Touche pas à ma bête afro…disiaque !

mardi 28 août 2012 à 23h03min

Orphelinat pour rhinocéros ou téléphone portable pour mouton : les Africains commencent à choyer la gent animale. Texte et dessin de Damien Glez.

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Touche pas à ma bête afro…disiaque !

En Europe, l’été est la période où les vacanciers négligent exceptionnellement les animaux de compagnie, allant parfois jusqu’à abandonner les chiens au bord des routes de campagne.

Pourtant, dans les pays occidentaux, la faune domestique est généralement aussi bien choyée que l’espèce humaine.

Et les Africains de se moquer des mémères à leur toutou qui offrent des gabardines en velours à leur chiwawa frileux. Le reggaeman Zêdess ne s’y trompait pas, mettant l’européanisation des modes de vie à l’index dans sa chanson Où allons-nous :

« La télévision remplace les parents et les chiens remplacent les enfants. »

Traditionnellement, sur le continent africain, l’homme évite d’entretenir un lien affectif trop démonstratif avec l’animal ; même si sa survie dépend de son troupeau ; même si sa sécurité repose sur le cerbère qui garde sa cour.

A l’animal la terrasse poussiéreuse et humide, à son maître l’intérieur douillet de la maison. Rares sont ceux qui font des poutous avec des amis canins autorisés à se blottir sur les draps.

Et ne vous avisez pas à comparer l’homme à la bête. Quand bien même certains se comportent comme des animaux de cirque ou des ânes bâtés. Quand bien même l’ex-président Ben Ali a pratiqué la politique de l’autruche, avant de détaler comme un lièvre.

Quand bien même Robert Mugabe est un ours mal léché qui monte volontiers sur ses grands chevaux. Quand bien même Paul Kagame aime noyer le poisson dans l’espoir de ne pas devenir le dindon de la farce congolaise.

Seul Nelson Mandela semble -une fois de plus- avoir un recul rare pour partager avec joie son mythique patronyme avec un oiseau. A l’occasion du 94e anniversaire de l’ancien président sud-africain, des biologistes ont baptisé « Australopicus nelsonmandelai » un nouveau fossile d’oiseau préhistorique.

Si les brigitte-bardots de tous poils (synthétiques), égéries des animaux, n’ont que rarement droit de cité en Afrique, le continent est-il pour autant l’enfer des petites et des grandes bêtes ? Pas sûr.

A l’heure où les véritables héros de la série sud-africaine The Wild sont, en filigrane, les animaux sauvages qui évoluent autour d’un pavillon de chasse, les bêbêtes entendent de bonnes nouvelles à la radio…

Dans le pays du feuilleton et de Mandela, un éleveur vient d’offrir des téléphones portables à ses moutons. Evidemment, il ne s’agit pas d’obtenir de ses brebis des faveurs après le fatidique troisième rendez-vous.

Pas besoin de trois rendez-vous pour ça. L’objectif de cette distribution de sheep-phones est d’éviter le vol de bétail dans cette propriété de 750 hectares de la grande banlieue du Cap.
Animal high tech

Grâce à un dispositif savamment étudié, les téléphones alertent le fermier à chaque fois qu’un mouton se met à gambader, indiquant même le numéro de l’animal concerné par le sprint aussi suspect qu’inopiné.

L’animal high-tech n’a même pas besoin de composer le numéro de son propriétaire. Objets de toutes les attentions, ces béliers et autres agneaux pourraient se mettre à rêver du premier hôtel pour la gent moutonnière qui fut inauguré à Yugawara, au Japon, au début de cette année…

En Afrique du Sud toujours, ce n’est pas un complexe hôtelier mais un orphelinat qui vient d’être inauguré pour une partie de la faune : les rhinocéros qui sont victimes d’un braconnage qui ne profite guère aux Africains.

Ce sont les consommateurs asiatiques (notamment vietnamiens) des cornes du périssodactyle qui menacent aujourd’hui la survie de l’animal.

Réduit à l’état de poudre, l’appendice céphalique aurait des vertus aphrodisiaques. La performance reproductive des asiatiques compromet l’impérieuse reproduction des rhinos…

Après le massacre de 448 rhinocéros en 2011, l’orphelinat Entabeni Safari Conservancy, véritable “panse-bêtes”, recueille les bébés cornus, le temps de pouvoir les réintroduire dans la nature.

Moins de bobos pour les rhinos, hippos ou bonobos : sur le continent africain, l’homme cesserait donc progressivement d’être un loup pour l’animal. Mais attention, nos amies les bêtes ne se prêtent pas toutes aux câlins.

Et ne sont pas dangereux que les pachydermes botswanais qui ont failli briser la carrière monarchique d’un roi d’Espagne inconscient.

A l’heure où les attaques de requins défraient la chronique au large de Madagascar, à l’île de la Réunion, un classement estival rappelle aux vacanciers que les dix animaux les plus assassins du monde peuvent se rencontrer en Afrique.

Le requin, d’ailleurs, n’est que le dixième des meurtriers animaliers, provoquant la mort de moins de 80 personnes par an (petit joueur, comparé à un membre du parti Baas).

Le scorpion et ses 4.000 à 5.000 piqûres mortelles

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