La saison sèche vient de s’installer, nos mauvaises habitudes ont commencé. Feu de brousse par-ci, coupe abusive des bois par là, braconnage, et autres.
En rappel, de vastes programmes de plantations d’arbres ont été lancés par les autorités pendant la période hivernale. Ils ont été suivis par des associations, la société civile, les militaires, les autorités coutumières et religieuses,… dans le but de sauver l’environnement. C’est triste de constater en cette période de saison sèche que des millions de plants qui ont été mis en terre sont laissés à eux-mêmes dans la nature sans aucun suivi, sans aucune protection. De même, ceux qui ont pu dresser leur tronc sont à la merci de la population et des animaux. A-t-on planté utile ? Y a-t-il des actions concrètes pendant la saison sèche au Burkina pour faire face aux défis environnementaux ?
L’attitude qui consiste à planter aujourd’hui et à brûler demain doit nous interpeller tous ! Elle est loin de nous conduire vers l’objectif du millénaire qui prône un développement durable. A qui la faute ? On serait tenté de croire que résoudre le problème de l’environnement au Burkina se réduirait aux discours politiques ! Cependant, il ne manque pas d’actions salutaires au Faso menées par les autorités et les ONG allant dans le sens de protection de l’environnement. Comme on le dit couramment, « c’est bon, mais c’est pas arrivé ».
On gagnerait encore mieux à poursuivre ces actions, c’est-à-dire, en impliquant toujours toutes les couches sociales, à commencer par les paysans et non l’administration qui, dans certaines mesures s’inscrirait dans une logique de transfert de compétences et de technologies. Ainsi, sans une formation, sans une connaissance et une bonne stratégie, il serait difficile pour eux d’évaluer les dégâts causés à la nature. Cela nécessite un travail de changement de mentalités afin que les paysans prennent conscience de la protection de leur environnement car c’est à eux d’abord qu’appartient cet environnement.
La pauvreté en milieu rural peut-elle justifier certains comportements vis-à-vis de l’environnement ? Ceux qui restent au village pendant la saison sèche, par manque d’activités, de facilités ou encore par mauvaise foi, s’adonnent à la coupe des bois, surtout dans les zones où la maitrise de l’eau est difficile.
Pour une protection de l’environnement, l’accès à l’eau pendant la saison sèche devrait être au premier plan du renforcement du développement rural. Pourquoi ne pas penser à mettre en place une bonne « politique de deuxième saison » pour occuper les paysans pendant la saison sèche afin de les détourner de certaines mauvaises pratiques qui pourraient nuire à l’environnement ? L’eau est vitale non seulement pour la consommation mais également pour cultiver la terre. Suivant cette conviction, ne devrions nous pas nous approprier de cette pensée qui dit : « prenez soin des gens et la population s’occupera d’elle-même » ?
Moumouni NIAMBA
L’Express du Faso


