Prévention du palu au Faso : Que deviennent les moustiquaires promises ?

mercredi 28 août 2013 à 04h44min

Ces temps-ci, les malades du paludisme – principale cause de consultations sanitaires au Burkina Faso – sont légions. Ce samedi 24 août, nous en avons été témoins dans un Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) de la capitale : une dame et un monsieur, couchés près de nous, se débattaient avec leur mal. Et d’autres personnes dans le rang des patients en attente semblaient en souffrir également. Une situation qui nous a aussitôt fait penser à la promesse gouvernementale de distribution gratuite des Moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action (MILDA)…

RÈagissez ‡ cet article Réagissez
Prévention du palu au Faso : Que deviennent les moustiquaires promises ?

La moustiquaire n’est pas une panacée pour éviter le paludisme, certes. Mais, elle peut beaucoup y contribuer. Raison pour laquelle, d’ailleurs, les autorités ont initié avec leurs partenaires la présente campagne de distribution gratuite de MILDA, dont le coût global est estimé à 21 milliards de francs CFA. Mais, près de deux mois après le lancement en grande pompe de l’opération à Dédougou, de nombreux ménages du pays n’ont pas encore senti l’odeur d’une moustiquaire imprégnée…

En tout cas, à Ouagadougou, l’opération n’a pas encore démarré. Alors, que deviennent ces moustiquaires promises, pour lesquelles on avait pourtant délivré des bons aux (futurs) bénéficiaires pendant la phase de recensement ? Jusqu’à quand vont-ils attendre pour pourvoir bénéficier de ces moustiquaires ? En attendant d’avoir des réponses à ces interrogations, une chose est sûre : ce retard dans la distribution des MILDA ne peut que favoriser la propagation du Plasmodium Falciparum, de son nom scientifique, au sein des populations.

Encore beaucoup de monde sans moustiquaires

Ce n’est pourtant pas la première fois qu’une campagne de distribution de moustiquaires est mise en œuvre dans notre pays. Les expériences passées devraient en principe servir à éviter les difficultés qui caractérisent aujourd’hui la présente opération : lenteur, insuffisance du nombre de moustiquaires disponibles par rapport au nombre de personnes recensées, etc.. Les acteurs de l’opération feraient mieux de se ressaisir, s’ils ne veulent pas être considérés comme des médecins après la mort.

Il est indéniable que beaucoup de citoyens se sont déjà procuré des moustiquaires, au lieu de s’accrocher à des promesses qui tardent à être concrétisées. Mais il est également certain qu’ils sont aussi nombreux, sinon plus, compte tenu de la pauvreté, à ne pas encore disposer de quoi se protéger des piqûres des moustiques. Pour ce beau monde sans moustiquaires, la mesure gouvernementale de distribution universelle de MILDA sonne toujours comme une aubaine qu’il faut absolument saisir. D’où, donc, l’intérêt pour les acteurs de la présente campagne de tout mettre en œuvre malgré les retards déjà accusés, pour que toutes les zones du pays soient effectivement couvertes… Et dans de meilleurs délais.

Contribuer à la réduction des 660 000 morts recensés chaque année

Ce qui se passe n’honore en tout cas pas le département du ministre Léné Sebgo, personnalité énarque de l’année 2013. Comme il le rappelait, à juste titre, lors de sa conférence de presse du 21 juin dernier relative justement à l’opération : « Le paludisme demeure, de par le monde, la première cause de morbidité et de mortalité, avec environ 660 000 morts par an ». Et l’une des meilleures manières de contribuer à la réduction de cette hécatombe au plan national, c’est, évidemment, de savoir agir efficacement en amont, soit au niveau de la prévention. Toute chose qui nécessite la mise des fameuses moustiquaires à la disposition des populations.

Grégoire B. BAZIE

Lefaso.net

Imprimer l'article

Vos commentaires

  • Le 27 août 2013 à 22:48, par Alliendé
    En réponse à : Prévention du palu au Faso : Que deviennent les moustiquaires promises ?

    Cette question n’a plus de sens car nous sommes déjà morts du paludisme. vous les journalistes vous allez aussi repondre au jugement dernier. Ce n’est pas en fin Août qu’il faut poser cette question. Vous avez passé tout votre temps à parler du sénat alors que des Burkinabé meurent du palu faute de moustiquaires promises par ceux-là même qui veulent mettre en place le sénat.
    Dieu vous voit !!!!

