Autant le dire… : « Tu connais quelqu’un à … pour mon problème ? »

vendredi 9 novembre 2012 à 00h00min

Dans un bistrot à Bobo, deux amis discutent de tout et de rien. Comme il est d’habitude dans ce genre de cabarets. Soudain, l’un d’eux demande à l’autre « tu connais quelqu’un à la Sonabel ? ». « C’est pour quoi… ? » Questionne l’autre. « Je voulais qu’on vienne fixer un compteur cash power chez moi, dans ma nouvelle cour ». Et l’autre de lui répondre qu’il connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un là-bas. « Mais il ne travaille pas dans la section pose de compteurs », lui explique-t-il. « Ce n’est donc pas la peine, parce qu’il ne pourra pas trouver la solution de mon problème ».

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Puis un troisième client, assis sur une autre table s’invite dans le débat et dit : « c’est toujours mieux de connaître quelqu’un dans ces sociétés-là si tu veux être servi rapidement et bien. Sinon, tu peux passer un mois, voire trois ou quatre à attendre un compteur électrique alors qu’il y en a en pagaille. Au cas contraire, il faut faire quelque chose ». Et c’est ce quelque chose qui a attiré notre attention. Un jeune garçon qui venait de quitter l’université a postulé à un test de recrutement d’agents informatiques dans une société de la place.

A la publication des résultats, il est déclaré admis. Tout l’entourage est surpris car pour ces camarades et bien d’autres, il fallait nécessairement connaître quelqu’un de haut placé dans la « boîte » en question pour être admis. Et pourtant. On peut bien multiplier les exemples de ce genre pour dire qu’on n’a pas besoin de connaître forcément quelqu’un pour postuler à un test de recrutement. Sans doute qu’il y a des cas où des gens placent leur connaissance. Mais, ce n’est pas toujours le cas.
Revenons aux sociétés de service public pour dire que faut-il que les clients fassent quelque chose pour être servis rapidement dans des sociétés de service public, telles que l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA), la Société nationale burkinabè d’électricité (SONABEL) pour ne citer que celles-ci ?

Si cela devrait être le cas, il faut convenir que la responsabilité est bien partagée. Dans leurs attributions premières, et les agents qui y travaillent le savent très bien, le client ne doit absolument rien débourser, de quelque nature que ce soit, pour être servi dans un service public. Si cela devrait être le cas actuellement, c’est que quelque part, quelqu’un a fait quelque chose.

D’abord les clients. Ils sont très souvent les premiers à prêter le flan en offrant l’occasion à toute tentative de corruption. Car le fait de chercher nécessairement à voir quelqu’un qu’on connaît, suppose qu’à défaut, on est prêt à faire quelque chose pour être servi. C’est pourquoi, les usagers du service public que nous sommes, devrions comprendre que les travailleurs sont là pour nous et doivent nous servir sans contrepartie venant de nous. C’est ce que nous payons à l’entreprise qui sert à payer leurs salaires. C’est également ce que les travailleurs dans ces entreprises publiques doivent savoir. Et que demander une quelconque rétribution à un client est passible de sanction parce que participe de la corruption.

Aussi, nous devrions être vigilants et dénoncer toute tentative de nous faire payer un service que devrait être rendu gratuitement. C’est ainsi que nous contribuerons à lutter contre la corruption et en même temps, améliorerons la qualité du service. Dans le sens contraire, les agents doivent savoir faire comprendre à des clients qui tenteront de les corrompre que le service est gratuit. Et que tenter de les corrompre pour être mieux servis est une infraction en même temps discrédite et les agents dans leur ensemble, et le service d’une façon générale. C’est vraiment l’idéal.

Dabaoué Audrianne KANI

L’Express du Faso

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Vos commentaires

  • Le 9 novembre 2012 à 10:32, par burkindi
    En réponse à : Autant le dire… : « Tu connais quelqu’un à … pour mon problème ? »

    Vraiment, je pense que c’est le manque de sensibilisation, avec une population qui se cherchent, qui font qu’on ne pourra pas éradiquer ces maux de nos sociétés !

