Transfusion sanguine au Burkina : Les acteurs cogitent sur le financement pérenne…

jeudi 13 septembre 2012 à 00h00min

Sous l’initiative du Centre national de transfusion sanguine (CNTS) et avec l’appui technique et financier de l’Organisation mondiale pour la santé (OMS), une cinquantaine d’acteurs intervenants dans la chaîne de collecte de sang se sont retrouvés à Ouagadougou autour d’un atelier tenu du 5 au 7 septembre 2012. Objectif, réfléchir au financement pérenne de la transfusion sanguine au Burkina.

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Transfusion sanguine au Burkina : Les acteurs cogitent sur le financement pérenne…

Selon le Centre national de transfusion sanguine (CNTS), une étude réalisée en 2009 évalue à 20 400 francs CFA le coût de production d’une poche de CGR (Concentré de globules rouges, ndlr). D’où une nécessité de porter une réflexion sur le financement de la transfusion sanguine au Burkina Faso. C’est autour d’un atelier que s’est menée la réflexion qui a duré trois jours et qui a regroupé une cinquantaine de participants venus des hôpitaux, des organisations de collecte de sang, etc. Trois thèmes ont fait l’objet des travaux à savoir « Quels mécanismes pour un financement pérenne de la transfusion sanguine au Burkina Faso ? », « Cession des PSL contre une contribution financière » et « Quelles stratégies de mobilisation pour une adhésion des différents acteurs à l’instauration d’un prix de cession des PSL ? ».

Les objectifs visés par cette rencontre sont d’identifier les mécanismes de financement de la transfusion sanguine au Burkina Faso, obtenir le consensus des acteurs de la santé et de la société civile sur ce financement et identifier un comité de suivi et le calendrier de la mise en œuvre des recommandations issues de ce cadre de réflexion. De nouveaux mécanismes de financement de transfusion sanguine qui soient à la fois éthiques et acceptables par tous les acteurs, et qui permettent de maintenir une transfusion sanguine équitable pour tous les citoyens.

Cet atelier se tient dans un contexte national caractérisé par un hiatus entre demande et offre. « Le nombre de poches collectées est très en déça des besoins réels du pays estimés pour 2012 à plus de 160. 000 poches », confient les responsables du CNTS. Crée en 2000, le CNTS est l’opérateur unique de la transfusion sanguine dans le pays. Il est appuyé par quatre (4) centres régionaux de transfusion sanguine (CRTS) à Bobo-Dioulasso, Ouagadougou, Koudougou et Fada N’Gourma.

Malgré les performances réalisées en matière de pratiques transfusionnelles et l’amélioration de la qualité des produits sanguins fournis depuis l’érection du CNTS, des difficultés subsistent encore dans l’exécution des missions. « En effet, les CRTS n’approvisionnent que 18 Centres médicaux chirurgicaux (CMA) sur les 60 que comptait le pays, 7 Centres hospitaliers de région (CHR) sur 11, les 3 CHU (Centres hospitaliers universitaires) et les cliniques privées urbaines. Le reste des établissements de soins non couverts par le CNTS continuent de produire le sang selon des méthodes et dans des conditions peu compatibles avec une bonne sécurité transfusionnelle.

Ce qui crée une situation de transfusion sanguine à double vitesse dans le pays », apprend-on des travaux. La raison essentielle de non couverture de l’ensemble du territoire est l’insuffisance de production des PSL qui est multisectorielle, en l’occurrence la faiblesse de financement et l’instabilité des ressources humaines spécifiques à la transfusion. « Le personnel a tendance à aller vers d’autres secteurs jugés plus motivants financièrement et du point de vue de la carrière professionnelle ». Cette réflexion est d’autant importante, à en croire les acteurs, que la coopération luxembourgeoise a accepté la mise en place d’un Fonds pour l’extension de la couverture géographique du territoire par le CNTS.

Cette extension correspond à la mise en œuvre d’un plan stratégique de renforcement de la transfusion sanguine au Burkina sur cinq (5) ans (2011-2015). Ce qui va accroître les capacités du CRTS de Ouagadougou par sa délocalisation sur un nouveau site, et permettre de construire des dépôts préleveurs à Kaya, Tenkodogo, Ouahigouya, Dédougou, Banfora et Gaoua. Elle permettra également de former le personnel en charge de la gestion de ces dépôts dont le fonctionnement est similaire aux CRTS. Les participants ont bénéficié au cours des travaux, du partage d’expérience de l’Agence nationale de transfusion sanguine (ANTS) à travers son premier responsable, Pr. Ludovic Anani.

Une participation ovationnée par les organisateurs et qui est, à leurs yeux, un bel exemple d’intégration. Le représentant de l’OMS, Jean-Baptiste Tapko, s’est réjoui des efforts déployés en matière de transfusion sanguine au Burkina avant de rassurer le CNTS de sa constante disponibilité à être toujours utile aux côtés des acteurs. La présidente du Conseil d’administration du CNTS, Ramata Ouédraogo et la directrice, Honorine Dahourou, ont toutes loué les mérites de Dr. Tapko (bientôt admis à la retraite) pour son implication pour la sécurité transfusionnelle. A en croire les initiateurs, la rencontre a accouché de propositions pertinentes et ce, grâce au niveau et à l’engagement des participants. « Obligeant » la PCA a rassuré que les résultats et autres recommandations ne dormiront pas dans les tiroirs. Mieux, elle a laissé entendre à la clôture que « c’est maintenant que commence le travail ».

Kader PALENFO
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Propos de la directrice….

Actuellement, la transfusion connaît beaucoup de problèmes. Ce qui nous a amenés à réunir les différents acteurs de la transfusion, les bénéficiaires dans les hôpitaux, les directeurs des hôpitaux, l’OMS qui nous accompagne, les partenaires techniques au développement… pour réfléchir ensemble aux moyens de permettre au CNTS de disposer du sang en continue et en qualité pour les malades. En un mot, c’est pour avoir des propositions de mécanismes de financement pour permettre au centre de fonctionner sans avoir de rupture de sang, de réactifs, pour l’intérêt.

Avec l’augmentation exponentielle des besoins en produits sanguins, le Ministère (ministère de la santé) est en train de mettre les moyens en place pour pouvoir satisfaire ces besoins. Par exemple, le CNTS est parti de 22 mille poches, il y a quatre ans à, à peu près, 70 mille poches qu’on doit collecter en 2012.

La politique du Burkina est que le sang soit disponible, que ce soit dans un hôpital public ou dans une clinique privée, et gratuitement pour tous. Mais les stratégies mises en place pour le financement pérenne ne sont pas encore acquises. D’où cette rencontre pour voir comment aider nos autorités à trouver des solutions pour que le sang soit disponible en permanence pour les malades.

Avec les différentes campagnes, on peut se réjouir du fait que les populations du Burkina commencent à intégrer le don de sang dans leur habitude. C’est vrai que ce n’est pas comme on l’attend mais les gens commencent à être conscients que si quelqu’un ne donne pas le sang, on ne peut pas le fabriquer.

K.P

`Le Progrès, Bimensuel d’informations générales

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