Civisme, citoyenneté et morale chrétienne : Les élèves et étudiants en introspection au sanctuaire marial de Yagma

lundi 25 février 2013 à 19h14min

Dans le cadre de l’année de la foi et en réaction aux faits de violence et d’incivisme dans le monde scolaire, la paroisse de Bissighin (Nord de Ouagadougou) a organisé le 23 février un pèlerinage à Yagma pour les élèves et étudiants. A l’initiative du Père Achille Lingani, aumônier de la paroisse et avec le concours du commissariat de police de Sig-Nonghin et le parrainage du Dr Cyriaque Paré, fondateur du Faso.net, ce pèlerinage a rassemblé au sanctuaire marial plusieurs centaines d’élèves et d’étudiants venus écouter des enseignements sur le civisme et la doctrine sociale de l’église.

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Civisme, citoyenneté et morale chrétienne : Les élèves et étudiants en introspection au sanctuaire marial de Yagma

Première du genre, l’occasion a été celle où, entre ambiance joyeusement explosive et méditations, les élèves ont pris des engagements forts. Ils provenaient au total de 35 établissements de l’Arrondissement de Sig-Nonghin. Et à l’issue de deux communications dont l’une sur le civisme et la citoyenneté et l’autre sur le respect du bien commun, une messe a été dite par Mgr Léopold Ouédraogo.

Cette messe a été un moment d’intenses introspections et de bénédictions pour les pèlerins du jour, à la grande satisfaction de Mgr Léoplold Ouédraogo. En effet, dira-t-il, « j’ai été heureux de voir que le Seigneur et la Vierge Marie ont rassemblé leurs enfants à la colline de Yagma, pour leur parler, pour leur dire qu’ils ont du prix à leurs yeux et les inviter à assumer leurs responsabilités de jeunes adultes désireux de bâtir un pays prospère où il y a la paix, l’entente et la joie ».

Les pèlerins du jour ont été attentifs aux leçons qui leur ont été données pour être de bons citoyens, prêts à partager des valeurs morales et civiques sous le regard de Dieu. Et pour Mgr Léopold Ouédraogo, cela est la preuve que « les jeunes ont encore le sens de la religion, de la foi, de la place importante que Dieu occupe dans leur vie ». Ce qui laisse percevoir une vision de paix que ces jeunes auront dans leurs milieux de tous les jours, et pour le Burkina tout entier.

Pour le principal organisateur de cette première édition, le Père Achille Lingani, aumonier des élèves et étudiants de la paroisse de Bissighin, ce pèlerinage s’inscrit en droite ligne des exigences religieuses de cette année 2013 décrétée « année de la Foi », et répond aux interpellations face aux crises récurrentes et violentes au sein des établissements d’enseignement.

Il s’agit, à travers cette activité de donner des enseignements à la fois moraux et civiques à ces élèves, dans la perspective d’influencer positivement leurs comportements au sein la société en général.
En un mois de préparation et au regard de la mobilisation, le Père Lingani dit avoir avec, l’aide de Dieu, l’autorisation de la Direction régionale de l’Enseignement secondaire, et la collaboration des responsables d’établissement et certains partenaires, réussi le pari.

Des enseignements à haute valeur civique et morale

« La police n’est pas répressive par destination », a indiqué dans sa communication Emmanuel Zongo, commissaire de Police de l’Arrondissement de Sig-Nonghin. Elle a plutôt une mission de service public consistant en la protection des personnes et des biens.
Répondant à une préoccupation relative à l’intervention de la Police dans les établissements d’enseignement en cas de troubles, le commissaire dira qu’une telle intervention ne peut être prompte, car devant obéir au respect des franchises scolaires et universitaires.

Les élèves ont été appelés à cultiver le savoir-être, en plus du savoir et du savoir-faire qui semblent plus les préoccuper. Dans ce sens, le commissaire invite à s’imposer le respect des lois tant sociales qu’étatiques et à retenir que « tout ce qui vaut la peine d’être fait, mérite d’être bien fait ».

A la suite du commissaire qui a appelé au respect des feux tricolores, le parrain du pèlerinage, le Dr Cyriaque Paré, par ailleurs président du comité média du Sanctuaire Notre dame de Yagma, a insisté sur le respect des règles de la circulation, au respect de la route. En effet, a-t-il souligné dans un style imagé, « la route a de la mémoire et elle est rancunière ; et si vous ne voulez pas avoir des problèmes avec elle, respectez-la, sinon, elle va vous le faire payer un jour ou l’autre ».

