CARNET SANTÉ : La cigarette retarde la guérison des fractures

lundi 8 avril 2013 à 22h36min

Outre ses effets délétères sur le cœur ou les poumons, la cigarette retarde la reconstruction des tissus osseux et augmente le risque de complications. C’est un méfait peu connu du tabagisme sur l’organisme. Fumer n’encrasse pas seulement nos poumons, cela entrave également la résorption des fractures osseuses et augmente le risque de complications, selon l’étude de chercheurs américains de l’université de médecine de Pennsylvanie.

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Au point que la guérison d’un tibia cassé prend en moyenne six semaines de plus chez un fumeur que chez un non-fumeur, ont-ils révélé lors du congrès annuel de l’académie américaine de chirurgie orthopédique fin mars. Les chercheurs ont analysé une vingtaine d’études concernant au total 6480 patients, dont 1457 fumeurs. Tous ont été soignés pour des fractures diverses (tibia, fémur, hanche, cheville, humérus, os longs des membres), à l’aide de différentes techniques (fixateur externe, fixateur interne du type vis, plaque vissée, clou) pouvant être combinées. Il ressort de leur analyse que la guérison d’une fracture chez un non-fumeur prend en moyenne 24,1 semaines, contre six semaines de plus chez les consommateurs de tabac. Dans le cas plus spécifique du tibia, la différence s’accroît encore : 25,1 semaines pour les non-fumeurs, mais sept semaines de plus pour les fumeurs. Le tabagisme s’accompagne aussi d’un nombre accru de complications. La fréquence des retards de consolidation de la fracture, étape indispensable au traitement du traumatisme, augmente de 15% chez les fumeurs présentant l’os d’un membre brisé. De même, le risque d’infections superficielles ou profondes chez les fumeurs (7%) est supérieur à celui constaté chez les non-fumeurs (2 à 4%).


Le sel provoque 2,3 millions de morts par an !

Nous en consommons, en moyenne, quatre fois plus que nos besoins de base. Nous mangeons trop de sel. En tout cas, beaucoup plus qu’il n’est nécessaire à notre organisme. Cet excès serait même responsable de 2,3 millions de morts chaque année dans le monde, selon une étude collaborative internationale qui a impliqué 488 scientifiques de 50 pays différents. Les chercheurs ont même calculé que l’on pourrait éviter entre 280 000 et 500 000 morts sur une période de dix ans en réduisant à moins de 1,5 g de sel par jour la consommation des Américains. Elle est aujourd’hui de 3,6 g/j en moyenne, plus basse qu’en Europe. En France, par exemple, la consommation de sel est d’environ 10 g/j pour les hommes, et 8 g/j pour les femmes, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES. Selon les nutritionnistes, il ne faudrait pas dépasser 8 g/j pour un homme et 6,5 g/j pour une femme. L’Organisation mondiale de la santé recommande une consommation maximale de 5 g de sel par jour. En réalité, il est difficile de fixer un seuil car l’accroissement du risque pour la santé est plutôt le résultat d’un continuum que d’un effet-seuil. L’effet néfaste du sel sur la santé passe en particulier par l’augmentation de la pression artérielle qu’entraîne une consommation excessive. Plus on mange de sel, plus la pression artérielle augmente. Pour le Pr Blacher, il ne fait aucun doute que « plus on mange de sel et plus on augmente son risque d’accident vasculaire cérébral. Pour l’infarctus du myocarde, c’est un peu moins net, mais le risque existe aussi ». Le plus encourageant, c’est que l’effet du sel peut être corrigé. « Quand un hypertendu qui consomme trop de sel réduit sa consommation, il fait baisser son hypertension », explique le Pr Blacher.


