LUTTE CONTRE LA FRAUDE : Un fonctionnaire des douanes échappe de peu au lynchage à Boussé

jeudi 23 août 2012 à 22h46min

Un fonctionnaire des douanes a échappé de peu au lynchage par la population, le mercredi 22 août 2012 à Boussé, suite à une course poursuite avec des fraudeurs. Bilan de ce mouvement de foule, une moto incendiée et un blessé toujours interné au centre médical de Boussé.

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LUTTE CONTRE LA FRAUDE : Un fonctionnaire des douanes échappe de peu au lynchage à Boussé

Tout a basculé en un laps de temps au tour de 17h, ce mardi 22 août 2012 à Boussé. Une horde de jeunes en colère, au bord de la route nationale N°2, en face du centre médical avec antenne chirurgicale (CMA), tienne a en découdre avec un douanier qui y a trouvé refuge. Selon des informations recueillies sur place, tout est parti d’une course poursuite de deux fraudeurs de médicaments prohibés originaire de la commune de Kirsi (province du passoré) par un agent de douane de la brigade mobile de Ouahigouya en poste à Yactenga, à une dizaine de kilomètres sur la route de Ouagadougou.

Dans le feu de l’action, il y aurait eu un tir de sommation (tir en air) de l’agent, ce qui amène un des fraudeurs à prendre panique dans sa fuite et à foncer a toute allure dans le mur du Centre médical avec antenne chirurgicale, se blessant au visage. La suite, on la connait : le fonctionnaire des douanes est pris à parti par des jeunes en colère, menaçant de le lyncher à mort. « Tuez-le ! Tuez-le ! Attachez-le sur sa moto et mettre le feu ! », pouvait on entendre dans la foule en colère. Selon A .Sawadogo, un des fraudeurs que nous avons pu rencontré, tout est parti d’un informateur anonyme qui a alerté les éléments de la brigade mobile depuis leurs base, à Yactenga, de leur détour. « Un inconnu a averti les douaniers de notre passage et lui a indiqué que nous déboucherons juste au niveau de la gendarmerie, juste à 500 m de la ville, après une bifurcation d’environ 15km du goudron.

Il est donc venu nous attendre là. Une course poursuite s’est engagée dès notre arrivée. C’est dans notre fuite que I. Sawadogo a pris le mur après les coups de fusil (…..) Ce n’est pas la première fois que les douaniers retirent nos médicaments sur cette voie », raconte le fraudeur mécontent. Il dit ne pas savoir qui a alerté la population et appelé à la vindicte populaire. L’agent des douanes sous protection, S.C, visiblement sous le choc, ne s’est pas prononcé sur l’incident. Selon des informations proches des services de santé, il y a eu plus de peur que mal.

Les jours du blessé ne sont pas en danger

« La victime a certes quelques blessures mais jours ne sont pas en danger. Nous allons juste le garder pour une observation, une question de précaution. Il n’y a pas d’inquiétude », a laissé entendre un agent de santé qui s’attelait à la suture des blessures. Les forces de police et de gendarmerie arrivées rapidement sur place n’ont pu que constater l’incendie de la motocyclette du fonctionnaire des douanes avant d’entamer des négociations pour que les frondeurs abandonnent leur initiative d’en finir avec le douanier. Les services de sécurité sur place affirment ne pas avoir connaissance de douilles ou d’impacts de balles sur les lieux.

A entendre un des fraudeurs, ils transportaient des médicaments prohibés et illicites dont ils se sont ravitaillés depuis Ouagadougou. « Nous ne transportons pas la drogue, ni les armes. Ce sont seulement des médicaments comme le paracétamol et autres comprimés pour aider la population. Nous transportions 5 sacs à nous deux », a-t-il laissé entendre. Non content de n’avoir pu en finir avec le douanier à Boussé, un important détachement de jeunes s’est rendu à la base de la brigade, à 10km à moto, pour en découdre avec celui qui resté sur place. Averti à son tour sans doute, ce dernier a dû fuir bien avant l’arrivée de la foule de jeune en furie.

Là encore, le commissaire Amidou Tiendrebéogo et ses hommes ont bataillé ferme dans la négociation pour que la voiture laissée sur place et la maison ou les douaniers stockent leurs saisies ne partent en fumée. Un calme précaire étaient revenu dans la ville autour de 19h lorsque nous quittions les lieux et les fraudeurs s’attelait a transporter, au moyen d’un tricycle, leurs marchandises qu’ils avaient pu dissimulées.

Moussa CONGO

Sidwaya

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