BUDGET DE L’ETAT 2013 : Le gouvernement prévoit 1636 milliards de F CFA

dimanche 9 septembre 2012 à 23h43min

Un volet du premier point de presse du gouvernement tenu le vendredi 7 septembre 2012 a été consacré aux principales tendances du budget 2013 et à la restructuration du ministère de l’Economie et des Finances. Le projet de budget du Burkina Faso dévoilé par le ministre Lucien Marie Noël Bembamba, s’élève à 1636 milliards de FCFA.

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BUDGET DE L’ETAT 2013 : Le gouvernement prévoit 1636 milliards de F CFA

Après les vacances gouvernementales, l’équipe de Luc Adolphe Tiao renoue avec les traditionnels points de presse. Celui du vendredi 7 septembre 2012 a permis au ministre de l’Economie et des Finances, Lucien Marie Noël Bembamba, de faire aux journalistes une esquisse du budget 2013 du Burkina Faso qui sera déposé à l’Assemblée nationale pour adoption, au plus tard le 26 septembre prochain. Les ressources totales, selon lui, s’élèvent à 1422 milliards de FCFA, soit une progression de 17,7% par rapport à 2012. Les dépenses totales prévues sont de 1636 milliards (avec 807 milliards de dépenses d’investissement), soit une hausse de 16,8% par rapport à l’année dernière. « L’on note un gap ou besoin de financement de 214 milliards de FCFA qui sera couvert par les appuis budgétaires de nos partenaires et un emprunt obligataire », a expliqué le ministre Bembamba.

Il s’est en outre réjoui des efforts du gouvernement d’augmenter chaque année, la part contributive de l’Etat au budget. « Plus de 61,5% du budget sont couverts aujourd’hui par nos propres ressources. Cela traduit, de plus en plus, notre désir d’autonomie en matière de financement du développement. Les efforts de nos différentes régies sont importants », a-t-il noté. Il a précisé que le taux de pression, jusque-là faible au Burkina Faso (entre 12 à 13%) atteindra 16,5%, soit à un point de la norme UEMOA (17%). Auparavant, le ministre de l’Economie et des Finances, a indiqué aux journalistes les quatre priorités du projet de budget 2013. Il s’agit d’abord de renforcer le taux de croissance du pays en mettant l’accent sur les secteurs productifs tels que l’élevage et l’agriculture qui accompagneront un secteur minier déjà reluisant. « Nous allons aussi accompagner les PME/PMI pour leur permettre d’avoir une meilleure contribution à la croissance économique », a affirmé le ministre Bembamba qui a avancé que le Burkina Faso table, en 2012 et 2013, sur une croissance de 7%.

La consolidation des acquis sociaux fait aussi partie des priorités du gouvernement. Pour ce faire, 16,11% du budget sera consacré à l’éducation et 12,7% au secteur de la santé. L’amélioration de la gouvernance et la lutte contre la corruption ainsi que le renforcement de la sécurisation des frontières constituent, pour Lucien Marie Noël Bembamba, les deux dernières priorités du gouvernement burkinabè. En somme, les mesures d’accompagnement fortes à ce projet de budget 2013 restent sans conteste la défiscalisation des plaques photovoltaïques pour une production massive de l’énergie solaire et la déconcentration des cantines scolaires afin de résoudre les problèmes d’approvisionnement, de transport et de stockage.

Restructurer pour une économie performante

Ce point de presse a aussi été une occasion pour le ministre de l’Economie et des Finances, de revenir sur la réorganisation de son département intervenue le 3 septembre dernier. « Nous avons procédé à l’évaluation du fonctionnement de notre ministère et nous avons constaté qu’il y avait des doublons dans certains secteurs, des conflits de compétences et un émiettement des structures », a lâché Lucien Marie Noël Bembamba sur les motivations de cette restructuration. Toute chose qui entre, de même, dans le cadre des grandes orientations de la Stratégie de croissance accélérée et du développement durable (SCADD). L’objectif, a-t-il dit, est de s’assurer que l’exercice d’une fonction principale est assuré par une seule structure.

