Doit-on abolir la peine de mort au Burkina ?

mercredi 27 février 2013 à 20h12min

Au Burkina Faso, et ce n’est que pure réalité, le débat sur la peine de mort divise l’opinion publique. Figurant dans le Code pénal, cette sentence est toujours prononcée par les juridictions burkinabè, même si les dernières exécutions de condamnés à mort remontent à 1988, selon nos informations. Et l’application de la peine de mort, dit-on dans le milieu judiciaire, a un effet dissuasif. Elle aurait un impact sur la vie de la société, en ce qu’elle permet de baisser la criminalité et de lutter contre le terrorisme. Les crimes passibles de la peine de mort sont, entre autres, l’espionnage, les parricides, les empoisonnements et l’assassinat. Appliquée par fusillade au Burkina, en un lieu désigné par le ministère de la Justice, devant un certain nombre de personnalités (procureur général, régisseur, médecin…), la peine capitale concerne au premier chef, les adultes.

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Les mineurs, qui agissent par discernement, ne sont pas aussi épargnés. L’exécution du condamné à mort, faut-il le savoir, ne se fait pas un dimanche ou un jour de fête. Les femmes enceintes sont exécutées après leur accouchement, comme le stipule la loi. Au-delà de ces aspects, retenons que le corps du supplicié n’a droit à aucun honneur posthume et que la violation de cette disposition est passible d’amende.

On le voit, la peine de mort est une sentence, qu’il ne faut pas souhaiter à son ennemi juré, encore moins à un parent. Mais la loi c’est la loi, dit-on. Dès lors, l’on comprend pourquoi, une quinzaine d’Organisations de la société civile, regroupées en coalition, luttent pour l’abolition de la peine de mort au Burkina. Formant un front, des structures, tels qu’Amnesty International-Burkina et le Mouvement burkinabè des droits de l’homme (MBDHP), brandissent comme principal argument, le droit à la vie, garanti par la Constitution burkinabè. Ceux qui sont contre la sentence suprême disent également qu’elle est contraire aux engagements internationaux du Burkina. En effet, nos dirigeants ont ratifié le Pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1989, qui consacre également le droit à la vie.

Seulement, le deuxième Protocole facultatif de ce traité, qui oblige tout Etat signataire à ne plus condamner à mort une personne, n’a pas encore été adopté au niveau national. Pour autant, les acteurs de la lutte pour l’abolition de la peine de mort ne baissent pas les bras. Ils mènent régulièrement des plaidoyers en direction des autorités compétentes et du Parlement, afin que la pratique soit abandonnée. Et chaque 10 octobre, Journée mondiale contre la peine de mort, constitue une occasion pour eux de faire le point de la lutte et de peaufiner de nouvelles stratégies. Mais en attendant l’aboutissement du projet, certains pointent du doigt « l’hypocrisie » du législateur qui, selon eux, maintient toujours la peine de mort, quand bien n’étant plus appliquée depuis près de 25 ans, pour « faire plaisir » à une certaine opinion.

Allons-le savoir. Ce qui est sûr, c’est que le Burkina enregistre des condamnés à mort, dont les peines sont communiées à la prison à vie, dans les faits. Toute chose qui n’est pas pour déplaire à ceux favorables à la peine de mort. Ceux-ci ne veulent pas entendre parler de son abolition, car, estiment-ils, celui qui ôte la vie doit subir le même sort. Partisans de la loi du Talion (œil pour œil, dent pour dent), les intéressés ne passent pas par moult tournures pour saluer l’existence de la peine capitale. Et les arguments pour défendre pareille position ne manquent pas. « Si on tue un de mes proches ou de mes amis, je ne voudrais pour rien au monde que son bourreau vive encore », a-t-on souvent entendu par ci. « Celui qui tue ne doit inspirer aucune pitié. Il doit être exécuté aussi », a-t-on soutenu par là. Et les défenseurs de la peine de mort n’hésitent pas à demander au camp d’en face de se mettre à la place des familles des victimes pour mesurer la pertinence de leurs arguments. Faut-il abolir la peine de mort au Burkina ? Difficile donc de trancher. A chacun son avis !

Kader Patrick KARANTAO (stkaderonline@yahoo.fr)

Sidwaya

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Vos commentaires

  • Le 28 février 2013 à 09:04, par Tarick
    En réponse à : Doit-on abolir la peine de mort au Burkina ?

    je vote pour la peine de mort
    pour son caractère au moins dissuasif
    Dans une autre mesure, on ne permettrait pas
    à des tueurs de commettre toujours des forfaits
    sans être inquiétés.
    Avant d’être imminente, La justice doit d’abord être rendue sur terre.
    Il faut que celui qui décide délibérément

    Répondre à ce message

  • Le 28 février 2013 à 18:55, par abdoul kader
    En réponse à : Doit-on abolir la peine de mort au Burkina ?

    je suis pour l’application de cette en cas de recidive car la morale meme est contre le droit a la vie d’un criminel de nature.

    Répondre à ce message

  • Le 28 février 2013 à 20:43, par thierry
    En réponse à : Doit-on abolir la peine de mort au Burkina ?

    rien ne donne le droit a une quelconque personne d’ôter la vie d’une tierce autre !je serai pour si la mort n’était pas également,une échappatoire qu ils aillent croupir en prison et refflechis a une façon de trouver la paix intérieur.d’autre part la justice des hommes est toujours parsemée d’embuche donc !

    Répondre à ce message

  • Le 28 février 2013 à 21:39
    En réponse à : Doit-on abolir la peine de mort au Burkina ?

    La lutte contre la peine est propagandiste.la lutte qi merite detre soutenu,ces celle conte les crime donnant lieu a cette peine.nest il pas mieu deviter qun homme qi na rien fait d grave soit tue q d lutter pr q clui qi tue d sang froid vive ?pr donner quoi a qi ?q clui qi veut vivre evite d tuer e qon se passe d celui qi tue autrui.en realite,j n comprend pa les gens.qel prejudice ladite peine cause t elle a un citoyen ?ocun.cpendant,son existence est tout o moins dissuasive.laisse la peine a sa place car son abolition napporte rien o honnete gens,sof o criminel qi noront plu peur d tue

    Répondre à ce message

  • Le 4 mars 2013 à 17:02, par Guillaume
    En réponse à : Doit-on abolir la peine de mort au Burkina ?

    Vu le système judiciaire au Burkina et les conditions de détentions, on ne peut qu’être contre l’application de la peine de mort dans notre pays.
    Chez nous, croyants, la vie est un don de Dieu. La dignité de la personne est au cœur de nos convictions. À l’image de Dieu, un être humain a droit au respect de sa vie et de son intégrité, physique et psychique.
    Chez tout homme créé par Dieu il y a toujours la possibilité d’un renouveau. Ce n’est pas la mort du criminel qui va apaiser la douleur de ceux qui ont perdu brutalement l’un des leurs. Personne, individu, groupe, État, nation, n’a le droit de détruire cette vie.

    Répondre à ce message

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