Insécurité au Burkina : 2 millions d’armes illicites en circulation

mercredi 15 mai 2013 à 20h48min

Pays membre de la Cedeao, la communauté économique des Etats de de l’Afrique de l’ouest, le Burkina a des soucis à se faire au sujet de la circulation illégale des armes dites légères et de petit calibre. Selon les experts elles seraient 2 millions en moyenne, pour une population estimée à plus de 17 millions d’habitants. De quoi inquiéter…

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Insécurité au Burkina : 2 millions d’armes illicites en circulation

L’information avait déjà été donnée par le rapporteur des nations unies chargé des questions de droits de l’homme et de terrorisme. Selon les données contenues dans ledit rapport, plus de 2 millions d’armes illégales légères sont en circulation actuellement au Burkina.
Ce que confirme le Colonel Christophe Tapsoba, secrétaire permanent de la Commission nationale de lutte contre la prolifération des armes légères, CNLPAL. Pour lui, il est urgent d’agir afin d’attirer l’attention de tout le monde sur le risque que fait courir une telle situation dans le contexte burkinabè. En particulier sur les atteintes à la quiétude générale.

Mais d’où vient donc le phénomène lorsque l’on sait pertinemment que le Burkina ne dispose pas à l’heure actuelle d’une industrie d’armement, contrairement à d’autres Etats sur le continent ?

Aux sources du phénomène

De l’avis de nombreux observateurs, la période révolutionnaire (1983-1987) a vu des quantités importantes d’armes déversées dans le pays, au nom de la solidarité entre Etats.

Ces armes provenaient selon toute vraisemblance de pays communistes, sans doute convaincus de l’importance de soutenir l’expérience burkinabè dans sa lutte idéologique contre l’ « impérialisme ».
Dès lors, la conduite était que chaque citoyen devait disposer d’une arme, s’il savait s’en servir afin de défendre la révolution. Avec l’aide d’artisans locaux, le phénomène a été renforcé et a pris de l’ampleur pour donner plus de consistance aux discours révolutionnaires de l’époque.

Malheureusement après la fin de la révolution, une grande partie des armements n’a pas été restituée par les détenteurs. Certains les ayant conservées comme des objets de souvenirs personnels.

La crise sociale et militaire de 2006 a été également une occasion pour faire circuler des armes de manière illicite. Mais c’est surtout la crise de 2011 qui a vu la montée en hausse du phénomène. En effet et outre les armes qui ont été frauduleusement soustraites des casernes et dont beaucoup n’ont pas été retournées, il y a également tous ces civils qui ont décidé de s’acheter des pistolets pour leur propre sécurité. Mais pas toujours dans les conditions requises.

En 2012 la situation au Mali est venue s’ajouter avec ses multiples répercussions sociales et sécuritaires.
Globalement l’on estime que 39% du trafic intérieur des armes provient du Ghana, pour 6% du Mali et pour 19% de la Côte d’Ivoire.

Conséquences sociales importantes

Comme on peut le deviner aisément, les conséquences d’une telle situation sont nombreuses. A commencer par les troubles causés chez la grande majorité des populations. Ces dernières années en effet, le grand banditisme montre par exemple, des signes d’une forte recrudescence.

Les braquages à main armée parfois en plein jour et l’arraisonnement de véhicules de transports en commun suivi du dépouillement des voyageurs de tous leurs biens, constitue de plus en plus le lot quotidien des citoyens.

Au fil du temps, certains axes routiers du pays sont passés dans la zone rouge à cause de leur dangerosité. Ce qui ne constitue pas forcément un atout pour les régions concernées. Notamment en matière de promotion des échanges commerciaux et de la libre circulation des personnes. Ce qui oblige les forces de sécurité à mener des opérations de ratissage dans ces zones sensibles.

Réponse communautaire

La prolifération des armes légères et de petit calibre nécessite une réponse coordonnée à l’échelle régionale si elle veut être efficace. C’est en tout cas le point de vue de la Cedeao.

Celle-ci multiplie les actions en faveur d’une synergie positive (voir article in lefaso.net sur ‘’la convention de la Cedeao sur les armes légères, un document juridique peu connu’’) des Etats membres.

C’est dans cette logique qu’il faut situer la création des commissions nationales de lutte contre la prolifération des armes légères et de petit calibre dans chaque pays. Avec pour objectif principal de lutter efficacement contre le phénomène ci-dessus décrit, et « assurer la sécurité, la paix et le développement durable du Burkina Faso ».

