Mendicité : De faux jumeaux pour une vraie manche

dimanche 27 janvier 2013 à 22h49min

Dans les carrefours des grandes villes se trouvent des femmes accompagnées d’enfants d’à peu près du même âge et parfois ressemblant. Ces enfants présentés comme jumeaux, justifient la pratique de la mendicité, selon une vieille coutume africaine. La mendicité permettrait de sauver de la mort les jumeaux. Sur cette prescription de la coutume se serait greffé un acte délictueux et cupide. Des femmes empruntent des enfants, qui sont parfois de parents différents pour en faire un objet de mendicité, moyennant paiement d’une certaine somme aux vrais parents des enfants loués. Nous avons enquêté à Ouaga et à Bobo Dioulasso, la seconde ville du Burkina pour comprendre le phénomène et mesurer son ampleur.

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Mendicité : De faux jumeaux pour une vraie manche

« Lorsque j’emprunte les enfants pour aller mendier, je peux gagner 6000 F CFA par jour. Dans cette somme, je verse 3000 F CFA à la maman en raison de 1500 F par enfant et je garde le reste. » Mariam T. a fait de l’emprunt des enfants des autres à des fins de mendicité son fonds de commerce. Régulièrement, elle quitte le matin sa maison en banco située à la zone non lotie de Toudweogo, quartier périphérique situé au Nord-Est de Ouagadougou. Elle emprunte les enfants jumeaux de la concession située à quelques pattées de chez elle. Direction ? Le centre ville de Ouagadougou. L’un des jumeaux est attaché au dos et, pendu à son bras gauche, le second. Leur âge ? Mariam hésite : « je pense qu’ils doivent avoir entre 2 et 3 ans ».
Fatoumata C. est la mère biologique de ces enfants. Elle vit dans une maison une pièce construite en terre battue. Entre elle et Mariam, c’est une entente tacite pour exploiter les enfants. Cette idée est venue de M. T. pour dit-elle « combler le vide financier créé par le décès du père des enfants. » Toutes les tentatives pour faire sortir F.C. de son mutisme sont restées vaines. Elle finit, après insistance, par lâcher quelques bribes d’informations sur la vie de ses progénitures. « J’ai des difficultés pour joindre les deux bouts. Et, comme je ne suis pas habitué à marcher sur une longue distance, mon amie M.T. vient prendre les enfants pour sortir avec eux et, le soir elle passe me remettre un peu d’argent », explique Fatoumata C. C’est elle qui donne le vrai âge des enfants : « 3 ans chacun. » Au bas mot, Fatoumata, la mère des enfants gagnent environs 90 000 F CFA par mois. Poussées par la cupidité, les mendiantes ne manquent pas d’ingéniosité.
 

« Jumeaux » mais pas de même père

Mariam Traoré n’est pas la seule femme à pratiquer « ce métier » au Burkina Faso. Certaines femmes maquillent des enfants ayant la même taille et presque la même corpulence pour mendier. La vieille Alima, résidente du quartier Bolomakoté de Bobo-Dioulasso est une spécialiste. Grand-mère, Alima profite des difficultés vécues par les couples de ses enfants pour utiliser ses petits-fils à des fins de mendicité. Durant des mois, elle a fait passer ses petits fils de 4 ans et 3 ans pour des jumeaux. Ces enfants sont nés de pères et de mères différents, même si les géniteurs sont des jumeaux. Ayant connu des fortunes diverses dans leur vie de couple, chaque parent a récupéré son enfant pour le confier à la grand-mère. Alima se retrouve avec deux petits-fils ayant presque le même âge.
L’ex marché Lêgamalôgô devient son site privilégié de mendicité. Debout devant l’entrée du marché, avec à ses pieds, des enfants, visiblement affamés, l’air hagard, le regard lointain, elle raconte : « Les parents des enfants sont décédés.

Comme je n’ai pas la force pour travailler, je me promène pour demander de l’aide afin de les nourrir ». De temps à autre, elle emprunte les artères de Bobo-Dioulasso les deux mioches à ses flancs. Dans nos recherches, nous retrouvons Adjara S., 21 ans, la mère de l’un des enfants. « Mon fils m’a été arraché par son père. Je ne savais pas là où il se trouvait. Un jour, une de mes copines m’a informé que leur grand-mère paternelle se promenait avec les enfants à travers la ville pour mendier. Nous nous sommes rendus immédiatement là elle se trouvait et nous avons vu l’enfant » explique Adjara. Le jour de la rencontre fut douloureux : « Lorsque j’ai vu mon enfant, il était famélique, affamé et portait des habits sales. Il avait l’air malade. Je n’ai pas supporté cela ; j’ai coulé des larmes… », soupire-t-elle. Silence.
 