    Répondre à ce message

  • Le 28 août 2013 à 07:30, par ASSEZ
    En réponse à : Prévention du palu au Faso : Que deviennent les moustiquaires promises ?

    dans le baromètre de la semaine il fallait pointer le ministre de la santé(voir le gouvernement) et non l’entraineur de basket Ball. il ya plus sérieux que le basket, le palu rime avec probleme de sang. visitez les services pédiatriques c’est lamentables ces temps ci. il ya pleins de programmes qui sont inachevés dans ce pays.la place de la nation à Koudougou allez y voir comment ils l’ont faite.la cité universitaire de zogona depuis 2008, allez y voir si les soit-disant labo et bureau sont fonctionnels,....bref on ne fait que déplacer les problèmes. ainsi va la gouvernance des démocrates soucieux de la santé de leur putain de démocratie que la santé de leur gouverné. j’en merde.

    Répondre à ce message

  • Le 28 août 2013 à 07:39
    En réponse à : Prévention du palu au Faso : Que deviennent les moustiquaires promises ?

    Nous souhaitons une bonne reprise de travail pour le gouvernement. La question des moustiquaires mérite des actions urgentes et même une explication sur le retard de leur distribution. Au moment où la confiance entre gouvernants et gouvernés a été sérieusement entamée, nous pensons qu’on peut faire l’économie de certains comportements dans ce pays. Nous attendons aussi que le ministre ZAKANE, dès la reprise, nous situe sur les questions de grilles indemnitaires et salariales. Il me semble qu’on perd trop de temps à ce niveau. Pourquoi attendre toujours qu’il y ait des manifestations pour résoudre les problèmes ?

    Répondre à ce message

  • Le 28 août 2013 à 08:46, par Raoul
    En réponse à : Prévention du palu au Faso : Que deviennent les moustiquaires promises ?

    *M. Alliendé vous avez raison, tellement qu’il étaient préoccuper par la mise en place du Sénat tout les journalistes en avaient complètement oubliés la distribution des moustiquaires.

    *N’en parlons pas nos supposer responsables de la santé,

    * le gouvernement ne se souci pas de la santé de la population c’est la mise en place du SÉNAT qui est prioritaire.

    Répondre à ce message

  • Le 28 août 2013 à 08:53, par le rappel
    En réponse à : Prévention du palu au Faso : Que deviennent les moustiquaires promises ?

    Où sont donc passés les 21 guiros. De grâce respecter le premier article de la constitution en respectant le bien être du peuple.si c est placer un senat inutile pour le peuple profitable à vos propres intérêts vous vous faites entendre . Bandes se rapaces

    Répondre à ce message

  • Le 28 août 2013 à 09:03, par DECKER
    En réponse à : Prévention du palu au Faso : Que deviennent les moustiquaires promises ?

    La distribution des MILDA est une affaire de gros sous, et qui dit gros sous dit dros deals et gros larrons. En 2010 déjà, les choses ne se sont pas bien passées, et la Commision d’enquête parlementaire a relevé plusieurs irregularités et débusqué de gros fautifs, meme si aucun n’a été inquiété par la suite. On a meme vu des gens créer ex nihilo des societies écran en quelques jours pour pouvoir bénéficier de ces marchés qui ont été attribuées de gré à gré. Alizeta Ouédraogo (Tan Aliz) par exemple, qui n’a aucune experience en produits de santé a obtenu le marché d’une région (plus du milliard de FCFA) et a mis un retard de livraison de plus de quatre mois, meme si aucune pénalité de retard ne lui a été retenue. Et ça a été le cas dans la quasi-totalité des regions du pays. Alors, pourquoi continuer à attribuer ces marches importants par la procedure de gré à gré ? Pourquoi donner des marches de produits de santé à des fournisseurs qui n’en ont aucune experiences ?

    Répondre à ce message

    • Le 29 août 2013 à 06:38
      En réponse à : Prévention du palu au Faso : Que deviennent les moustiquaires promises ?

      C’est vrai, en 2010 ils ont même distribuer des moustiquaires non imprégnés à la population burkinabè. En 2013, voila que les moustiquaires sont detournées pour d’autres pays sous l’œil de l’OMS, de l’UNICEF et du Fonds mondial. C’est normal car les partenaires financiers et techniques sont de plus en plus corrompus, ils apprennent les leçons burkinabè. Par exemple, la représentante de l’OMS/Burkina faso se mèle même dans les affaires louches de marchés (TAN ALIZ) donc elle ne pourra rien dire car elle mange dedans. "QUE DIEU SAUVE LE BURKINA".