La ‘’Cnlpal’’ du Burkina, faut-il le noter, a été créée par décret n°20
01-167/PRES/PM/DEF du 25 avril 2001. Les différentes commissions sont appuyées dans leur travail par la société civile à travers le ‘’Rasalao’’, le réseau africain sur les armes légères et en Afrique de l’ouest, grâce à ses différentes sections locales. Ces réseaux sont appuyés à leur tour par des réseaux de journalistes et communicateurs.

Bref, une mobilisation de grande ampleur qui témoigne d’une prise de conscience réelle face au danger qui menace l’ensemble de la région.

Former, informer, sensibiliser

L’accent est donc mis sur l’information et la sensibilisation au bénéfice des populations, qui ne connaissent pas toujours la législation en la matière.

Mais plus inquiétant encore lorsque les mauvais comportements sont le fait de personnes qui sont censées faire usage d’armes à feu dans les règles ; mais hélas commettent des bévues en s’en servant à d’autres fins.
Ces derniers mois, Ouagadougou a été le théâtre de faits divers tragiques mettant en scène des individus avec des armes à feu. Aussi bien des civils que des agents des forces de l’ordre. Relançant ainsi la problématique d’un débat sur la question.

C’est ainsi qu’à l’initiative de la Cedeao (division des armes légères) et de la ‘’Cnlpal’’ Burkina, une session de formation s’est tenue à Ouagadougou du 7 au 9 mai 2013 à l’intention de journalistes d’organes de presse publics et privés du Burkina.

Et comme il fallait s’y attendre, la nécessité d’une meilleure connaissance des textes et surtout de leur appropriation est revenue sur la table.

Outre le Burkina, le Niger et le Mali sont également concernés par cette série de renforcement des capacités.

A Ouagadougou, les participants ont pu mettre à jour leurs connaissances sur le sujet et discuter des enjeux liés au changement de comportement. Il en ressort des propositions d’amélioration au niveau de la sensibilisation du grand public et que la ‘’Cnlpal’’ s’est engagée à mettre en œuvre à court terme.

Conditions de détention d’armes à feu

« Avez-vous une arme ? Souhaitez-vous en acquérir ? Elle peut être une sécurité pour vous, mais sachez que l’arme sous toutes ses formes est dangereuse pour vous, votre famille, vos proches et la société. Assurez-vous impérativement que vous êtes en règle vis-à-vis de la législation ».

Ainsi commence le message de présentation de la ‘’Cnlpal’’ sur les conditions générales d’acquisition d’armes à feu et des munitions, au titre II du décret N0 2009-301/pres/pm secu/matd/mef/def/mecv/mj/mcpea portant régime des armes et munitions civiles au Burkina Faso.

Quelles sont-elles au juste ces conditions ?

Article8 : L’acquisition d’arme à feu ou de ses pièces et éléments se fait par montage à partir des pièces détachées, achat, échange, donation, legs, ou héritage.

Article 9 : Nul peut acheter une arme à feu ou bénéficier par échange, don, héritage ou legs, s’il n’est titulaire d’une licence appelée ‘’autorisation d’achat d’arme à feu’’.
L’autorisation d’achat d’arme à feu est personnelle.

Article10 : L’autorisation d’achat d’armes à feu est un document signé du ministre de la sécurité au profit d’une personne physique ou morale en vue de lui permettre d’acquérir une arme à feu.

L’autorisation d’arme à feu vaut permis d’importation

Artcile11 : L’obtention de l’autorisation d’achat d’armes à feu est conditionnée au dépôt d’un dossier de demande à l’adresse du ministre de la sécurité sous le couvert du service de police territorialement compétent ou de l’autorité administrative locale dans les localités où il n’existe pas de service de police.

Article 12 : Tout dossier de demande d’autorisation d’achat d’arme à feu doit comprendre :
- une demande sur un formulaire à acquérir auprès du service de police au prix de 1000 francs
- le formulaire est revêtu d’un timbre fiscal d’une valeur de 15000 francs pour les armes d’épaule, 25000 francs pour les armes de poing de calibre inférieur ou égal à 7,65mm, 50000francs pour les armes de poing de calibre supérieur à 7,65mm.