Des droits sacrifiés sur l’autel de l’argent
 

Les techniques utilisées dans ce monde de la mendicité sont loin d’être exhaustives. Bintou C. a une autre technique. Après avoir découvert que les enfants qu’elle trimballait ne sont visiblement pas les siennes, nous la filons du matin jusqu’au soir. Elle habite la zone non lotie jouxtant le quartier Pissy de Ouagadougou. Grâce à la générosité d’un voisin de B.C, nous obtenons de passer des nuits dans cette zone non lotie dans la même cour que B.C. Elle opère généralement avec deux ou trois enfants issus de familles différentes. « Le marché n’est pas fructueux. Généralement, je donne au moins 2000 F CFA par jour à chaque mère de famille à la tombée de la nuit » explique-t-elle. Combien gagne-t-elle par mois ? « Entre 50 et 60 000 F CFA » précise-t-elle. L’âge des enfants utilisés par cette dame varie entre 2 et 6 ans. Contactés, les parents des enfants utilisés, se sont refusés à tout commentaire. Cependant, ces enfants ne sont pas scolarisés. Certains ne disposent pas d’extrait d’acte de naissance, à en croire Bintou.
Certaines femmes interrogées sur la possibilité d’arrêter d’utiliser des enfants afin qu’en contrepartie, elles puissent bénéficier de soutien financier en vue de créer des activités génératrices de revenus, refusent cette faveur. « Si je gagne entre 60 et 70 000 F CFA par mois en mendiant avec des enfants, je ne vois pas pourquoi j’accepterai moins que cela lorsqu’on me proposera de vendre des beignets ou des arachides dans la rue ! », raisonne M.T.
 

La loi, la religion et la tradition l’interdisent

La mendicité a longtemps été considérée au Burkina Faso comme une pratique religieuse et/ou coutumière. La justice, la police et l’action sociale, sont conscientes de l’ampleur grandissante du phénomène. « Le phénomène est réel et préoccupant. Car, on constate aujourd’hui que des femmes habillent des enfants de même taille ou en empruntent pour aller mendier contre le versement d’un butin. Or, cela est une pratique illégale » clame le Directeur régional de l’action sociale et de la solidarité du Centre, Boubacar Milougou. En dépit de son caractère illégal, le phénomène se pratique à ciel ouvert : « il est difficile de réprimer une telle pratique car, on risque de rencontrer le courroux de la société face une pratique que l’on croit religieuse ou traditionnelle » explique une source proche de la police. Pour le juge des enfants au Tribunal de Grande instance de Bobo-Dioulasso, Narcisse Combary « des cas flagrants d’usurpation de titre de mère de jumeaux sautent à l’œil. Mais, la société voie et tolère. Quelque part, nous sommes tous responsables des dangers encourus par ces enfants aux mains de ces femmes ». Ces dangers vont, selon le chef de la Brigade régionale de police du Centre, chargée de la protection des enfants, le commissaire Ouintaré Ouédraogo, « de la salubrité et de la sécurité publique à l’atteinte aux mœurs. » Selon lui, « dans la rue, ces enfants ne peuvent pas être scolarisés.

En outre, ils mettent la vie des usagers de la route et leur propre vie en danger en slalomant entre les véhicules et les motocyclistes. » A Bobo-Dioulasso, la pratique se fait aux abords du commissariat central. Des femmes et des enfants mineurs, assis à même le sol, défient les usagers de la route aux feux tricolores du rond-point de la Chambre de commerce. Pour le commissaire central adjoint de la ville de Sya, Marc Dakuyo, la pratique est à condamner. Mais, « lorsqu’on dit aux gens que ce n’est pas normal, on vous regarde bizarrement » fustige-t-il. Selon le curé de la paroisse Saint Guillaume de Tanghin, l’abbé Pierre Koudaogo Kafando, « on ne trouve pas le fondement de la mendicité dans la Bible, dans la mesure où elle est perçue comme une malédiction ». Mieux, selon lui, « l’Eglise ne cautionne pas la mendicité sous aucune de ses formes. Car, l’Homme doit se nourrir à la sueur de son front et non s’enrichir sur le dos des enfants ». L’Islam ne va pas contre cet avis.

