préservatifs masculin ou féminin : Ils empêchent la libération de
spermatozoïdes dans le vagin.

8. Le diaphragme : C’est une membrane de latex induit de spermicide sur un anneau
métallique flexible posé au fond du vagin. Il tue les spermatozoïdes avant qu’ils
n’atteignent l’ovule.

9. Les pilules oestroprogestatifs classiques combinés ou séquentiels et les
oestroprogestatifs minidosés appelés minipilules et également micropilules : Ils
associent un oestrogène à un progestatif à dose identique (combiné) ou vartable
(séquentielle). Ils agissent à trois niveaux : Ils bloquent la synthèse des hormones
FSH et LH bloquant ainsi l’ovulation. Ils rendent la glaire épaisse, imperméable aux
spermatozoïdes et l’endomètre (muqueuse interne de l’utérus dont l’élimination
provoque les règles) atrophique impropre à la nidation.

Ces pilules produisent de nombreux effets secondaires. On peut citer le risque de
phlébite, l’action sur le métabolisme des lipides, les jambes lourdes, les seins
gonflés, le risque d’hypertension artérielle et la prise de poids. Et en cas de
surchàrge en oestrogènes : nausées, vomissements, instabilité, céphalées (mal de
tête), tension mammaire, sécrétion cervicale abondante, candidose ...

En cas de
surcharge en progestatifs : état dépressif, céphalées à l’arrêt du traitement,
sécheresse vaginale, apparition rare de tumeurs hépatiques ... Les effets
secondaires des séquentiels sont identiques à ceux des classiques mais favorisent
aussi l’apparition ultérieure de cancer de l’endomètre. Les effets secondaires de la
minipilule sont également identiques à ceux des pilules classiques mais sont moins
importants.

10. Les pilules progestatifs purs : En traitement continu, ils ont surtout une action sur
la glaire cervicale et sur l’endomètre mais ne bloquent pas l’ovulation. Ils sont donc
moins sûrs et sont responsables de mastopathie (maladie du sein), mastodynie
(douleur des seins), des irrégularités menstruelles, des aménorrhées en début de
traitement. .. En traitement discontinu et en injection trimestrielle retard, les
progestatifs macrodosés empêchent l’ovulation mais ont des effets secondaires
importants ainsi que des saignements intermenstruels.

Les nouveaux procédés tels le patch et les implants tombent dans la catégorie des
pilules dans la mesure où ils agissent de la même façon c’est à dire par libération
hormonale.

Nous déconseillerons fortement l’utilisation des pilules ou hormones injectables
contraceptives dans la mesure où leurs effets secondaires peuvent causer de
sérieuses maladies et ils dérèglent bien souvent les cycles menstruels et provoquent
des saignements imprévus compromettant fâcheusement l’état de propreté de la
femme pour la Salaat et les Ibaadates. Par ailleurs, ces problèmes entraîneront
l’exposition de la awrah (parties intimes) à un médecin. Rappelons que cela n’est
autorisé, même devant une femme, que dans des cas de grande nécessité. Nous
devons donc opter pour des alternatives lorsqu’elles sont disponibles afin d’éviter
l’exposition illégale de notre awrah.

En cas de nécessité, une personne devrait utiliser des procédés plus adéquats
mentionnés ci-dessus (méthode naturelle, préservatif ... ).

c- Les méthodes post-conception : Elles interviennent après la fécondation de l’ovule.

11. Le stérilet : Les stérilets (DIU) sont des objets de petite taille destinés à être
placés à l’intérieure de l’utérus. Pour augmenter leur pouvoir d’action, du cuivre, de
l’argent, de la progestérone ont été ajoutés. Son mécanisme d’action est encore mal
élucidé. Ce dispositif est un contragestif qui empêche la nidification de l’oeuf fécondé
dans l’utérus. Selon certains médecins, il est possible qu’il entraîne une absence
d’ovulation induit par une réponse ("feedback") à la présence d’un corps étranger
dans l’utérus. .

12. La pilule du lendemain et le RU486 (formes injectables) : Ce sont des abortifs
chimiques qui interceptent l’ovule fécondé dans les 72h après un rapport.

Ces méthodes de contraception ne sont pas autorisées du fait qu’elles interfèrent
avec le développement de la gestation après que l’ovule ait été fécondé.

CONCLUSION :

L’Islam encourage l’établissement d’une vie familiale stable et solide. Cette famille
élèvera des enfants qui hériteront du message d’Allah et établiront les lois et les
commandements d’Allah sur terre. Le recours à un planning familial n’est pas
d’emblée autorisé par l’Islam : Il est conditionné en premier lieu aux intentions des
intervenants, puis à la méthode utilisée et aux conséquences médicales impliquées.