Stress au travail : Le singe nous l’explique

Cette étude de l’Université de Manchester et de Liverpool sur le singe, illustre pourquoi ce sont les classes sociales intermédiaires qui souffrent le plus du stress. Facteurs de ce stress, le conflit social et la hiérarchie. Comme le singe au milieu de la hiérarchie de son groupe présente les niveaux les plus élevés d’hormone du stress, le cadre intermédiaire est celui qui, entre sa direction et son équipe, est le plus exposé au stress au travail. Les chercheurs ont observé durant près de 600 heures des femelles macaques de Barbarie à Trentham Monkey Forest, dans le Staffordshire. La recherche consistait à surveiller une seule femelle sur une journée en enregistrant toutes les situations de comportement social comme les menaces, les poursuites, les gifles, un comportement de soumission, les déplacements, les cris, les grimaces, le fait de tourner le dos, de claquer des dents, les embrassades et le toilettage. Puis, le jour suivant, les chercheurs évaluaient les niveaux d’hormones du stress à partir d’échantillons fécaux de la femelle. Les chercheurs enregistrent le plus haut niveau d’hormones de stress les jours qui suivent un comportement agressif mais n’identifient aucun lien entre la baisse des niveaux d’hormones de stress et un comportement affiliatif ou social comme le toilettage. Autre résultat plus frappant, ce sont les singes situés au milieu de la hiérarchie sociale du groupe qui présentent les plus hauts niveaux d’hormones de stress. Les chercheurs constatent que les singes du milieu de la hiérarchie sont impliqués à la fois dans des conflits « de dessous » et des conflits de « dessus ». Ces macaques se montrent aussi plus susceptibles d’être repoussés par les singes dominants et de se remettre en question. Des résultats qui pourraient être appliqués au comportement humain ? « Il est possible d’appliquer ces résultats à d’autres espèces sociales, y compris aux hiérarchies humaines et en milieu professionnel. Les cadres intermédiaires peuvent avoir des niveaux plus élevés d’hormones de stress par rapport aux dirigeants et par rapport à leurs équipes. Pour progresser, ils devront relever de nouveaux défis, tout en maintenant leur autorité sur leurs collaborateurs".


Antenne-relais des téléphonies mobiles perturbe le sommeil

Une étude française réalisée chez l’animal montre que les champs électromagnétiques émis par les antennes de téléphonie peuvent avoir un impact relatif sur le sommeil et la température corporelle. Réveils fréquents, difficultés pour se rendormir et insomnies font partie des symptômes décrits par les personnes dites “électro-sensibles” vivant à proximité d’une antenne-relais. Des affirmations que l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) et de l’Université de Picardie Jules-Verne (UPJV) ont cherché à vérifier à l’aide d’un modèle animal. Leurs résultats, publiés dans la revue Environmental Science and Pollution Research , reconnaissent l’existence d’un effet biologique des champs électromagnétiques sur l’équilibre énergétique. « Les premières conclusions montrent des effets biologiques des radiofréquences sur la régulation thermique, le comportement alimentaire et le sommeil », informent les deux organismes.Treize jeunes rats ont été exposés à des champs électromagnétiques similaires à ceux rencontrés à proximité d’antennes-relais de téléphonie mobile. Les enregistrements montrent que les radiofréquences induisent un fractionnement de la phase de sommeil paradoxal. Ces résultats obtenus chez des rats confirment ceux qui avaient été obtenus dans plusieurs études menées chez l’homme. La phase de sommeil concernée serait liée aux processus de mémorisation et d’apprentissage mais personne ne peut dire aujourd’hui quels sont les effets du fractionnement sur ces fonctions cognitives. Ils pourraient être aussi bien bénéfiques que délétères, voire sans conséquence. Les auteurs de l’étude soulignent que cette modification du sommeil paradoxal n’occasionne pas de troubles du sommeil. De manière peut-être plus inattendue, les champs électromagnétiques semblent agir sur les mécanismes d’adaptation aux changements de température. Placés dans une ambiance thermique plus chaude (31 °C au lieu de 24 °C), les rats exposés aux radiofréquences n’ont pas la même réponse biologique que les animaux non exposés. Quand la température s’élève, les vaisseaux sanguins se dilatent pour permettre de réguler la température interne, précise les auteurs de l’étude. Or cette vasodilatation est diminuée chez les rats exposés aux champs électromagnétiques. Ceci n’affecte cependant que la température superficielle (mesurée sur la peau) des rats ; leur température interne restée stable prouve que la diminution de la vasodilatation est compensée par l’organisme. Autre perturbation potentiellement attribuable aux champs électromagnétiques : les animaux exposés continuent de manger quand ils sont placés à 31°C alors que les autres rats cessent de grignoter. L’Organisation mondiale de la santé a classé en 2011 les ondes électromagnétiques comme potentiellement cancérigènes.

Boureima SANGA
Sources : General and Comparative Endocrinology, lefigaro.net

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