Compétition en business plan social : Moctar Dembélé et Gérard Niyondiko, le triomphe du 2iE à Berkeley

mercredi 17 avril 2013 à 11h04min

Moctar Dembélé et Gérard Niyondiko. Deux noms, deux nationalités (Burkinabè et Burundais), un exploit inédit. Ces deux étudiants en Master 1 aux 2iE viennent de remporter le premier prix du jury et le prix du public à la Global Social Venture Compétition (GSVC) à Berkeley en Californie le 12 avril 2013. Une première pour une équipe non américaine. Les deux héros et leurs mentors ont été accueillis avec faste à l’aéroport international de Ouagadougou dans la nuit du lundi au mardi 16 avril.

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Compétition en business plan social : Moctar Dembélé et Gérard Niyondiko, le triomphe du 2iE à Berkeley

« Ils l’ont fait », pouvait-on lire sur des banderoles tenus par leurs camarades venus les accueillir. Malgré l’heure tardive (00h), ils étaient très nombreux les étudiants du 2iE (plusieurs centaines), les enseignants, les membres de l’administration avec en tête le Directeur général, Paul Giniès à faire le pied de grue dès 23h pour accueillir les héros.

L’attente en valait la chandelle. C’est la première fois qu’une équipe non américaine remporte le 1er prix de cette compétition de business plan social (GSVC). Mais Moctar Dembélé et Gérard Niyondiko n’ont pas seulement bousculé la hiérarchie. Ils ont créé un précédent. En effet, c’est la 1ère fois que la même équipe est plébiscitée aussi bien par le jury que par le public. Ainsi, en plus du trophée, ils empochent 25 000 dollars US pour le 1er prix du jury et 1500 dollars US pour celui du public.

La Global Social Venture Compétition est une compétition internationale de business plan qui vise à valoriser les étudiants du monde entier qui ont fait le choix de mettre leurs compétences au service de projets d’entreprenariat social. Il a été créé en 1999 par des étudiants de la Haas School of Business (Université de Berkeley – Californie). Depuis sa création, le 1er prix est toujours revenu à une équipe américaine.

L’exemple du 2iE

Mais depuis maintenant trois ans, 2iE a décidé de changer cette donne, car ses étudiants sont aussi performants que ceux des grandes universités américaines et européennes. Ainsi, en 2011, 2iE amenait l’Afrique francophone pour la 1ère fois en finale avec le projet « Beti Halal » porté par les tchadiens Abdelnasser Kinefour, Atteib Mahamat et l’américaine Katie Friedman.

En 2012, c’est au tour de deux jeunes burkinabè d’atteindre encore la finale. Mieux, Kahitouo Hien et Christophe Douyiri Mandi, avec leur projet d’entreprise « FasoProt » offraient au continent africain sa première distinction à cette compétition. Il s’agissait du prix spécial du jury.

Et comme il fallait s’y attendre au regard de ce parcours, la consécration arrive le vendredi 12 avril 2013. Celle de Moctar et Gérard. « Je suis très content que ce prix revienne en Afrique et particulièrement au Burkina Faso. C’est la première fois qu’une équipe non américaine remporte ce prix. C’est également la première fois qu’une équipe remporte deux prix en même temps (1er prix du jury et le prix du public). Ça veut dire qu’on a convaincu le public, on a convaincu le jury », lance Moctar Dembélé. « C’est une grande satisfaction pour nous mais aussi pour tout 2iE. C’est la fierté pour la jeunesse, c’est la fierté pour l’Afrique. Ça doit encourager la jeunesse à aller de l’avant », ajoute pour sa part le burundais Gérard Niyondiko. Le plus difficile dans cette épreuve a sans doute été le défi de la langue, comme l’a rappelé Niyondiko : « nous sommes d’un pays francophone, donc ce n’est pas évident de pouvoir faire passer le message dans une langue étrangère (Anglais). C’était ça le grand défi qui était devant nous mais heureusement, on y est arrivé ».

« On est extrêmement fier d’eux. C’est la 3e fois qu’on a une équipe qui va en finale et on a décroché le 1er prix. C’est la capacité de la jeunesse qu’il faut voir, ce prix, c’est leur récompense à eux, il faut être fier d’eux. Ils méritent tous les investissements », ajoute le DG Paul Giniès qui était sans doute le plus heureux.

Le projet Faso Soap

Mais quel est ce projet qui a tant séduit. Il est intitulé Faso Soap et propose une solution innovante et accessible pour la prévention du paludisme. « Dans de nombreux pays d’Afrique tropicale, le paludisme est la première cause de mortalité pour la population. Il représente 30 à 40% des hospitalisations et jusqu’à 40% des dépenses de santé publique ».

Les deux lauréats sont partis de ce constat pour proposer cette solution innovante qui intègre la lutte contre le paludisme dans les gestes du quotidien. Il s’agira de produire et commercialiser du savon « anti-moustiques », à base de beurre de karité et enrichi aux huiles essentielles de citronnelle et de souci, permettant de protéger ses utilisateurs du paludisme. L’objectif est de réduire massivement le nombre de personnes touchées par le paludisme, notamment au sein des populations les plus pauvres et hygiène élémentaire.

Moussa Diallo

Lefaso.net

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