En choisissant une méthode de contraception, une personne doit toujours considérer
son aspect moral. La moralité en Islam est une priorité première qui ne peut
supporter de compromis. Si la méthode entraîne un mal quelconque à l’époux ou à
l’épouse, l’Islam ne l’autorise pas. Nous nous devons de préserver ce bienfait divin
de la procréation ; personne ne connaît les conditions futures. Aucun mal non plus
ne doit atteindre le foetus potentiel crée.

Si notre intention est la peur de la dégradation de notre environnement et de notre
position matérielle, ou la peur d’être déjà pauvre, sachez qu’Allah a assuré
l’approvisionnement matériel à travers la venue d’un nouvel enfant (Qour’aan
17:31/6:151 ).

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Vos commentaires

  • Le 26 septembre 2013 à 15:13
    En réponse à : Point de vue de l’islam sur la contraception

    Evitons les débats sur la religion et les ethnies. Ce sont des sujets très sensibles

    Répondre à ce message

  • Le 26 septembre 2013 à 17:01, par Shahid
    En réponse à : Point de vue de l’islam sur la contraception

    Merci pour tous ces enseignements. Qu’Allah vous soit valablement reconnaissant

    Répondre à ce message

  • Le 26 septembre 2013 à 18:49, par le fils du paysan
    En réponse à : Point de vue de l’islam sur la contraception

    le debat religieux est tres complexe. a chacun sa religion et sa pratik. soyons pratiquants et respectons la croyance d’autrui

    Répondre à ce message

  • Le 26 septembre 2013 à 19:16, par le Carré
    En réponse à : Point de vue de l’islam sur la contraception

    Moi en tout cas j’ai appris quelque chose. Et j’en disposes comme je veux. D’aucuns cherchent des enfants d’autres n’en veulent pas. Ainsi va la vie....

    Répondre à ce message

  • Le 27 septembre 2013 à 07:37, par Manitu
    En réponse à : Point de vue de l’islam sur la contraception

    Assez difficile à comprendre (très technique) quoique intéressant.
    Cependant il faut penser à signer vos articles. Même si vous parlez au nom de l’Islam, vous êtes une personne (humaine ou morale) qui exprime ses idées...

    Répondre à ce message

  • Le 27 septembre 2013 à 08:21
    En réponse à : Point de vue de l’islam sur la contraception

    "Si notre intention est la peur de la dégradation de notre environnement et de notre position matérielle, ou la peur d’être déjà pauvre, sachez qu’Allah a assuré l’approvisionnement matériel à travers la venue d’un nouvel enfant (Qour’aan 17:31/6:151 )."
    Je crois qu’il faut éviter de faire croire aux fidèles que tout va tomber du ciel. Aujourd’hui, on ne peut plus se permettre d’avoir 6 enfants par femme car l’environnement ne peut le supporter. Si déjà le Burkina n’arrive pas à nourrir sa population, dégrade son environnement, et n’arrive pas à sortir sa population de sa pauvreté, il y a lieu de ne pas inculquer le fatalisme auprès des musulmans que la venue d’un enfant va tout résoudre alors que cela ne fera qu’aggraver les difficultés de vie de la famille avec une bouche de plus à entretenir.

    Répondre à ce message

  • Le 27 septembre 2013 à 12:45, par Gédéon
    En réponse à : Point de vue de l’islam sur la contraception

    L’histoire de l’humanité est pleine d’enseignements. Voyez vous, nous ne pouvons pas continuer de faire nôtre, des connaissances qui n’évoluent pas. Les réalités de nos ancêtres sont différentes des nôtres. Ce qui veut dire que ce n’est pas tous les savoirs qui nous ont été légués qui sont bons pour nous au 21ème siècle même venant des livres saints. Faisons attention. Apprenons à réfléchir en tenant compte de ce que EINSTEIN a dit :" la religion sans la science est aveugle ; la science sans la religion est boiteuse." Comprenne qui est disposé.

    Répondre à ce message

  • Le 27 septembre 2013 à 18:17, par Flouz
    En réponse à : Point de vue de l’islam sur la contraception

    Là où on attend votre point de vue vraiment, c’est sur le sénat et la révision de la constitution, la contraception, l’homosexualité et autres, on est suffisamment grands pour gérer ça.

    Répondre à ce message

  • Le 27 septembre 2013 à 18:19, par Adama
    En réponse à : Point de vue de l’islam sur la contraception

    Je ne mets pas en doute la qualité et l’authenticité du texte, mais j’estime qu’il est souhaitable d’en préciser la source ou l’auteur. Du reste du peu de chose que je connaisse des enseignements de l’Islam sur ce sujet, je crois même qu’il a été très bien développé conformément aux règles islamiques.

    Répondre à ce message

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