Société : Ils font des métiers jadis réservé à la femme

mercredi 4 septembre 2013 à 16h29min

Son métier : c’est piler l’igname ou autrement dit : le foutou. Et, il en est fier. Il ne tend point la main puisqu’avec le peu qu’il gagne, il subvient à ses charges. Lui, c’est Souleymane Bamba, la trentaine d’âge que nous avons rencontré à Bobo-Dioulasso.

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Société : Ils font des métiers jadis réservé à la femme

Il est de nos jours difficile d’exercer le métier de son rêve. Encore moins de faire le choix de ce qu’on veut entreprendre ou pas. Si bien que les expressions du genre : tels métiers sont réservés aux hommes ou à la femme sont de vieux souvenirs. A Bobo-Dioulasso, et ce, de plus en plus, des hommes mènent des activités dites de femmes. La tontine, faire des galettes, piler de l’igname pour en faire du foutou, ramasser des ordures…sont entre autres activités prisées aujourd’hui par des hommes.

En effet, se disant Ghanéen de nationalité, il dit avoir été estomaqué de voir des femmes se donner à cette tâche au Burkina Faso. « Au Ghana, ce ne sont pas les femmes qui pilent l’igname. C’est généralement une activité d’hommes pour la simple raison qu’elle requiert beaucoup d’énergie physique », dit-il. Souleymane fait ce métier depuis 6 ans. Et, dit-il : « J’en suis fier, car il me permet de ne pas tendre la main à quelqu’un, ou pire, d’aller voler ». Dès 9 h 30, chaque matin, le jeune Souleymane se rend à son service. Un petit restaurant situé au centre-ville et dont le met principal, par ailleurs très prisé par les clients, est le « foutou ». Des femmes font bouillir l’igname avant de le mettre à leur disposition, lui et son collègue. A deux, ils se chargent de le rendre en patte élastique dans un mortier. « Il faut être physiquement fort et avoir du courage pour mener un tel métier », dit-il l’air assez fier.

Qu’en est-il du regard des autres ? Souleymane et son coéquipier n’en ont cure. Ils étaient au départ trois « pileurs d’igname ». Le troisième n’a malheureusement pas pu supporter le regard de ses connaissances qu’il trouvait moqueur. « Il a abandonné le travail alors qu’il gagnait bien sa vie », a déploré M. Bamba. Paraphrasant la citation selon laquelle, il n’y a pas de sot métier, Souleymane reste convaincu que seule la volonté et le courage permettent à un homme de réussir dans la vie. A cet effet, il soutient que lorsqu’on n’a pas eu la chance d’aller à l’école, l’on ne peut se prétendre à un choix de métier. Et même encore que là, dit-il : « Beaucoup de diplômés trainent à la maison ». Résidant dans une ville dont l’image des jeunes n’est pas des plus adorables, Souleymane pense que ceux-ci doivent démontrer le contraire de ces préjugés. En relevant les défis comme par l’exercice de ce métier sans honte.

Bassératou KINDO

L’Express du Faso

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