      Répondre à ce message

    • Le 29 août 2013 à 13:05, par Mme Ouédraogo
      En réponse à : Prévention du palu au Faso : Que deviennent les moustiquaires promises ?

      La belle - mère nationale n’avait pas non plus de l’expérience dans la construction des routes mais cela ne l’a pas empêchée d’avoir le marché de la route de bobo. Aucune expérience en aménagement hydro-agricole, mais elle a eu le marché de Bagré pôle etc. etc. Ainsi va le Faso émergent !

      Répondre à ce message

  • Le 28 août 2013 à 09:21
    En réponse à : Prévention du palu au Faso : Que deviennent les moustiquaires promises ?

    c’est le fort du pouvoir de la 4ème république, médecin après la mort, sinon comment ont peut attendre la fin de l’hivernage pour distribuer c’est foutus mildas, achetés par la belle mère nationale. c’est une farce.

    Répondre à ce message

  • Le 28 août 2013 à 09:47, par Momo
    En réponse à : Prévention du palu au Faso : Que deviennent les moustiquaires promises ?

    Quand on lit "distribution gratuite de MILDA, dont le coût global est estimé à 21 milliards de francs CFA", on se met à rêver et à faire des équations de bon sens : la moitié de la somme dans la lutte sur le terrain. Mettre en place des équipes mobiles de jeunes qui boucheront les trous, s’attaqueront aux eaux stagnantes... on crée des emplois, on occupe les vacanciers et surtout on s’attaque aux racines du mal. Ainsi on aura pas besoin de moustiquaires. Pour cela, il faut un sursaut au BF.

    Répondre à ce message

    • Le 28 août 2013 à 16:54, par Winnè Fancé
      En réponse à : Prévention du palu au Faso : Que deviennent les moustiquaires promises ?

      Momo, ce que vous dites est vrai et faisable, mais vous oubliez que nos gens sont des rapaces ! ils veulent tout accaparer dans ce pays là s’ils ne l’ont déjà fait. Sans quoi ces milliards distribués chaque année pourraient être orientés vers la création d’emplois par le curetage des caniveaux dans nos villes suivi de sensibilisations immédiates . Et même la réalisation de nouveaux caniveaux .

      Répondre à ce message

  • Le 28 août 2013 à 10:06, par Donmozoun
    En réponse à : Prévention du palu au Faso : Que deviennent les moustiquaires promises ?

    C’est ça le problème du Burkina. Pendant qu’un problème aussi sérieux se pose, mr les ministres sont en vacances avec notre argent. Pour des gouvernants qui se soucient du bien-être de leur population, c’est inadmissible. Qu’est ce qui peut bien bloquer une telle opération ? Nosu sommes dans la période de haute transmission du paludisme. regardez comment sont les moustiques en ce moment ? Continuez de dormir !!!! c’est le paludisme qui nous tuera tous dans ce payx. Si envioron 600 000 meurent par an, dans 30 ans, on ne parlera plus de nous. JE ne veux plus de ces moustiquaires. j’en ai déjà acheté pour ma famille et moi. Honte à vous !!!!!

    Répondre à ce message

  • Le 28 août 2013 à 10:11, par le citoyen
    En réponse à : Prévention du palu au Faso : Que deviennent les moustiquaires promises ?

    c’est vraiment décevant ! le médecin après la mort ! j’ai l’impression que y a un deal avec les pharmaciens derrière cette histoire de moustiquaire. les burkinabè se bousculent devant les pharmacies le jours comme la nuit pour acheter des médicaments pourtant des moustiquaires ont été promises depuis belle lurette pour atténuer meurent de palu. Conséquence de cette situation, est que les caisses des détenteurs de pharmacies dont la plupart appartiennent à des barrons du pays se remplissent.
    Par ailleurs, quelqu’un peut il m’expliquer l’esprit qui sou tend le système "des pharmacies de garde" . Sinon pourquoi fermer des pharmacies avec pour seul motif qu’elle n’est pas de garde alors que des malades font des kilomètres pour acheter des médicaments. Combien de malades meurent tout simplement parce que le médicament, trouvé après des heures de parcours, est arrivé en retard ? la conclusion que je semble tirer, est que le domaine de la santé est le secteur de business par excellence !

