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Justice : Le directeur de publication de l’Ouragan condamné à 12 mois de prison

Accueil > Actualités > Société • • lundi 29 octobre 2012 à 23h33min
 Justice : Le directeur de publication de l’Ouragan condamné à 12 mois de prison

Douze mois d’emprisonnement ferme, 4,5 millions de francs CFA d’amende, six mois de suspension du journal… Tel est le verdict prononcé ce lundi 29 octobre 2012 par le Tribunal de grande instance de Ouagadougou contre le directeur de publication de l’Ouragan, Issa Lohé Konaté, et Roland Ouédraogo, l’un de ses rédacteurs.

Comme un ouragan, le verdict du tribunal de grande instance de Ouagadougou s’est abattu sur le directeur de publication de l’hebdomadaire L’Ouragan, et sur l’un de ses journalistes, Roland Ouédraogo. Douze mois d’emprisonnement ferme et une amende de plus de quatre millions de francs CFA à payer au titre de dommages et intérêts par les deux hommes. Le journal est également interdit de parution pendant six mois. En outre, il devra faire publier dans les quotidiens L’Observateur Paalga et Le Pays, ainsi que dans le bimensuel l’Evénement, le verdict rendu par le tribunal. Le journal est aussi sommé de publier le verdict dès qu’il recommencera à paraître.

Il est reproché aux deux journalistes d’avoir tenu des propos mensongers et diffamatoires à l’endroit du procureur Placide Nikiéma, ainsi que des injures publiques et outrage à magistrat. Des faits que le directeur de publication de l’Ouragan a lui-même reconnu devant les juges à qui il a présenté ses excuses. « Je présente également mes excuses au procureur Placide Nikiéma ainsi qu’à toute sa famille », a indiqué Issa Lohé Konaté. Et d’expliquer que lorsqu’il rédigeait ses articles, il n’avait aucunement l’intention de nuire à qui que ce soit. Aussi, reconnaît-il avoir commis une faute professionnelle.

A la Une du numéro 257 du 1er août 2012, le journal L’Ouragan titrait : « Contrefaçon et trafic de faux billets de banque : Le procureur du Faso, 3 policiers et un cadre de banque, parrains des bandits. » Dans le même numéro, aux pages 8 et 9, était publié un autre article intitulé : « Le procureur du Faso : un torpilleur de la justice ? » On pouvait également lire à la Une du numéro suivant (258) du journal L’Ouragan : « Déni de justice, le procureur du Faso, un justicier voyou ? » Des articles dont les contenus, selon la partie civile, ont été orchestrés pour ternir l’image du procureur du Faso, Placide Nikiéma. « Cela ne constitue rien d’autre qu’un acharnement contre ma personne », se plaint M. Nikiéma, balayant du revers de la main les supplications d’Issa Lohé Konaté et de son confrère. « J’ai été traîné dans la boue inutilement. Cette demande de pardon, je ne la reconnais pas. Non, je ne l’accepte pas », a-t-il ajouté.

Pour sa part, Me Halidou Ouédraogo – ancien magistrat -, qui défendait le directeur de publication de L’Ouragan, estime que la peine est très sévère, avant d’ajouter que « c’est cela la justice. Nous sommes dans un contexte où la dépénalisation des délits de presse fait son chemin. Le tribunal est libre de tirer les conséquences des actes que mon client a posés. » Me Ouédraogo a expliqué que quand il a reçu le dossier de son client, il lui avait signifié qu’on ne peut pas le défendre tant les faits qu’on lui reproche sont suffisamment têtus. Il a souligné la nécessité pour les journalistes d’être formés. « Il faut être sûr de ce qu’on écrit. C’est seulement en cela que les journalistes feront autorité », a-t-il expliqué avant d’indiquer qu’il fera appel.

