Mare aux poissons sacrés de Dafra : Quand les poissons se dressent entre les hommes et Dieu

vendredi 3 mai 2013 à 22h33min

Savant et parlant avec des génies, le premier homme de Bobo-Dioulasso serait à l’origine de la découverte de la mare aux poissons sacrés de Dafra, selon les anciens. Pour Siriki Sanou Jamanatigui, de la cour de sa Majesté M’Pa Yacouba Sanou, les mystères des silures sacrés de Dafra ont traversé le temps en étant toujours efficace. A condition de suivre la voie normale.

Mare aux poissons sacrés de Dafra : Quand les poissons se dressent entre  les hommes et Dieu

Dafra, c’est un sanctuaire. Une marre située à quelques kilomètres de la ville de Bobo-Dioulasso. Autrefois exclusivement réservé aux rites traditionnels et aux vœux des populations environnantes, l’édifice est devenu, avec l’arrivée de l’islam et la conversion de certains bobo, un site ou l’on effectue des vœux avec des préceptes islamiques.

Effet de tourisme et de quête d’argent, modernisme et autres mépris des normes culturelles sont malheureusement des comportements qui entacheraient la place que Dafra occuperait dans la région de Bobo-Dioulasso.

Dafra, c’était du temps des anciens, le lieu qui permettait à la région de se prémunir ou d’affronter les attaques des étrangers, d’émettre des vœux afin d’obtenir la grâce divine. Convertis à l’islam, les Bobo ont également changé certaines méthodes. Parce qu’à la pratique animiste s’est arrimée les préceptes islamiques dans les vœux recherchés auprès de Dafra. Depuis, et c’est le lieu peut-être de le signaler, les départs pour Dafra surtout de personne étrangère doivent être signalée à la cour royale et auprès des anciens qui ont le savoir nécessaire pour faire le boulot.

Les normes à suivre

Pour aller à Dafra, on doit passer par le chef des bobos, le « tièmogoba » et les anciens. Signaler son intention de se rendre sur le site avant de s’en aller. Pour y aller, il est également demandé aux visiteurs, homme comme femme de se vêtir tout en blanc, de ne pas porter de bague et de partir de préférence les lundis et vendredis. Egalement, il est demandé aux visiteurs de s’attacher les services d’un ancien qui a le savoir nécessaire pour effectuer le travail. Une fois ces conditions réunies, l’on peut émettre des vœux (fortunes, demande d’enfants, d’ascension sociale, de mariage…). Après l’on peut attendre le miracle. Une fois celui-ci réalisé, l’heureux bénéficiaire doit rebrousser chemin pour aller donner à Dafra ce qu’il lui avait promis.

Autres marigots

Au même titre que Dafra, le marigot Houet, le marigot Sya, le marigot Sagnon regorgent de poissons sacrés auprès desquels l’on peut émettre des vœux. Par exemple, n’eut été l’infiltration des eaux usées en provenance des industries, l’eau du Houet était utilisée par les femmes stériles. Elles se lavaient avec, se frottaient avec du beurre de karité et parvenaient ainsi à vaincre leur stérilité.

Des sacrifices à réaliser

En fonction des besoins et des capacités du demandeur, l’on peut sacrifier des poulets, un mouton voire un bœuf à Dafra et dans les autres marigots et fleuves. L’on peut également emporter sur ces sites, du lait, des beignets, des intestins des animaux sacrifiés pour nourrir les poissons sacrés.

Enterrés comme des hommes

Qu’ils soient de Dafra, du Houet ou de Sya, les silures sacrés sont interdits à la consommation tant qu’ils sont dans leurs réserves. Toutefois, ils peuvent être consommés si on les retrouve ailleurs. Par exemple, après Banakéledaga, l’on peut consommer les poissons du marigot Houet. Sinon en cas de mort d’un poisson, son corps est extrait du fleuve pour être inhumé selon les rites et traditions prescrites. En linceul blanc.