    Répondre à ce message

  • Le 28 août 2013 à 10:32, par Donmozoun
    En réponse à : Prévention du palu au Faso : Que deviennent les moustiquaires promises ?

    C’est ça le problème du Burkina. Pendant qu’un problème aussi sérieux se pose, mr les ministres sont en vacances avec notre argent. Pour des gouvernants qui se soucient du bien-être de leur population, c’est inadmissible. Qu’est ce qui peut bien bloquer une telle opération ? Nosu sommes dans la période de haute transmission du paludisme. regardez comment sont les moustiques en ce moment ? Continuez de dormir !!!! c’est le paludisme qui nous tuera tous dans ce payx. Si envioron 600 000 meurent par an, dans 30 ans, on ne parlera plus de nous. JE ne veux plus de ces moustiquaires. j’en ai déjà acheté pour ma famille et moi. Honte à vous !!!!!

    Répondre à ce message

  • Le 28 août 2013 à 10:33, par clé
    En réponse à : Prévention du palu au Faso : Que deviennent les moustiquaires promises ?

    ce ministre doit demissionner.

    Répondre à ce message

  • Le 28 août 2013 à 10:50, par Issa TOURE
    En réponse à : Prévention du palu au Faso : Que deviennent les moustiquaires promises ?

    je ne sais pas quand est que les choses vont changer dans ce pays ? Rien ne se réalise comme prévu. J’ai l’impression que le gouvernement ne maitrise pas les actions qu’il entreprend lui-même. Et cela est grave.
    Si nous revenons aux moustiquaires je suis parmi ceux qui n’ont pas vu d’agents recenseurs. Et quand j’ai voulu en savoir plus au niveau du CSPS de mon secteur, un responsable m’a répondu qu’ils étaient en rupture de bons.... et cela jusqu’à ce que la distribution de moustiquaires commence d’un coté du secteur. Et moi qu’est ce que je deviens !!!

    Répondre à ce message

  • Le 28 août 2013 à 11:06, par l’ami du peuple
    En réponse à : Prévention du palu au Faso : Que deviennent les moustiquaires promises ?

    Enfin, voila un article qui défend une bonne cause. Les moustiques sont nos ennemis.

    Répondre à ce message

  • Le 28 août 2013 à 21:14, par SPARTACUS
    En réponse à : Prévention du palu au Faso : Que deviennent les moustiquaires promises ?

    Moi je vous jure que les agents distributeurs a bobo ont camouflés les moustiquaires a tel point que ca na pas suffire la population beneficiaire.

    Répondre à ce message

  • Le 28 août 2013 à 21:31, par l’homme son frère
    En réponse à : Prévention du palu au Faso : Que deviennent les moustiquaires promises ?

    C’est le bon moment pour mêtre en évidence le projet pilote de CUBA pour la lutte contre le paudisme ,car c’est la periode des moustique s comme ça. Que DIEU nous protège

    Répondre à ce message

    • Le 29 août 2013 à 07:55
      En réponse à : Prévention du palu au Faso : Que deviennent les moustiquaires promises ?

      Il est très interessant de rappeller à nos autorités que nous sommes toujours dans l’attente de ces moustiquaires promises du moins ceux qui ne sont pas encore mort. Mais c’est a vous journalistes de nous donner les réponses sur les causes réelles de ce retards combien préjudiciable pour les sans voies. Faites les investigations qui s’imposent et apporter nous les reponses.

      Répondre à ce message

  • Le 29 août 2013 à 06:03, par Neblaneda
    En réponse à : Prévention du palu au Faso : Que deviennent les moustiquaires promises ?

    Comme en 2010, bien de citoyens potentiellement destinataires ne recevront pas de moustiquaire. Supposons qu’un opérateur agréé fournisse effectivement 90% du produit dû, que le répondant communal fasse son prélèvement et que les distributeurs en fassent autant. Le tapage sur la distribution gratuite ressemble alors à une grosse arnaque.

    Répondre à ce message

  • Le 29 août 2013 à 09:34, par LE TOUT PETIT
    En réponse à : Prévention du palu au Faso : Que deviennent les moustiquaires promises ?

    AFFAIRE DE MOUSTIQUAIRES, CEST MÉDECIN APRÈS LA MORT.

    Répondre à ce message

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter


LeFaso.net
A propos..
Flux  RSS 2.0
Plan du site
Nous contacter
Condition d'utilisation
Responsabilité
Cookies et cache
Version mobile
Publicité
Partenariat

LeFaso.net © 2003-2017 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés