Grand-Croix de l’ordre national du Mali : La matérialisation de la reconnaissance des autorités maliennes au Président du Faso.

vendredi 16 août 2013

Le Président de la transition malienne, Dioncounda Traoré a élevé Blaise Compaoré à la dignité de Grand-Croix de l’ordre national du Mali. C’était le 16 août 2013 à Ouagadougou.

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Grand-Croix de l’ordre national du Mali : La matérialisation de la reconnaissance des autorités maliennes au Président du Faso.

Avant de céder le fauteuil présidentiel du palais de Koulouba à son successeur Ibrahim Boubacar Kéïta, Dioncounda Traoré a entrepris ses derniers actes de haute portée. Dans ce sens, il a décerné la plus grande distinction honorifique de son pays au médiateur de la CEDEAO. En effet, Blaise Compaoré a été élevé à la dignité du Grand-Croix de l’ordre national du Mali.

Cette distinction témoigne, a relevé Dioncounda Traoré, de la reconnaissance des autorités et du peuple entier du Mali, à l’endroit du président du Faso. En effet, relève-t-il, «  le président Compaoré a été un des grands artisans du succès de la transition malienne ». Et de précser, « en tant que médiateur de la CEDEAO, il a eu à faire face à des situations extrêmement compliquées auxquelles il a su trouver les meilleures réponses ». Sa tâche n’a pas été facile, reconnaît celui-là même qui a été installé le 12 avril 2012 comme président par intérim de la République du Mali.

Le président du Faso a eu, à en croire Dioncouda Traoré, « à faire face parfois à des critiques acerbes, à des suspicions même ». Et de poursuivre, «  mais, sans jamais se décourager ; il a continué à travailler dur, si bien que nous avons abouti à l’accord de Ouagadougou qui a fortement contribué au succès de l’élection présidentielle ». Pour lui, la distinction honorifique ainsi décernée a été bien méritée.

Son bénéficiaire y voit également la reconnaissance d’efforts consentis. Cette distinction vient «  en reconnaissance des efforts déployés, des acquis notables en faveur de la paix, de la sécurité et de la stabilité au Mali  », a confié Blaise Compaoré qui a saisi l’occasion pour louer le mérite de son hôte du jour.

« J’ai loué l’esprit de sacrifice, de plein engagement du président Dioncounda pour nous avoir facilité, pour nous avoir accompagné dans l’action que nous avons menée en relation avec la communauté internationale pour arriver à cette élection qui est un point de départ pour permettre aux maliens de se retrouver dans le cadre d’un dialogue inclusif afin de traiter de grandes questions politiques en vue d’acquérir une plus grande adhésion des populations du nord, au processus républicain sur lequel nous sommes en train de veiller », laissé entendre le président du Faso.

Pour la suite, rappelle le médiateur Compaoré, « dans les deux mois qui suivent cette élection présidentielle, il avait été convenu que le gouvernement du Mali va prendre l’initiative dans le sens d’organiser un dialogue politique qui va être fondamentale pour donner à l’accord de Ouagadougou toute sa plénitude  ».

Avant de réitérer ses « vives félicitations à monsieur Ibrahim Boubacar Kéïta pour sa brillante élection  » et de « lui souhaiter pleine réussite dans sa mission », le président du Faso dira voir dans cette élection, « un acquis majeur dans le processus de rétablissement et de stabilisation des institutions républicaines du mali  ». Et professer, « j’ai foi qu’elle ouvrira la voie au dialogue inclusif entre les fils du Mali pour instaurer la paix et la sécurité sur tout le territoire national ».

Appréciant l’élection présidentielle, Dioncounda Traoré dira que « nous n’avons jamais eu une élection aussi calme, aussi sereine ; nous n’avons jamais eu d’élection où le taux de participation a été aussi élevé ».

Quant à la démarche de Soumaïla Cissé, challenger d’Ibrahim Boubacar Kéïta (IBK), à l’issue du scrutin du 28 juillet dernier, M. Traoré dira que « c’est admirable, ce qui est arrivé ». Et d’ajouter, «  je pense qu’il a eu un comportement extrêmement responsable ; c’est le comportement des démocrates  ». «  Soumaïla Cissé a donné un exemple que je pense, mérite d’être suivi  », a-t-il conclu. En effet, au regard des premières tendances du scrutin du 28 juillet 2013, Soumaïla Cissé est allé féliciter IBK pour, dit-il, calmer les esprits qui avaient commencé à se surchauffer dans son camp vis-à-vis du camp adverse.

Le capitaine Amadou Sanogo fait général : prime à l’impunité ?

Chef de l’ex-junte qui a renversé le président Amadou Toumani Touré, le capitaine Sanogo a fait l’objet de critiques acerbes au-delà des frontières du Mali. Mais depuis lors, il est de toute évidence, resté proche très proche des autorités de transition et influent, dans le jeu politique malien. Et il vient récemment, d’être élevé, par Dioncounda Traoré, au grade de général des armées maliennes.

Cet acte ne semble pas être bien accueilli. Mais pour son auteur interrogé sur l’opportunité, il s’inscrit en droite ligne « des efforts de de réconciliation du peuple malien avec lui-même ». En effet, précise-t-il, « je pense que c’était un devoir pour moi de régler un certain nombre de problèmes définitivement avant l’arrivée du prochain président de la République qui aura à s’occuper de problèmes extrêmement importants ». Et d’ajouter, « nous sommes arrivés à un stade où il faut pardonner, à un stade où il faut résolument chercher à aller de l’avant  ».

Mieux, le capitaine Sanogo a regretté son coup de force et a demandé pardon à l’ensemble du peuple malien, a indiqué Dioncounda Traoré. En effet, le 26 juin dernier, à l’occasion d’une cérémonie de réconciliation de l’armée divisée depuis le coup d’Etat, le capitaine Sanogo a lancé, « je demande pardon à la communauté malienne ».

Après tout, Dioncounda Traoré demande de comprendre que le grade de général attribué à Sanogo, loin d’être une prime à l’impunité, répond au souci profond du peuple malien, celui de la paix.

Et après le 19 septembre prochain où il devra confier la destinée des maliens pour les cinq prochaines années au président nouvellement élu, Dioncounda Traore continuera se battre « pour la liberté et pour la dignité de l’Homme  ».

Fulbert Paré

Lefaso.net

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