Le sabotage des jeunes

Avide d’argent et de relation, des jeunes tronqueraient volontairement le cou à la tradition. Acculturés et sans aucune connaissance religieuse, ils amènent des étrangers sur le site, empochent de l’argent et se nourrissent gracieusement avec les sacrifices sans pour autant rendre service à leurs hôtes. Car, s’il est vrai que Dafra répond à toutes les demandes (autochtones et étrangers) il est tout aussi vrai que les règles à suivre sont primordiales. Il est vivement souhaité à ceux qui viennent à Dafra rien que pour le tourisme de passer par les sages pour booster leurs chances de réussites.

Appel à la mairie

Le marigot Houet est sale. Sachets plastiques, eaux usées d’industries… ont fait de l’endroit un lieu inapproprié pour l’épanouissement des poissons. Maintes fois interpellés, les responsables de la voirie de la mairie de Bobo-Dioulasso demeurent sourds face au problème. Ce qui ne manque pas de frustrer les sages. Car, bien avant les indépendances, et quelques temps après les indépendances, cette même voirie avec à sa tête des occidentaux parvenaient à débarrasser le fleuve de ces impuretés. Le maire Salia Sanou est donc interpellé.

Ousséni Bancé

Lefaso.net

Messages

  • très bon article . j’invite les jeunes a bien lire cet article et évité les gains facile qui nous conduisent facilement à la mort. après comme quoi les sorciers veulent me tuer. le non respect des ancêtres tue mes amies. respectons ce que nous sommes né trouver c’es ce qui fait avancé l’europe par rappor à l’affrique

  • Personne n’est vetu de blanc sur l’image je pense bien......

    • Donc tu n’as pas compris que cette recommandation ce n’est pas pour les autochtones, les coutumiers de Dafra, mais pour les étrangers qui veulent solliciter efficacement les mystères de D’afra ??? Tu n’as rien compris alors !

      Je t’invite à avoir un peu plus de respect pour ce que tu es, c’est à dire un NOIR !!! Ces choses ont assuré notre équilibre, l’équilibre de notre société de laquelle tu es issu. À trop singer le Blanc au nom du développement, regarde où nous en sommes ??? En France, c’est à peine si tu as le statut de chien ???

    • C’est vrai que notre cher journaliste veut faire œuvre utile , mais il aurait été plus intéressant pour lui d’aller sur ce site et voir l’habillement des gens, se renseigner sur leur provenance avant de dire qu’il faut être habillé en blanc ou qu’il avoir une autorisation avant d’y aller.

  • Je ne suis pas de Dafra mais j’ai du respect pour la chose culturelle que représente ce site.Aux jeunes je dirais de préserver cette richesse en en suivant les procédures normales d’accès.

  • il est temps pour les bobos de choisir entre leur tradition et le développement . Depuis 1960 ils refusent que le quartier dioulassoba soit loti ,le marigot houet soit aménagé comme le canal de wemtinga. chaque année des masques qui dérangent la population. moi je pense que la solution c’est de deplacer le centre ville à 50km de dioulassoba ou de construire un mur de 10metre de haut pour clôturer dioulassoba .

    • lotissement lotissement, il faut aller faire !!! tchruurrr
      tu n’as pas encore compris qu’il faut garder authentique nos sites "touristiques" ? ancestraux avant d’être touristiques ?
      on a vu les conséquences fâcheuse de l’urbanisation à l’aveuglette là !
      Monsieur le maire, pardon fais ton travail "correctement" !

    • urbaniste ,tu manque de bon sens et d’intelligencea ; aon doit garder dioulassoba intact ;que laisseron-nous à la postérité ? vous etes aveuglé par une vision occidentale des choses or labàs ils gardent bien leur richesse culturelle. cultive -toi

    • Attention urbaniste, tu enfreins les règles élémentaires du métiers. Personne n’a à choisir entre la tradition et le développement. C’est tout comme si on te demandait de choisir entre ta mère et ton épouse. Chacune des deux a sa place et son apport.
      D’ailleurs, es tu sûr qu’il a été engagé une véritable réflexion sur la question de l’aménagement des sites à intérêt touristique, historique et patrimonial dans ce pays ? Dioulassoba n’est pas le seul cas. Dans beaucoup d’autres villes du Burkina, les populations sont réticentes quant à l’aménagement des "foyers originels" ou encore "noyau anciens". Le professionnels a le devoir de chercher à bien comprendre afin d’apporter une réponse "convenable". Déplacer le centre ville à 50km de Dioulassoba ? cette approche me semble invraisemblable. Nous devons dans un élan d’humanisme chercher à apporter des solutions et non à chercher à les déplacer. Le ministère de l’Habitat et de l’urbanisme et la direction générale de l’urbanisme et des travaux fonciers sont interpellés. Monsieur le Ministre, voilà enfin (au delà du discours sur le lotissement), une occasion pour vous d’apporter une solution durable à un problème réel qui préoccupe plus d’un burkinabé. "Quelle forme d’aménagement urbain peut on préconiser pour les noyaux anciens dans nos villes ?" .

