Burkina Faso : Une grève pour protester contre la violence sur les campus

mercredi 28 novembre 2012 à 01h41min

Le Syndicat national des enseignants chercheurs (Synadec) décrète une grève de 72 heures –à compter de ce mercredi 28 novembre 2012. Opposé à l’assouplissement des sanctions qui frappent 16 étudiants de l’Université de Koudougou accusés d’avoir agressé un enseignant, le Synadec veut aussi protester contre la violence dans les universités.

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 Burkina Faso : Une grève pour protester contre la violence sur les campus

Ce débrayage est un acte pour montrer la résolution du syndicat à combattre l’usage de la violence sur les campus et protester contre la « légèreté » avec laquelle certaines personnes voudraient rendre « nuls et non avenus des textes qui ont valeur de loi », a indiqué Jean-Claude Naba, le secrétaire général du Synadec, lors d’une conférence de presse à Ouagadougou. « Des étudiants, qui s’en prennent à un enseignant, et le débat tourne subitement autour de la pertinence des sanctions qu’on a prises au vu d’un tel acte. Il aurait mieux valu prendre des mesures pour éviter que de telles situations se créent. Maintenant qu’elles sont prises, il est question pour certaines personnes de revenir sur ces sanctions, donc sur des textes qui ont valeur de loi », note l’enseignant.

Une quinzaine d’étudiants ont écopé de sanctions allant de l’annulation des sessions de l’année 2011 – 2012 à l’exclusion définitive de tous les établissements d’enseignement supérieur publics et privés du Burkina Faso. Il leur est reproché d’avoir violenté un enseignant, mais aussi certains de leurs camarades. Les étudiants concernés ont toujours réfuté ces accusations. L’Union générale des étudiants du Burkina, elle, avait observé une grève d’avertissement en octobre dernier pour réclamer la levée de ces sanctions. Un Conseil de la formation et de la vie universitaire avait recommandé l’allègement des sanctions, « dans un souci d’apaisement. » Un rétropédalage qui n’emballe pas le Synadec.

Le syndicat argue en effet que si sa lutte n’aboutit pas, « c’est l’enseignement de façon générale au Burkina qui est condamné à disparaitre ». Et d’expliquer : « le constat est fait que des enseignants sont régulièrement agressés. Des étudiants sont aussi agressés par d’autres étudiants. Dans le cas de Koudougou, il y a eu des étudiants qui ont été gravement agressés au point de se retrouver à l’hôpital en réanimation. » Ce que veut le Synadec, ce sont des mesures globales contre la violence. Car « même si le débat [sur la violence scolaire, Ndlr] est mené, il l’est de façon timide. Ce qu’il faut, c’est prendre le taureau par les cornes », estime t-il.

La « tendance à renvoyer tout le monde dos-à-dos » agace en outre Jean Claude Naba : « vous entendrez les gens dire que c’est parce que dans les familles l’éducation a échoué que l’on voit des gens qui se comportent sur le campus comme ils se seraient comportés à la maison. Ce n’est pas vrai. Je donne ma tête à couper que ceux qui on agressé l’enseignant [à l’université de Koudougou, Ndlr] n’auraient jamais agressé ni leur père, ni leur mère, ni leur oncle à la maison ».

Cette grève intervient alors que le gouvernement a décidé de mettre le monde scolaire en congés, du 27 novembre au 2 décembre. Le communiqué, lu sur les antennes de la télévision nationale, précise que c’est pour permettre à la Commission nationale électorale indépendante d’installer son matériel électoral et de former les agents des bureaux de vote dans la perspectives des élections couplées –municipales et législatives- du 2 décembre prochain. De nombreuses écoles étant retenues comme bureaux de vote.