Inoussa Ouédraogo (collaborateur)

Fasozine

Messages

  • Article très bien ficelé. Le lecteur dispose des infos nécessaires pour se mettre au parfum de l’affaire et du jugement. Bravo au journaliste qui lui semble formé pas coe ses collègues qui n’ont pas su être prudents. En effet le journaliste peut et doit dénoncer même si cela engage leur responsabilité sociale mais il doit également être sur de ce qu’il dit, de ses sources…

  • Je penses qu’une autorité surtout de la justice Burkinabé doit éviter de dire crument qu’elle refuse de pardonner. Il ya tjrs une maniere bien sage de réfusé le pardon. Es que mr le procureur a seulemen idéé du nombre de personnes inoncentes que les juges gélés mettent chaq jour en prison sans meme les ecouter ? Nos autorités doivent etre humbles car ca contribue a l’edication du peuple.

    • Vous avez raison Sidyasida. Le pardon n’exclue pas la justice. la demande a été formulée par le journaliste et son répentir semble vraiment sincère. En tant qu’humain, le procureur se devait d’avoir suffisamment une hauteur d’esprit pour pardonner ? Cela n’empêche pas que la justice suive son cours. Il est d’abord Homme tout cour, avant d’être un homme de justice. Monsieur Issa Konaté, vous avez tout mon soutien

    • quant aux journalistes de cette trame qu’ils tirent leçon de ce cas d’école

  • Décidément,les hommes de la justice savent être sévère quand ils sont concernés directement par les jugements !

    • Nos journalistes ne doivent pas perdre de vue qu’ils ont à la fois le droit d’informer le peuple et l’obligation de donner l’information juste et réelle. C’est bien fait pour eux. le Procureur Placide est une autorité respectable connue pour sa rigueur dans sa profession. je trouve que le tribunal a été clement avec ses journalistes qui ont tout sauf le prosionnalisme dans leur metrier.

  • Je suis pour la dépénalisation des délits de presse mais j’espère seulement que cela ne va pas permettre aux journalites non professionels de raconter du n’importe quoi et de diffamer les gens à tout bout dde champ. voilà un exemple palpable qui vient de se produire........ C’est vraiment dommage. Il faut toujours être sûr de ses sources.

  • 12 mois de prison ferme pour avoir sali le nom de quelqu’un pendant que des délinquants sont relaxés. Le Tribunal aurait pu être compatissant en demandant simplement des excuses publiques dans la presse.

    L’emprisonnement, les dommages et intérêt de 4 millions, la suspension de 6 mois, holallala !!!! Il faut que les magistrats tiennent compte du contexte de notre pays où les gens ignorent le statut des magistrats.

    Eux aussi, ils doivent faire moins de zèle en évitant les refus de pardon. Ne dit –on pas qu’une faute avouée est à moitié pardonné. Après tout, nous sommes tous des humains appelés à finir un jour sous terre.

    J’ai bien peur que cette condamnation n’entraine la mort de ce journal.

  • je n’ai pas lu les écrits incriminés mais interdire un journal de paraitre c’est aller trop loin.combien de famille bénéficient des rétombées de ce journal ?à t’on le droit de fermer le Palais de justice pendant six mois pour une faute commise par un magistrat ?

  • Webmaster n’a pas publié mon précédent post. C’est votre droit. Mais je tiens à dire que ce n’est pas la première fois que ce journal est condamné par la justice pour des allégations non fondées sur des personnes. Peut-être alors que le tort n’est pas toujours chez les autres... A vouloir vendre le sensationnel et le scandaleux à tout prix, on finit par l’inventer pour remplir ses colonnes... Si c’est cela le journalisme que vous voulez soutenir entre vous par solidarité, je crains pour l’avenir de la presse dans notre pays...

  • bien qu’etant un fervent militant pour la suppréssion du délit de presse, il y a des individus dont les errements n’ont rien à voir avec du journalisme. il incombe aux journaleux eux même de faire le ménage en leur sein. franchement je n vois vraiment pas en quoi ce journal qui s’est spécialisé dans les faits divers et les ragots fait avancer le faso.

