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Tribune de la femme : Habibou Sana, joueuse professionnelle burkinabè / « Sous d’autres cieux, les joueuses ne sont pas vues de travers »

Accueil > Actualités > Portraits • • mercredi 3 octobre 2012 à 23h10min
Tribune de la femme : Habibou Sana, joueuse professionnelle burkinabè / « Sous d’autres cieux, les joueuses ne sont pas vues de travers »

Elle est jeune. Elle est belle. Et ce qu’elle sait faire le mieux dans sa vie : taper dans le ballon rond. Femme engagée pour la cause féminine, elle a, pendant 6 ans économisé pour donner de la joie à ses jeunes sœurs à travers un tournoi de football féminin. Cette belle femme aux grandes idées est Habibou Sana. Au pays depuis près de quatre mois pour des raisons de blessure, elle évolue à Inter Continental, équipe de football féminin de Malabo en Guinée-Equatoriale.

Habibou est l’une des femmes du pays des hommes intègres qui se battent inlassablement pour la promotion du football féminin. Raison pour laquelle, elle s’est privée pendant six ans d’une certaine aisance en économisant de l’argent dans le but d’organiser un tournoi de football féminin. Un coup d’essai, un coup de maître. Le pari est bien gagné même si de nombreux défis restent encore à relever.

Passionnée du ballon rond depuis l’enfance, Habibou a commencé à jouer à l’âge de quatre (4ans). « J’accompagnais mon père qui était capitaine de l’équipe nationale dans les années 50 sur tous les terrains de football », se rappelle-t-elle. Le soutien familial, la joueuse professionnelle évoluant en Guinée-Equatoriale en a eu. Elle n’a aucunement été freinée dans ses actions par ses parents. Pour mieux l’orienter, Missiri Sana, affectueusement appelé Capi, le père d’Habibou l’inscrira dans un centre de formation en Côte d’Ivoire. Après trois ans d’apprentissage riche en enseignements, stratégies et tactiques du ballon rond, elle rejoint l’équipe des Sirènes du Kadiogo. Puis celle des Princesses avec laquelle, elle joue le tournoi des cinq Nations (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali, Ghana, Togo, Niger).

Elle retient l’attention des responsables équato-guinéens de football avec d’autres camarades. Le contrat est vite signé avec l’équipe de la première division Aguida Veles à Malabo. Habibou commence alors en 1998 une carrière prometteuse et brillante dans le football. En 2002, elle joue encore le tournoi des cinq Nations et s’en sort avec le titre de meilleure joueuse du tournoi. En 2003, c’est la cité de Dakar qui l’accueille pour une prestation. 2006 verra la consécration de 8 ans d’effort avec son recrutement dans l’équipe Inter Continental de Malabo.

Pourquoi un tel choix ?

C’est avec un air de fierté qu’Habibou répond à cette question. « Il fallait que je sois une joueuse, un jour ou l’autre. Vu ma passion pour ce métier depuis l’enfance. Je voulais absolument réussir dans ce métier », argue-t-elle. Pour y arriver, elle n’hésitait pas à jouer avec des jeunes garçons de son âge dans son quartier. Une passion qu’elle ne pourra pourtant pas allier avec les études. Qu’à cela ne tienne, elle ne manqua pas de courage une fois intégrée dans l’équipe des Sirènes du Kadiogo à faire des cours du soir pour obtenir son Certificat d’études primaires (CEP). Elle met fin à ses études en classe de 5è pour mieux se donner au football.

Difficultés !

Elle trouve la difficulté d’être une femme footballeuse en ce que l’on doute toujours d’elle. Aussi, du point de vue social, elles sont souvent vues de travers, indexées à tout moment. « Sous nos cieux, les joueuses sont vues comme des demi-femmes », déplore-t-elle. Toute petite, s’est-elle attardée : « Beaucoup de personnes, me voyant régulièrement avec les garçons racontaient que je ferai plutôt une équipe d’enfants. Peu de gens croyaient en ma réussite. Mais moi, j’en était convaincue ». A en croire à la professionnelle, les footballeuses sont bien estimées ailleurs comme la Guinée-Equatoriale. Elles perçoivent des salaires comme tout autre fonctionnaire. Pour dire que le ballon peut bien nourrir son homme. La preuve, dit-elle : « J’ai organisé le tournoi en grande partie sur fonds propres ».

Célibataire mais le cœur déjà pris, Habibou pense fonder un foyer et envisage faire des enfants après sa retraite dans ce métier peu reconnu au Faso. La femme, à son avis réside dans ses convictions. D’où cette interpellation aux autorités à soutenir la femme dans toutes ses entreprises. De la France à l’Italie en passant par le Maroc (…), Habibou entend accomplir son plus grand rêve dans les jours à venir : Porter encore plus haut les flambeaux du Burkina Faso là où elle sera.

Bassératou KINDO

L’Express du Faso

Messages

  • Elle accompagnait son pere au stade dans les annees 50 ? Quelque chose cloche. Je suis sur qu’elle n’as pas plus de 50 ans.

  • « J’accompagnais mon père qui était capitaine de l’équipe nationale dans les années 50 sur tous les terrains de football », tu accompagnais ton pere au moment ou il etait encore joueur et capitaine ou bien au moment il etait retraite mais frequentait quand meme les terrains de football. Parce si tu l’accompagnais dans les annees 50 c’est que toi meme tu as plus de 60 ans aujourdhui et ca ce n’est pas le visage d’une femme de 60 ans que je vois sur la photo. Mr le journaliste, eclairez nous d’avantage.

  • "J’accompagnais mon père qui était capitaine de l’équipe nationale dans les années 50 sur tous les terrains de football » t’es sûr madame la journaliste que c’est dans les années 50 ; sinon quelle âge a-t-elle aujourd’hui...

    • La phrase peut s’écrit ainsi : "J’accompagnais mon père, qui était capitaine de l’équipe nationale dans les années 50 sur tous les terrains de football " . En ajoutant la virgule après le mot père, la phrase doit être comprise aisément.
      Elle a voulu dit qu’elle accompagnait son père qui a été capitaine de l’équipe nationale dans les années 50.

  • du courage ma chérie

  • La phrase est mal formulée, Habibou ne parle pas bien français mais le journaliste a manqué une virgule quelque part. de nos jour le papa est supporter et ils étaient tout temps ensemble

  • Je voudrais m inscrire mais comment je dois faire je suis a Ouagadougou

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