En clair, il s’agit pour le ministère de l’Economie et des Finances de promouvoir une économie compétitive et moderne soutenue par des finances publiques performantes. Cette réorganisation a donc engendré de grandes innovations, dont par exemple, la fusion entre la direction générale du contrôle financier et celle des marchés publics qui a donné naissance à la direction générale du contrôle des marchés publics. « Les questions de lourdeurs et de délais sont surtout observées au niveau du contrôle financier et des marchés publics. Nous avons aussi constaté que ces deux directions exercent les mêmes types de contrôle. C’est pourquoi nous les avons unifiées », a justifié le ministre. Une direction générale des affaires immobilières et de l’équipement de l’Etat a été créée afin d’assurer « efficacement » la mise en œuvre de la politique d’équipement de l’Etat (la gestion des bâtiments, le parc automobile…)
L’autre innovation est la création de la direction générale de l’aménagement du territoire et de l’appui à la décentralisation.

« Elle prendra en charge toutes les questions relatives à la décentralisation, au développement local, au pôle de croissance de Bagré, de façon à ce qu’il n’y ait qu’un seul interlocuteur à notre niveau en ce qui concerne ces questions », a déclaré le ministre de l’Economie. Afin de réussir ces missions, a-t-il assuré, des mesures d’accompagnement sont prévues comme la revue du circuit des dépenses. « Nous avons beaucoup d’intervenants qui font tous des contrôles et il faut qu’on réduise les redondances de contrôle et mieux responsabiliser chaque acteur. Aussi, dans le circuit de la dépense, nous manipulons un volume important de papiers avec les risques de pertes et d’erreurs. Au lieu d’effectuer des transferts physiques de dossiers, nous ferons des transferts électroniques à l’aide des TIC », a conclu Lucien Marie Noël Bembamba.

Sié Simplice HIEN


Le porte-parole du gouvernement, sur des questions d’actualité

Comme à l’accoutumée, le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Alain Edouard Traoré, s’est prêté, au cours du point de presse du gouvernement, aux questions des journalistes sur l’actualité. Répondant à une question sur l’arrestation de l’ancien maire de Gaoua, qui serait impliqué dans les récentes troubles dans cette ville, le ministre Traoré a indiqué que le degré de son implication n’est pas encore connu. « La justice suit son cours », a-t-il indiqué. Quid des rumeurs depuis un certain temps à Ouagadougou, qui font état de la présence de Simone Gbagbo, épouse de l’ancien chef d’Etat ivoirien ?

« C’est vous les journalistes qui nous avez informés. Nous aussi, nous cherchons à savoir si c’est vrai ou pas. Nous ne sommes pas informés », a répondu Alain Edouard Traoré. Réagissant sur un écrit du site Web du journal « Jeune Afrique » sur des armes qui auraient transité par le Burkina Faso en direction du Nord-Mali, le ministre de la Communication a indiqué qu’une telle chose est inimaginable. « Pour un Burkinabè, y croire, c’est se faire insulter. J’appelle les gens à un esprit de discernement et d’intelligence. Nous n’avons pas connaissance d’armes ayant traversé le Burkina Faso », a ajouté Alain Edouard Traoré.

S.S.H.

Sidwaya

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Vos commentaires

  • Le 10 septembre 2012 à 09:01
    En réponse à : BUDGET DE L’ETAT 2013 : Le gouvernement prévoit 1636 milliards de F CFA

    les doublons dans la fontion publique,il n’y a que ça puisque l’état est le principal recruteur d’embauches,arretez de nous enfumer monsieur de mef et ça se voit moins de 50% du budget est consacré à l’investissement et le reste servira à payer des fonco à se retourner les pouces dans des doublons. c’est normal parceque le secteur privé est inexistant qui s’explique aisement que le pays soit trop corrompu. aucun homme d’affaires sérieux n’osera venir investir dans un tel climat où il y a pas de justice,où il faut corrompre pour s’installer et au finish on te vole et y a rien.
    sur l’autre point,si des armes ont transité ou pas sur notre territoire pour aller alimenter des terroristes,tout est possible mais c’est la question que je trouve stupide parceque le ministre ne dira jamais que oui,effectivement des armes ont traversé notre pays pour des criminels puisque ça ne sera pas la première fois. donc je ne comprends pas pourquoi moi burkinabè qui croit à cette information je me ferai insulter. ce sont nos dirigeants qui ont toujours insulté leur peuple.

