Il faut le dire - Crises dans les universités publiques du Burkina : une gestion peu académique

jeudi 15 novembre 2012 à 01h50min

La crise dans les universités publiques du pays s’est cristallisée ces derniers temps autour de la reprise ou non des étudiants exclus de l’Université de Koudougou pour des faits de violences notamment sur un enseignant. Cette situation assez exceptionnelle vient rappeler que le monde universitaire d’ici n’est pas à l’abri de contestations souvent violentes de l’autorité de l’enseignant par les étudiants, et même souvent par leurs parents. Face à la récurrence de l’argument de la force dans les temples du savoir, les autorités universitaires n’ont pas toujours pratiqué la fermeté qu’elles proclament à longueur de conférence de presse. Chose pourtant nécessaire pour ramener les étudiants indélicats dans les rangs.

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Il faut le dire - Crises dans les universités publiques du Burkina : une gestion peu académique

A Koudougou, les étudiants ont beau jeu de réclamer l’annulation des sanctions prises à l’encontre de leurs camarades activistes. Le contre exemple de Bobo-Dioulasso est là pour témoigner à l’endroit de tous les fauteurs de troubles, qu’il est toujours possible de se tirer d’affaire après s’être conduit en bandits sur les campus. Pour une décision réputée irrévocable du conseil de vie universitaire, trois étudiants de l’Université polytechnique de Bobo-Dioulasso exclus en fin 2009 s’en sont tirés finalement à bon compte après avoir été repris.

Quel message les autorités universitaires ont-elles voulu envoyer à ceux- là qui s’autorisent à faire arrêter les cours, y compris par la contrainte, pour faire aboutir leur plateforme revendicative ? Qu’on peut, sans risquer gros, bloquer les bus de transport des étudiants, bander les muscles devant ses camarades dans l’amphithéâtre, menacer l’enseignant, vider la salle des cours ? Dans le cas précis de l’UPB, les décisions du conseil sont devenues subitement révocables sans qu’on n’y comprenne grand-chose, pour permettre aux étudiants visés par les sanctions de reprendre les cours.

Cela a permis de mettre fin aux grèves qui avaient lieu par pure coïncidence, peut être, lors des visites du chef de l’Etat à Bobo-Dioulasso en janvier 2010, pour l’inauguration du port sec et en mars de la même année, pour le lancement officiel des préparatifs du cinquantenaire de l’indépendance du Burkina Faso. Le problème n’est pas résolu pour autant. Il s’est posé même avec plus d’acuité, cette fois à l’Université de Koudougou où huit étudiants ont été exclus pour 5 ans, et six autres définitivement, non seulement de l’Université de Koudougou, mais aussi des établissements d’enseignement privé et public du Burkina, non pas pour des faits de grève, mais plutôt pour des manquements graves à la discipline et aux franchises universitaires. L’option de la fermeté dans la situation de l’UPB aurait-elle permis d’éviter le remake ?

Rien n’est moins sûr. Mais à Koudougou, l’écheveau semble particulièrement difficile à démêler avec l’entrée en jeu du Syndicat national autonome des enseignants chercheurs du Burkina Faso (SYNADEC/ BF). En mettant en garde « contre les tergiversations et les accommodements aux règles universitaires », le syndicat anticipe un éventuel dénouement à la bobolaise, c’est-à-dire, l’annulation pure et simple des sanctions au risque de courir le risque d’ouvrir un autre front. Dans ces cas de figure, il faut le dire, il aurait été mieux indiqué pour les autorités universitaires d’assumer l’impopularité de la fermeté, au lieu de céder à la facilité du rétropédalage.

N’est-il pas légitime de prendre le parti de la sévérité face à ces groupes d’étudiants, qui ont tendance à décider de tout sur les campus, à imposer de nouveaux horaires de bus, à annuler ou à reporter unilatéralement des évaluations en violation des règles établies pour des motifs qui ne concernent en définitive que les desiderata de quelques individus ? En attendant, il faudra trouver la potion magique à la crise qui secoue l’Université de Koudougou et qui puisse servir à prévenir d’autres crises dans les autres universités publiques du pays.