Il a saisi l’occasion pour lancer le débat sur les raisons de la violence de plus en plus accrue dans les revendications d’élèves et étudiants en invitant les pèlerins à y réfléchir entre eux. M. Paré a, en outre, appelé ses filleuls à prendre conscience de leur avenir dès à présent car la réussite de leur vie dépendra en grande partie de leur comportement d‘aujourd’hui.

Le respect des biens communs entendus au sens de l’ensemble des choses et conditions d’utilité publique, nécessaires à l’épanouissement de l’homme, a également fait l’objet de riches enseignements donnés par l’Abbé Marcel Nacoulma, aumônier des élèves du diocèse de Ouagadougou. Ces biens, l’Eglise les considère comme constitutifs d’un principe inaliénable de sa doctrine et de son enseignement, a précisé l’abbé Nacoulma.

Même en tant de crise, il faut toujours savoir respecter le bien commun, car la lutte n’est bénéfique que si elle est pacifique. De plus, en pareilles circonstances, le chrétien doit se garder de céder à la provocation, de répondre à la violence par la violence.

Les élèves et étudiants s’engagent pour plus de civisme

Les pèlerins ont pris l’engagement devant la Vierge Marie de désormais respecter le code de la route, de respecter les biens communs et de cultiver de meilleurs rapports avec les forces de l’ordre.

A l’issue des deux communications, le terminaliste Ferdinand Sawadogo confie : « à partir de ce matin, je sais quel rôle joue la Police dans la société dont le principal est la protection des personnes et des biens ». Et d’ajouter, « il nous revient donc de les respecter ». « Je prends l’engagement de ne plus brûler le feu et de partager les enseignements reçus ce matin avec mes camarades qui n’ont pas pu faire le déplacement », a-t-il poursuivi. Même engagement pris par Sylvie Pouya du Lycée Technique Nouvelle Vision en classe de TG2A, qui en plus, promet de faire de son mieux pour contrer l’incivisme.

Pour Aristide Ouédraogo, en classe de 3è au Lycée Privé de Kilwin, il est même du devoir de tous ceux qui ont participé à ce pèlerinage de mener une campagne de sensibilisation autour d’eux sur la conduite à tenir au sein de la société. « Je m’engage à sensibiliser mes camarades au sein mon établissement et au-delà », a-t-il confié.

Pour Ferdinand Sawadogo, pour les élèves qui ne respectent pas leurs parents, leurs encadreurs et les biens publics, cette occasion marquera aussi sans doute un nouveau départ pour prendre de bonnes habitudes et de bonnes résolutions.

Créer des cadres de réflexion sur le civisme dans les établissements

Dans chaque établissement, les organisateurs de cette première édition du pèlerinage d’élèves prévoient intervenir le plus souvent pour aborder des thèmes en vue d’aider les élèves à prendre conscience de leur rôle dans l’éducation et dans la société. « Aujourd’hui, on ne sait pas qui éduque qui », a lancé l’Abbé Nacoulma. Il apparaît donc impératif de resituer les choses et de donner à chacun sa place afin que chacun joue effectivement son rôle.

A l’endroit des parents, l’Abbé Nacoulma relève que la famille est la première structure éducative, l’enfant naissant dans une famille. Il faut qu’à l’intérieur de la famille, l’enfant commence à obtenir les bases de la conduite citoyenne. Malheureusement, les parents délaissent de plus en plus cette part de responsabilité en commençant par « parquer » leurs enfants à bas âge dans des maternels.

Les enseignants ont la lourde tâche de donner une instruction, mais aussi de donner une éducation. Les éducateurs doivent savoir que ce rôle, ils doivent le jouer à l’intérieur des établissements en bons pères de famille. « Si les parents ont démissionné, il ne faut pas que l’école aussi démissionne », martèle l’Abbé Marcel Nacoulma.

Aux leaders des autres religions, les organisateurs du pèlerinage lancent une invite à trouver un cadre de mobilisation de leurs fidèles et de leur donner une instruction civique et responsable afin qu’on ait les mêmes visions citoyennes dans notre pays.

L’engagement a également été pris par l’Aumônier Achille Lingani et son équipe, de tenir d’autres éditions du pèlerinage. En effet, précise le Père Lingani, « nous comptons faire les prochaines éditions tous les derniers samedis du mois de février ; et la prochaine édition, c’est pour le 22 février 2014 ».

Mais avant, la mise en place au sein des établissements d’un bureau d’élèves catholiques en vue notamment de la conduite de réflexions continues avec tous les acteurs du système éducatif sur la prévention des crises, est envisagée.