    Prenez le cas de la manif d’hier à Yagma ! Vous êtes mécontents de l’attribution des parcelles ! C’est la mairie qui s’occupe de cela ! Au lieu d’aller pacifiquement manifester à la mairie et échanger avec l’équipe communale, vous bloquez la voie (comme si elle vous appartient, immobilisant ainsi des affaires) et pire, vous incendiez un véhicule des CRS (même blessez un). Et si demain un de vous subit un désagrément par des bandits ou voleurs, et que ce sont les CRS qui doivent intervenir, comment voulez-vous qu’ils se déplacent ? Déjà on se plaint du manque de moyens roulants, et le peu qu’on a et qui été a acheté avec nos contributions des impôts, on le détruit ! Vraiment pauvre du Faso, pauvre de l’Afrique !

    Nous sommes à des années lumières de l’occident ! Ici il faut une révolution, pour mater ! Nous nous faisons nous mêmes du mal !

    Mais moi j’attribue toutes ces conséquences à la mauvaise gouvernance ! C’est leur comportement qui a engendré un ras-le-bol dans la population. Des gens ont pillé des deniers publics et circulent sans crainte. Guiro a 2 milliards, on le libère provisoirement pour raison d santé, et il se présente aux élections (pour être député et ne plus être poursuivi par la justice) !

    Ainsi va le Burkina ! Pas d’avenir

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  • Le 9 novembre 2012 à 10:34, par Vagabond
    En réponse à : Autant le dire… : « Tu connais quelqu’un à … pour mon problème ? »

    C’est de l’emergence ! émergeons !

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  • Le 9 novembre 2012 à 10:53
    En réponse à : Autant le dire… : « Tu connais quelqu’un à … pour mon problème ? »

    Merci pour cet article. Arrêtons de chercher à connaître quelqu’un pour nos besoins. Pourquoi prendre son salaire pour assurer un second salaire à d’autres.

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  • Le 9 novembre 2012 à 11:41, par Patricia
    En réponse à : Autant le dire… : « Tu connais quelqu’un à … pour mon problème ? »

    A ce jeu les gens qui ont la charge d’identifier les parcelles parcelles sur le terrain et de donner une copie du plan sont les plus pourris du Burkina. Ils te prennent de l’argent (minimum 5000) pour soit disant mettre de l’essence et autre ; ils viennent et te montre la parcelle sur le terrain sans aucune carte en main. Puis, tu dois encore les corrompre pour avoir ta copie. Il te diront, la machine est en panne à la rencontre qui suit et vous aurez un autre rendez-vous qui ne s’obtient qu’en donnant quelque. Quand ils sentent que les gens sont vraiment dans le besoin ils multiplient les problèmes.

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  • Le 9 novembre 2012 à 11:46, par NIRSIZA
    En réponse à : Autant le dire… : « Tu connais quelqu’un à … pour mon problème ? »

    Pour étayer vos déclarations, je vous cite les dispositions du code pénal burkinabè qui répriment la concussion, la corruption et le trafic d’influence :
    Pour la concussion, article 155 :" Tout fonctionnaire, tout officier public, tout militaire, leurs commis ou préposés, tout percepteurs des droits, taxes, contributions, deniers, revenus publics ou communaux et leurs commis ou préposés qui se rendent coupables de concussion en ordonnant ou en exigeant ou en recevant ce qu’ils savaient n’être pas dû ou excéder ce qui était dû pour droits et taxes, contributions, deniers ou revenus, ou pour salaires et traitements sont punis :
    - d’un emprisonnement de deux à cinq ans et d’une amende de 600 000 à 1 500 000 francs si le montant est inférieur ou égal à 500 000 francs ;
    - d’un emprisonnement de cinq à dix ans et d’une amende de 1 000 000 à 5 000 000 de francs si le montant est supérieur à 500 000 francs.

    Pour la corruption et le trafic d’influence, article 156 :" Est puni d’un emprisonnement de deux à cinq ans et d’une amende double de la valeur des promesses agréées ou des choses reçues ou demandées, sans que ladite amende soit inférieure à 600 000 francs, tout fonctionnaire de l’ordre administratif ou judiciaire, tout militaire ou assimilé, tout agent ou préposé de l’Administration, toute personne investie d’un mandat électif qui agrée des offres ou promesses, qui reçoit des dons ou présents, pour faire un acte de ses fonctions ou de son emploi, même juste, mais non sujet à salaire.
    La présente disposition est applicable à tout fonctionnaire, tout militaire ou assimilé, tout agent ou préposé de la qualité ci-dessus exprimée, à toute personne investie d’un mandat électif, qui, par offres ou promesses agréées, dons ou présents reçus, s’abstient de faire un acte qui entre dans l’ordre de ses devoirs.

