Cancer du col de l’utérus : tout ce qu’une femme doit savoir pour être sauvée

lundi 3 septembre 2012 à 23h22min

Le cancer est une croissance anarchique de certaines cellules dans le corps, qui vont former des tumeurs ou grosseurs. Mais, rassure le Docteur Charlemagne Ouédraogo,gynécologue-obstétrcien, entre autres, consultant international en santé de la reproduction, Chevalier de l’ordre de la Légion d’honneur de la république française et Commandeur dans l’ordre œcuménique de Malte et de Rhodes, toutes les grosseurs ne sont pas synonyme de cancer. En revanche, rappelle-t-il à travers cet entretien, celles qui s’étendent à d’autres parties du corps et interfèrent avec les fonctions physiologiques normales sont appelées cancer. Comme celui du col de l’utérus, qui, selon les réponses de ce spécialiste en la matière, n’est pas une fatalité, s’il est détecté très tôt.

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Cancer du col de l’utérus : tout ce qu’une femme doit savoir pour être sauvée

Fasozine.com : Qu’est ce que le cancer du col de l’utérus ?

Dr Charlemagne Ouédraogo : Il s’agit d’un cancer qui débute au niveau du col de l’utérus. C’est-à-dire au niveau de l’ouverture de l’utérus. Les cellules du col commencent à se multiplier de façon anormale et, si elles ne sont pas traitées, elles peuvent devenir cancéreuses. Cependant, ces modifications précoces (précancéreuses) disparaissent parfois d’elles mêmes, sans poser de problèmes.

Qu’est ce qui provoque le cancer du col de l’utérus ?

C’est l’infection par le virus du papillome humain (HPV) qui est responsable du cancer du col de l’utérus. La plupart du temps, cette infection disparait d’elle-même, sans traitement. Cependant, il arrive parfois que le HPV reste des années dans les cellules et qu’il provoque finalement, chez certaines femmes, un cancer du col. On ne sait pas vraiment pourquoi certaines femmes développent un cancer du col et d’autres non.

Le cancer du col de l’utérus est-il une infection sexuellement transmissible (IST) ?

Non ! c’est l’infection par le HPV qui se transmet sexuellement. Elle est assez fréquente aussi bien chez l’homme que chez la femme. Mais, seul un petit nombre de femmes infectées par le HPV auront des lésions précancéreuses. Si elles ne sont pas soignées, certaines de ces femmes développeront un cancer du col, plusieurs années après avoir été infectées par le HPV.

Le cancer du col de l’utérus peut-il être évité ?

Oui ! il est possible de réduire le risque, en limitant le nombre de partenaires sexuels, en utilisant des préservatifs, en retardant l’âge des premières relations sexuelles et de la première grossesse, et en s’abstenant de fumer. Les vaccins anti-HPV constituent le meilleur moyen de prévention quand ils sont accessibles. Il faut vacciner les jeunes adolescentes avant le début des rapports sexuels.

Qui est à risque pour le cancer du col de l’utérus ?

Toutes les femmes qui ont eu des relations sexuelles sont potentiellement à risque, parce qu’elles peuvent avoir été infectées par le HPV. Le cancer du col est plus souvent détecté chez les femmes entre 40 et 60 ans. Le risque le plus élevé est observé chez les femmes qui n’ont jamais bénéficié d’un test de dépistage, qui ont eu des rapports sexuels et des grossesses très tôt dans leur vie, qui ont plus de 5 enfants, qui fument, qui ont de nombreux partenaires ou un partenaire qui lui-même a plusieurs partenaires. L’infection par le HIV augmente encore ce risque.

Quelles sont les manifestations du cancer du col de l’utérus ?

Le cancer du col de l’utérus est une maladie longtemps latente. En effet, au début et pendant plusieurs années (une dizaine), il n’y a aucune manifestation reconnaissable par la patiente et même par une simple consultation. Seule le dépistage permet de reconnaitre des cellules anormales étant sur le « chemin » du cancer, il s’agit des lésions précancéreuses (dysplasie). C’est à ce stade que la guérison est possible à 100% par un traitement simple et accessible aux femmes dans nos centres de référence sanitaire. A un stade évolué de la maladie, il y a des manifestations qui vont motiver une consultation : il s’agit des saignements provoqués par les rapports sexuels, soit par des toilettes intimes ou tout autre contact avec le col de l’utérus. A ce stade, le diagnostic est très facile, mais le traitement est lourd et la guérison à 100% n’est plus possible et la survie de la femme est compromise.

Qu’est ce qu’un dépistage ?

Il s’agit d’un examen réalisé sur des personnes saines, ne présentant aucun symptôme, afin d’identifier celles qui ont davantage de risque de développer une maladie donnée. Un test de dépistage du cancer du col permet de déterminer si le col est normal ou non. Il permet de détecter les premiers signes de la maladie, avant même que la femme n’en éprouve les symptômes, à un stade où le traitement peut empêcher le développement d’un cancer du col.

Qui doit se faire dépister pour le cancer du col de l’utérus ?

Les femmes entre 25 et 65 ans (ou conformément aux directives nationales de chaque pays) doivent faire un test de dépistage pour détecter les modifications précoces du col de l’utérus. Ce test n’est pas nécessaire chez les femmes de moins de 25 ans qui développent très rarement un cancer du col de l’utérus, de même que chez les femmes qui n’ont jamais eu de relations sexuelles.

En quoi consiste exactement le dépistage du cancer du col de l’utérus ?

Il existe plusieurs procédés. L’agent de santé procèdera à un examen au spéculum pour observer le col et appliquer le test qui aura été choisi (frottis cervical, IVA/IVL, olposcopie etc…)

Que se passe t-il si le test est négatif ?

Si votre test de dépistage est négatif, cela signifie que votre col ne présente aucune modification susceptible d’évoluer en cancer du col. Il est cependant important de continuer à faire des tests de dépistage à intervalles réguliers (tous les 3 à 5 ans, selon les directives locales ou nationales), pour éviter que votre col ne subisse aucune modification de ce genre.

Que se passe t-il si le test est positif ?

Dans la plupart des cas, quand un test est positif, il s’agit de lésions précancéreuses, susceptibles de régresser d’elles-mêmes ou qui peuvent être aisément traitées en ambulatoire. Il se peut que vous ayez besoin de faire des examens complémentaires pour vérifier qu’il s’agit bien de lésions précancéreuses et non d’un cancer. Toutefois, dans l’éventualité où il s’agirait d’un cancer, vous seriez orientée vers un hôpital pour être soignée.

PROPOS RECUEILLIS PAR MORIN YAMONGBÈ

Fasozine

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