Médecine et pharmacopée traditionnelles : Promouvoir les bonnes pratiques

vendredi 19 juillet 2013 à 04h44min

La salle de conférence du secrétariat permanent du Conseil national de lutte contre le VIH/SIDA et les Infections sexuellement transmises (SP /CNLS/IST) a abrité, les 9 et 10 juillet 2013, la 9ème édition de la rencontre nationale de concertation sur la médecine et la pharmacopée traditionnelles. Après deux (2) jours d’échanges, les acteurs du domaine se sont engagés, à travers des actions concrètes, à promouvoir les bonnes pratiques au profit de la santé de la population.

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Médecine et pharmacopée traditionnelles : Promouvoir les bonnes pratiques

Les malades au Burkina ont, en première intention, d’aller vers la médecine et la pharmacopée traditionnelles. Les statistiques donnent un chiffre de près de 80%. La médecine conventionnelle n’intervenant qu’après échec. Effectivement l’importance des Tradipraticiens de santé (TPS) dans le dispositif sanitaire au Burkina n’est plus à démontrer. C’est qui a motivé la 9e édition de la rencontre nationale de concertation sur la médecine et la pharmacopée traditionnelles tenu les 9 et 10 juillet dernier.

Elle a regroupé environ 150 participants venus des directions régionales de la santé (directeur régional et pharmacien), des instituts de recherche intervenant dans le domaine des plantes médicinales, des directions techniques du ministère de la Santé, des réseaux, des ONG et associations œuvrant dans le domaine de la médecine et de la pharmacopée traditionnelles ainsi que des Ordres professionnels de la santé du Burkina (pharmaciens et infirmiers) des partenaires tels que l’Organisation Ouest africaine de la santé (OOAS) et la Banque mondiale étaient présents.

L’objectif étant de permettre également de mieux capitaliser les acquis des différentes interventions et d’améliorer le savoir-faire des tradipraticiens pour mieux répondre aux besoins des populations en matière de soins traditionnels. C’est ce qu’a affirmé le ministre de la santé, Léné Sebgo à l’ouverture des travaux. Cette collaboration s’est du reste manifestée sur le terrain avec la construction de deux (2) structures d’interface à Tenkodogo et à Ouahigouya. C’est-à-dire des structures de consultation et de suivi de la médecine et de la pharmacopée traditionnelles dans les hôpitaux.

Les bonnes pratiques à mettre en exergue passent par l’obtention des autorisations codifiées par les services de santé. Aux TPS présents, les démarches et les documents à fournir ont étés expliqués. C’est le cas du diagnostic des maladies à potentiel épidémique telles que le choléra, la méningite. Ils ont été sensibilisés à se référer aux services de santé rapidement en cas d’échec.

Les participants que sont les médecins-chefs de district, les pharmaciens des régions, les chercheurs, les associations, les PTF et les TPS sont repartis en prenant de nouveaux engagements pour la promotion des bonnes pratiques dans le domaine de la médecine et de la pharmacopée traditionnelles. D’ores et déjà, il faut travailler à dissiper les méfiances.

Marceline ILBOUDO

Quelques recommandations à l’issue de la rencontre

1- Au Secrétariat général de la santé

1. Accompagner la mise en place, l’équipement et le fonctionnement des structures d’interface de Tenkodogo et de Ouahigouya ;
2. Autoriser l’utilisation des fonds propres au niveau des districts pour financer les activités de médecine et de pharmacopée traditionnelles ;

A la Direction de la médecine et de la pharmacopée traditionnelles :

1.Réviser le processus d’évaluation des TPS dans le cadre de l’autorisation d’exercice de la médecine traditionnelle ;
2.Revoir les directives de planifications pour le niveau périphérique ;

A la Direction générale de la santé  :

1.Renforcer le rôle des TPS dans la surveillance épidémiologique ;
2.Prendre en compte les TPS dans le plan stratégique de la santé communautaire ;
3.Impliquer les TPS dans la mise en œuvre du Règlement sanitaire international (RSI).

Aux Directions régionales de la santé et aux districts sanitaires :

1.Développer des stratégies locales pour la mise en œuvre des activités de médecine et de pharmacopée traditionnelles ;
2.Renforcer l’encadrement des Tradipraticiens de santé (TPS) dans la promotion des bonnes pratiques en matière de médecine et de pharmacopée traditionnelles ;
3.Répertorier et documenter les bonnes pratiques de soins traditionnelles par région.

Aux tradipraticiens de santé :

Mettre en place des jardins botaniques au niveau village, communal, provincial et régional.