    • Merci "Urbanisme aussi", ta position est salutaire. Qui sommes-nous d’abord ? Il faut y penser car il n’existe de peuples au monde sans cultures et nul parmi n’est prêt à s’en défaire, pas en tout cas celui qui nous a enseigné sa culture ! Développement n’a rien à avoir avec préserver sa culture. D’ailleurs le revers de ce développement pèse lourd pour l’Afrique. Mais comme nous sommes aujourd’hui condamnés, faisons avec mais jamais négliger ce qui nous est propre...
      Salut à tous

  • bon, je croyais que les silures étaient mortes il y a quelques années de pollution ?

  • La CITEC est rester le plus grands polluants avant l independance jusqu a nos jours. Le Co2 provenant aussi de ses fourneaux dont on respirait sur la route de l ecole Bobo Centre fille que garcons. Malgre le demenagement de la CITEC sur la route de Banfora,les residues d eaux savonneuses polluees circulent jusqu au houet. Le pire est la periode pluvieuse.

  • On est tous burkinabé et il convient de garder nos sites touristiques en bon etat que pour d’autres à passer leur temps à dire du n’importe quoi.Soyez réaliste un jour.

  • ARRÊTER DE DIFFAMER "LA COUTUME DES AUTRES". CAR IL N’YA PAS UNE CULTURE PLUS PARFAITE QUE L’AUTRE. VOUS ETES QUI POUR CRITIQUER NOS CULTURES ? LES CAÏMANS DE SABOU ET AUTRES SITES NON JAMAIS ÉTÉ VICTIMES DE CES SALLES CRITIK. QUAND Cè POUR NOUS Cè MOVAI. ON SE CONNAI ASSEZ MAINTENAN DAN CE PAYS LA.

    • Est qu’à Bobo quelqu’un est capable de faire tourner ses méninges pour comprendre que ce qui est considéré comme du mépris à l’égard de cette ville du Burkina n’est qu’une pure résultante de la mauvaise gouvernance ?

  • MR urbaniste il faut aller deplacer ton village à 50km du Burkina pour enseigner ta vision sur la tragedie observee dans ce site sacret.

  • si nos dieux restent sourds à nos requetes et s’éloignent de nous c’est de notre faute. préservons nos ressources culturelles et ancestrales pour les générations futures. les sites sacrés de sya et autres sont un don béni de Dieu au temps ou il était proche des hommes.aux bobolais je vous exhorte à sauvegarder ce patrimoine bénéfique à tous. de coeur, je s8 avec vous.

  • Vivement que la jeunesse prenne conscience et sache garder les rites et traditions.Modernité et traditions peuvent aller ensemble.

  • c’est de la mécréance selon l’islam, il faut vous en abstenir, car on doit toujours demander ce qu’on veut à dieu et non pas à des marigots.

  • Ce journaliste devrait contoler la veracité de ces informations avant de les publier ! En partie vraies surtout concernant les escrots qui y conduisent les etrangers mais malheureusement tronquées quant aux rites qu’il pretend être de pratiques islamiques.En effet les pratiques à Dafra demeurent et demeureront animistes.Comme ces boboh se disent musulmans alors qu’ils frequentent le site et pretendent à sa paternité quoi de plus normale chez certains d’entre eux d"islamiser" Dafra.

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter


LeFaso.net
A propos..
Flux  RSS 2.0
Plan du site
Nous contacter
Condition d'utilisation
Responsabilité
Cookies et cache
Version mobile
Publicité
Partenariat

LeFaso.net © 2003-2018 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés