Villes du Burkina Faso : Penser en verticale (hauteur)

lundi 9 septembre 2013 à 23h17min

Les autorités du Burkina Faso, en lançant la construction de logements sociaux à Bassinko (sortie nord de Ouagadougou), puis à Saponé (trentaine de kilomètres de Ouagadougou), continuent d’élargir la ville de Ouagadougou. A l’inverse, les services, les entreprises sont centralisés en plein cœur de Ouagadougou. Ainsi, chaque jour des centaines de milliers de personnes parcourent des dizaines de kilomètres pour arriver à leur travail, leur université, leur zone d’activités commerciales… Quelles sont les conséquences de la construction en horizontale (élargissement) des villes ? Quels sont les avantages liés à la construction en verticale ? Eléments de réflexion dans les lignes qui suivent.

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Villes du Burkina Faso : Penser en verticale (hauteur)

En général, les capitales africaines sont plus grandes en superficie que celles occidentales qui sont plus denses (plus de personnes au km2). La ville de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso ne fait pas exception à cette règle. Ainsi, des villages ont été déguerpis et continuent de l’être pour permettre à la ville de s’étendre davantage. Les autorités parcellisent les habitats au lieu de les collectiviser. Cet élargissement a des conséquences evidentes.

Des conséquences liées à l’horizontalité des villes.

Les conséquences de l’élargissement des villes sont multiples et se ressentent à plusieurs niveaux :
-  Au niveau de l’environnement : le Burkina Faso, ne dispose pas de beaucoup de moyens de transport en commun. Ce qui fait que les populations s’achètent des motos et des voitures. Le trop grand nombre d’engins (deux roues et quatre roues notamment) dans la ville de Ouagadougou pollue beaucoup l’environnement. Cette pollution de l’environnement affecte directement l’air que nous respirons dans les villes et a un impact significatif sur le climat à long terme ;
-  Au niveau de la circulation : beaucoup de personnes conduisent un engin. Pendant les heures de pointe, les risques d’accidents sont élevés. D’ailleurs à Ouagadougou, beaucoup d’accidents mettent en scène les engins à deux roues et/ ou à quatre roues.
-  Au niveau de la vie en ville : beaucoup de pollution, donc mauvaise qualité de l’air. La résultante de cette pollution de l’air est le nombre élevé de personnes souffrant de maladies respiratoires. En détruisant les villages, les populations sont éloignées des environnements moins pollués ;
-  La destruction de vieux quartiers donc d’une partie de l’histoire de nos villes : à Ouagadougou, des quartiers comme Koulouba et Dapoya ont été détruits à la faveur du projet ZACA (zone d’activités commerciales et administratives). Ces quartiers avaient leur histoire. Cette histoire devait se greffer à l’histoire de la ville de Ouagadougou. Dans certaines grandes capitales comme Paris (France) par exemple, de vieux quartiers sont ainsi préservés ;
-  Au niveau du transport : les frais engagés par les populations pour l’essence ou le taxi (ou le bus) sont importants.

Les avantages de la construction en hauteur.

La construction en hauteur permet de gagner de l’espace. Elle permet de loger plusieurs ménages dans la superficie dévolue actuellement à un seul ménage. Cela a beaucoup d’avantages :
-  L’environnement est protégé : quand les habitats sont proches des centres d’activités, les populations font moins de déplacement. Le rejet du gaz carbonique par les engins est ainsi diminué ;
-  La réalisation d’une économie d’argent : en rapprochant les populations de leurs activités, elles déboursent moins de frais pour le carburant ou le transport en commun. Cet argent peut être réinvesti ailleurs ;
-  Moins d’accidents et plus de sport : quand le domicile est proche du lieu d’activités commerciales ou administratives, les travailleurs ne traversent pas toute la ville pour s’y rendre. Ils peuvent même marcher. La marche, faut il le rappeler, a des effets bénéfiques sur l’organisme. Aussi, quand beaucoup de personnes marchent, il y a moins d’accidents graves ;
-  La préservation d’endroits de villégiature pour des repos individuels ou en groupe. Pas besoin de faire de grandes distances pour respirer l’air frais ;

Toutes les villes du monde ont leur histoire. Cette histoire doit être préservée pour les générations à venir. La rénovation des vieux quartiers doit être privilégiée au détriment de leur destruction. Ainsi, les relations sociales et ancestrales sont maintenues. L’histoire du quartier est préservée de cette façon.

La protection de l’environnement doit faire partie des priorités des autorités. Actuellement, le monde subi les affres des changements climatiques. Travaillons donc à ne pas dégrader davantage notre environnement.

La concentration urbaine a beaucoup d’avantages. Pensons-y !

Que faire ?

Il faut Initier des campagnes de communication pour expliquer le bien fondé des constructions en hauteur aux populations.

Ces campagnes auront pour finalité de provoquer un changement de mentalités et de comportements chez les populations qui souhaitent posséder des habitats parcellisés.

Il est également souhaitable que les autorités dans leurs différents projets immobiliers intègrent la construction en verticale.