    • Je suis d’accord que la justice soit dite et que les coupables écopent de la sanction qu’ils méritent. Mais je suis déçu que Monsieur le Procureur Placide Nikièma refuse le pardon. Accepter le pardon n’empêche pas la justice de sévir. Monsieur Placide Nikièma, si je pense un seul instant que vous êtes Chrétien Catholique (ca peut être faux actuellement), je me demande si vous dites souvent la prière de "NOTRE PERE" et qu’il vous arrive de prononcer "PARDONNES-NOUS NOS OFFENSES COMME NOUS PARDONNONS AUSSI A CEUX QUI NOUS ONT OFFENSE". Si tel est le cas, je pense que vous pouvez toujours faire quelque chose. Dans ce pays, même ceux qui refusent de reconnaître leurs tords se sont fait pardonnés (pour des fautes "inavouées"). Ces journalistes ont reconnu les leurs. Il fallait simplement leur demander comment ils comptent en réparer et accepter la réconciliation et le pardon. Cela aurait été un exemple pour beaucoup.
      Cher frère Placide, tu sais bien mieux que moi que Dieu à qui tu ressembles est Amour et Pardon. Chaque soir avant de te coucher, si tu penses que tu as fauté dans la journée contre sa volonté, il te pardonne sans réserve. Fais donc un geste et tu verras ces journalistes revenir sur le droit chemin. Mais si tu les laisse consommer cette peine, cela risque fort bien de les endurcir dans leur égarement. Merci de rendre un service à la société et aux familles de ces deux fautifs !

  • Notre justice aime les dossiers faciles. Cependant les dossiers qui impliquent les gourous du régime à l’image de celui de Guiro deviennent systématiquement des dossiers pendant.

  • Quant on a été formaté ; excusez moi "formé" dans des écoles qui sont recherchent par tous le moyens possibles de l’argent, on ne peut que se retrouver devant le juge. Le métier du journaliste n’est du n’importe quoi !

    • Les magistrats se croient tout permis.
      Pourquoi un mandat de dépôt alors que visiblement le journaliste s’est présenté volontairement ?
      Vraiment vous de la justice vous n’êtes pas modeste. Etes vous plus digne que le PF et autres autorités qui sont vilipendés à longueur de journée dans les journaux locaux et internationaux ?

  • - Cette affaire est allée très vite et on a tapé fort sur les journalistes ! !

    Et pourquoi beaucoup d’affaires dorment dans les tiroirs ?
    Et pourquoi des gens sont en garde-à-vue depuis des mois dans les prisons sans qu’on ne juge leurs affaires ?

    Parce qu’ici c’est le procureur qu’on a insulté que c’est allé vite ?

    GARGANTUA

  • le procureur n’a fait que confirmer qu’il n’est pas à sa place. Non seulement il ne sait pas pardonner (tout dépend de où il a été élevé) mais qu’il utilise l’instrument de justice à sa seule fin. Pauvre Burkinabè

    • si les deux condamnés simulent un malaise ils seront libérés par jurisprudence. Merci Guiro

    • Réflexion à revoir, je suis sûr et certain que tu n’as pas toujours pardonné ton prochain qui t’a offensé. Chacun à sa place ; il n’est pas question d’éducation dans cette situation. Si réagir mal en ces termes comme tu l’as fait, je doute cependant sur ton éducation. Le pardon est bien à cultiver mais certaines personnes sont à remettre à leur place. Tout le monde peut se plaindre. la loi, c’est la loi et nulle n’est au dessus de celle-ci. Fais des propositions capable de faire avancer notre presse. Pour ma part, il serait mieux que ce journal s’inspire des expériences d’autres pour éviter de déraper. Excuses-moi si je t’ai offensé. Merci pour la compréhension.

  • ce verdict doit interpeller les journalistes à organiser leur profession,sinon c’est des structures comme la justice qui va leur faire. ce metier est tellement ouvert que tout le monde y entre sans formation. et il ne peut qu’avoir des derives. il faut crréer un ordre des journalistes pour filtrer le milieu car liberté de presse doit pas aussi signifier desordre.

