CRISE INTER-COMMUNAUTAIRE À GAOUA : Le gouverneur du Sud-Ouest réconforte les déplacés à Bobo

dimanche 2 septembre 2012 à 22h36min

Le gouverneur de la région du Sud-Ouest, Adja Kadidiatou Zampalégré a rendu visite, le samedi 1er septembre 2012, à ses administrés déplacés de l’école Centre de Bobo-Dioulasso. Elle est venue traduire sa reconnaissance aux autorités régionales des Hauts-Bassins pour avoir accepté d’accueillir les déplacés avec qui, elle s’est entretenue sur les conditions de leur retour prochain à Gaoua.

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CRISE INTER-COMMUNAUTAIRE À GAOUA : Le gouverneur du Sud-Ouest réconforte les déplacés à Bobo

C’est dans une « extrême urgence » que des populations membres de la communauté peuhle ont été convoyés le 15 et le 18 août 2012 à Bobo-Dioulasso. Aux heures chaudes des affrontements à Gaoua, les autorités régionales, craignant le pire pour eux, les avaient « cachés » à l’Ecole nationale des enseignants du primaire (ENEP) de Gaoua, avant de les exfiltrer par deux convois vers la ville de Sya. Les 244 personnes déplacées ont été logées à l’école Centre, en attendant le retour au calme dans leur patelin.

A ce jour, beaucoup sont repartis vers Gaoua ou d’autres horizons, ne laissant sur place à Bobo que 153 personnes constituées en grande partie de femmes et d’enfants. C’est à ceux-là que Mme le gouverneur du Sud Ouest a rendu visite en compagnie d’une forte délégation composée du préfet de Gaoua, du directeur régional de l’Action sociale et de la solidarité nationale et celui des Droits humains. Adja Kadidiatou Zampalégré et sa suite sont allés réconforter les peuhls, leur donner les dernières « nouvelles rassurantes » de Gaoua et échanger avec eux sur les conditions de leur retour. En effet, à l’orée de la rentrée scolaire, il va falloir libérer l’école pour permettre d’accueillir les élèves, mais aussi trouver une solution pour la scolarisation des nombreux élèves du primaire, du secondaire qui font partie des personnes déplacées.

Les représentants des victimes ont remercié le gouverneur du Sud Ouest « pour leur avoir sauvé la vie », en estimant néanmoins qu’ils se sentiraient mieux chez eux à Gaoua. Aussi ont-ils voulu avoir des informations sur la situation sécuritaire à Gaoua. Les auteurs des exactions ont-ils été arrêtés ? Que sont devenus leurs biens sur place ? Quelles procédures à suivre pour que justice soit rendue ?

Pourront-ils rentrer un jour chez eux ? Telles sont les principales préoccupations des déplacés. Madame le gouverneur du Sud Ouest y a répondu point par point. A propos de la situation d’ensemble, elle a indiqué que c’est l’accalmie à Gaoua et que la justice et les Forces de défense et de sécurité (FDS) sont à la phase des interpellations des auteurs présumés de meurtres et d’exactions. « Le souhait de tous à Gaoua et à Tonkar est que les peulhs reviennent », a rassuré Adja Zampalégré. Selon elle, les conditions sont propices au retour des déplacés. Un retour qui se sera organisé après une évaluation minutieuse de la situation securitaire. Quant aux troupeaux abandonnés à Gaoua, le gouverneur a déclaré qu’ils ont été parqués, sous bonne garde, dans la cour de la nouvelle Résidence du gouverneur non occupée.

Chacun pourra identifier ses animaux une fois de retour à Gaoua. Au regard de tout ce qui a été fait, le représentant de la communauté peuhle du Burkina, Assane Barry, a rappelé que c’est la 2e fois que les peuhls de Gaoua subissent ce genre d’incident. « Cette fois, les autorités ont pris les choses en main.

Il faut que cela se poursuive dans tout le pays au nom de la paix sans laquelle, il n y a rien de bon », a martelé Assane Barry. Si elle est unanime à reconnaitre que la réaction des autorités compétentes a été à la hauteur des événements, la communauté peuhle a demandé au gouverneur du Sud-Ouest pourquoi c’est elle et d’autres groupes allogènes qui ont été l’objet de menaces ? « C’est à la justice d’y apporter des réponses », a rétorqué le gouverneur. Elle pense néanmoins, qu’en toile de fond, il y a la sempiternelle question des conflits agriculteurs-éleveurs.
Le préfet de Gaoua a aussi apporté des réponses à certaines préoccupations soulevées par les déplacés.

Mahamadi TIEGNA (camerlingue78@yahoo.fr)

Sidwaya

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