IBRAHIM COLY, REPRÉSENTANT DU HCR AU BURKINA FASO : « La décision de l’option militaire relève des autorités maliennes »

lundi 3 septembre 2012 à 23h23min

Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) est au four et au moulin dans la gestion des déplacés maliens au Burkina Faso. Son représentant au "pays des Hommes intègres", Ibrahim Coly dans cette interview peint l’état de la situation. Pour l’humanitaire, les déplacés continueront à fouler le sol burkinabè si rien n’est fait pour résoudre le problème.

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IBRAHIM COLY, REPRÉSENTANT DU HCR AU BURKINA FASO : « La décision de l’option militaire relève des autorités maliennes »

Sidwaya (S.) : Quel bilan pouvez-vous dresser de la présence des réfugiés maliens au Burkina Faso ?

Ibrahim Coly (I.C.) : Si je dois dresser un bilan, il y a trois aspects importants que je voudrais mentionner. La première des choses est le respect et la générosité du gouvernement burkinabè. Je parle du respect des engagements par rapport aux conventions internationales. Si je parle également de générosité, il s’agit de l’accueil très chaleureux que le peuple et le gouvernement burkinabè a réservé à ces populations désespérées. Le deuxième aspect est que ces réfugiés arrivent à un moment très difficile pour le Burkina à cause de la crise alimentaire qui fait qu’aujourd’hui la nourriture devient une question importante et difficile à résoudre.

Le troisième aspect est que malgré l’arrivée de ces réfugiés dans cette zone du Nord, qui est une zone un peu plus difficile par rapport aux autres, la communauté humanitaire s’est mobilisée tout de même pour apporter les premiers besoins urgents à ces populations. Aujourd’hui nous parlons de comment il faut faire pour atteindre les standards humanitaires.

S. : Combien de réfugiés compte-t-on aujourd’hui sur le sol burkinabè ?

I.C : Aujourd’hui nous sommes à 90 mille personnes. Mais nous avons des listes qui se chiffrent à 11 mille personnes dont les dossiers sont en train d’être traités. Si le traitement est concluant ces chiffres seront ajoutés.

S. : La barre de 100 mille réfugiés sera bientôt dépassée alors ?

I.C. : Je dirai que théoriquement la barre de 100 mille est atteinte.

S. : Quelle est la part contributive du HCR à la gestion des réfugiés ?

I.C. : Le HCR n’est pas le seul à gérer les réfugiés. Nous avons des ONG qui sont intervenues en grand nombre. La majeure partie d’entre elles vient avec ses propres moyens. Nous avons ce que nous appelons nos partenaires opérationnels, qui sont des organisations des Nations unies ou des organisations internationales qui apportent aussi leur contribution. Des partenaires du HCR que nous finançons souvent à 90%, interviennent également. Toutes ces organisations humanitaires ont contribué à ce que nous atteignions ces résultats, que je trouve positifs. Mais il y a trop de défis à relever, surtout, le plus tôt possible.

S. : Vous parlez de situation positive alors que sur le terrain il y a des réfugiés qui se plaignent de ne pas détenir de carte de ration, qui leur permet de bénéficier des aides ?

I.C. : Vous savez, la gestion des réfugiés demande des interventions continues. C’est-à-dire que ceux qui arrivent aujourd’hui et ceux qui arriveront dans dix jours ou dans un mois ne pourront pas avoir le même degré de réponse. Quand ils arrivent, nous procédons à leur enregistrement. Ce n’est qu’après, que leur nom et ceux des membres de leur famille seront introduits dans la base des données. C’est lorsqu’ils sont dans la base des données qu’ils peuvent bénéficier des dons. Ce qui fait qu’il y a une petite période de flottement. A tout moment vous verrez des réfugiés qui vous diront qu’ils ont été enregistrés pourtant ils n’ont toujours pas de nourriture. Mais le PAM (Programme alimentaire mondial) distribue des vivres tous les mois ou tous les 15 jours. Toutes ces actions ont pour but de réduire le temps d’attente. C’est vrai qu’ils ne vont pas tous, arriver la veille des distributions. Cependant nous avons mis en place un dispositif pour les familles qui arrivent directement dans les camps. On leur donne une petite quantité de vivres et une petite quantité de produits non alimentaire pour qu’ils puissent s’installer, le temps d’être enregistrés.

S. : Quel est le temps mis par le HCR pour mettre à la disposition des réfugiés des cartes de ration ?

I.C. : Le processus est un peu long parce que les cartes ne sont pas produites dans le camp. Elles sont produites à Dori (chef-lieu de la région du Sahel). Ce qui fait que la durée se situe entre trois semaines et un mois. Mais une fois que la famille est enregistrée, elle est déjà inscrite dans la base de données.

