Jules Tapsoba, directeur des services fiscaux : « Nul n’a le droit de se faire des revenus sans prévoir la part de l’Etat »

vendredi 5 juillet 2013

Au Burkina Faso, les services des impôts et des douanes ont mobilisé au total en 2012, au titre des recettes courantes, 1012 milliards de francs CFA contre793, 62 milliards de francs en 2011. En 2013, l’on s’attend à un accroissement de 12, 50% de la manne des impôts.

Pour autant, le civisme fiscal n’est pas l’affaire de tous au Faso. Cette question a d’ailleurs polarisé ce 28 juin 2013, les échanges qui ont suivi la communication du directeur des services fiscaux de la Direction générale des Impôts (DGI) sur le thème : « Système fiscal et Croissance économique ».

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Jules Tapsoba, directeur des services fiscaux : « Nul n’a le droit de se faire des revenus sans prévoir la part de l’Etat »

En effet, comme l’expliquera un intervenant, ils sont nombreux les opérateurs économiques burkinabè qui ne sont pas prêts à honorer leurs impôts et passent le plus clair de leur temps à imaginer des stratégies pour échapper au fisc.

Mieux, ils sont plus d’un entrepreneur à se vanter de leurs prouesses en matière de fraude fiscale.

Deux poids, deux mesures

Tous ces comportements s’expliquent, avance un autre intervenant, par le fait que beaucoup de citoyens ne savent pas ou doutent de l’usage qui sera fait de leur argent.

Il y a aussi, ajoute-t-il, le fait que bon nombre de contribuables ont le sentiment que des gens ‘’haut placés’’ ne paient pas leur impôts. Un système de deux poids deux mesures qui serait observé au niveau du fisc.

Qu’à cela ne tienne, le directeur des services fiscaux, Jules Tapsoba pense que les comportements anti-fisc ne devraient pas prospérer car tout le monde est assujetti aux impôts.

« Nul n’a le droit de se faire des revenus sans prévoir la part de l’Etat », indique-t-il. Et que contrairement à ce que certains pensent, les impôts ne sont pas faits contre les entrepreneurs.

Avantages du civisme fiscal

Le civisme fiscal, à l’écouter, a des avantages pour les pratiquants ; ce qui n’est pas le cas, selon lui, de la délinquance fiscale qui peut coûter très cher aux auteurs.

« Toute entreprise mérite d’être accompagnée tout au long de son cycle de développement, mais encore faut-il qu’elle se déclare », affirme-t-il.

Et Jean Marie Sourwema, animateur aussi de la communication, de renchérir : « L’impôt ne doit pas être considéré comme une contrainte. Il faut l’intégrer dans la gestion quotidienne car l’on ne peut pas échapper aux impôts ».

Sur la question des supposés avantages accordés aux grandes sociétés par rapport aux petits opérateurs économiques, Jules Tapsoba est formel : La contribution des grandes entreprises à la mobilisation des ressources fiscales est estimée entre 85-90%.

Grégoire B. BAZIE

Lefaso.net

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