Mahamadi TIEGNA

Sidwaya

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Vos commentaires

  • Le 15 novembre 2012 à 07:42, par farafina
    En réponse à : Il faut le dire - Crises dans les universités publiques du Burkina : une gestion peu académique

    Le problème c’est de fixer les regles et de sanctionnr tous ceux qui ne respectent pas ces règles.mais il est hors question de penser qu’a chaque fois qu’un cas de mouvement comportement arrive on invente des sanctions pour infliger aux faussaires . Les sanctions infligèes aux etudiants sont disproportionnèes et immorales.

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  • Le 15 novembre 2012 à 07:43, par farafina
    En réponse à : Il faut le dire - Crises dans les universités publiques du Burkina : une gestion peu académique

    Le problème c’est de fixer les regles et de sanctionnr tous ceux qui ne respectent pas ces règles.mais il est hors question de penser qu’a chaque fois qu’un cas de mouvement comportement arrive on invente des sanctions pour infliger aux faussaires . Les sanctions infligèes aux etudiants sont disproportionnèes et immorales.

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  • Le 15 novembre 2012 à 08:13, par Soyonsserieux
    En réponse à : Il faut le dire - Crises dans les universités publiques du Burkina : une gestion peu académique

    Désolé Mr le journaliste. C’est comme ça que toutes les vraies luttes se passent dans le monde. Déjà rappelez-vous que les bus à l’upb, horraires et tarrifs avantageux sont le fruit de la lutte de ces mêmes étudiants « indiciplinés » et non celui de l’indifférence des étudiants « sages ». Exemple récent : les mineurs d’Afrique du Sud. Ils ont du violenter les briseurs de grève et certains en sont morts ; puis à leur tour ils ont été tués par dizaines comme du gibier par la police. Vous savez le resultat de cette lutte « féroce et sauvage » ? 20% d’augmentation de salaire. Surtout ne me dites pas que les patrons auraient fait une augmentation paceque les mineurs sont « sages ». C’est toujours une minorité agissante qui change le cours des choses dans le monde. Vous n’y changerez rien. Vous avez oublié de dire que le synter un autre syndicat des enseignants, plus ancien que le synadec soutient les étudiants.

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    • Le 15 novembre 2012 à 10:24, par tampès
      En réponse à : Il faut le dire - Crises dans les universités publiques du Burkina : une gestion peu académique

      Soyonsserieux soit sérieux un peu. Le Synter dont tu parles ou le F-synther section université pour être précis ne se résume qu’à quelques individus. il ne peuvent même pas mobiliser une mouche au campus. Ce syndicat est à l’image de Sanou Alain incapable de discernement. A-t-il consulté le F-synter section secondaire pour avoir son point de vue. Aucun enseignant conscient ne peut soutenir que des étudiants brutalisent son collègue. Sanou est d’un autre siècle et peut-être qu’il a d’autres intérêts avec les étudiants.

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  • Le 15 novembre 2012 à 09:57, par tampès
    En réponse à : Il faut le dire - Crises dans les universités publiques du Burkina : une gestion peu académique

    Je partage entièrement ton point de vue. Au nom de la recherche d’une prétendue paix, l’autorité laisse certaines personnes se comporter en véritables bandits sur les campus. Rares sont les revendications objectives de ces étudiants. Tout le monde connait le problème fondamental de l’enseignement supérieur au Burkina. C’est le manque d’infrastructures et de personnel. Revendiquez des amphi et des enseignants. Revendiquez qu’on normalise les universités en construction. Au lieu de vous en prendre à ceux qui essayent de trouver des palliatifs. Le problème est là bas. Sinon pour éviter toute cette cacophonie, qu’on ferme et qu’on réhabilite et étende les infrastructures et partir sur des bases saines. Sinon le cahot n’est pas loin. Et ça ne saurait tarder à ce rythme.

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    • Le 15 novembre 2012 à 11:46, par ella
      En réponse à : Il faut le dire - Crises dans les universités publiques du Burkina : une gestion peu académique

      Le problème est surtout un ras le bol des étudiants. Certes un enseignant a (aurait ?) été molesté. Mais et les étudiants qui ont été battus ou violentés ??? On laisse passer ? Vous connaissez les situation d’étude des étudiants ? des retards dans le déroulement de l’année dans les programmes, dans les examens. pas assez de salle, pas assez d’enseignants. des mesures arbitraires. arrêtez de jeter le pierre sur ceux qui essaient de s’en sortir.