Selon l’Imam Tiégo Tiemtoré, imam de la mosquée du Centre d’études, de recherche et de formation islamique (CERFI), « ce phénomène n’a rien à voir avec l’Islam, même si c’est devant les mosquées qu’on les retrouve le plus souvent ». L’imam Tiégo qualifie la mendicité des fausses mères de jumeaux de « pure escroquerie » : « Nombreux sont les hadiths où le Prophète Mohamed (saw) exhorte le musulman à manger du produit du travail de ses mains. L’Islam sanctifie le travail et réprouve l’oisiveté. (…) Le vrai musulman est celui qui lutte et qui affronte les difficultés de la vie pour se nourrir et nourrir sa famille. » Quant à l’enseignant chercheur en sociologie, Fernand Bationo de l’Université de Ouagadougou, cette pratique est un « phénomène urbain ». « J’ai vécu dans des endroits où je n’ai pas vu des femmes avec des jumeaux aux bords des routes en train de mendier » témoigne le chef du département de sociologie.
Du côté des adeptes de la tradition, la mendicité des jumeaux n’est pas une prescription ancestrale. Selon le chef suprême des Bobo mandarè, M’Pa Yacouba Sanou, « la naissance des jumeaux dans une famille est une bénédiction. Des rites sont prescrits à cet effet mais, il n’est pas dit à travers ces rites d’utiliser les enfants jumeaux en vue de mendier ». Du côté des services chargés de la protection des enfants, réprimer la mendicité des fausses mères de jumeaux semble être un casse-tête chinois. Que faire ?
 

Créer des conditions idoines pour la réinsertion sociale
 

De nombreuses femmes pratiquant cette activité avancent la thèse de la pauvreté pour justifier leur acte. Les adeptes de la loi, malgré leur impuissance à mettre fin à la pratique proposent cependant des solutions. Entres autres, accroître les capacités de prise en charge des personnes démunies au niveau de l’action sociale. En outre, augmenter les séances de sensibilisation de ces femmes afin qu’elles abandonnent la pratique. Le Directeur régional de l’Action sociale du Centre appelle plutôt ceux qui font l’aumône à se diriger vers les services spécialisés de l’Action sociale pour le faire. Car, « la pauvreté ne saurait expliquer le fait de mettre en danger la vie d’enfants innocents en les exposant à la maladie, à la faim, à la déscolarisation. »
 

Daouda Emile OUEDRAOGO
ouedro1@yahoo.fr

"Cette enquête a été menée avec le soutien de l’Association Danoise du journalisme d’enquête"


Ce que dit le Code Pénal et la loi du 15 mai 2008
 

Selon le Code pénal en ses articles 243 à 245 ou la loi portant « lutte contre la traite des personnes et les pratiques assimilées du 15 mai 2008 », la mendicité fait tomber celui ou celle qui la pratique sous le coup de la loi. L’article 8 de la loi du 15 mai stipule que toute personne reconnue par l’un des actes cités par l’article 7 est « puni d’un emprisonnement de 2 à 5 ans et d’une amende de 500 000 à 2 000 000 de F CFA ». Quant au Code pénal, il stipule :
Art.243. Sont punis d’un emprisonnement de trois mois à un an, tous mendiants, mêmes invalides ou dénués de ressources, qui sollicitent l’aumône en :

- usant de menaces ;

- simulant des plaies ou infirmités ;

- se faisant accompagner par un ou plusieurs jeunes enfants ;

- pénétrant dans une habitation ou ses dépendances sans autorisation du propriétaire ou des occupants ;

- réunion, à moins que ce soit le mari et la femme, l’infirme et son conducteur.
Art.244. Sont punis d’un emprisonnement de trois mois à un an, ceux qui, soit ouvertement, soit sous l’apparence d’une profession, incitent ou emploient d’autres personnes à la mendicité.
Sources :

-  Loi n°043/96/ADP
du 13 novembre 1996 portant Code Pénal

-  Loi n°029-2008/ AN du 15 mai 2008 portant « lutte contre la traite des personnes
et les pratiques assimilées »
 


La situation des femmes en situation de mendicité selon une étude du Ministère de l’Action sociale

Le Ministère de l’action sociale et de la solidarité nationale a réalisée en 2011 une étude sur « la situation des femmes en situation de mendicité à Ouagadougou ». 116 femmes étaient ciblées. Cette étude a « pu identifier 196 enfants dont l’âge est dans l’intervalle 0-5 ans et 22 enfants ayant l’âge situé dans l’intervalle 6-10 ans. Ainsi, ces enfants sont très précocement exposés à la rue et à la mendicité. » L’étude affirme qu’en ce qui concerne les enfants non scolarisés qui ont l’âge d’aller à l’école, ils sont au nombre de 72 contre 102 enfants qui ne possèdent pas d’acte de naissance. Concernant le cas des mineurs non jumeaux, l’étude précise que : « composés de 36% de garçons et de 64% de filles, ces enfants ont, dans leur majorité (90,91%), l’âge scolaire mais ne sont pas scolarisés. Ce qui hypothèque leur avenir. (…) Parmi ces enfants, 45,45% ne possèdent pas d’acte de naissance. »
DEO
 

Sidwaya

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Vos commentaires

  • Le 28 janvier 2013 à 06:53, par Leguema kiri
    En réponse à : Mendicité : De faux jumeaux pour une vraie manche

    Nous naissons tous egaux c,est la societé qui nous transforme avont l,habitude de dire .NUL n,a interêt a abandoné ou vendre ses enfants pour de l,argent c,est le coût insuportable de la vie au faso donc l,Etat est bien responsable du devenir de ces pauvres mineurs qui n,ont pas demandés à venir mandier dans ce monde.