S. : Quels critères une personne réfugiée doit-elle remplir avant de posséder cette carte ?

I.C. : Le statut de réfugié est bien défini dans la convention de Genève de 1951 et aussi dans la convention de l’Union africaine de 1969. Il est dit que toute personne qui craint, avec des raisons biens fondées, une persécution ou une situation d’insécurité peut prétendre au statut de réfugié si elle se retrouve dans un pays étranger. Il y a maintenant deux paramètres pour définir le statut de réfugié. Soit nous sommes dans le cas présent où il y a une insécurité généralisée au niveau de l’Etat voisin et que l’Etat qui reçoit est confiant que cette population s’est déplacée à cause de cette insécurité. En ce moment le nombre de personnes qui arrivent peut permettre à cet Etat de déclencher ce qu’on appelle la détermination du statut de réfugié.

Cette détermination dans un cas où il y a un afflux massif est appelée prima facie. Cependant, si nous sommes dans une situation où un tout petit nombre de personnes (famille ou individdu) viennent dans un autre pays pour chercher un asile, elles ne seront pas considérées systématiquement comme des réfugiés. Elles deviennent des requérants d’asile. En ce moment il y a un entretien qui se fera avec le HCR et le gouvernement. Mais c’est le gouvernement qui détermine le statut de réfugié. Le HCR est là pour non seulement conseiller le comité de gestion des réfugiés et s’assurer que les procédures ont été suivies par rapport à l’esprit des différentes conventions. Après toutes ces discussions l’Etat décide soit de donner le statut de réfugié soit de le refuser.

S. : Des réfugiés se feraient recensés sur plusieurs sites. Comment procédez-vous pour éviter les doubles recensements qui peuvent fausser les données ?

I.B. : Ce que vous dites est une réalité. Il est possible qu’un réfugié se fasse enregistrer plus d’une fois. Nous pouvons le vérifier à travers les éléments d’identification (nom, prénom, date de naissance etc. ou alors de façon visuelle). Cette situation reste possible à l’enregistrement niveau 1. Au niveau 2 de l’enregistrement, cette possibilité est vraiment moindre pour ne pas dire nulle, en ce sens que les données recueillies, y compris la photo, nous aident à relever ces irrégularités. Le recensement au niveau 2 revêt 3 étapes très importantes après la sensibilisation.

La première étape est le « fixing ». C’est quand les bracelets vont être posées au poignet de toute la population d’un camp y compris les bébés. Tout le monde va avoir ce bracelet (en plastique avec un numéro de série). Cela est fait en un jour. La deuxième étape est l’enregistrement et le recueil d’informations individuelles de chaque membre d’une même famille ou d’un individu (nom, prénom, date de naissance, qualification, besoins spécifiques, etc.) et la prise de photo. Le bracelet va être retiré aussitôt après. La troisième étape est la deuxième vérification avant la remise de l’attestation et de la carte de ration.

S. : Après ce recensement numérique, pouvons-nous nous attendre à voir le chiffre de 90 mille réfugiés baisser ou augmenter ?

I.C. : Au vu des expérience antérieurs, ce chiffre baissera certainement de 10 à 15% peut-être. Nous nous attendons à ce que le chiffre baisse.

S. : Quelles autres difficultés rencontrez-vous sur le terrain ?

I.C. : Il faut reconnaître que le recensement demande beaucoup de moyens à mobiliser. Pour notre part, nous veillons à sa réussite pour que cet investissement ne soit pas perdu. L’autre difficulté que nous rencontrons est le fait que nous avons d’un côté une population qui a sa culture que nous respectons beaucoup. Mais de l’autre côté, nous avons les standards humanitaires que nous devons également respecter. Sur cet aspect, il est évident que nous avons rencontré quelques difficultés qui, heureusement, d’une manière ou d’une autre, ont trouvé des solutions. Si vous allez sur les camps, vous verrez que ces réfugiés ne sont pas installés conformément aux dispositifs que nous avons l’habitude de déployer .

Cette fois, nous avons affaire à des réfugiés nomades. Ils n’ont pas une vie de sédentaires. Dans leur manière de s’installer, ils aiment les espaces. Lorsque nous leur avons présenté les tentes qui étaient déjà installées, ils ont estiméé qu’elles étaient trop proches les unes des autres. Par conséquent, ils ont refusé de s’y installer. Après de longues discussions nous avons essayé d’ajuster les espaces, même si ce n’est pas tout à fait pareil avec leurs installations habituelles, mais de façon mesurée et acceptable, de sorte qu’à notre niveau, nous puissions voir comment adapter les services de santé, d’eau et d’hygiène au niveau de ces populations.