2-Les TPS s’engagent

- Considérant la confiance sans cesse renouvelée du ministère de la santé ;

- Considérant les énormes efforts consentis par le ministère de la santé en faveur du secteur de la médecine et de la pharmacopée traditionnelles ;

- Considérant les conclusions de la présente rencontre nationale de concertation ;
Nous, tradipraticiens de santé du Burkina Faso, prenons l’engagement de travailler à mettre en place et dynamiser nos structures associatives à tous les niveaux ; renforcer la collaboration avec les agents de santé ; renforcer notre contribution dans la surveillance épidémiologique ainsi que dans la mise en œuvre de la politique de santé communautaire.

Sidwaya

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Vos commentaires

  • Le 19 juillet 2013 à 21:06
    En réponse à : Médecine et pharmacopée traditionnelles : Promouvoir les bonnes pratiques

    Ce n’est peut être pas un engagement de plus ! Nous sommes à la 9e édition et c’est comme si on est pas encore à la première. Tant que le système de santé n’est pas toiletté, il n’ y aura pas de résultats souhaités. Comment peut-on continuer à compter sur des DRS ou des districts qui ne vivent que par la recherche effrénée de l’argent avec pour corollaire la gestion familiale des problèmes de santé. Le pire, le sommet est souvent au courant de toute cette corruption mais joue le jeu de l’ignorance. La DRS du Centre Sud est l’exemple clé où le DRS constitue des équipes cadres de famille dans les districts même si le personnel ne répond pas au profil et ne possède aucune expérience en la matière comme par exemple à Saponé, le fameux Saponé !

    Répondre à ce message

  • Le 19 juillet 2013 à 22:15, par civil
    En réponse à : Médecine et pharmacopée traditionnelles : Promouvoir les bonnes pratiques

    cè une bonne initiative en tou cas.

    Répondre à ce message

  • Le 23 juillet 2013 à 03:17, par Pascal Nadembega
    En réponse à : Médecine et pharmacopée traditionnelles : Promouvoir les bonnes pratiques

    la médecine traditionnelle au Burkina Faso a fait un grand pas en avant depuis la reconnaissance par l’Etat en 1994 et les conditions de sa pratique en 2004. cependant ses conditions sont, selon moi écrit par des non experts en la matière. un exemple : ce sont les infirmiers des csps qui doivent évaluer la pertinence de la pratique d’un ou l’autre traditherapeute. Alors que lui même ignore ce qu’est la médecine traditionnelle et ce qui peut être la composition d’un extrait d’une plante, n’en parlons pas des bonnes pratiques de fabrication sur lesquelles il devrait se baser pour donner une appréciation sur le mode de production des phytomedicaments. aussi comment pouvez vous du jour au lendemain, dire aux gens qui pratiquent depuis des siècles leur métier de laisser tomber leur pratique pour se faire évaluer par un ignorant de la matière avant d’être autoriser. Nous rejoignons dans ces cas de figure la loi coloniale qui interdisait la pratique de notre médecine (voir Dim Dolebsom, 1934) même parmi les pharmaciens il y en a peu qui savent comment il faut préparer un phytomedicament digne de ce nom acceptable et efficace. dans certains villages j’ai vu des infirmiers devenir président des tradipraticiens pour MANGER. les pauvres, ils sont naifs au village. j’en ai vu un autre qui a dit que le gouvernement a dit de venir donner leur formule au csps. ça ne va pas m’étonner qu’un jour on le trouve sur la route du marché avec son baluchon et ses poudres. Ne faisons pas les choses à la hâte. Personnellement je pense qu’il faut mettre l’accès sur l’édification de notre pharmacopée, l’identification et listes des plantes utilisables que ça soit pour manger ou pour se soigner. il y a des cas ou on n’a plus besoin d’études phytochimiques ou pharmacologiques pour décider de l’utilisation. je suis certain de cela car j’ai participé à l’évaluation des plantes qui ont été acceptées en Europe par la documentation simple ethnobotanique. Nous pouvons profiter de la liste des plantes déjà dressé par certains pays où se trouvent nos plantes listées. Au Burkina Nous avons des experts locaux qui savent bien faire leur travail. si vous les contactez ça serait par enchantement qu’ils vont vous faire le travail. Puis les jardins botaniques ne fonctionnent pas parce que moi je me pose la question a savoir quel est l’objectif du jardin botanique pour les TP. qu’ils aillent planter des arbres pour ensuite utiliser pour leurs produits et ainsi protéger l’environnement, ou pour l’éducation comme à l’Université. dans tous les cas s’il n’y a pas de protection avec un mur ou un grillage c’est peine perdue, l’exemple est claire dans les reboisements des écoles, des dispensaires etc. mais c’est peine perdue. je m’arrete là d’abord.
    Dr Pascal Nadembega PhD Pharmacologie Appliqué et tradipraticien.

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