Article 37 de la constitution : Le pouvoir ne s’avoue pas vaincu…

dimanche 17 mars 2013

Alors que l’on croyait le débat sur la révision de l’article 37 de la constitution épuisé avec les travaux du Conseil consultatif sur les réformes politiques et institutionnelles (CCRP), le pouvoir burkinabè semble décidé à revenir sur le sujet. Avec pour objectif de tenter de déverrouiller la clause limitative des mandats présidentiels, au profit bien entendu du Président Blaise Compaoré. Lequel achève en 2015, son deuxième et dernier mandat à la tête du pays.

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Article 37 de la constitution :  Le pouvoir ne s’avoue pas vaincu…

Les partisans du chef de l’Etat burkinabè semblent plus que jamais décidés à lui offrir les arguments pour briguer un troisième mandat. Et ce, au moment même où il achève son dernier bail constitutionnel à la tête de l’Etat.

En rappel, le chef de l’Etat burkinabè, au pouvoir depuis 1987, avait à la veille de la tenue des travaux du CCRP en juin 2011, fait la promesse que les questions discutées qui n’auraient pas trouvé de consensus entre les participants devraient demeurer en l’état. Blaise Compaoré et ses intentions réelles Mais voilà qu’aux termes des échanges parfois houleux qui ont effectivement constaté l’absence de consensus autour du fameux article querellé, le chef de l’Etat burkinabè, dit prendre acte ; mais annonce aussitôt que les discussions se poursuivent… Une formule qui, comme à l’accoutumée, a eu le don d’être diversement interprétée, sans que l’auteur lui-même ne daigne apporter les clarifications nécessaires.

Les blaisistes ont-ils senti que le temps jouait désormais contre eux ? A deux ans et demi du terme officiel du mandat présidentiel ?

Une chose est sure, ils donnent de plus en plus de la voix. Ils n’ont pas le choix, commente un analyste. Pour lui, tôt ou tard, il faudra bien qu’à un moment donné, les masques tombent !

Agitation dans le Compaoré land Que ce soit au sommet de l’Etat, ou au sein du parti présidentiel et même dans la presse proche du pouvoir, l’on évoque désormais à mots à peine couverts le sujet qui fâche. Reste à trouver la méthode. Entre camarades apparatchiks, le débat n’est pas encore tranché selon un responsable. Voie parlementaire ou référendaire, pour l’instant, on scrute l’opinion pour savoir que faire. Mais rien n’est gagné pour autant.

Et dans le camp adverse, l’on affûte également ses arguments. Autant que l’on comptabilise les soutiens. Le but recherché est simple : contrer une éventuelle velléité de passage en force. A l’image de l’UPC et de l’Unir/PS ou encore Le Faso Autrement qui, ont fait savoir qu’ils étaient pour le respect des dispositions en vigueur dans la constitution.

Diabré, Sankara, Ablassé, Gilbert… et le front du non Comme bien d’autres, les partis d’opposition burkinabè ont réaffirmé leur opposition ferme à toute idée d’un nouveau mandat pour le chef de l’Etat sortant, après 2015. Et même qu’ils ont reçu un soutien de poids à travers l’ADF/RDA, qui est pourtant un élément de la majorité présidentielle, mais qui refuse selon ses responsables, de cautionner le projet de révision de l’article 37. Avec cela, tous espèrent s’appuyer sur un mouvement de sympathie qui engloberait outre la société civile, une partie de l’intelligentsia locale. Une manière de prouver, disent-ils, qu’ils sont prêts.

Dans une telle configuration, un face-à-face dans la rue n’est pas à exclure. Avec le risque d’une contre-publicité au plan international, pour un pays qui s’est illustré par son implication active dans la résolution de crises au plan sous régional.

Juvénal SOME
Lefaso.net

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