    nota bene : je tiens à réaffirmer le mauvais gout du décor du studio avec ces couleurs qui sont horribles,je ne sais pas à quoi ça correspond mais on dirait le drapeau ivoirien. c’est too moche, svp changez ça vite

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  • Le 10 septembre 2012 à 09:25, par Somey
    En réponse à : BUDGET DE L’ETAT 2013 : Le gouvernement prévoit 1636 milliards de F CFA

    Il ne s’agit pas de faire de petites observations et de faire des changements incrémentaux qui ne feront que changer la forme du problème sans en changer la nature. Tout le système doit être analyse de façon exhaustive afin d’identifier les failles, éliminer les redondances faires les ajustements. Surtout une telle analyse permettra de dégager les points d’interventions et surtout la stratégie à adopter. Cela nécessite un vrai travail qui n’a rien à voir avec une simple réunion (qu’elle s’appelle conseil des ministres ou pas) ou un colloque. L’identification desdites redondances est assez sporadique et ne contribue vraiment pas à un grand changement, pas grand en termes d’étendue mais grand en termes de contribution effective et qualitative. Combien d’années a-t-il fallut pour faire ce constat ou pour accepter les suggestions des citoyens qui s’en sont plaints depuis des années ? L’amélioration dans un système relève de l’effort d’un Etat de se munir d’institutions fortes et efficaces, institutions autour desquelles les hommes seront forces de graviter en non pas le contraire. Dans le cas présent les problèmes de la malfonction sont soulignes en terme de lenteur, redondance etc. Pour se faire sérieux on pourrait mentionner les couts financiers et économiques ; mais le véritable mal c’est le « cout de la malfonction » qui est surtout culturel, social et politique. En d’autres termes combien a-t-on perdu en terme financier, économique, culturel, social et politique du fait de cette malfonction ? Devra-t-on attendre vingt autres années avant de nous rendre compte que certains points du système entravent gravement le développement d’ensemble ?
    Allouer 16,11% du budget a l’éducation et 12% a la sante me parait très insuffisant et pas du tout sérieux. Demain on sera de toute façon oblige d’allouer plus de 60% du budget a l’éducation, non seulement il sera un peu tard mais les couts de n’avoir pas fait cela plutôt seront très troublants et démoralisant. C’est « dé-penser » ! Des pays qui ont près de 95% de taux d’éducation ont même un pourcentage plus élevé de leur budget annuel alloue a l’éducation et a la sante. Ce n’est pas le montant qui fait le problème mais c’est la nécessité et la vision d’une nation qui sont ainsi reflétées. Hans Roslin dit avec conviction que « on avance plus vite quand on est en bonne sante avant d’être riche que quand on est riche avant d’être en bonne sante ». Pour un pays comme le Burkina c’est un leurre de croire que nous pouvons contourner les hommes (la formation des ressources humaines) pour se rabattre sur les minerais. Le véritable problème est que nous (tous les internautes) écrivons mais serons ou pas lus, ou pas compris. Mais l’essentiel c’est de toujours penser à contribuer.

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  • Le 10 septembre 2012 à 11:44, par Expert
    En réponse à : BUDGET DE L’ETAT 2013 : Le gouvernement prévoit 1636 milliards de F CFA

    quel est le budget de la présidence ?

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  • Le 10 septembre 2012 à 12:42, par YA
    En réponse à : BUDGET DE L’ETAT 2013 : Le gouvernement prévoit 1636 milliards de F CFA

    Est-ce qu’il y ont prévu l’augmentation des salaires dedans ? Autrement on ne voit même plus la queux du diable pour pouvoir tirer

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  • Le 28 mars 2013 à 23:48, par L’UNIQUE
    En réponse à : BUDGET DE L’ETAT 2013 : Le gouvernement prévoit 1636 milliards de F CFA

    VU LE MONTANT DU BUDGET 2013 ,QUELS SONT SELON VOUS LES SOURCES DU FINANCEMENT ?

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