S. : Les moyens dont dispose le HCR actuellement permettent-ils de gérer la question des réfugiés ?

I.C. : Nous n’avons pas les financements que nous aurions souhaité avoir. Ce que nous avons, nous a permis et continue de nous permettre d’assister ces réfugiés. Jusqu’à ce jour, nous n’avons pas atteint les standards que nous voulons. Par exemple, nous devons donner en période d’urgence, quinze litres d’eau par jour à chaque personne. Aujourd’hui dans certains camps, nous avons atteint ce standard, mais dans d’autres, nous sommes en- déça. Il nous faut alors un peu plus de forages, de points d’eau et de canalisations pour atteindre ce standard. Mais nous savons qu’une fois que la population sera stabilisée, nous devons dépasser ce standard. En ce moment, il faut monter à 20 litres d’eau par personne par jour.

S. : Le président américain, Barack Obama a promis 10 millions de dollars US au HCR pour la prise en charge des réfugiés. Cette promesse a-t-elle été tenue ?

I.C. : Je suis surpris que vous soyez informé de cette nouvelle (rire). La notification officielle est déjà faite au HCR. Il reste le transfert des fonds. Quand on parle de réfugiés maliens, il s’agit de ceux qui sont au Burkina Faso, en Mauritanie, au Niger, en Algérie et ailleurs. Nous allons faire le point de la situation dans chaque pays avant la répartition de la somme en fonction des besoins de chacun. Il est évident qu’avoir dix millions c’est bien. Mais lorsqu’on voit les besoins de tous les réfugiés maliens, cette somme n’est qu’une partie de la solution.

S. : Les camps au Burkina Faso ont-ils les mêmes problèmes ?

I.C. : Les standards de gestion sont les mêmes. Cependant, il y a des spécificités. Si vous comparez le site de Gandafabou (province de l’Oudalan) à celui de Damba (province du Soum), les standards sont complètement différents. Nous avons obtenu à Damba, un terrain favorable qui a permis à la plupart des forages creusés d’être positifs. Par contre, sur le camp de Gandafabou, nous avons déjà deux forages négatifs et deux autres qui ont un niveau très élevé de nitrate. Après analyse, nous nous sommes rendus compte que ces forages étaient inutilisables. L’autre problème de Gandafabou est que son accessibilité est très difficile.

S. : Et Fererio qui détient le gros lot des réfugiés ?

I.C. : Effectivement, à Fererio (dans l’Oudalan), nous avons des difficultés de gestion. Sur ce site, il y a une dizaine de fractions (des groupes de réfugiés qui appartiennent à un même clan). Le problème est que ce ne sont pas tous les clans qui prétendent vivre ensemble. Aussi, tous les clans n’ont pas la même vision de notre façon de gérer les réfugiés. Cela nous pose des problèmes. Aujourd’hui, le plan standard que nous avions pour ce camp n’est plus d’actualité. D’autant plus que certains clans vivent séparés des autres. Pourtant, il va falloir faire en sorte que les différents clans puissent avoir accès aux mêmes services. A savoir qu’ils doivent avoir accès aux points d’eau, au point de la distribution des vivres, aux soins. Si de certains services nous faisons en sorte de les mettre le proche possible des populations, pour d’autres nous ne pouvons pas le faire. Notamment, pour les postes de santé.

S. : Etant donné qu’ils vivent en clans, arrive-t-il souvent qu’ils se disputent pour une raison ou une autre ?

I.C. : Nous n’avons pas encore veçu cette expérience. Mais nous avons eu un incident entre individus sur le site de Mentao (Soum). Deux personnes, au cours d’une distribution de vivres, dans le rang, ont demandé aux autres d’avancer. Cela a été mal perçu. Il y a eu des échanges verbaux qui se sont malheureusement, terminés par des altercations.

S. : Il y a des réfugiés installés en dehors des sites officiels reconnus. Bénéficient-ils des interventions du HCR ?

I.C. : À ce jour, tout le monde bénéficie des services du HCR et des autres structures humanitaires. Cependant, nous sommes en train de mener une campagne, d’abord, pour l’enregistrement, ensuite pour la relocalisation. Cette campagne consiste à dire aux réfugiés installés sur les sites spontanés que dans le long terme, l’assistance qui sera apportée aux sites officiels ne sera pas la même que celle qu’ils recevront. Dans le long terme, les vivres et les non vivres ne seront pas donnés sur les sites spontanés. Cependant, ils seront enregistrés pour avoir la couverture juridique. Nous veillerons à ce qu’ils aient l’assistance communautaire. A savoir l’éducation, l’eau, la santé peut- être aussi leur trouver des abris, si le besoin se fait sentir pour que leur présence dans les communautés ne soit pas perçue comme une charge supplémentaire.