Desire T Sawadogo

Fasozine

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Vos commentaires

  • Le 28 novembre 2012 à 08:55, par bendatoega
    En réponse à : Burkina Faso : Une grève pour protester contre la violence sur les campus

    Dura lex sed lex ! Vous avez décidé de sanctionner, alors tenez parole car le recul sera une force pour les agressions à venir

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  • Le 28 novembre 2012 à 10:20, par NELSON
    En réponse à : Burkina Faso : Une grève pour protester contre la violence sur les campus

    le décret condamnant les étudiants est liberticide parce contraire aux déclarations de Kampala et de Dares salam sur les franchises universitaires que notre pays a signé. Dura lex sed lex dit bendatoega. Donc il faut revoir décret dans son ensemble. Enseignant et étudiants gagneraient à se battre pour la résolution des problèmes qui minent leur institution que de se laisser manipuler par les autorités universitaires qui du même coup se frottent les mains. le SYNADEC manque complètement de vision est c’est dommage.

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  • Le 28 novembre 2012 à 10:53
    En réponse à : Burkina Faso : Une grève pour protester contre la violence sur les campus

    Tenez bon ! seule la lutte paie. et il est vrai que les étudiants doivent comprendre que personne ne leur a donné le droit de contraindre les autres à grever. la grève est libre et on est libre ou pas d’aller en grève. mais certains se croient investis de pleins pouvoirs à agir contre les autres étudiants comme s’ils étaient venus en convoi au campus ! à trop se taire, voilà que cette violence s’invite maintenant chez les profs. Bientôt c’est les parents qui y passeront si on ne prend garde. Nos enfants on doit les éduquer et non les emboucher. A bon entendeur !!!

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  • Le 28 novembre 2012 à 13:20
    En réponse à : Burkina Faso : Une grève pour protester contre la violence sur les campus

    Une grève alors que tous les établissements du territoire sont fermés pour cause d’élection ...

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  • Le 28 novembre 2012 à 13:56, par Wendmi
    En réponse à : Burkina Faso : Une grève pour protester contre la violence sur les campus

    Faites ce que vous voulez et laissez mon trône tranquille.les responsables eux -mêmes ne respectent pas les textes et les lois, comment voulez vous que les descendant le fassent, tel père tel fils.incivisme comme mode de vie au pays des hommes intègres qui était vu autrement comme pays donc le peuple incarnait les valeurs : moral, la sagesse, sincérité, courage, et la volonté se réduise de nos jours à des fenéants et des... et si ça change attendons nous au pire.Dommage mes chers Enseignants mais bon courage

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  • Le 28 novembre 2012 à 14:16, par Lignorant
    En réponse à : Burkina Faso : Une grève pour protester contre la violence sur les campus

    Je slt l’engagement des internautes à s’exprimer sellons leur bon sens. Je leur demande de méditer sur le sujet qui fait actualité sur les campus. Les notes "sexuellement transmissibles" Avez vous pensé au sort qu"on reserverra à cette personnalité de haut rang si elle venait à être épinglée ? Pensez à l’inventeur de la guillotine !!!

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  • Le 28 novembre 2012 à 14:30, par la verité
    En réponse à : Burkina Faso : Une grève pour protester contre la violence sur les campus

    vous aussi soyez responsable dans les emphis.car un enseigant qui passe son temps a faire la cour a ses elèves et il distribut des points cadeau.les autres elèves ne vont pas vous respecter

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  • Le 28 novembre 2012 à 15:59, par JUS
    En réponse à : Burkina Faso : Une grève pour protester contre la violence sur les campus

    A V I S : une décision administrative n’est pas comme une décision de Justice. Par conséquent, elle peut toujours être retirée par la personne, auteur de la décision ou par son supérieur hiérarchique : ce n’est pas de la violation de la loi.
    je sais que Mr NABA (SYNADEC) le sait très bien.

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  • Le 29 novembre 2012 à 11:00, par Béonéré
    En réponse à : Burkina Faso : Une grève pour protester contre la violence sur les campus

    Au lieu d’aller en grève pour revendiquer le maintient d’une loi. Je vous conseille de faire des propositions concrètes en tant qu’intellectuelles de ce pays pour résoudre les causes profondes du malaise des universités au Burkina. Avec tout ce que vous avez à l’université : nombre pléthorique d’étudiants dans les amphis, les soutenances qui tardent (conduisant souvent à des abandons de cursus)..... Ne pensez vous pas que cela joue négativement sur la psychologie des étudiants et peuvent conduire à des frustrations ? voir comportement à risque devant le désespoir ?
    Je vous exhorte à réfléchir au lieu d’avoir des réactions primitives.....

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