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    • Le 15 novembre 2012 à 16:10, par synetik
      En réponse à : Il faut le dire - Crises dans les universités publiques du Burkina : une gestion peu académique

      Mon frère est-ce que tu as déjà fait la queue pour avoir quoi que ce soit (dépôt de dossier, restaurant universitaire) ? En fait quand tu es dans le rang sous le soleil ardent, tu as la tension qui monte d’un cran ! Tu as les nerfs à vifs ! C’est pour ça que tu peux apercevoir des gens dans la queue se disputer, voire se donner des coups comme s’ils ne raisonnaient plus. A ce moment-là, ils ne se disent pas que c’est parce que les infrastructures ne suffisent pas pour qu’ils ne fassent plus de queue. Ils se disent pas non plus que ce sont des gens qui ont créé cette situation (par manque de volonté ou par négligence) et qu’ils doivent aller s’en prendre à eux. C’est très simpliste d’affirmer que le problème se trouve au niveau du manque d’infrastructures et de personnel. Les effets de ce manque sur les acteurs sont si exacerbants que la suite "logique" est ce à quoi nous assistons aujourd’hui.
      Aussi par rapport au fait qu’on veuille reprendre les étudiants expulsés, c’est que nous sommes en Afrique et qu’on le veuille ou pas, nous sommes tous animés par notre tradition qui cherche toujours à négocier, même lorsqu’il y a déjà la sanction. Même après avoir dit qu’il ne donnera plus rien à son enfant, le père finit toujours par lui donner quelque chose.

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  • Le 15 novembre 2012 à 12:42
    En réponse à : Il faut le dire - Crises dans les universités publiques du Burkina : une gestion peu académique

    je pleur beaucoup les carences intelectuellees de certains internautes qui se disents intelectuels de ce pays ! Refusez vous de voire oubien vous etes aveugles ? ou encore etes vous du camps des vampirs du peuple ? Ne savez vous pas jusque la que l’affaire de koudougou est une histoire montee de toute piece pour casser l’elan de lutte des etudiants ? Comme les etudiants n’ont les mediats avec eux, ni de moyens de moyens pour corrompre les corrompus, ils vont compter sur le soutient des citoyens honnets en attendant que l’histoire face son jugement.

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  • Le 15 novembre 2012 à 15:17, par djiblood
    En réponse à : Il faut le dire - Crises dans les universités publiques du Burkina : une gestion peu académique

    S’il vous plait messieurs nos gouvernants, reveillez vous et pensez construction de ce pays au lieu de continuer a causer tant d’impunites.
    On dirait qu’on est gouvervne par des extra-terrestres. Les fonds que vous detournez, les foutaises que vous faites a ce pays, sachez qu’un jour, directement ou indirectement, vous allez le regretter.
    Et pour ne rien arranger, on ne voie rien de ce qu’on appelle aujourd’hui le boom minier ; le pillage continue.
    Depuis quand les etudiants luttent ils autour desmemes plateformes revendicatives ? Monsieur le MES, prenez vous le temps d’etudier cette plateforme au fond afin de prevoir quelque chose dans les budgets des annees suivantes ? Trouvez vous que ce que les etudiants demandent n’est pas logique ?
    Le/cadres de concertation sur les platefformes revendicatives doivent se reunir (dans le serieux) pour clarifier les points de vue, preciser ce qui est lojique dans les luttes et prendre des mesures idoines.
    Je vous en prie, utilisons le dialogue pour ellucider nos incromprehensions au lieu de voiloir tout temps regler a la meoniere du Mouton qui ne compte que sur la taille de ses cornes et la force de son coup.
    A tous les ’’laisses pour compte’’ preconisons le dialogue, respectons nous. Si nous sommes tous burkinabe, nous devons tous regarder dans le mem sens que de regarder ce que chacun de nous fait.
    Excellence Monsieur le president, etes vous content de cette situation pendant que vous tendez vers 30 ans a la tete de cet Etat ? Votre part de reponsabilite est la plus elevee. cependant, il n’est pas tard ; nous sommes encore BURKINA

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  • Le 22 novembre 2012 à 15:40, par Lucky
    En réponse à : Il faut le dire - Crises dans les universités publiques du Burkina : une gestion peu académique

    Il faut parfois reconnaitre que les étudiants exagèrent...c’est vrai que les conditions d’études sont difficiles,cela ne justifie en rien certains comportements...Si nous ne voulons pas perdre la crédibilité de nos universités je pense que quand il ya lieu de sanctionner ;il faut le faire avec la plus grande fermeté..

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