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La "Stratégie Plus d’Arbres" (1/3)

Accueil > Actualités > Environnement • • mardi 9 avril 2013 à 21h45min
La

Bâtir un meilleur moyen de subsistance basé sur la gestion responsable du paysage et un commerce plus équitable des produits forestiers

"Plus d’arbres dans le paysage du Burkina Faso créera à court et à long terme des possibilités d’amélioration des moyens de subsistance à la fois dans les villes et les zones rurales" (Vue d’ensemble d’un parc à Karité, au sud de Bamako)

L’on ne devrait pas s’étonner que la plupart des sociétés et des religions dans le monde considèrent les arbres comme des objets vénérés, quelque part dans leur histoire. Cela est naturel vue que les arbres ont toujours été des objets d’une importance capitale pour les sociétés humaines.

Il est probable que cela découle des nombreux avantages offerts historiquement par les arbres. Dans les temps modernes, cette panoplie de prestations a été augmenté à la fois par les usages nouvellement découverts de bois et de produits forestiers et par la récente compréhension qu’ont eu les hommes, du rôle joué par les arbres dans les cycles de l’environnement et les services environnementaux qu’ils fournissent

Plus d’arbres créent de nombreuses nouvelles valeurs
Plus d’arbres dans le paysage du Burkina Faso créera à court et à long terme des possibilités d’amélioration des moyens de subsistance à la fois dans les villes et dans les zones rurales. D’un point de vue économique, il ya un énorme potentiel souvent sous-estimé de la "zone soudano-sahélienne » (Burkina Faso, Sénégal, Mali et Niger), pour une augmentation de la production de produits variés et d’autres valeurs fournis par les arbres et paysages forestiers (parcs).

On peut citer le bois, des noix, des fruits, du fourrage, des substances médicales et une longue liste d’autres produits. Évidemment, les arbres et les forêts sont également une source importante d’énergie renouvelable et en même temps une importante opportunité de mitigation du changement climatique. Fondamentalement stocker plus de carbone à travers de nouvelles et anciennes plantations d’arbres et de forêts est l’une des stratégies pour réduire les conséquences de l’utilisation de combustibles fossiles. Les arbres et le paysage forestier ont également de nombreuses valeurs indirectes, notamment les services écosystémiques (par exemple la protection de l’eau et du sol, les opportunités de tourisme, ou tout simplement l’offre d’ombrage) et un certain nombre de différentes valeurs sociales, par exemple pour des cérémonies religieuses.

Pour tous ces aspects, la valeur dépendra de quel genre d’arbres et plantations nous faisons la promotion dans notre gestion du paysage. Si la stratégie de gestion est bien planifiée et bien mise en œuvre, des expériences démontrent que des gains économiques, sociaux et écologiques substantiellement élevés peuvent être réalisés en même temps.

Les arbres et le paysage forestier ont de nombreuses valeurs directes, comme les noix de karité, mais aussi de nombreuses valeurs indirectes, par exemple la protection de l’eau et du sol, les possibilités de tourisme, ou tout simplement de fourniture d’ombre.

La "Stratégie Plus d’Arbres"
La "Stratégie Plus d’Arbres" consiste simplement à reconnaitre le rôle central que les arbres peuvent jouer dans l’amélioration des moyens de subsistance en milieu rural et le fait que dans une grande partie du monde, les ressources forestières ont été sérieusement dégradées, voire complètement détruites.

Plus d’arbres bien gérés produisent davantage de ressources, l’amélioration du cadre de vie et des moyens de subsistance améliorés pour ceux qui vivent avec eux. Cela contribue à la stabilité de l’environnement au niveau local, régional et mondial. Il fournit des ressources réellement durables pour les pauvres des zones rurales et des produits forestiers à des prix équitables pour les citadins. La "Stratégie Plus d’Arbres" nécessite le remplacement continu des arbres à mesure qu’ils sont utilisés.

Est-ce à dire que n’importe quel arbre fera l’affaire ? La réponse est non ! Même si fondamentalement tout arbre bien géré permettra de créer différentes valeurs ce ne sont pas tous les arbres et les forêts qui créeront plus de bénéfices que les coûts pour les obtenir. Différentes espèces d’arbres et différents types de forêts permettront de créer des valeurs et des coûts pour différents groupes de personnes. Trop souvent, les coûts (perte de terres, dur et dangereux travail, etc), seront supportés par les populations rurales pauvres et les revenus resteront avec les élites urbaines et les entreprises internationales.

Le "Concept Plus d’Arbres" doit inclure l’objectif de sécuriser les plus grands avantages possibles et une répartition équitable de ces avantages. Il est également essentiel qu’il y’ait une diversité de ressources dans un domaine afin d’assurer la résilience dans le cas où un ou plusieurs spéculations échouent. Ainsi, il est recommandé qu’il y ait un mélange de gestion forestière intensive et extensive et d’activité agricole dans une zone locale. Bien qu’il y ait souvent des sentiments pessimistes à l’égard des plantations, il a été prouvé dans d’autres parties du monde (par exemple les plantations de teck à Java, en Indonésie) que le marché créé a permis à des petits producteurs de participer à une industrie qui ne pouvait pas exister autrement.