    Est puni des mêmes peines, tout arbitre ou expert nommé soit par la juridiction, soit par les parties qui agrée les offres ou promesses, reçoit des dons ou présents pour rendre une décision ou donner une opinion favorable à l’une des parties.

    Est puni des mêmes peines, tout médecin, chirurgien dentiste, sage-femme, maïeuticien ou tout autre agent de santé qui sollicite ou agrée des offres ou promesses, sollicite ou reçoit des dons pou présents pour certifier faussement ou dissimuler l’existence de maladies, d’infirmités ou d’un état de grossesse ou fournit des indications mensongères sur l’orogine d’une maladie ou infirmité ou la cause d’un décès.

    Est puni d’un emprisonnement de un à trois ans et d’une amende de 300 000 à 900 000 francs ou de l’une de ces deux peines seulement, tout commis, employé ou préposé, salarié ou rémunéré sous une forme quelconque, qui soit directement, soit par personne interposée à l’insu et sans le consentement de son patron, sollicite ou reçoit des dons, présents, commissions, acomptes pour faire un acte de son emploi ou s’abstenir de faire un acte que son devoir lui commande de faire.
    Si les offres, promesses, dons ou sollicitations tendant à l’accomplissement ou à l’abstention d’un acte, qui, bien qu’en dehors des attributions personelles de la personne corrompue, était ou aurait été facilité par sa fonction ou par le service qu’elle assurait, la peine est, dans le cas du premier alinéa, un emprisonnement de un à trois ans etd’une amende qui ne saurait excéder 600 000 francs."

    Article 157 : "Est puni d’un emprisonnement de un à cinq ans et d’une amende double de la valeur des promesses agréées ou des choses reçues ou demandées sans que ladite amende puisse être inférieure à 300 000 francs, toute personne qui sollicite ou agrée des offres ou des promesses, sollicite ou reçoit des dons ou présents pour faire obtenir ou tenter de faire obteneir des décorations, médailles, distinctions ou récompenses, des places, fonctions ou emplois ou des faveurs quelconques accordées par l’autorité publique, des marchés, entreprises ou autres bénéfices résultant de traités conclus avec l’autorité publique ou avec une administration placée sous contrôle de la puissance publique, ou de façon générale, une décision favorable d’une telle autorité ou administration et abuse ainsi d’une influence réelle ou supposée.
    Toutefois, lorsque le coupable est une des personnes visées à l’alinéa premier de l’article 156 et qu’il a abusé de l’influence réelle ou supposée que lui donne son mandat ou sa qualité, la peine d’emprisonnement est le maximum."

    Don, à bon entendeur....

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    • Le 9 novembre 2012 à 13:49, par Renvoyé Special.
      En réponse à : Autant le dire… : « Tu connais quelqu’un à … pour mon problème ? »

      NIRSIZA, laisse le Code Penal tranquille. Tu crois que les gens ne connaissent pas la loi ? Ce qui se passe au Faso ici est que les gens ne sont jamais punis a la hauteur des actes d’incivisme commis. Les autorites essaient toujoursd’arrondir les bords et de concilier les parties (si on peut le dire ainsi). A partir du moment ou chacun sait qu’il suffit de se mettre a plusieurs pour faire du chahut et etre certain d’etre entendus, pourquoi ne pas user de cette methode ? Ici au Burkina, on se copie sur tout ; tu ouvres un telecentre, tout le monde ouvre un telecentre. Tu ouvres un atelier de soudure, vends des cartes de recharge, des portables etc, tout le monde fait de meme. Quand on copie des choses positives, c’est bien car on contribue a developer le pays mais quand on copie des anneries... Alors, tant que les autorites n’auront pas de couilles pour faire cesser ces bizarreries, tout le monde va s’y adonner a coeur joie. On blesse nos pauvres policiers pour rien alors qu’ils sont la pour proteger les personnes et les biens (publics et prives) contre les actes de vandalisme. Si nos autorites continuent de faire profil bas sur tout esperant aller aux elections et les remporter, le pays va finir par bruler car ceux qui ont marre des casses vont commencer a s’organiser en comites d’auto-defense pour proteger leur patrie face a la demission des autorites en charge. La demission commence par rendre le tablier et laisser la place a ceux qui ont le courage de remettre de l’ordre dans la pays. Merde a la fin ; y a marre !!!

