Strip-tease à Bobo-Dioulasso : Evolution ou perversion ?

dimanche 7 avril 2013 à 20h51min

On le voyait dans les films américains. On en a entendu parler à Ouagadougou. C’est maintenant le tour de Bobo-Dioulasso de vivre le strip-tease. Nues ou du moins en slip et en soutien-gorge, cinq filles étaient à la page le jeudi 05 avril 2013. Objectif, épater et emmener les spectateurs à « envier » la barre de fer qui servait de point d’appuis aux danseuses.

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Strip-tease à Bobo-Dioulasso : Evolution ou perversion ?

Le strip-tease, cette danse qui met en scène des femmes en slip danser au tour d’une barre de fer est à Bobo-Dioulasso. Autres fois réservé secrètement aux accrocs des boites de nuit, la danse est en train d’être vulgarisé sous l’appellation plus flatteuse de danse à la barre. Des tracts et des affiches ont été élaborés pour la circonstance. Deux fois par semaines, les bobolais sont conviés à ce spectacle. Et ils y étaient présents ce jeudi pour assister aux prestations de Leslie, Monica, Diamant noir et Rose, les cinq danseuses de la soirée.

Leslie et sa PPTE conquiert le public

Première danseuse à prester au tour de 2 heures du matin, Leslie est à l’image des PPTE (petite poitrine très excitante) de l’artiste ivoirien le Magnifique. Teint clair, ni petite, ni grande de taille, elle a des yeux que Marc Lavoine qualifierait de revolver. Introduite sur scène par le DJ, elle s’est présentée avec une petite robe, sobre et volante.

Quelques minutes de danse auront suffi à la strip-teaseuse pour dompter des spectateurs. Avant de leur servir de façon déconcertante ce qu’une femme doit cacher. C’est la partie du film « qui va tuer » selon le Disc Joker. La robe à terre, Leslie avec un faux air d’innocente s’enveloppa au tour de sa barre de fer protégé uniquement par son caleçon et un soutien-gorge rose. Elle se frotte à la barre, exécute des scènes d’ébats sexuels avec un rythme de plus en plus frénétique. « Imaginez-vous à la place de cette barre » clame le DJ. Comme une source de motivation, ces mots déchaînent la bête de scène. Leslie se lâche, s’imagine peut être au lit et gratifie le public d’un spectacle hollywoodien.

Les "travailleurs" de billets sont conquis

Ses inconditionnels sont satisfaits. Les premiers billets tombent. Ainsi, des « travailleurs » sont allés « travailler » sur Leslie en introduisant des billets de banque dans son slip et dans son soutien-gorge avant qu’elle ne quitte la chaîne pour la deuxième strip-teaseuse.

Trahie peut être par son corps, la deuxième danseuse n’a pas fait long feu. Se battant contre elle-même pour séduire le public, elle a fini par changer de tactique. Pour aller chercher les spectateurs là où ils se trouvaient. A ce jeu, ce sont les nigériens, bien côtés sur les lieux qui ont été ciblés. Mais visiblement, elle n’était pas à la hauteur des attentes. C’est donc sans amertume que le public se débarrassa d’elle pour accueillir une autre. Le Diamant noir.

Le Diamant le plus noir de l’Afrique n’est certainement pas la strip-teaseuse la plus à l’aise à la barre. Mais son tour de taille a joué en sa faveur. Misant sur l’érotisme supposé des fesses, elle a passé son temps à défier la barre de fer. Provocatrice tout au long de sa prestation, Diamant noir a su jouer de ses fesses et de la barre de fer. Les deux muscles séparés, la danseuse sans vergogne s’adonnait à des gesticulations intimes.

Un public partagé

De 02 heures à 04 heures du matin, c’est donc ce spectacle qui a été offert à un public d’amateurs ou de curieux. En sortant du Dingo Macoumba pour ne pas citer le nom de la boîte, une demoiselle se demandait quelle peut être la valeur d’une femme si on peut s’offrir gratuitement un tel spectacle ? Aucune idée. Ou du moins la réponse dépendra de l’homme qui est en face de cette femme. S’il est burkinabè dans sa tête et conservateur dans sa culture, c’est sûr que ces genres de spectacles et de femmes seront bannis. Maintenant, si le public d’en face est « progressiste », on parlera plutôt d’évolution. Dans la mesure où par le biais des boites de nuits, des burkinabè et bobolais peuvent se sentir américain ne serait-ce qu’entre 02 heure et 4 heures du matin.

Ousséni BANCE
Lefaso.net

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