Vision Express sur… : Doit-on encore se bagarrer pour un homme ?

lundi 27 mai 2013

Le mardi 21 mai dernier, le Tribunal de grande instance (TGI) de Bobo statuait sur une affaire que le président au rôle a qualifié de procès pédagogique. Pédagogique parce qu’il s’est agi pour lui et la cour de donner juste une leçon de morale à des femmes qui se sont traduites en justice pour une histoire de " sexe d’homme ".

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Pas étonnant, diront certains, de voir des femmes se bagarrer à cause d’un homme. Généralement, pour des histoires de " tu sors avec mon mari ", ou encore " éloigne-toi de mon p’tit ami ou de mon gars". Toujours est-il que, ces bagarres ont pour point central un homme. En effet, dans beaucoup de quartiers de certains centres urbains, il ne se passe pas un jour sans que des femmes ou de jeunes filles se tirent dessus à boulets rouges pour des histoires de "zizi" ou peut-être pour le porte-monnaie du Monsieur.

Si dans certains cas, et par pudeur, elles arrivent à solutionner leurs histoires par le dialogue, des fois, elles se trimbalent à la police ou à la gendarmerie. Pire, et sans scrupule, elles s’appellent à la barre des tribunaux correctionnels pour s’exposer au grand public. Aux juges maintenant de trancher suivant les textes ! Ce fut le cas des quatre dames poursuivies pour coups et blessures involontaires. Une prévenue qui s’est battue avec la copine du père de son enfant a laissé entendre ce 21 mai ceci : " elle m’a frappée avec un pilon dans ma cour ", disait-elle en substance. Plusieurs fois entendu par la police, celui pour qui ces "belles créatures " se battent, décida d’arrêter toute relation avec les deux dames. Et l’un des juges de proposer au Monsieur de quitter le quartier où il habite, si ces deux femmes ne veulent pas se faire une raison. Humiliants, ces propos ! Des comportements pernicieux, des insultes ahurissantes et des considérations déplacées qui ne font que contribuer à dégrader et à dévaloriser la femme. Au Burkina Faso, les femmes constituent 52% de la population et les hommes 48%. Est-ce à dire que les hommes sont si rares au point que des femmes n’hésitent pas à envoyer des sms ou même appeler les copines de leur époux et/ou copain pour les mettre en garde et pire, les menacer ?

Doit-on encore se battre pour un homme qui prend un malin plaisir à collectionner les « conquêtes » ? On entend souvent certains hommes s’exprimer maladroitement ainsi : " il y a une telle quantité de femmes qu’il en resterait toujours à … ". N’importe quoi ! Comme si les femmes étaient des objets et des biens matériels à accumuler et/ou à consommer sans modération !

En effet, rares sont les hommes qui se ridiculisent pour une femme. A-t-on déjà vu des hommes se trimballer devant un tribunal pour une histoire " de fesses " liée á des sms ou des appels envoyés à l’amant de leurs copines ? Loin de nous d’affirmer que cela n’existe pas, mais le phénomène est plus discret et moins visible. Mieux vaut donc utiliser ses énergies dans d’autres domaines que de " se mettre la honte " pour des hommes qui ne savent souvent pas la valeur réelle d’une femme.

Bassératou KINDO

L’Express du Faso

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