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Cérémonie de début du mandat d’IBK : La dernière fête ?

Accueil > Actualités > International • • vendredi 20 septembre 2013 à 15h10min
Cérémonie de début du mandat d’IBK : La dernière fête ?

Ce 19 septembre 2013, journée de grande fête au Mali. Elle a été déclarée chômée et payée. Mieux, elle est particulièrement marquée par une grande cérémonie d’une mobilisation rare de chefs d’Etat : c’est la cérémonie marquant le début du quinquennat du président Ibrahim Boubacar Kéïta (IBK).

Elu le 11 août 2013 président de la République du Mali, IBK a reçu le 4 septembre 2013 conformément au délai constitutionnel, la charge de diriger le peuple malien. En tout cas, il aura prêté serment à cet effet, devant la Cour suprême.

Cette cérémonie du 4 septembre semble être passée inaperçue. IBK mérite mieux ! Tout porte à croire que c’est ce qu’il s’est dit. Et la cérémonie du 19 septembre 2013 semble être celle de sa taille. Elle aura, à tout le moins, drainé une trentaine de chefs d’Etat et de gouvernement – non des moindres – et environ 55 000 personnes au stade du 26 mars de Bamako où défilé militaire et intermèdes musicaux ont émerveillé.

Le président français, François Hollande – le libérateur en chef - le président tchadien Idriss Déby à qui IBK a rendu sa toute première visite en qualité de président du Mali, le président en exercice de l’UEMOA, Alassane Dramane Ouattara, le président du Faso Blaise Compaoré, médiateur de la CEDEAO dans la « catastrophe » qu’a connu le Mali, ont fait le déplacement de Bamako.

Le roi du Maroc, Mohammed VI, celui-là même qui effectue rarement des visites officielles, a foulé le sol bamakois pour l’occasion. Pour lui aussi, cela en valait la peine ; ne serait-ce que pour poser les jalons d’un front uni contre les velléités sécessionnistes. En effet, le Maroc tente de contrer la poussée indépendantiste du Sahara Occidental, ex-colonie espagnole passée sous son contrôle en 1975. Ayant senti que la communauté africaine n’a pas l’intention de régler le problème en sa faveur, le Maroc s’est retiré de l’Union africaine, et n’a depuis 1984, que le statut d’observateur au sein de l’institution panafricaine.

Au Mali aussi, les velléités indépendantistes de l’Azawad sont, à ce jour, clairement affichées. Pas question de division du territoire malien ! Telle a été la position d’IBK, position exprimée pendant la campagne électorale, et même après. Finira-t-il par fléchir ? Pas évident, en cas de mariage réussi avec le souverain marocain.

La visite du roi Mohammed VI a également une dimension géostratégique. Un rapprochement particulier Rabat- Bamako peut bien en découler, au détriment de l’Algérie qui semble brouiller les initiatives extérieures du royaume chérifien en direction notamment du Mali. Le Maroc veut prouver au Mali qu’il peut aussi, sinon mieux que l’Algérie, combattre le terrorisme dans le Sahel.

En attendant, la journée du 19 septembre aura été celle des grasses fêtes. Mais aussitôt après, IBK devra affronter la réalité du terrain des défis, nombreux et difficiles. La réconciliation nationale, la réforme de l’armée, la lutte contre la corruption, la relance du secteur agricole et la reprise économique figurent au premier rang des chantiers urgents. En tout cas, il a solennellement promis le 4 septembre dernier, « d’œuvrer pour que les Maliens retrouvent foi en l’avenir ».

La tenue des élections législatives s’affiche aussi au rang des urgences. En effet, IBK a besoin d’une majorité confortable à l’Assemblée nationale, pour pouvoir attaquer avec sérénité ce vaste chantier d’équations complexes à plus d’un titre. Pour ce faire, un décret pris en Conseil des ministres annonce le premier tour de ces législatives pour le 24 novembre et le second tour pour le 15 décembre 2013.

Encore faut-il qu’un climat favorable à la tenue paisible et de la campagne électorale, et du scrutin, soit créé. Il est souhaitable que ces législatives ne soient pas bâclées dans une sorte de confusion vitesse et précipitation.

Pourvu que les fêtes à la taille de celle du 19 septembre 2013 ne se succèdent pas, et surtout que les milliards d’euros alloués par la communauté internationale ne soient pas engloutis par ces fêtes.

Fulbert Paré

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