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    • Le 9 novembre 2012 à 14:04, par Makiindé
      En réponse à : Autant le dire… : « Tu connais quelqu’un à … pour mon problème ? »

      Mon cher nirsiza tu aurais gagné mieux à publier ton article de journal ailleurs mais pas ici. C’est tellement lassant de te lire. Il peut négocier une page d’un journal de la place avec ta rubrique "instruction sur le code pénal" lol. Bonne journée mr la pénaliste

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    • Le 9 novembre 2012 à 15:44
      En réponse à : Autant le dire… : « Tu connais quelqu’un à … pour mon problème ? »

      OUIIII....on a toutes les panoplies de textes au Burkina mais c’est pour la décoration sinon pour te donner un seul exemple que ce que tu dis n’a aucun sens comment se fait t’il que certaines compagnies de transport payent des centaines de millions par an pour se faire escorter par les FDS parceque l’Etat a démissionné de sa mission régalienne de la protection des biens et de la personne ?Nous ne payons pas déjà des taxes et des impôts pour notre sécurité ?Donc tu vois que le racket est bien organisé même au sommet de l’Etat et qui en pâtit ?La population puisque le transporteur rentrera toujours dans ses fonds en augmentant le prix du voyage convoyé.Conclusion,ce pays est un vaste champ ouvert de magouilles de deals de racket

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      • Le 9 novembre 2012 à 18:23, par Kaya woto
        En réponse à : Autant le dire… : « Tu connais quelqu’un à … pour mon problème ? »

        Nous sommes dans un pays où personne ne sentira si nous changeons pas mentalité.Allant dans le même registre quant j’ai lu l’article sur le braquage de TCV, c’est inconcevable d’apprendre que les escortes de la gendarmerie coutent une telle fortune.Le rôle regalien de l’Etat on s’en balance !ça aurait été une société privée on pourrait le comprendre !!!c’est triste de vivre en Afrique !Que Dieu nous protège seulement

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  • Le 10 novembre 2012 à 07:51, par FASOPANGA
    En réponse à : Autant le dire… : « Tu connais quelqu’un à … pour mon problème ? »

    Si on supprime ces deals des fonctionnaires ils vont mourir de faim. Les perdiem qu’ils ont à la fin du mois ne leur laissent pas le choix (surtout quand tu as femme et enfants). Attaqué le problème à la source (les salaires très bas) et vous aurez la solution ; prennez ce problème de manière superficiel et vous en créerez un autre !

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  • Le 10 novembre 2012 à 08:06, par wi
    En réponse à : Autant le dire… : « Tu connais quelqu’un à … pour mon problème ? »

    Mon père me disait d’avoir au moins 4 enfants un qui travaillera à la SONABEL un à l’ONEA un dans la SANTE et un CORPS habillé .c’est maintenant je réalise qu’il avait raison car au lieu de connaître quelqu’un labàs il faut y avoir son fils

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  • Le 10 novembre 2012 à 14:55, par Alexio
    En réponse à : Autant le dire… : « Tu connais quelqu’un à … pour mon problème ? »

    Favoritisme et pots de vins voila des cportements de la cite qui ne font compromettre le sens civique de l individu.ils nous faudra des decennies pourque cette gangrene sosiale soit moins venimeux avec l education de l intellectuelle a l illetre.Nos dirigeants ont du pain sur la planche.Cette culture a evolue depuis le temps ou les paysans etaient obliges de payes leurs impots par le troc.C est a diredonner une chevre ,un mouton equivalent la somme requise du fonctionaire communement appelle le commis de l Etat.

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  • Le 11 novembre 2012 à 12:57
    En réponse à : Autant le dire… : « Tu connais quelqu’un à … pour mon problème ? »

    M. le journaliste, vous sembler faire porter la responsabilité aux clients qui sont des corrupteurs. A mon avis le problème réside dans la gestion même de ces société. Les agents ne font pas leur boulot et rien ne se passe. Il faut mettre en place un système qui permet de mesurer les délais de traitement des dossiers et sanctionner les agents qui sont responsables des retards. Mais on constate que tt le monde dort, du directeur aux agents. Ils ne sont motiver à traiter avec diligence que quand ils reçoivent quelques billets. Il faut peut etre qu’on privatise ça ira mieux

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