Tribune de la femme : Les hommes « aux doigts magiques » qui illuminent la beauté des femmes !

mercredi 27 février 2013 à 21h33min

Ce n’est peut-être pas un évènement. Les métiers traditionnellement réservés aux femmes mais pratiqués par des hommes. La coiffure, le tatoullage, la pose de cils et de faux ongles…, sont entre autres, de « bonnes affaires » que se font des hommes avec des femmes. Ces hommes comme tous les autres se retrouvent un peu partout. Nous sommes allés à leur rencontre, jeudi 27 février 2013.

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Tribune de la femme : Les hommes « aux doigts magiques » qui illuminent la beauté des femmes !

« Il n’y a pas de sot métier », dit-on. Ainsi, une activité pour peu qu’elle permette de vivre, de s’épanouir, de se réaliser… est toujours la bienvenue. Cette réalité, beaucoup de jeunes bobolais en sont, de plus en plus, conscients. La « génération thé » est donc bien révolue. « Ce ne sont d’ailleurs que des préjugés », lance un vendeur de boucles d’oreilles au grand marché. Plusieurs d’entre eux exercent de « petits commerces » qui leur permettent de subvenir à leur besoin. Même les commerces traditionnellement réservés aux femmes. Et, ce sont des hommes qui en exercent pour illuminer la beauté des femmes. Pas gratuitement. Ainsi, il n’est plus rare de voir des hommes faire uniquement la coiffure pour femmes : tissages, tresses, nattes, coupes. Dans un salon de coiffure appartenant à un homme à Bobo-Dioulasso, les femmes se disputent la place. Toutes sont là pour se faire belles. Certaines pour mettre des tissages, d’autres pour placer des ongles. A la question de comprendre pourquoi le choix de ce salon de coiffure, une d’entre elles répond : « Le travail des hommes est sans débat ». Et puis, renchérit-elle : « Ils prennent le soin et tout le temps qu’il faut pour te rendre belle ».

Une opinion qui n’est pas partagée par Clémentine qui argue, elle, qu’elle préfère les salons de coiffures des hommes pour éviter les commérages. Dans tous les cas, la flopée des hommes dans un tel domaine n’est plus à démontrer. Ben Badini vend des « dessous féminins » au grand marché de Bobo-Dioulasso.

Beaucoup de réalisation dans la vente des « dessous de femmes »

Depuis 7 ans, il s’est adonné à ce commerce, qui de nos jours, lui a permis de faire des affaires juteuses. Le seul comportement qu’il déplore est la mesquinerie des femmes. « Il est très dur de vendre des articles féminins. Les femmes sont mesquines. Et il arrive même qu’elles vous offensent si toutefois vous ne vous entendez pas sur le prix. On est obligé de supporter. J’estime que tout cela fait partie du commerce », a-t-il expliqué. Ben est « à l’aise » dans la vente de dessous qui pourtant est mal perçue par beaucoup de personnes. Des femmes se retiennent d’acheter des slips en public. « Elles ont honte », déclare-t-il. Sauf que les jeunes filles et les jeunes dames ne s’en offusquent pas. Sans gène, elles vérifient et essaient quelques fois avant de s’en procurer. Les prix vont de 200 à 500FCFA pour les slips et de 500 à 800FCFA pour les soutiens gorges et les bretelles. Le jeune commerçant confie qu’il peut encaisser des bénéfices allant de 5000 FCFA à plus par jour. Il ajoute qu’il aime pratiquer son petit commerce dans une charrette en plein marché. Il est connu et reçoit tous les jours de nouvelles clientes parce que dit-il : « Je suis très sympa et taquin. Et les femmes n’adorent que ça ». Que dire des tatouages et cils qu’elles n’oublient pas de se faire appliquer après l’achat des dessous !

Il a formé des gens qui vivent aujourd’hui à l’extérieur du pays

Jack est calligraphe et dessinateur de formation. Depuis l’avènement des tatouages, il a abandonné son précédent métier pour se consacrer à la beauté de la femme. Des va-et-vient de femmes ne manquent jamais dans son « atelier ». Un banc tacheté de noir (tanshia, le produit qu’il dilue avec un autre liquide pour tatouer les sourcils est rangé près d’une table. Des produits Tanshia, des lames, de l’alcool y sont aussi déposés. Un jeune apprenti dont le rôle est de « tailler les sourcils » des femmes exécute avec empressement cette mission. Après ce passage, elles rejoignent Jack qui met les tatouages. Une petite graine de beauté est aussi imprimée près de lèvres supérieures. De faux cils et de faux ongles sont aussi placés. Jack justifie son choix pour ce métier par ce qu’il trouve qu’il lui rapporte beaucoup. « C’est plus rentable. Il est vrai que nous le faisions moins cher, mais il nous rapporte beaucoup », dit-il. Ce sont des dizaines de femmes qui fréquentent par jour l’atelier à raison de 100 FCFA le tataouage et 500 FCFa les dessins sur les mains et les pieds. Dans cette entreprise informelle, beaucoup de jeunes garçons ont été formés par Jack. Parmi eux, l’un réside en Espagne et un autre en Angola. Papson en fait également partie. Il a ouvert son propre « coin » au grand marché et dit-il : « ça marche bien ». Notons que beaucoup de leurs voisins se sont rendus à Ouagadougou dans le cadre du festival panafricain du cinéma pour espérer élargir leur carnet d’adresse de clientes.

Bassératou KINDO

L’Express du Faso

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