Fait divers : Mariage à contre-cœur

jeudi 10 janvier 2013 à 10h11min

Il est inconcevable et inadmissible qu’aujourd’hui encore des esprits bornés continuent d’arracher des filles de l’école pour les marier au nom de la tradition ou d’un intérêt quelconque. Alizèta OUEDRAOGO, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, est élève en classe de 4ème dans un lycée départemental dans la province des Balé. Elle est aujourd’hui sur le point de briser sa scolarité pour le foyer conjugal pour un mariage forcé, mariage précipité par une grossesse qu’elle porte depuis près de deux mois.

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Fait divers : Mariage à contre-cœur

Pendant les congés du premier trimestre, Alizèta est allée rendre visite à ses parents au Centre Nord du Burkina. Il ne s’agit pas là d’une visite ordinaire mais un piège pour disparaître et rejoindre son amant. En effet, selon la tradition en pays mossi, il est intolérable qu’une fille reste dans sa famille avec une grossesse non désirée. Si de son tuteur (oncle paternel), elle rejoignait son copain auteur de la grossesse, elle aurait culpabilisé ce dernier pour complicité. Elle a donc fait son sac, demandant la permission d’aller rendre visite à ses parents au village, autorisation qu’elle a reçue sans ambages de son tuteur.

Ce sac bien fait est resté quelque part non loin de sa future famille de destination. Ce n’est qu’avec un baluchon, vêtements d’un bref séjour que l’infortunée Alizèta a pris la route pour le village. Le séjour était bref, si bref que ses parents ont constaté son absence un matin et jusqu’au soir pas de signe. La nuit tomba et toujours pas de nouvelles de mademoiselle Alizèta. Les parents ont très vite appelé le tuteur qui dit n’avoir aucune trace de la demoiselle. Est-elle toujours en route pour le retour des congés ? A-t-elle été kidnappée par des malfrats ? Autant de questions qui frémissent sur les lèvres de tout un chacun. Après renseignement, Alizèta a pris ses jambes au cou et a rejoint l’auteur de la grossesse, un jeune de moins de 35 ans, déjà marié.

Selon les informations que j’ai reçues d’un membre de la famille, Alizèta a été promise quand sa mère était enceinte d’elle. Et pour tenir promesse, les parents avaient refusé qu’elle soit à l’école. C’est sa maman qui a tenu bon pour qu’elle puisse être à l’école. Et depuis lors, elle a franchi tous les échelons pour être aujourd’hui en classe de 4ème. De sources dignes de foi, les parents voulaient profiter de sa présence au village et de l’infraction commise (la grossesse) pour la marier. C’est ce qui a précipité sa fuite du village au domicile de son amant.

Ce refus catégorique de se soumettre à la volonté des parents est à leurs yeux une blessure à leur honneur, un affront, une transgression aux coutumes. En de pareilles circonstances, la maman est toujours accusée de complicité. Un ultimatum de 48 heures lui a été donné pour que la fille revienne en famille, à défaut, elle doit plier bagages pour une destination dont elle a le libre choix.

Informé de ce feuilleton qui chasse le sommeil loin des yeux, j’ai personnellement réfléchi sans trouver une solution salutaire à ce problème qui menace la scolarité de la jeune fille. Ce que j’ai pu faire pour le moment c’est l’encourager à terminer l’année scolaire sans gêne ni complexe de l’accident dont elle est victime.

Mais son esprit n’est pas tranquille à cause des agressions perpétrées contre sa maman. Faut-il obéir à la volonté des parents pour que la mère conserve son foyer ou faut-il dire non à ce mariage forcé et être pour le moment banni de la famille ? Ce sont ces questions qui tourmentent l’esprit de notre chère élève OUEDRAOGO Alizèta qui ne demande qu’un appui conseil.