S. : Récemment, Barbara Hendrick, ambassadrice de bonne volonté du HCR a promis de plaider pour que l’organisation ait plus de soutiens afin de venir en aide aux réfugiés. Ce plaidoyer a-t-il eu des rétombées ?

I.C. : Je dirai que oui ! Trois à quatre annonces d’aide nous sont parvenues après sa visite. Est-ce une coïncidence ou les pemiers fruits de son appel... L’un dans l’autre, c’est une bonne chose.

S. : Si la paix revient au Mali, certains réfugiés voudront retourner chez eux. Y aura-t-il un accompagnement de ces personnes ?

I.C. : Dans tous nos programmes, une fois que les conditions de retour sont remplies selon les standards du HCR, nous faisons ce que nous appelons la facilitation au retour. C’est-à-dire que si des réfugiés viennent vers nous pour dire qu’ils veulent repartir, nous allons faciliter leur retour. Il y aura ensuite une autre étape où nous allons faire la promotion du retour. En ce moment, c’est nous qui allons battre la campagne pour dire aux réfugiés que les conditions sont favorables à leur retour. Mais c’est à eux de décider volontairement s’ils veulent rentrer ou pas. Notre bureau sur place dans le pays d’origine va s’organiser, non seulement pour accueillir les réfugiés, mais aussi, les aider à se réintégrer.

S. : Il est évident aussi que certains voudront rester au Burkina Faso à l’image de ceux qui ne sont plus repartis, suite à la rébellion de 1991. Quelles mesures sont prises pour une telle éventualité ?

I.C. : Vous posez une question liée au séjour à long terme. Nous avons des programmes pour les séjours à long terme pour les réfugiés. Il s’agit d’aider les réfugiés avec des activités génératrices de revenus, afin qu’ils prennent part à leur propre prise en charge.

S. : Actuellement , sur les sites, il y a des réfugiés qui veulent que le HCR les aide à trouver du travail. Comment gérez-vous ces cas ?

I.C. : Le HCR ne peut pas trouver du travail à un réfugié. Cependant, il peut lui faciliter l’accès. Si nous sommes, par exemple au courant qu’il y a un recrutement qui se fait pour un travail quelconque, nous passons l’information aux réfugiés. Mais cela dépend des lois du pays d’asile. Il y a des pays qui permettent aux réfugiés de travailler à partir d’un certain temps passé sur le territoire. Au Burkina, je pense que la loi autorise les réfugiés à travailler.

S. : D’aucuns prônent une intervention militaire pour mettre fin à la crise malienne. Quel est le point de vue du HCR ?

I.C. : Vous parlez maintenant d’un problème qui ne relève pas du HCR, mais qui peut être un domaine de préoccupation du HCR. Le problème malien est politique et militaire. Ce qui nous intéresse, c’est de savoir les conséquences humanitaires de la situation. Nous sommes convaincus que s’il y a une guerre, les populations civiles paient le plus lourd tribut. Nous préférons qu’il y ait moins de problèmes humanitaires pour que les populations puissent vivre de façon sécurisée et digne.

S. : Quelle est votre point de vue personnel sur la question ?

I.C. : La décision de l’option militaire relève des autorités maliennes. C’est un Etat souverain et libre. C’est à eux de savoir si cette option est la meilleure. Encore une fois, la guerre a toujours eu des conséquences humanitaires regrettables. L’éviter serait la meilleure option.

S. : Personne ne peut se prononcer sur la fin de la crise malienne. Le HCR aura-t-il les moyens de subvenir aux besoins des réfugiés, sur long terme ?

I.C. : C’est notre mandat. Nous continuerons à chercher les moyens pour subvenir aux besoins des réfugiés. Nous allons graduellement passer d’une étape à une autre jusqu’à ce que les réfugiés, eux-mêmes, puissent se prendre en charge. Cela pouurrait prendre plusieurs années.

S. : Sentez-vous l’accompagnemeent des médias dans vos actions en faveur des réfugiés maliens ?

I.C. : Nous savons que la crise malienne avait été submergée par d’autres crises à tel point que la presse internationale en parlait très peu. On parle plus de la Syrie, de la région des Grands Lacs (République Démocratique du Congo). On parle plus de ce qui se passe à l’intérieur du Mali et non de la crise humanitaire provoquée par la crise. Nous espérons que la presse va s’étendre sur la situation des réfugiés, afin d’attirer l’attention de la communauté internationale sur leurs souffrances et amener les donateurs à faire plus que ce qu’ils ont déjà donné.

Interview réalisée par Steven Ozias KIEMTORE
(kizozias@yahoo.fr)

Sidwaya

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