Patindé Amandine Konditamdé

Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 9 septembre 2013 à 23:35
    En réponse à : Villes du Burkina Faso : Penser en verticale (hauteur)

    Les Burkinabé ont longtemps cru qu’il leur faut chacun une parcelle. Cepedant, il est evident que même on arrivait à lotir tous le Faso pour habuter et aller cultiver au Ghana, on ne pourra jamais atteindre cet objectif. Entre temps le gouvernement s’y est mêlé non pas pour corriger cette lacune en contruisant des logements collectifs mais en construisant des logements sociaux avec pour mentalité une famille/Une parcelle. Consequence on crée des ennuis pour l"ONEA et la SONABEL . Chauqe année on loti en leur demandant de faire des brachements

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  • Le 10 septembre 2013 à 08:20
    En réponse à : Villes du Burkina Faso : Penser en verticale (hauteur)

    Nos gouvernants n’ont en réalité aucune vision du développement actuel et futur de nos villes. C’est pourquoi on navigue à vue avec des villes comme Ouaga qui feront 100 km de longueur/largeur dans 20 ans alors que l’on n’a pas la richesse suffisante pour que les infrastructures suivent comme routes, caniveaux, eau, électricité, téléphone.... Des logements sociaux comme Bassinko sont des inepties car ne peuvent convenir qu’à des célibataires ou un couple sans enfants ou personnes à charge.

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  • Le 10 septembre 2013 à 09:37, par lepeul
    En réponse à : Villes du Burkina Faso : Penser en verticale (hauteur)

    LE NOIR A TOUJOURS PENSE NATUREL SANS DEMANDER S IL PEUT FAIRE AUTREMENT C’EST COMME L EAU QUI COULE DANS QUE Y L ’ ESPACE ELLE COULE ELLE S’EN FOU

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  • Le 10 septembre 2013 à 09:53, par Wébaaga
    En réponse à : Villes du Burkina Faso : Penser en verticale (hauteur)

    Je suis pour la construction en hauteur qui augmentent les possibilités d’habitation au centre ville mais l’argumentation construite autour de cet article contient de nombreuses faiblesses. Un bon sujet mal traité donc. C’est refuser d’être réaliste que ne pas voir le changement positif qu’apporte le projet ZACA dans les vieux quartiers comme Koulouba. Franchement ! Les villages engloutis par la ville ! Où est le mal ?? Ces villageois t’ont dit qu’ils ne souhaitent pas l’urbanisation de leur localité ? Qu’est ce que ces villages peuvent perdre de si important que ce qu’ils gagnent ? Au moment où tu demande de construire en hauteur, ton raisonnement est très bas.

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    • Le 10 septembre 2013 à 11:17, par GO
      En réponse à : Villes du Burkina Faso : Penser en verticale (hauteur)

      M. Wébaaga, ce qui est sur, Ouaga est une ville à refaire. On ait pas plus intelligents que ceux qui le font pour plus de confort à la population.
      Donc, faite vite pour donner des parcelles à tout le monde.
      Pour les logement sociaux, si l’état veut gagner en tout, c’est de faire des bâtiments à niveau. Ceux maintenant qui sont bien assis comme vous, vous fait ce que vous voulez.

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  • Le 10 septembre 2013 à 10:18
    En réponse à : Villes du Burkina Faso : Penser en verticale (hauteur)

    ce beau sujet de réflexion a été traité avec une très grande simplicité par son auteur qui aurait dû se demander quelle est la politique gouvernementale pour encourager la construction en hauteur. Savez-vous combien coûte financièrement l’obtention d’un permis de construire à niveau ? sans compter les délais d’obtention, la paperasserie administrative, les courses interminables, etc. C’est pas fait pour encourager le citoyen lambda.

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  • Le 10 septembre 2013 à 12:19, par Chef Bankolé
    En réponse à : Villes du Burkina Faso : Penser en verticale (hauteur)

    Commencé à réduire le prix du ciment et autres matériaux. Encore que pour avoir un lopin de terre c’est pas évident ! les maires deal avec les gouroux !

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    • Le 10 septembre 2013 à 14:44, par JGP
      En réponse à : Villes du Burkina Faso : Penser en verticale (hauteur)

      Construire a plat demande tellement de sacrifices et de privations que le commun des Burkinabe ne peut pas se payer le luxe de construire en hauteur. Tous ceux qui ont eu a contruire en parping et en se basant sur leur salaire savent que c’est un projet qui dure au minimum 20 ans ! Et la majorite des Burkinabe ne peuvent pas se faire une F3. Le ciment est a plus 6000 F le sac et le fer est intouchable !!! Hum c’est complique.

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  • Le 10 septembre 2013 à 15:03, par lepeul
    En réponse à : Villes du Burkina Faso : Penser en verticale (hauteur)

    Merci Mr Patindé Amandine Konditamdé çà c’est du journalisme même si le sujet n’est pas traité a fond.
    avant on avait des journalistes qui parlaient que du cdp, des coupes de députés, des reboisements des conneries... là j’ai remarqué qu’avec le fasonet on n’a une forme de journalisme au service de la population : insalubrité, problème de droit des pauvres, abus des citoyens faibles, corruptions et impunités
    bravo et bonne continuation

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  • Le 10 septembre 2013 à 20:04, par DIABRE
    En réponse à : Villes du Burkina Faso : Penser en verticale (hauteur)

    lepeul, qu’est-ce qui t’empêche d’être ’’vrai’’ journalistes pour traiter les ’’vrais’’ sujets ? N’importe quoi !

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  • Le 10 septembre 2013 à 21:29, par Tomos
    En réponse à : Villes du Burkina Faso : Penser en verticale (hauteur)

    Ya pas d’assainissement collectif et vous parler de construire en hauteur. Avez vous pensez comment évacuer les eau usées d’un immeuble de 20 familles. Je doute qu’ne simple fosse ne puisse faire l’affaire. En dehors de la ZACA et Koulouba, le reste de la ville n’a pas de réseau d’égout pour les eau usées et excréments. Pensez-y quand vous demandez de construire en hauteur.

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