Deux questions clés doivent être résolues dans le but de réussir la « Stratégie Plus d’Arbres ». Tout d’abord des droits de propriété à long terme doivent être reconnus afin de rendre les investissements à long terme dans les arbres réalisables et pertinents pour les agriculteurs. Deuxièmement, les agriculteurs doivent réaliser des bénéfices suffisants de leurs arbres. Traditionnellement, ces propriétaires d’arbres ont eu accès seulement aux bénéfices de subsistance et pour des raisons diverses ils se sont vus refuser l’accès à un marché économique équitable associé à leurs ressources forestières. Par conséquent, les populations rurales ont peu ou pas de ressources ou pas de ressource pour investir dans la gestion et la protection des arbres et des forêts. Les résultats de cette situation sont la perte à long terme des arbres et des forêts et la perte des valeurs futures qui leur sont associées.

Afin de corriger cette situation, il est essentiel que les propriétaires de ces ressources soient autorisés à obtenir des bénéfices équitables grâce à un accès équitable aux marchés. Cet accès aux marchés doit être exempt de la corruption et de la criminalité et doit offrir les prix des produits qui reflètent la valeur réelle de l’investissement réalisé par le producteur. Lorsque cela se produit, les ressources forestières entreront dans un cercle vertueux avec une amélioration de la qualité des forêts, une augmentation des bénéfices et l’accroissement des moyens de subsistance.

Préparé par Klas Bengtsson (Forestier), Börje Drakenberg (Ecologiste des forêts) et Dr van Hensbergen Berty (Biologiste appliquée), Dr Patrice Savadogo (Ecologiste et Aménagiste des Formations Naturelles, Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles-INERA). Les auteurs travaillent dans le domaine de la gestion des ressources naturelles en Afrique de l’Ouest depuis 2001.

Vos commentaires

  • Le 9 avril 2013 à 15:42, par synetik En réponse à : La "Stratégie Plus d’Arbres" (1/3)

    J’attends la suite de cet article avec impatience ! Vivement que les choses bougent réellement, sinon on sera surpris un jour qu’un truc qui a l’air insignifiant a causé la perte de l’humanité !

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  • Le 9 avril 2013 à 16:38, par Wendlarima En réponse à : La "Stratégie Plus d’Arbres" (1/3)

    "Les arbres et le paysage forestier ont de nombreuses valeurs directes, comme les noix de karité, mais aussi de nombreuses valeurs indirectes, par exemple la protection de l’eau et du sol, les possibilités de tourisme, ou tout simplement de fourniture d’ombre..." J’attends aussi la suite de cet article avec impatience. C’est une réflexion "propre" ! Quand est-ce que nos Hommes politiques vont enfin ouvrir les yeux ? L ’Afrique mérite mieux que ce que ses dirigeants Lui donnent ! Merde alors !

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  • Le 9 avril 2013 à 18:35, par SOMME En réponse à : La "Stratégie Plus d’Arbres" (1/3)

    Je n’aime pas trop cette vision de "blancs" toujours prompte à vouloir inculquer des façon d’être aux africains en voulant nous imposer leur vie à eux faite d’individualisme. Toujours à parler d’investissement privés....etc ; en somme le profit égoiste. Et puis on les voit venir : c’est l’arbre à karité qui les interesse car rentable économiquement. Non messieurs en Afrique cet arbre a toujours poussé de lui-même dans nos forets et nous en jouissons librement ,donc pas question d’en faire des propriétés privées et spolier ainsi nos pauvres parents au village. Il faut noter qu’en Afrique-au Burkina- je pense humblement qu’il faut une autre approche : théoriquement le karité est un arbre protégé par la lois (si je ne m’abuse) par conséquent les services du ministère de l’environnement doivent tout simplement faire respecter par les population la lois concernant cet arbre. Mais helas ; allez-y par exemple dans la région du Sud-Ouest, souvent les villageois coupent cet arbre (frais) pour en faire du charbon pour vendre et cela au vue et au su des Eaux et forets. Pourquoi ?

    Et puis il il y a quelque chose que je n’ai jamais comprit dans ce pays-là : des gens qui font leurs champs ou même intallent des villages dans les forets classées et ce n’est que quelques années plus tard que l’état se demelle pour négocier avec ces "hors la lois" afin qu’ils libèrent les lieux et souvent contre dedommagement SVP !. C’est totalement absurde. Cela veut dire que ces forets classées ne sont véritablement pas surveillées de façon permanente par les Eaux et Forets alors ? Sinon en principe il ne devrait pas être possible de mener ces activités sans être vu par ce service.

    Faut pas laisser on va se foutre de nous et nous retirer ce qui nous reste comme pitance que les populations dans les villages profonds du BF en vivent tranquillement depuis la nuit des temps. Les Pr ou Dr qui sont interessés par le karité qu’ils l’emportent et le planter en Europe, en Chine ...etc et le gerer à leur façon.