- une photocopie légalisée de la carte d’identité ou du passeport en cours de validité
- un extrait de casier judiciaire de moins de trois mois de date
- un extrait d’acte de naissance ou de jugement supplétif d’acte de naissance
- un certificat de résidence
- deux photos d’identité

En outre lorsque le demandeur est déjà détenteur d’une arme à feu, mention doit être faite sur la demande à laquelle est jointe une copie du permis de détention et de port d’arme. Un récépissé est remis au demandeur pour lui servir de preuve de dépôt de son dossier.
Source : Cnlpal

Juvénal Somé
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 16 mai 2013 à 01:46, par Vigile
    En réponse à : Insécurité au Burkina : 2 millions d’armes illicites en circulation

    ’"Je suis militaire et je possede une arme.Mais Mr le président je voudrais que nous nous désarmions car moi je possede l’unique arme que j’ai et d’autres ont camouflé les armes qu’ils ont"’ disait.........Ahh si les autres l’avaient bien compris nous ne serions pas à ce stade. Pauvre de moi meme

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  • Le 16 mai 2013 à 07:02, par boummm
    En réponse à : Insécurité au Burkina : 2 millions d’armes illicites en circulation

    que dire de plus ? une arme pour huit. on est dans la merde jusqu au coup

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  • Le 16 mai 2013 à 08:36, par Kibessoum
    En réponse à : Insécurité au Burkina : 2 millions d’armes illicites en circulation

    Il faut pleurer car l’avenir politique de ce pays n’est prometteur d’une paix, on ne le souhaite pas mais imaginé un instants un trouble.nous sommes mort !!!!!

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  • Le 16 mai 2013 à 10:16
    En réponse à : Insécurité au Burkina : 2 millions d’armes illicites en circulation

    ne vous affoler pas pour rien.je trouve kil ya pas assez d’armes pour toute la population.en suisse chaque famille possède un dépôt d’arme et de munition.aux usa chaque famille possède un arsenal militaire.mais est ce que c’est pour autant kil ya une catastrophe sociale ?je pense kil est mieux de voter une loi qui autorise chaque burkinabé a détenir les armes kil veut. la ça protège la nation contre les agents étrangers . ça va faire baisser les petits braquages car si tout le monde est armé on va se respecter forcement+++
    il faut promouvoir le port d’arme individuelle

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  • Le 16 mai 2013 à 10:42
    En réponse à : Insécurité au Burkina : 2 millions d’armes illicites en circulation

    il fo aimer les armes . c ’est parcequ’on n’etait pas assez armé kil ya eu l’esclavage et la colonisation. donc arreter de nous faire croire avoir des armes c’est un probleme. l’histoire est là pour nous rappeler les faits. pas d’arme pas de respect et c’est valable sur le plan international.pourquoi les usa font ce qu’ils veulent ? c’est parcequ’ils des vraies armes offensives et défensives.
    il fo armer toute la population.là on aura au mois une armée de 17millions d’effectifs et je parie que ca va forcer le respect pour le faso

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  • Le 16 mai 2013 à 12:52, par Inoussa verite USA
    En réponse à : Insécurité au Burkina : 2 millions d’armes illicites en circulation

    tout citoyen doit pouvoir posseder et porter une arme ; la securite est une responsabilite personelle et aucun citoyen ne devrait compter sur le gouvernement pour sa securite. De plus c’est parce que les coupeurs de route et le gouvernement savent que les citoyens sont desarmes qu’ils abusent d’eux en les spoliant ou en exercant la dictature : UN HOMME LIBRE EST UN HOMME ARME (George Washington)

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  • Le 16 mai 2013 à 14:29, par ACTIVISTE
    En réponse à : Insécurité au Burkina : 2 millions d’armes illicites en circulation

    VOUS CROYEZ QUE QUI EST FOU. TOUT LE MONDE SAIT QUE PAYS LA VA CHAUFFER UN JOUR. DONC TOUT LE MONDE SE PRÉPARE : A CHACUN SON ARME. SI LE PETIT PRÉSIDENT TENTE UN PASSAGE EN FORCE AVEC LES ARMES, CHACUN SORT POUR LUI MONTRER QU’IL N’EST PAS SEUL A DÉTENIR LA FORCE DES ARMES. VOILA. A BON ENTENDEUR SALUT. TENEZ VOUS BIEN. 2015 C’EST POUR BIENTOT.

