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Communication gouvernementale : Trop parler c’est maladie, peu parler aussi

Accueil > Actualités > Multimédia • • samedi 29 novembre 2003 à 13h02min

Le porte-parole du gouvernement de PEY II reprend du service. S’il y a un sacerdoce cailloux, c’est bien celui d’un porte-parole d’un gouvernement en Afrique, et le pays des Hommes intègres n’échappe pas à la règle.

D’abord, parce que la transparence dans les actes du gouvernement change au gré des événements (question d’opportunité stratégique) ensuite parce qu’avec des régimes présidentiels, le gouvernement, le Premier ministre en tête, n’a pas les pleins pouvoirs pour agir et donc d’assumer des choix. On a beau faire croire que le Premier ministre forme son gouvernement, on constate dans les faits qu’il ne peut même pas présider un Conseil des ministres (censé être une réunion de son cabinet) en l’absence du président. Dans ces conditions, quelle parole porte le porte-parole ?

La propension des ministres à citer le Premier ministre et celle du Premier ministre à citer le président dans les discours est une illustration de la forme pyramidale des régimes présidentiels ; et cet état de fait explique en grande partie la délicatesse des sorties verbales d’un quelconque membre de l’exécutif. Trop parler c’est s’exposer. On comprend alors pourquoi la IVe République continue de rechercher les formes les meilleures de communication car ne pas parler est un signe de malaise. Il faudra donc au moins saluer cette volonté qui excuse les intermittences de l’exercice.

Dans le fond cet exercice ne saurait être systématique, l’exécutif ne pouvant s’exprimer en tant qu’entité sur tout et sur rien. Chaque département ministériel devrait pouvoir à son échelle communiquer dans son domaine. Il y a une insémination systématique de direction de la communication dans chaque ministère pour faciliter un tel travail, si et seulement si les "cadres" de l’information qui y ont été envoyés ne sont pas uniquement utilisés pour rédiger des droits de réponse, ou pour convoquer les squelettiques rédactions desquelles ils ont été extirpés, ou pour servir de MC lors des cérémonies, ou encore être de simples porte-serviettes.

Tel que les rencontres entre le porte-parole du gouvernement et la presse se passent depuis l’ère Tertius Zongo à celle de Adama Fofana, on constate que les porteurs de paroles gouvernementales prennent le soin de s’entourer des quelques ministres en charge des dossiers qui font l’actualité pour "donner plus de détails" (en d’autres termes moins convenus, pour ne pas dire des bêtises). Heureusement que l’intitulé est exact, puisqu’il s’agit d’un point de presse du gouvernement. Jusque-là, ce gouvernement se mettait à la disposition de la presse pour répondre à ses questions de manière aléatoire.

L’innovation depuis le 20 novembre 2003, c’est que le gouvernement fixe à l’avance ce dont on va parler. C’est sans doute bien pour la police des débats et la préparation des réponses à donner, mais il faudra dans ce cas que le gouvernement fasse lui-même l’effort d’inscrire des points d’actualité et pas forcément ceux qu’il estime lui-même nécessaires d’approfondir parce que le compte rendu du Conseil des ministres n’a pas permis d’entrer dans les détails.

Les préoccupations de l’exécutif ne sont pas toujours celles du peuple. La preuve, c’est que de nombreux rapports adoptés en Conseil des ministres relèvent du domaine administratif et n’intéressent pas grand monde, même si "nul n’est censé ignorer la loi". Nombreux sont ceux qui n’attendent ce fameux compte rendu du Conseil des ministres que pour se délecter des nominations ou des décagnotages. Si le public pouvait par moments savoir d’avance les grands dossiers à discuter au cours d’un Conseil, comme c’est le cas ailleurs, on pourrait accroître l’intérêt du public pour l’action gouvernementale pour savoir ce qui a été finalement décidé.

Bref, depuis le 20 novembre dernier, les points de presse ont refait surface ; pourvu qu’ils ne replongent pas à la première vague de la vie politique nationale parfois agitée. Les animateurs devront avoir à l’esprit que c’est précisément dans la traversée des zones de turbulences que le public a besoin de plus d’informations.

B. Lodia

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