KABORE Karim
Econome au CEG de Poura-Mine
abdoulkaka@yahoo.fr

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Vos commentaires

  • Le 10 janvier 2013 à 10:32, par Uncitoyen
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    Monsieur l’économe, vous avez mis trop de passion dans cette histoire. Si on veut s’en tenir à la tradition, je dirai qu’il n’y aura pas mariage jusqu’à ce que la fille accouche.Dans les traditions africaines, il est interdit de célébrer un mariage avec une grossesse. Ensuite vous avez bien dit que l’amant de la fille est un homme marié. Et pensez vous que ce dernier mariera Alizéta ?
    Dans votre lettre vous ne rapportez pas les propos des parents d’Alizéta.Ce qui fait que vous avez un parti pris. De plus c’est plutot Alizéta même qui veut écourter sa scolarité. Si elle aime tant ses études pourquoi est ce qu’elle s’est amuser à prendre une grossesse ? Ce problème est simple ,chercher à raconter les parents de cette fille, l’auteur de la grossesse et vous verrez que vous aurez une solution.
    Je me demande si notre économe même n’est pas un prétendant de Alizéta ?
    Amicalement

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    • Le 10 janvier 2013 à 11:43, par Tapsoba
      En réponse à : Fait divers : Mariage à contre-cœur

      Et puis tradition pour tradition,est-ce le future mari imposé à la fille par ses parents est-il informé de cette grossesse qui ne lui appartient certainement pas ? Leur tradition autorise -t-elle la tricherie ? Comme vous l avez soulignez,la fille s est compromise ,nonobstant le mariage forcé,avec cette grossesse dont on ne sait même pas si l auteur assumera.Il aurait fallu cherché à résoudre cet écheveau avant toute autre chose.

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  • Le 10 janvier 2013 à 10:47, par Grcais
    En réponse à : Fait divers : Mariage à contre-cœur

    La demoiselle est sérieusement entre le marteau et l’enclume. Et c’est ici l’action sociale doit intervenir pour l’année scolaire de la pauvre Alizèta, mais aussi son avenir en dépend car si elle est laissée à elle même elle ne pourra pas tenir tête aux parents pendant longtemps qui ne manqueront de moyens pour l’obliger à se plier à leur volonté machiavélique.

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  • Le 10 janvier 2013 à 11:43, par Citoyen
    En réponse à : Fait divers : Mariage à contre-cœur

    La relation des faits contient quelques incohérences. L’économe nous dit que la famille avant même d’aller rendre visite aux parents avait déjà préparé un coup qui consiste à rejoindre son "engrosseur" sans que son tuteur n’en soit culpabilisé. Plus loin il nous dit que c’est parce que la famille voulait la donner en mariage "forcé" qu’elle s’est enfuie.

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    • Le 10 janvier 2013 à 23:19, par kaka
      En réponse à : Fait divers : Mariage à contre-cœur

      Lisez attentivement. Les parents voulaient profiter de sa présence au village et de l’infraction commise (la grossesse) pour la marier. C’est ce qui a précipité sa fuite du village au domicile de son amant.

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  • Le 10 janvier 2013 à 11:45, par Ibrahimo
    En réponse à : Fait divers : Mariage à contre-cœur

    Dépassionnons le débats. Une élève qui pique une grossesse dans ce 21ème siècle et qui de surcroit abandonne les cours pour aller rejoindre son amant déjà marié, n’a plus ses idées à l’école. Son option est claire, elle veut un foyer au détriment de ses études. Le problème de mariage forcé ne saurait être mis en avance pour éluder le désir de celle-ci, primo pour le foyer et secondo de ne plus continuer ses études. La logique aurait voulait qu’elle s’enfuit non pas pour aller chez son homme mais vers une tierce personne pour une aide quelconque si réellement ses études étaient sa priorité.

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  • Le 10 janvier 2013 à 13:32, par Billy
    En réponse à : Fait divers : Mariage à contre-cœur

    j’espere que c’est pas l’econome qui est l’auteur de la grossesse ???!!!

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  • Le 10 janvier 2013 à 14:22, par avocat defenseur des femmes
    En réponse à : Fait divers : Mariage à contre-cœur

    et vs la cherchons solution a ce problem plutot que d amener des idees nonsense,notre soeur a besoin d aide,l econome ne fait que l aider.liza ecoute ton Coeur,si ton amant est pret pr te prendre coe seconde,vas y et continue tes etudes.quand a tes parents ils finiront par t accepter tot ou tard.on est au xxI eme siècle,laissons ces pratiques de tradition de mariage forcer.pourquoi accuser la maman ?vieux pere si tu veux laisser ta femme partir pr faire plaisir a tes futurs beaux parents fais le.soit forte continue tes etudes et tu feras,tu t occuperas de ta maman un beau jr.

