Tribune de la femme : Les mères et filles cultivatrices de Banakélédaga

mercredi 22 août 2012 à 23h49min

Il y a des femmes qui sont véritablement des travailleuses. Elles n’entendent pas qu’on leur propose de quoi faire. Soucieuses de l’avenir de leurs enfants, elles ont trouvé solution en s’unissant pour cultiver dans des champs contre bien entendu rémunération. Elles : ce sont les femmes de Banakélédaga, une localité située à une quinzaine de kilomètres de Bobo-Dioulasso. Rencontre.

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« Yêrê gnini » : c’est le nom de l’association de la vingtaine de femmes, toutes originaires de Banakélégada. Réunies autour d’un idéal commun ; celui de s’entraider à travers les activités de labour des champs d’autrui, elles sont visiblement satisfaites de ce courage et de cette abnégation, généralement dévolue aux hommes. Vendredi 3 août 2012, Sétou Sanou, une des membres de l’association a été contactée par un jeune homme résidant à Bobo-Dioulasso. Il souhaite qu’elles viennent labourer son champ situé à cinq kilomètres de leur village. Sétou informe la présidente de l’association qui à son tour contacte les autres.

Tôt le matin, le dimanche 5 août, elles sont sur le chemin du champ, les unes avec leur bébé, et les autres avec de la nourriture qu’elles portent sur la tête, la daba en main. Sur les lieux, les bébés sont confiés à leurs aînées qui restent à l’ombre d’un arbre. La vingtaine de femmes se mettent au travail. En ligne et suivant les emblavures, chacune défriche les mauvaises herbes. Le groupe se motive avec des chants et des rires. Pourquoi une telle initiative ? La présidente, Djéliya Sanou, indique qu’il s’agit d’une réponse non seulement à l’oisiveté, mais aussi pour un soutien à leur conjoint. « L’homme ne peut pas tout faire.

La femme doit lui venir en aide pour peu qu’elle peut », s’est-elle justifiée. Cette activité qu’elles mènent trois à quatre fois par semaine avec l’aval de leurs époux est rémunérée à 13 000 F CFA la séance, soit 1000 FCFA par femme. « Nous économisons l’argent et à la fin de la saison pluvieuse, nous achetons soit des ustensiles de cuisines, soit des habits. Nous aidons également nos époux pour la rentrée scolaire de nos enfants », soutient Sétou Sanou. Dur, dur, dira-t-on de mener de telles activités dont les fruits mûrissent tardivement. Mais ces femmes qui ont choisi ce chemin, économisent quelques fois près de 500 à 600 000 francs à chaque saison.

Elles sont à leur troisième année et les sorties qu’elles enregistrent tournent autour de 40 à 50. De telles activités ne sont pas sans inconvénient. Les femmes se plaignent de maux de dos, de courbatures et bien d’autres. Parce que, disent-elles : « Après ce dur labeur, il faut revenir préparer pour monsieur et les enfants. Donc, pas de véritable repos ». Djénéba Sanou, âgée de 16 ans est élève en classe de 6è. Elle occupe ses vacances avec cette activité et compte aider ses parents avec l’achat de fournitures.

Après une pause de 30 minutes, elles reprennent service et n’arrêtent qu’à 17 heures pour reprendre le chemin du village. De braves femmes qui méritent de réels soutiens surtout en termes de matériels, car beaucoup d’entre elles empruntent les dabas avec lesquels elles labourent les champs.

* « Yêrê gnini » : Se chercher en français.

Bassératou KINDO (beckyelsie@yahoo.fr)

L’express du faso

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