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  • Le 9 avril 2013 à 18:37, par BANGREWEOGO En réponse à : La "Stratégie Plus d’Arbres" (1/3)

    il y a à ouagadougou une bande verte qui a été délimité qui traverse l’ex arrondissement de boulmiougou et je me suis toujours demandé pourquoi le ministère en charge de l’environnement tarde à y planter des arbres.Je ne pense pas qu’on puisse parler içi de manque de moyens,il faut que le ministère fasse le premier pas et je suis sûr qu’on trouvera même des associations qui se mobiliseront pour aller y planter des arbres.A moins que je ne comprenne vraiment pas le sens de bande verte

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    • Le 16 avril 2013 à 17:13 En réponse à : La "Stratégie Plus d’Arbres" (1/3)

      La bande verte de Boulmiougou jusqu’à la route de Kaya en passant par Tampouy, Tanghin a été pillée par la population.
      Il y a eu et il y a encore une crise énergétique et les gens se sont servi. Actuellement c’est des vieilles femmes qui déterrent les racines de quelques nimiers survivants.
      Cette bande étaient également le repère des petits bandits (wagdbya) qui écumaient les quartiers environnants.
      Cette forêt a été plantée dans les années (70 ?) et a coûter la vie à un cadre du ministère chargée de la jeunesse, mort accidentellement.

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  • Le 10 avril 2013 à 01:21, par Mang Biiga En réponse à : La "Stratégie Plus d’Arbres" (1/3)

    Quand j’etais petit, mes amis et moi faisions la chasse aux lievres, rats, et autres perdrix juste a quelques deux ou trois KM de ma concession. On y coupait aussi les bois et la paille pour reparer les toitures.

    Aujourd’hui, dans ce meme village, il n’y a meme plus un bon Buisson derriere lequel se cacher pour soulager vos besoins. Tout est parti. Donc toute initiative qui ramenera mon village a l’etat dans lequel il etait aura mon soutien.
    Je suis pret pour le travail. Ajoutez mon nom a la liste. Tres belle initiative !!!!!

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  • Le 10 avril 2013 à 06:56 En réponse à : La "Stratégie Plus d’Arbres" (1/3)

    L’arbre a aussi un rôle majeur dans la fertilité des sols que l’on cultive. Les racines des arbres prélèvent des éléments minéraux dans le sous sol et les feuilles qui tombent au sol permettent de fertiliser le sol cultivé. De plus, certains arbres comme l’acacia albida sont des légumineuses et enrichissent le sol en azote. Des parcs à acacia permettent de tripler la production céréalière et de nourrir des animaux productifs. Mais, le problème majeur reste selon moi la sécurisation foncière pour permettre à celui qui plante ou protège de récolter les fruits de son travail et non des spéculateurs.

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  • Le 10 avril 2013 à 09:47, par Lassina En réponse à : La "Stratégie Plus d’Arbres" (1/3)

    Les arbres ont toujours produit des biens et services et contribué à la diversification des moyens de subsistance aux populations rurales et urbaines. Reste à demander à tout un chacun de mettre du sien pour éviter leur dégradation exponentielle liée d’une part à l’exploitation abusive et incontrôlée et d’autre part à la sévérité de notre climat caractérisée par une hausse des températures, des poches de sécheresse etc.
    La sauvegarde de notre environnement n’est pas seulement une affaire du politique ou de police forestière mais une affaire de tous car cet environnement profite à tous.
    Il répond à la règle de « Tous pour un et un pour tous »

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    • Le 10 avril 2013 à 14:49, par Eliane En réponse à : La "Stratégie Plus d’Arbres" (1/3)

      En vous lisant Mr Lassina, j’ai l’impression que vous êtes du domaine de la recherche en environnement.
      Si le Burkina Faso peut y gagner son pari du développement, je crois qu’il doit s’appuyer sur les résultats de recherche de nos vaillants chercheurs.
      j’attends impatiemment de lire le second et le troisième article sur la même thématique je suppose !
      Bon vent à ces chercheurs !

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  • Le 10 avril 2013 à 10:25, par Le Doyen En réponse à : La "Stratégie Plus d’Arbres" (1/3)

    Félicitations ! Si c’est pour planter des arbres médiatisés ou sous les flash des photographes en Août et les oublier pendant les 9 ou 10 autres mois sous le soleil et la sécheresse mortels, ce n’est pas la peine. On sait une chose : les gens ne plantent que ’des arbres à intérêt’, pas pour un besoin de reverdir un pays sahélien ! Que fait le ministère en charge de l’environnement pour protéger les arbres existants et surtout ceux que nous (et les ministres, députés, parrains et autres) plantons chaque année en saison de pluie. Il n’y a qu’à voir les ravages des feux de brousse sur l’axe Ouaga-Bobo. C’est désolant pour notre environnement !

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  • Le 10 avril 2013 à 14:57, par Eliane En réponse à : La "Stratégie Plus d’Arbres" (1/3)

    Planter utile !
    Mais également arriver à répondre aux questions foncières c’est aussi important !

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  • Le 10 avril 2019 à 20:11, par Thomas Nikièma En réponse à : La "Stratégie Plus d’Arbres" (1/3)

    puis-je avoir un plan détaillé sur les paysages agraire en zone soudano sahélienne

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