Fait de chez nous : Une histoire incroyable…Et pourtant !

jeudi 30 août 2012 à 23h28min

« J’ai dû fuir la lumière électrique, car je ne pouvais pas dormir à cause d’elle. Et puis les infirmiers commençaient à m’obliger à laver ma figure et à me brosser tous les jours. Ne pouvant plus tenir, j’ai inventé une fausse raison pour quitter les locaux de l’hôpital … ». Ignorée au départ, la causerie de ce monsieur en compagnie de deux autres a fini par m’intéresser. Très curieux d’avoir la suite de son histoire, je me suis joint à leur groupe. Trois bières. C’est la « manne » que j’ai payée pour pouvoir intégrer le groupe. Sans ambages, j’ai tout de suite fait comprendre la raison de mon approche. Après une petite hésitation, le groupe s’est ouvert à moi. Le temps des présentations et j’ai compris que le monsieur qui témoignait venait d’un pays voisin au Burkina. « …J’ai plus de 30 ans aujourd’hui.

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C’est cette année seulement que je suis sorti de mon village natal. Et c’est malgré moi ! Car le Nord de mon pays est sous un « feu » inédit. C’est pourquoi j’ai quitté mon village et je me suis retrouvé en ville. Le nombre des fous m’a attristé. Avec l’accord de mon tuteur, j’ai soigné beaucoup parmi eux. De bouches à oreilles, les autorités m’ont emmené à l’hôpital. Je soignais et des fous et d’autres malades. Mais durant mon séjour, je ne pouvais pas dormir car c’est la première fois que je travaille sous une lumière aussi forte. Pour éviter de tomber malade, j’ai dû fuir et c’est ainsi que je me suis retrouvé chez vous ici. Chez nous, c’est du coton imbibé de beurre de karité qui nous sert d’éclairage… ».

Il marque une pose avant de continuer. « Je pouvais supporter la lumière. Mais, les infirmiers m’obligeaient à abandonner certaines réalités de chez moi. Franchement, je ne supporte pas les gens qui veulent m’enlever « ma raison d’être ». Je reste africain et je souhaite mourir tel. Autant que le Coran et la Bible, nos savoirs africains sont incontournables pour soulager des malades. La preuve en est que, j’ai pu soigner beaucoup de fous et d’autres malades qui évitaient ces infirmiers qui ont voulu me subjuguer… ». Le courant électrique et l’hygiène dans leurs vrais sens, sont là, les deux « contraintes » incompatibles avec ce monsieur qui visiblement ignore tout en matière de modernisme.

Mieux, il nous apprend qu’il ne s’était jamais fait remorquer par un engin tracté par un moteur. Sans être contre le choix religieux et les croyances de ses semblables, notre interlocuteur de cette soirée demeure ferme quant à ses options coutumières. « Nous jurons tous au nom de Dieu le créateur. Alors faisons la paix pour que vive la culture de chacun de nous ». C’est en ces termes qu’il a clos la causerie. Et sans tarder, il a quitté le groupe pour « répondre à un appel urgent », s’est-il justifié, avant de nous laisser. Dans la mesure du possible, nous tenterons de mieux connaître cet Africain pour satisfaire la curiosité de tous nos lecteurs.

Souro DAO (daosouro@yahoo.fr)

L’Express du Faso

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