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Décès du président Saye Zerbo : les Burkinabè pleurent « un grand homme d’Etat »

Accueil > Actualités > Nécrologie • • vendredi 20 septembre 2013 à 11h24min
Décès du président Saye Zerbo : les Burkinabè pleurent « un grand homme d’Etat »

La nouvelle est tombée, dans la matinée de ce jeudi 19 septembre 2013, raide comme un couperet. L’ancien président Saye Zerbo est décédé de suite de maladie au Centre hospitalier universitaire-Yalgado Ouédraogo à 81 ans. La levée du corps aura lieu le samedi 21 septembre 2013 suivie d’une cérémonie militaire à la Place de la Nation avant le transfert de la dépouille à Tougan.

Telle une trainée de poudre, la nouvelle s’est répandue dans la ville de Ouagadougou suscitant l’émoi chez certains citoyens qui n’avaient pas appris la maladie du colonel Saye Zerbo.

Selon les membres de sa famille, la maladie a commencé en début de semaine. Conduit dans une clinique, il a été hospitalisé. Malheureusement la grande faucheuse s’est emparée ce matin au grand désarroi de ses proches. Militaire haut gradé, homme d’Etat, Saye Zerbo était aussi connu comme un fidèle croyant et pratiquant du protestantisme auquel il s’est converti à quelques jours avant sa chute.

Arrivé au pouvoir en 1980 suite à un coup d’Etat perpétré contre un autre militaire, Sangoulé Lamizana, il a été renversé en 1982 par les hommes du commandant Jean-Baptiste Ouédraogo. Mis en marge de la gestion de la République, l’homme s’adonne à sa religion pour laquelle, dit-il, il a reçu une révélation. Il tire aujourd’hui sa révérence à 81 ans laissant derrière lui une veuve, de nombreux enfants et de petits enfants. En hommage à l’homme d’Etat qu’il a été, un deuil national de 72 heures a été décrété par le gouvernement.

Au domicile du défunt, défilaient parents, amis, connaissance, des membres du gouvernement, des personnalités militaires et religieuses. Certains ont accepté de dire dans les lignes qui suivent ce qu’ils retiennent de l’homme que le Burkina pleure aujourd’hui.

Simon Compaoré, ancien maire de Ouagadougou : Le président Saye Zerbo, quand on parle de lui, on voit le CMRPN (NDLR, Comité militaire de redressement pour le progrès national). Je retiens de cet homme, quelqu’un qui a été président et qui a été animé d’une bonne volonté de corriger les mœurs. Il est vrai qu’il a eu des problèmes par la suite mais on retient cette volonté de remettre au pas tous ceux qui avaient des pratiques déplacées.

Je retiens aussi, vraiment surpris, qu’il était un homme de Dieu. Il était très croyant. A plusieurs reprises nous nous sommes rencontrés à l’église et dans des cérémonies religieuses. Il y croyait fermement. Je pense qu’à l’heure actuelle, il est en train de jouir un repos éternel.

Youma Zerbo, secrétaire général du Premier ministère : Le Burkina Faso pleure un grand homme d’Etat en la personne du colonel Saye Zerbo. Mais moi qui vous parle, je pleure un neveu car sa maman est ma tante. Alors je retiens beaucoup de choses de l’homme. Il m’a enseigné que nul n’a le monopole du nationalisme. On reconnait qu’il est un grand nationaliste. Lorsqu’il était arrivé au pouvoir avec le CMRPN, prenant partie sur la question de nos ressortissants en Côte d’Ivoire, il avait pris des mesures fermes qui ont suffisamment démontré son sens de la nation.

Je retiens aussi qu’il a été un président populaire, proche des populations. C’est cette image qui m’est resté dans la tête. Je me rappelle aussi qu’il a parcouru tout le Burkina Faso. Il a visité les champs des paysans et les différents chantiers en construction. C’est un bel exemple qu’il a ainsi donné.

Au niveau de notre région et plus particulièrement de la province du Sourou, il a été une personne ressource très importante pour nous tous. Chacun venait à lui avec ses problèmes. Il était toujours disponible pour nous écouter et nous donner des conseils. Il nous a toujours encouragés.

Mamadou Djerma, grand chancelier : Il était parmi nos aînés au Prytanée militaire de Kati. Après Saint Louis, il a été incorporé dans la classe 50. On s’est par la suite retrouvé en Indochine en1953-1955, puis à l’école d’Officier de Dakar. Il y est entré en 1957 et moi en 1958. En 1975, nous sommes revenus au pays pour la création de l’armée voltaïque.

En tant que chef d’Etat, il a fait le tour de tout le Burkina. Je peux donc dire qu’il s’est vraiment défoncé pour le Burkina. Il était aussi un très bon militaire. Il aimait son métier. Saye Zerbo était aussi règlementaire et un très bon chef militaire.

Philippe Mamadou Karambiri, pasteur : Il était effectivement un croyant. Il avait rejoint l’église évangélique à quelques jours avant sa chute. J’étais à Koudougou à l’époque mais je le voyais régulièrement. Dieu lui avait révélé que non seulement son régime allait prendre fin mais qu’il allait aussi découvrir une nouvelle manière de vivre. Saye Zerbo a d’abord été un très bon praticien de l’islam. Il n’a été influencé par personne avant de rejoindre le protestantisme. Il nous a raconté comment il avait eu la révélation. Après sa chute, il a été conduit dans un camp de détention. Là aussi, les révélations se sont poursuivies au point que lorsque des coups étaient fomentés contre lui, Dieu les lui disait. Nous avons même publié un livre sur ses révélations. Il était aussi un homme de conviction. Quand il était musulman, il était convaincu jusqu’au bout. Et quand il est devenu protestant, il est resté fidèle en parole et en actions. C’est la raison pour laquelle, vous avez ici des personnes de toutes les confessions religieuses venues lui rendre un hommage mérité.

Omar Paré, ancien député de la province du Sourou : Le président Saye Zerbo était le grand baobab du Sourou. Je l’approchais presque tous les mois. Je venais lui demander des conseils. Rien qu’avant-hier (mardi), j’étais avec lui à la clinique. Je ne le savais pas malade. Mais c’est en allant rendre visite à un parent que j’ai vu ses enfants à la clinique. Ce sont eux qui m’ont informé de sa maladie. Je suis donc allé directement dans sa chambre et me suis assis à côté de lui sur le lit. Il m’a rassuré qu’il allait mieux et que je n’avais pas de soucis à me faire concernant sa santé. En se quittant, je lui avais promis de revenir le voir aujourd’hui même. Mais très tôt ce matin, j’ai reçu un appel téléphonique qui m’annonçait sa mort.

Je ne peux vraiment pas vous dire tout ce qu’il fait pour Tougan. Car s’il y a aujourd’hui de l’électricité ou de l’eau courante à Tougan, c’est grâce à lui. Il a parcouru tous les villages du Burkina. Il connait très bien le pays. Et depuis le décès du président Sangoulé Lamizana, c’est lui qui était notre baobab. C’est chez lui que nous tenions nos rencontres. Il nous donnait toujours des conseils avisés. Son décès est une perte incommensurable pour nous. Je présente mes condoléances à sa famille et souhaite que la terre libre du Burkina lui soit légère.

Jacques Théodore Balima

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