Jeunes et conflits sociaux : Comment sortir du cercle vicieux ?

dimanche 1er septembre 2013 à 21h01min

Le rôle de la jeunesse dans l’édification de sociétés de paix et de progrès a constitué le menu du premier panel du Forum International Interreligieux Jeunesse pour l’Avenir (FIIJA) qui se tient depuis ce vendredi 30 août à Koudougou. Cette problématique a été abordée par Boris Ouédraogo, président du Conseil national de la jeunesse du Burkina (CNJB) et Jean de Dieu Dembélé du Mali, secrétaire chargé de la promotion de la culture de la paix et de la réconciliation au sein des mouvements associatifs catholiques, sous la modération du Dr Cyriaque Paré, promoteur du Faso.net.

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Jeunes et conflits sociaux : Comment sortir du cercle vicieux ?

Les deux communicateurs ont traité du rôle de la jeunesse dans l’édification des sociétés de paix et de progrès à travers deux thèmes. M. Ouédraogo a bordé le premier thème libellé ainsi qu’il suit : « Quelles stratégies et mesures pour les jeunes afin de construire une société plus juste sans recourir à la facilité et à la violence ; et M. Dembélé du thème : « Engagements de la jeunesse pour une culture de justice, de paix, de réconciliation et du dialogue interreligieux : cas du Forum citoyen des cadres chrétiens d’Afrique ».

Jeunes acteurs de conflits

L’un et l’autre communicateur ont fait le constat que les jeunes sont engagés dans la plupart des conflits. Ils animent et sont même les moteurs de ces conflits. « Les crises que le Burkina Faso a traversé de 1966 à nos jours ont connu une très forte participation des jeunes qui représentent aujourd’hui plus de 72% de la population. Quels soient scolarisés ou non, leur énergie a souvent servi malheureusement à la destruction », relève Boris Ouédraogo.

Et Jean de Dieu Dembélé d’indiquer que les jeunes sont souvent entraînés dans les conflits à travers une certaine manipulation du fait religieux. Il suffit, dit-il, que deux commerçants de Koudougou de confession religieuse différente s’opposent ouvertement pour des questions d’intérêts particuliers pour que l’on évoque une guerre interreligieux ».

A entendre l’un et l’autre communicateur, si les jeunes sont acteurs des conflits, ils ne sont pas pour autant les initiateurs ou auteurs des conflits. Les jeunes, disent-ils, sont le plus souvent manipulés par leurs aînés qui ne sont pas forcément mus par la défense des intérêts de la jeunesse. C’est pourquoi les jeunes, pensent Boris Ouédraogo et Jean de Dieu Dembélé, peuvent se passer de la violence, des conflits et jouer pleinement leur rôle de bâtisseurs de demain.

Les jeunes acteurs de renouveau

Pour souligner la capacité progressiste de la jeunesse, Boris Ouédraogo a paraphrasé Hegel (il a dit que rien de grand ne se fait sans passion) pour dire que « rien de grand ne se fait sans jeunes ». Citant des exemples de réussite de jeunes burkinabè, M. Ouédraogo a aussi laissé entendre que la jeunesse devait faire sienne la philosophie de l’archer qui, lorsqu’’il rate sa cible n’accuse ni son arc ni le vent, mais cherche en lui la raison de son échec. « De par nos actes quotidiens, nous devons travailler pour que s’opère le changement voulu. Même mieux, nous devons travailler pour être le changement, le souffle nouveau », a-t-il ajouté.

Mais, pour que s’accomplisse ce changement, la jeunesse, selon Jean de Dieu Dembélé, doit prendre conscience du fait qu’elle ne doit plus se laisser manipuler dans le sens de la violence et doit s’engager pleinement dans son rôle d’édification de sociétés de paix et de progrès. Pour ce faire, estime-t-il, les jeunes ont besoin d’être formés, d’avoir des repères solides sur lesquels ils peuvent s’appuyer pour construire, en fonction de leurs énergies et ressources, des sociétés viables et éviter de fonctionner sur le mode de la rumeur, parfois génératrice de violence. La violence, explique-t-il, c’est le choix que l’on fait face à une situation d’injustice, mais l’on peut choisir aussi la non violence.

Autres facteurs nécessaires à l’action positive de la jeunesse

Les deux communicateurs, notamment Boris Ouédraogo, a par ailleurs évoqué d’autres facteurs nécessaires à l’action positive de la jeunesse. Il préconise que les jeunes soient associés à la rédaction, à la mise en œuvre et à l’évaluation de tous les projets et programmes traitant de la thématique de la jeunesse et de développement.

Il ajoute : « L’instruction civique doit revenir dans nos écoles et les associations de jeunes telles que la fédération des scouts, la fédération des clubs UNESCO et le réseau Afrique jeunesse doivent bénéficier de l’appui conséquent des autorités pour continuer les actions de sensibilisation des jeunes pour leur plus grande responsabilisation ».

Grégoire B. BAZIE
Lefaso.net

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