  • Quelle honte pour la presse burkinabé !!! Aucune réaction de mécontentement de sa part. On publie le verdict et c’est tout. Montrer au moins que vous êtes également un pouvoir ; on l’a vu avec les militaires qui étaient dans leurs tords, également avec le marabout de Ouahigouya (la rue). Même si les faits sont graves, il existe d’autre moyens de discréditer monsieur le procureur : c’est de publier d’autre articles et non la suspensions du journal et la condamnation du DP et du journaleux qui a produit l’article. Si le "journaliste" a fait de tel article c’est qu’il avait des éléments en sa possession.
    Ca ne fait que commencer car ça n’arrive pas qu’aux autres donc soyez solidaires chères journalistes pour ne pas vous faire dicter votre métier par qui que ce soit. Vous avez le CSC et L’observatoire de la presse pour vous remonter les bretelles. Autrement, à quoi serviraient ces deux structures ?
    J’ai vraiment honte pour nos média.

  • Sans Assurance et san visite technique, Ahmed Smany a tué quelqu’un mais n’a pas été punis de cetet façon. tout laisse croire que offenser un magistra est pire que tuer quelqu’un. en acceptant 4.5 millions, ce procureur se discrédite, il laisse l’opinion savoir combien il coute. il aurait été stratégique pour lui de reclamer un jour d’emprisonnement ferme et 5 f cfa symbolique pour rentrer dans le cercle des grands. Mr le procureur. fair ele mal pour corriger el mal est une vieille théorie périmée. ce sont les barbares ou les prébarbares qui ont inventé la prison depuis des siecles et des siècles. les hommes se croyant civilisés continuent d’utiliser ces prisons pour faire le mal et espérer corriger le mal. les prisons ont montré leurs limites. les hommes civilisés doivent oser pousser les frontières de leur intelligence pour inventer une façon de faire le bien pour corriger le mal. sinon faire le mal pour corriger le mal n’est plus humain. c’est de l’animosité. honte à nous tous

  • Norbet Zongo lui même a eu a sauver plusieurs fois la tête de ce Konaté qui ne fait pas honneur au journalisme d’investigation..Il rafole de faits divers mais là aussi ça coince que le serre un peu

  • Je m’y connais pas en droit, je ne sais pas si la peine est sévère, mais je qu’on ne peut pas permettre à certaines personnes d’écrire des conneries. Je pense qu’au moment où les journalistes réclament la dépénalisation des délits de presse, ils doivent être plus professionnels. C’est tout simplement pathétique : comment un journaliste qui a écrit plusieurs articles sur une personne par rapport un à sujet donné n’arrive pas faire sortir un mot de sa bouche pour se défendre au moment où on l’accuse de diffamation ?
    Si le procureur est satisfait du verdict, je pense qu’il aura encore du mal à participer à la promotion du pardon donc il est question dans toutes les crises dans notre pays. Je ne pense que c’est quand ce sont les autres qui sont victimes qu’il faut dire de pardonner.
    Du reste, si les juges de notre pays étaient aussi prompts dans tous les dossiers (surtout sur les crimes de toute nature) qu’ils ont dans leurs tiroirs saurait été une fierté nationale.

  • En tant qu’humain, il est normal qu’on se sente vexé quant on est "insulter" même si on Procureur. Dans ce sens on comprend aisement la colère voire l’indignation de Mr NIKIEMA.
    Touetefois, lorsque qu’on est une haute personnalité, on doit pouvoir être au dessus de ces petites mesquineries des journalistes. Imaginer, si les hommes politiques de notre pays devaient faire attention à tout ce que racontent les médias chaque jour. Je crois que lui même procureur n’aurait même pas le temps de respirer ; tant il aura trop à faire. Savoir accepter les injures fait partie integrante de la vie quand on est une haute personnalité.
    Mais bon, c’est un point de vue inspiré de la morale qui n’engage que moi. Le droit est clair quand on écrits des choses sur quelqu’un dont on n’est pas sûre, cela s’appelle de la diffamation. En cela le Tribunal a dit le droit. Les deux journalistes peuvent même s’estimer heureux, car le verdict aurait pu être plus salé.

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