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  • Le 10 janvier 2013 à 15:28, par changeons
    En réponse à : Fait divers : Mariage à contre-cœur

    Bonjour. Monsieur l’économe, dans ces genres de situation, il fallait chercher toutes les informations nécessaires avant de juger. beaucoup d’éléments manquent pour mieux apporter du soutien à la fille. Dans la société moaga, quand une fille, même promise "pique" une grossesse, la première réaction des parents, c’est de lui dire de quitter la maison familiale et de rejoindre l’auteur. on ne la force jamais à se marier avec un "non-auteur". Ce dernier ne sera même pas d’accord surtout de nos jours. SIDA et autres IST obligent. Maintenant, que dit l’auteur de la grossesse ? Où se trouve actuellement la faille ?

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    • Le 10 janvier 2013 à 21:44, par kaka
      En réponse à : Fait divers : Mariage à contre-cœur

      Bonjour Monsieur. Des dernières informations que j’ai reçues, le tuteur de la fille, son oncle paternel a refusé que la fille reste chez l’auteur de la grossesse sinon ce sera des foutaises. Elle est actuelement chez un proche parent et continue d’aller à l’école. Le proviseur est informé et a promis de prendre les mesures idoines pour l’accompagner dans ses études.

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  • Le 10 janvier 2013 à 15:46
    En réponse à : Fait divers : Mariage à contre-cœur

    Mais Mr KABORE où est le mariage forcé dans votre "lettre" ? La file a rejoint son amant pour sauver et son honneur et celui de sa famille. N’allez pas chercher des poux sur un crane tondu (rasé).

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    • Le 10 janvier 2013 à 17:51, par KFES
      En réponse à : Fait divers : Mariage à contre-cœur

      Bravo a 7 mere ki,malgré la circonstce prvu a tnu scolarisé sa fill.Mè halas,7 derniere a coupé ss etuds.Ell napa psé o effort d sa mere,encor m01 d sa propr reussite.Ell norai pa du prndr la grossess,mè pluto mené comba cœ cl8 d sa mere pr amené ls parnt a chngé d position.

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    • Le 10 janvier 2013 à 23:34, par kaka
      En réponse à : Fait divers : Mariage à contre-cœur

      Si les parents assomment la maman de faire revenir la fille c’est pour lui donner en mariage. La belle famille a même flatté la fille que son futur mari serait un de leur fils étudiant à l’université de Ouagadougou.

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      • Le 11 janvier 2013 à 08:35, par Paulin
        En réponse à : Fait divers : Mariage à contre-cœur

        Merci Mr Kabore d’avoir relate cette histoire, qui est malheureusement assez courante au Burkina. J’apprecie particulierement votre engagement : le fait meme de prendre le temps de relater ces faits est deja signe d’un grant engagement.... Bonne suite !
        Pour Alizeta, je crois qu’elle meme a besoin de conseils et d’appui pour ne pas que la grossesse devienne le frein de ses etudes. Deja, on peut dire que la derniere reaction du tuteur (reprendre Alizeta) est bonne. Ce serait bien de voir l’Action sociale afin q’un specialiste assiste alizeta et lui prodigue des conseils. Et je suis sur que vous (Mr Kabore) pourrez aussi faire quelque chose en termes de conseils afin que les etudes de la petite ne soient interrompues. Merci

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      • Le 11 janvier 2013 à 10:57, par koko
        En réponse à : Fait divers : Mariage à contre-cœur

        Y a quoi ? tu veux toi aussi ou quoi ?

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      • Le 11 janvier 2013 à 11:06, par Zomi
        En réponse à : Fait divers : Mariage à contre-cœur

        Les gars arretez de raconter des conneries.
        Mr Kabore, je tiens à vous féliciter pour le courrier envoyé. Cela témoigne énormément de l’intérêt porté pour cet élève qui a des difficultés.
        A mon humble avis, il serait aussi interessant de vous approcher de l’action sociale ou d’une communauté religieuse pour leur expliquer. Elles pourront vous donner des conseils.
        Fuir le mariage forcé de ses parents c’est normal. Rejoindre un homme déjà marié est compréhensif. Mais etre une seconde épouse peut nuire à ses études. A cela je comprends les internautes qui trouvent cette seconde solution floue.
        Bref il est fondamental que la fille termine sa 4 eme et fasse le bepc sereinement. Il faut éviter qu’elle se précipite pour rejoindre l’homme qu’elle aime (qui est déjà marié).

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