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  • Le 16 mai 2013 à 14:52, par Femme de caserne
    En réponse à : Insécurité au Burkina : 2 millions d’armes illicites en circulation

    Plus d’insécurité que de sécurité. Y a t- il complicité de la part de nos.......

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  • Le 16 mai 2013 à 15:00
    En réponse à : Insécurité au Burkina : 2 millions d’armes illicites en circulation

    Si vous savez avec cette precision de police scientifique combien d’ armes circulent au Faso de facon illegale, vous devez aussi savoir ou elles sont et les recuperer. Ou bien ?

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  • Le 16 mai 2013 à 15:58, par FLADJI
    En réponse à : Insécurité au Burkina : 2 millions d’armes illicites en circulation

    si rien n’est fait le burkina faso risque de ressemblé au FAR WEST.

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  • Le 16 mai 2013 à 16:27, par le voyant
    En réponse à : Insécurité au Burkina : 2 millions d’armes illicites en circulation

    je vs assure que les 2000000 d’armes sont détenues par des sympathisants du régime en place, enquêter voir ; ; ; ; ; ; ;

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  • Le 16 mai 2013 à 16:42, par isarali
    En réponse à : Insécurité au Burkina : 2 millions d’armes illicites en circulation

    Je pense qu’il faut que d’abord chaque burkinabé détenteur d’une arme, quelle qu’elle soit, se mette en règle vis-à-vis de la loi et prenne ses responsabilités quand à l’objectif premier visé en détenant l’arme (protection de part la fonction, zones d’habitation non sécurisantes, etc.).
    Faire attention au port et à l’utilisation abusive des armes à feu (savoir le nombre exact de détenteurs). L’état doit savoir aussi qu’il est le principal responsable favorisant le besoin de détenir une arme à la maison car il n’assure pas notre sécurité malgré les sommes allouées puisque les coupeurs de route courent même dans les grands centres urbains ! Que faire ? On se fait soi même sa légitime défense en cas de provocation ou d’effraction à domicile.
    Bon courage à nous tous et qu’Allah sauve le Faso, amina !!!

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  • Le 16 mai 2013 à 17:35, par Tiéfotiè
    En réponse à : Insécurité au Burkina : 2 millions d’armes illicites en circulation

    Mieux mourrir en se défendant que de mourrir cadeu comme un cabri. Si j’ai l’occasion, je ne manquerai pas de m’en approcurer. Salut les gars.

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  • Le 16 mai 2013 à 19:35, par Fred
    En réponse à : Insécurité au Burkina : 2 millions d’armes illicites en circulation

    Je ne suis pas d’accord sur les raisons pour lesquelles il ya trop d’armes au Burkina Faso Mr le journaliste ! Nous savons tous que la situation a commence a degenere chez nous quand la crise a commence en RCI mais aussi apres celle de la Lybie. La situation en RCI est a mon avis celle qui a le plus mis en danger le Burkina car depuis le debut de cette crise les forces de securite ont eu plus du boulot sur nos routes et c’est dommage que le journaliste se focalise seulement sur la Revolution. Par rapport a la crise au Mali qui n’est que recente, je peux dire que l’insecurite existait bien avant l’avenement de cette crise. Quant a la crise de 2011, elle a peut etre ete l’occasion de sortie d’armes mais je suis sur et certains comme certains rapports l’ont montre, que nos forces de securite faisaient deja face sur nos routes a des armes plus sofistiquees que celles qu’elles avaient, bien avant 2011. merci Mr le journaliste de revoir votre copie !

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  • Le 4 novembre 2015 à 08:56, par LAO TSEU
    En réponse à : Insécurité au Burkina : 2 millions d’armes illicites en circulation

    Le grand danger vient de la non classification des armes en armes de guerre ou pas.
    L’ouverture faite aux magistrats à été la brèche dans laquelle les délinquants se sont engouffrés pour avoir des 9 mm... A part les USA,il est interdit d’avoir chez/sur soi une arme de guerre. Bref !
    Mes propositions :
    - Revoir les conditions d’obtention des permis et autorisations,
    - Ouvrir l’oeil et le bon sur les enquêtes de moralité car beaucoup de choses, pas très catholiques, se passent au ministère de la sécurité !
    - Obliger les mairies à tenir à jour les registres
    - Obliger les gendarmes et policiers à rescencer tous les détenteurs d’armes et leur accorder la possibilité de demander à ce que l’arme leur soit présentée en cas de besoin.
    - Etc.

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