Au coin du palais : Une étudiante transformée en prostitutuée en voulant aller en Europe

mardi 24 septembre 2013 à 15h43min

Appelée à la barre le vendredi 20 septembre 2013, aux audiences correctionnelles du TGI de Bobo-Dioulasso, A.A. est accusée de proxénétisme. En effet, il lui est reproché d’avoir entraîné dans la prostitution I.J., une étudiante de 3e année de communication au Nigéria. Cette dernière serait arrivée dans la ville de Bobo-Dioulasso par l’intermédiaire d’un personnage fictif du nom d’Amos. Selon ses propos, Amos devait l’amener en Europe pour y travailler dans les débits de boissons ou dans les champs.

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Mais à sa grande surprise, elle fut conduite au Burkina Faso et logée au domicile de A.A., chez qui elle faisait des travaux ménagers. A.A. soutient qu’elle a « acheté » I.J. à 350 000 F CFA et que selon le « contrat », celle-ci devait, en retour, se prostituer pour lui rembourser la somme de 1,2 million de F CFA. Tout allait bien entre elles et en 3 mois déjà, I.J. avait réussi à lui rembourser 370 000 F CFA. I.J. nie cette version des faits et soutient qu’elle était contrainte d’accepter ce que Amos et A.A. lui ordonnaient, car ne sachant où aller et sans argent pour retourner dans son pays. Elle affirme qu’à un certain moment, elle s’est sentie séquestrée, ne pouvant ni communiquer au téléphone, ni discuter avec son entourage. Elle a donc pris attache avec un de ses compatriotes qui aurait alerté la police. A en croire A.A., elle ne savait pas que le proxénétisme était interdit au Burkina Faso, mais affirme que leurs activités se déroulaient tard dans la nuit. « Au Nigéria et dans le monde entier, exploiter quelqu’un à des fins de prostitution est interdit », lui a rétorqué Mme le procureur. Elle a poursuivi en expliquant qu’il s’agit là d’un cercle vicieux où celles qu’on « achète » finissent d’abord de rembourser ce qu’elles doivent à leurs « tutrices » avant d’être à leur tour des « acheteuses » de filles. Déclarée coupable, le tribunal l’a finalement condamnée à 6 mois de prison et à 300 000 FCFA d’amende, le tout assorti de sursis.

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Il recherche le Christ dans les machines à sou

K.M. est un employé de commerce dans la ville de Sya. Le 23 juillet dernier, il se présentait devant la salle de jeux de O.L., muni d’un sac qu’il aurait confié au vigile à l’entrée. Une fois dans la salle, le vigile en question dit avoir vu les clients déserter à pas de course les locaux. A sa grande surprise, il voit K.M., machette en main, qui détruisait les machines à sou. Le vigile alerte alors les forces de l’ordre qui réussissent à maîtriser le vandale. Au total, selon O.L., K.M. a détruit 23 machines, des vitres ainsi que le logo et le bâtiment servant de salle de jeux. Au Tribunal le vendredi 23 juillet 2013, K.M. est donc accusé de destruction de propriétés privées, de menaces de mort contre T.A. (responsable de la salle de jeux) et d’autres personnes, et également pour détention illégale de munitions. Après de longs et pénibles moments pour arracher ne serait-ce qu’un mot au prévenu, afin de comprendre les motivations de son acte, celui-ci s’est exprimé en ces termes : « Je recherchais mon Seigneur, le Christ ». Il a ajouté que « c’est eux qui l’ont retenu là-bas ». Telles sont les seules paroles claires que le Tribunal a réussi à tirer de K.M. En effet, durant tout le procès, K.M. s’est mué en personne ne disposant pas de toutes ses facultés mentales. Des controverses, il n’en manque pas dans ce dossier ! Selon les mots de T.A., KM serait un habitué de la salle de jeux. Il soutient avoir été averti par ce dernier qu’il viendrait détruire les machines. A la question de savoir si K.M. avait des problèmes mentaux, sa sœur, appelée pour expliquer ses comportements, est restée, elle aussi, muette. S’agissant de la détention des munitions, le prévenu dit posséder un permis qui, selon lui, se trouverait à son domicile. Le procureur, reconnaissant à tout citoyen le droit de se défendre contre toute accusation a donc demandé que O.M. soit conduit sous escorte à son domicile pour aller y chercher ledit permis. Ce fut également la décision du Tribunal qui a mis le dossier en délibéré pour le 27 septembre prochain.

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Un trio de jeunes cambrioleurs à Padéma

Ils ont été trois à se présenter à la barre le vendredi 20 septembre 2013 pour avoir cambriolé une boutique à Padéma, le 5 juillet 2012. Les faits se sont déroulés une nuit vers 20 heures. Un travail très bien organisé ! D.B., le plus âgé, aurait forcé la porte de ladite boutique, passait la marchandise à D.O. qui était chargé de la mettre en lieu sûr, pendant que P.S., le plus jeune, faisait le gué. Interrogé le premier, D.B. dit s’être introduit tout seul dans la boutique, « les autres m’ont juste aidé à transporter mon butin », a-t-il déclaré. Selon ses propos, D.O. et P.S. n’ont pas été informés de la provenance des objets qu’ils avaient frauduleusement soustraits. Questionné à son tour, D.O. a soutenu la version de son aîné. P.S. quant à lui, a affirmé qu’il n’était pas sur les lieux du vol, mais qu’il avait vu D.B. entrer dans la boutique. A la question de savoir où il se trouvait pendant la scène, il a répondu qu’il était à un bal à quelques kilomètres des lieux du délit. Mme le procureur, se basant sur les procès verbaux de la police et par des questions pointues adressées au jeune P.S., est parvenue à la conclusion que tous les prévenus ont changé leur version des faits. Tous répondaient maintenant d’une même voix. D.B. était le chef de file et les deux autres, ses complices. Un poste radio, une batterie, des téléphones portables, des chargeurs et la somme de 4 000 FCFA avaient été emportés par le trio. D.I. le propriétaire de la boutique estime la valeur des biens emportés à plus de 75 000 F CFA. La procureur a souhaité que la loi soit appliquée, mais a réclamé l’indulgence du Tribunal pour P.S. qui a fait preuve de bonne foi en commençant par avouer. Le Tribunal a jugé ces jeunes coupables du forfait commis. Ils ont tous été condamnés à payer solidairement une amende de 75 000 FCFA de dommages et intérêts. D.B. et D.O. on été condamnés à 18 mois de prison ferme tandis que P.S. a écopé de 12 mois ferme.

Rassemblés par
Jean-Marie TOE &
Rachid SAWADOGO
(stagiaire)

Sidwaya

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