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  • Le 28 janvier 2013 à 12:29, par ANNAN
    En réponse à : Mendicité : De faux jumeaux pour une vraie manche

    un phénomène social dù en partie à la pauvreté de la population, mais aussi à l’ignorance. Car, l’enquête revèle que toutes celles qui s’adonnent à la pratique de cette forme de mendicité vit dans des situation de précarité très accentuée ; surtout dans les grandes villes. Que la machine des services de l’Action sociale se mettent en branle afin d’endiguer très vite ce fléau

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  • Le 29 janvier 2013 à 08:29
    En réponse à : Mendicité : De faux jumeaux pour une vraie manche

    très bel article que j’attendais depuis longtemps

    il faut traiter ce phnenomène comme celui de l’exicision sensibilisation,information d’abord et reppression ensuite. si on ne fait rien nous serons tous responsable. c’est un problème social, de droit humain et de genre voilà les trois ministères qui doivent prendre ce problème à bras le corps

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  • Le 29 janvier 2013 à 10:20, par SAYA
    En réponse à : Mendicité : De faux jumeaux pour une vraie manche

    Voici mis à nu, un problème sérieux que en ma qualité d’agent d’accompagnement de certaines associations de personnes handicapées, j’avais déjà constaté : la location des enfants pour en faire des "jumeaux" et mendier, la location des enfants pour accompagner les aveugles dans leur activité de mendicité... Nous avons proposé notre aide à travers des activités génératrices de revenues mais les adeptes de la chose nous a dit que le bénéfice de la mendicité dépassait celui d’une activité économique et tenez vous bien : "les femmes aveugles ont refusé le planning familial au motif qu’il leur faut toujours des enfants à bas âge pour les accompagner mendier". Nous avons même une fois remis une grosse somme à une mendiante pour qu’elle fasse du commerce. Le répit n’a duré que une semaine et nous l’avons revu dans la rue.
    Mais à côté de ces personnes "indélicates", j’ai vu des personnes handicapées se battre, se positionner dans la société, être des modèles. J’ai aussi vu des mères de jumeaux réels, lutter au quotidien avec leurs enfants... Bref il y a du tout dans notre monde. Mais, s’il y a toujours des mendiants, c’est parce que quelque part il y a des gens qui continuent de donner. Il faut donc renforcer les actions sociales à leur endroit et surtout, sensibiliser l’ensemble de la population afin que ceux qui donnent trouvent des canaux mieux appropriés pour exprimer leur charité et donner à chaque enfant, la chance d’aller à l’école. personnellement, je ne donne pas d’argent aux petits mendiants, de la nourriture à la rigueur.... Les mosquées sont là et l’église aussi. c’est l’occasion de remercier les prêtres de Dominique Savio à Bobo dont l’exemple avec les enfants des non lotis de bobo m’a édifié. Ils y recueillent les enfants déscolarisés pour les alphabétiser et donnent à chacun, un repas. Courage et puisse la chaine de solidarité s’allonger. Dieu nous bénisse.

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  • Le 30 janvier 2013 à 14:08, par imadin
    En réponse à : Mendicité : De faux jumeaux pour une vraie manche

    Je crois qu’au delà de la compation ,il faudrait attaquer le vrai problème dans tout ça : sanctionner les parents en leur retirant l’autorité parentale puisqu’ils sont indignes et irresponsables...On badine pas avec les maux de l’enfance et les droits de l’enfants tels que reconnus par la CIDE ,l’avenir de toute société en dépend...Il faudrait aussi réhabiliter ses enfant et les réinsérer dans le bon chemin tout en sensibilisants parents et société car celui qui donne l’aumône à ses enfants et le complice des mauvais parents

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  • Le 4 février 2013 à 10:52, par baziausta
    En réponse à : Mendicité : De faux jumeaux pour une vraie manche

    Je refuse de donner aux gens valides qui mendient. Les vrais démunis, on les connait. Il n’y a pas longtemps on a vu un mendiant valide qui a pu s’acheter un parcelle par le fruit de la mendicité. N’encourageons pas les fainéants, tout bien doit se gagner honnêtement.

    Répondre à ce message

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