Maltraitance des enfants : Un orphelin ligoté et frappé par son oncle à Tenado voit ses deux mains amputées au CHR de Koudougou.

lundi 11 mars 2013 à 20h01min

L’acte se passe à Tenado dans la province du Sanguié, localité située à 25 kilomètres à l’ouest de Koudougou. Dans cette localité vit Obou Bayala 12 ans, et orphelin de père et de mère avec sa sa grand mère maternelle. Un samedi de ce mois de février, probablement le 16 février sera vécu comme en enfer pour lui.

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Maltraitance des enfants : Un orphelin ligoté et frappé par son oncle à Tenado voit ses deux mains amputées au CHR de Koudougou.

Ce jour là, son oncle Alphonse Bayala, agent à la mairie de Koudougou effectue une descente dans sa famille à Tenado, puisque la grand-mère de l’orphelin est sa mère, avec la ferme intention d’apporter une correction à Obou Bayala qu’il qualifie d’enfant mal éduqué. La correction se termine à l’hôpital de l’Amitié de Koudougou avec l’amputation des deux mains de l’orphelin Obou Bayala.

C’est très tôt que Obou Bayala perd son père et sa mère et devenant ainsi un orphelin complet selon les termes des structures spécialisées du ministère de l’action sociale et de la solidarité nationale. En de pareille circonstance, les parents proches sont commis de façon naturelle pour la garde des enfants. Et ici, Obou avait la protection de sa grand-mère maternelle à Tenado. Quoi de plus normal quant sait l’amour d’une grand-mère ou d’un grand père pour un petit fils ou fille. Et cet amour, Alphonse Bayala ne la pas pour son neveux Obou.

C’est ainsi que ce 16 février, il quitte Koudougou où il est employé à la mairie de Koudougou pour aller corriger Obou au village. Sur son lit d’hôpital, Obou Bayala nous raconte comment les faits se sont déroulés.

"A l’arrivée de mon oncle, nous étions entrain d’effectuer des travaux manuels dans la cour. Entre temps je sentais qu’un de mes doigts me faisait mal. J’ai alors abandonné le travail que je faisais et je suis allé me reposer en dehors de la cour. C’est en ce moment que mon oncle Alphonse m’a fait venir dans la cour et m’a fait comprendre que je suis mal éduqué et que s’il est là, c’est pour me donner la correction qui sied. Ainsi, il me dira qu’aujourd’hui, je saurai comment on éduque un enfant. Il m’a saisi par la main, me ligota des pieds et des mains et se servi d’un antivol pour me frapper (les traces de la bastonnade sont toujours visibles sur le corps de l’enfant)".

Après la bastonnade qui s’est déroulée dans la matinée, Obou Bayala sera laissé dans son état d’enchaînement jusqu’au petit matin du dimanche. Et durant tout ce temps, André Bayala ne lui donnera que trois cuillérées d’eau avec interdiction à quiconque de lui donner à manger.

"C’est entre temps que ma grand-mère s’est cachée pour me donner à boire" raconte avec beaucoup d’amertume le pauvre Obou Bayala. "Lorsque que j’ai été détaché, mes deux mains sont restées inertes" raconte toujours Obou Bayala. En réalité, le sang avait cessé de circuler dans les vaines de l’infortuné Obou pendant tout le temps qu’il est resté attaché. Alphonse Bayala après son forfait et au regard de l’état de l’enfant pensait à une situation passagère et décide de ne pas l’envoyer au CSPS de Tenado.

Puis avec le temps, il se ravise du danger et décide de se rendre au CSPS avec lui. Au CSPS, on lui fait comprendre qu’il faut évacuer Obou à Koudougou. C’est en ce moment qu’il réalise la gravité de son acte. Ainsi, il recommanda fortement à Obou que lorsque les médecins ou la gendarmerie vont lui poser des questions, de dire qu’il est allé voler et c’est la population qui lui a frappé et l’attaché avec la précision qu’il ne connait malheureusement personne parmi ceux qui l’ont frappé. C’est ce qui est reste raconté actuellement dans la commune de Tenado pour tous ceux qui ont eu vent de la situation.

A l’hôpital de l’Amitié de Koudougou, Obou décide de raconter ce qui lui est réellement arrivé. Et cela grâce à l’insistance d’un étudiant de l’Université de Koudougou du nom de Paliguewendé jean Nana en première année de phycologie. C’e »st d’ailleurs qui honore pour le moment les ordonnances du petit Obou.

Le vendredi 8 mars en début de soirée, il avait d’ailleurs sous la main une ordonnance de plus de 20 000 FCFA et ne savait pas quoi faire avec. La direction régionale de l’action sociale et de la solidarité nationale du centre ouest, ainsi que la gendarmerie se sont saisie de l’affaire et chacun joue présentement sa partition pour faire la lumière sur l’amputation des deux mains de l’orphelin Obou Bayala.

Dans la matinée du 7 mars, Alphonse Bayala a été interpellé par la gendarmerie à Koudougou. Après renseignement, on nous fera comprendre que le dossier est transféré à la gendarmerie de Tenado puisque c’est là bas que le forfait s’est déroulé. En attendant, le plus gros problème de l’heure actuelle est que personne n’est là pour s’occuper des ordonnances et du repas quotidien du pauvre Obou Bayala.

Avis donc à tous ceux qui ont cette possibilité de faire quelque chose à le faire sans hésiter. Obou certainement à cause de son statut d’orphelin n’a pas eu la chance d’aller à l’école très tôt et c’est maintenant qu’il fréquente la classe du CP 2. Il souhaite ne plus avoir à la famille d’Alphonse son oncle maternel, mais où aller après guérison et surtout de son nouveau statut de handicapé.

François KABORE
Sidwaya

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