Que le Seigneur accorde le repos éternel à Romain Joël Ouédraogo

Au cours de la messe dite par Mgr Léopold Ouédraogo pour clore dans la spiritualité cette riche journée, on a prié pour le repos de l’âme du regretté Joël Romain Ouédraogo, précédemment élève au Lycée Saint Viateur à Ouagadougou. En rappel, le décès accidentel du regretté est survenu le 29 janvier 2013 à la suite de son agression au cours d’un mouvement de grèves violentes d’élèves.

Fulbert Paré


Réactions de quelques participants

Mgr Léoplod Ouédraogo : J’ai été heureux de voir que le Seigneur et la Vierge Marie ont rassemblé leurs enfants à la colline de Yagma, pour leur parler, pour leur dire qu’ils ont du prix à leurs yeux et les inviter à assumer leurs responsabilités de jeunes adultes désireux de bâtir un pays prospère où il y a la paix, l’entente et la joie. Et alors, ils sont venus nombreux, à cause de leur foi, surtout en cette année de la foi. Mieux, ils ont été attentifs aux leçons qui leur ont été données pour être de bons citoyens, des chrétiens engagés, prêts à partager sous le regard de Dieu, un Dieu d’amour et de paix.

La vision que j’ai de cette initiative, c’est une vision de paix et d’assurance que les jeunes ont encore le sens de la religion, de la foi, de l’importance que Dieu occupe dans leur vie. Et ainsi, ils vont pouvoir mettre les priorités là où cela est nécessaire, pour une vie bien remplie, une vie de citoyen honnête, digne, et prêt à bâtir son pays. Et cela est encourageant pour nous.

Père Achille Lingani : Pour l’année de la Foi qu’est 2013, nous avons décidé de rassembler tous les élèves de l’Arrondissement de Sig-Nonghin et tous les établissements qui sont dans les environs de la Paroisse Saint Augustin de Bissighin. Nous avons compté en tout 35 établissements.
Nous connaissons le contexte actuel de l’éducation, de la vie scolaire qui est minée actuellement d’une crise se manifestant par des grèves violentes. L’Eglise ne peut pas rester en retrait et laisser les enfants, les jeunes dans cette situation. C’est pourquoi nous avons décidé de les rassembler et de leur donner une éducation sur le civisme, la citoyenneté. Et cela, parce qu’en tant que chrétiens, nous sommes d’abord les premiers à respecter les lois que nous établissons pour qu’il y ait une vie tranquille, la paix au Burkina Faso, et surtout dans la vie scolaire et estudiantine.

C’est une toute première édition, et nous avons commencé à la préparer il y a environ un mois. Nous remercions grandement la Direction régionale de l’enseignement secondaire qui nous a permis d’avoir les élèves. Nous remercions aussi tous les pères éducateurs qui ont bien voulu nous soutenir en acceptant libérer les élèves pour ce grand jour de rassemblement. Nous sommes passés dans les classes, toucher les élèves, leur expliquer le bien-fondé de cette activité de la foi. Et ils sont sortis nombreux, ils ont bien répondu à l’appel. Nous ne pouvons que les remercier et dire merci à Dieu surtout.

Nous comptons faire d’autres éditions tous les derniers samedis du mois de février chaque année. Je pense que la prochaine édition si Dieu nous le permet, sera fixée pour le 22 février 2014. Nous allons commencer dès à présent à la préparer ; nous demandons surtout l’aide des médias pour que nous puissions donner une bonne éducation à nos jeunes, à nos enfants pour que demain ils soient eux-mêmes responsables et transmettre ce qu’ils ont appris.

L’abbé Marcel Nacoulma  : nous sommes dans une société où chacun a le droit et a aussi le devoir de travailler à la cohésion et à la paix sociale. Alors, nous avons trouvé que les cadres ordinaires (aumôneries) que nous avons pour aider les élèves et les étudiants ne suffisent pas à atteindre tout le monde. C’est pourquoi nous avons décidé cette année de tenter cette expérience de rassembler les élèves et les étudiants d’une même paroisse à cet endroit précis, ici à Yagma pour leur donner des enseignements, leur faire aussi comprendre que l’éducation est une affaire de tous.

Moi particulièrement, j’ai intervenu sur le bien commun. L’Eglise considère le bien commun comme un principe inaliénable de sa doctrine et de son enseignement. Le bien commun, c’est l’ensemble des conditions nécessaires pour permettre à chaque personne humaine d’atteindre le mieux possible son épanouissement. Si chacun ne travaille pas à ce que le bien commun soit préservé et respecté, nous n’allons pas avancer dans un pays où chacun cherche le développement.

Je pense que dans chaque établissement nous allons intervenir souvent pour aborder des thèmes du genre pour aider les élèves à prendre conscience de leur rôle dans l’éducation, car dans ce domaine, il y a bien sûr la part de l’éducateur, mais il y a aussi celle de l’éduqué. Et aujourd’hui, tout est confondu ; on ne sait plus qui éduque qui. Aujourd’hui vous voulez donner tel enseignement à un élève et il décide qu’il veut autre chose. Il y a donc lieu de resituer les choses et donner à chacun sa place et faire en sorte que chacun joue son rôle.

A l’endroit des parents, la famille est la première structure éducative, l’enfant naissant dans une famille. Et il faut qu’à l’intérieur de la famille, l’enfant commence à obtenir les bases de la conduite citoyenne. Or de plus en plus, les parents délaissent cette part de responsabilité. Je parle souvent des écoles maternelles comme un garage, un parking d’enfants, car il y a des parents qui vont garer leur enfant là-bas dès le petit âge en évitant de rester avec l’enfant ; ce qi n’est pas normal. L’enfant doit rester avec eux pour grandir.

Les enseignants ont la lourde tâche de donner non seulement une instruction, mais aussi de donner une éducation. Et éduquer veut dire conduire hors de …, c’est-à-dire que quelqu’un est dans une situation et on veut le conduire vers un meilleur endroit. Les éducateurs doivent savoir que ce rôle, ils doivent le jouer à l’intérieur des établissements. Si les parents ont démissionné, il ne faut pas que l’école aussi démissionne.
Nous lançons un appel pour que toutes les autres religions un cadre de mobilisation de leurs fidèles et de leur donner une instruction civique responsable et correcte ; comme ça, nous aurons ensemble les mêmes visions citoyennes dans notre pays.

Ferdinand Sawadogo, Tle D, Lycée moderne Tikasoma : à partir de ce matin, je sais quel rôle joue la Police dans la société dont le principal est la protection des personnes et des biens. Donc à partir de maintenant, je sais que nous devons respecter les policiers, pas parce qu’ils sont plus forts que nous, mais parce qu’ils nous protègent. J’ai tiré un très bon conseil dont je peux faire part à mes amis.

On vient de m’informer que la route a une mémoire et qu’elle peut se venger. A partir de ce matin, personnellement, j’ai pris l’engagement de ne plus brûler le feu, je serai prudent dans la circulation.
J’apprécie vraiment cette initiative et l’organisation est parfaite ; ce pèlerinage va permettre aux élèves qui ne respectaient pas leurs parents d’avoir de bonnes habitudes.

Sylvie Pouya, TG2A, Lycée technique nouvelle vision : ce pèlerinage qui est à sa première édition est vraiment une bonne initiative. Nous avons suivi des communications qui ont porté sur des thèmes comme le civisme, le respect du bien commun, pour aider les élèves à agir en bons termes pour le développement de notre pays, pour permettre que chacun sache vraiment ses droits et ses devoirs.

Ce qui a le plus retenu mon attention, c’est le thème sur le civisme à travers lequel les élèves ont été appelés au respect de la loi, et à se conduire en bons citoyens.

Au regard de tout ce qui a été dit, je prends l’initiative de respecter les feux tricolores car tantôt je les respectais pas, de vivre en bonne citoyenne et de lutter contre l’incivisme.

Aristide Ouédraogo, en classe de 3è au Lycée Privé de Kilwin : je voudrais tout d’abord saluer les actions menées par les premiers responsables de l’église pour le déroulement de ce pèlerinage. Ensuite, je peux dire que nous qui avons eu la chance d’y participer, il est de notre devoir de sensibiliser nos camarades sur la conduite à tenir, à partir des enseignements à travers les thèmes qui ont été évoqués lors de ce pèlerinage, entre autres le civisme, la citoyenneté. Nous devons aller au-delà de nos camarades et sensibiliser toute la population pour avoir une société bien organisée.

Moi personnellement, je m’engage à sensibiliser les autres camarades, c’est-à-dire dans mon établissement d’abord, car la charité bien ordonnée commence par soi-même. Et ensuite, je vais passer le message partout.

A l’issue de ce pèlerinage, je m’engage à respecter tout ce qui est en rapport avec le civisme, à commencer par davantage respecter mes parents, les feux tricolores.

Rabiatou Nicaise Sawadogo, Lycée privé technique Abbé Pierre : Aujourd’hui, on est vraiment très heureux d’avoir pu participer à ce pèlerinage. Longue vie à celui qui l’a organisé, qu’il puisse encore organiser d’autres rassemblements du genre. Aujourd’hui, on nous a parlé du civisme, du bien commun aussi ; nous avons su ce que c’est. Et on s’engage au respect des enseignements qui ont été donnés pour un bon développement du pays.

Fulbert Paré
Lefaso.net

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