CRISE À L’UFR/LSH DE L’UNIVERSITÉ DE KOUDOUGOU : L’administration s’explique et appelle les étudiants à la responsabilité

samedi 18 août 2012 à 22h28min

A l’Unité de formation et de recherche en Lettres et sciences humaines (UFR/LSH) de l’Université de Koudougou, l’administration et l’ANEB ne semblent pas parler le même langage sur le réaménagement du calendrier académique, décidé par la présidence de l’université. A travers un communiqué de presse parvenu à notre rédaction, l’institution explique le bien-fondé de sa décision et appelle les étudiants à la responsabilité.

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Suite aux difficultés que rencontrent depuis quelques années les universités burkinabè, le Ministère en charge des enseignements secondaire et supérieur a instruit les différentes universités publiques de prendre toutes les mesures, en vue de rattraper le retard, afin d’éviter des chevauchements de promotions au cours de l’année académique 2012-2013.

C’est dans cette optique que l’Université de Koudougou (UK) a adopté un réaménagement du calendrier, en demandant aux enseignants de prendre un mois de leurs vacances pour poursuivre les activités académiques, de manière à les finir avant d’aller en congé. Le Conseil de la formation et de la vie universitaire (CFVU) a adopté cette démarche qui consiste à permettre à chaque établissement de l’UK de revoir son calendrier et de finir les examens, délibérer avant de prendre des congés d’un mois.

De même, conformément aux directives de l’UEMOA de rentrer dans le système LMD, au plus tard en 2011 pour respecter la nécessité de normaliser l’enseignement supérieur au standard international, l’Université de Koudougou a pris l’arrêté N°2012-00027/MESS/SG/UK portant organisation des enseignements et des modalités des évaluations et des délibérations des jurys dans les établissements de l’Université de Koudougou.

Dans cet esprit, les enseignants ont fourni beaucoup d’efforts pour assurer les cours dans les délais impartis. Les étudiants également ont consenti des sacrifices dans la plupart des établissements de l’UK. L’institut universitaire de technologie, l’Unité de formation et de recherche en Sciences économiques et de gestion, et l’école normale supérieure boucleront leur année à la fin du mois d’août. Seule l’Unité de formation et de recherche en lettres et sciences humaines (UFR/LSH) accuse un retard important et se voit obligée de poursuivre les cours et les évaluations dans la période d’août à septembre.
La principale particularité de cette UFR est qu’elle accueille les effectifs les plus lourds.

Pour les évaluations, une disposition prévoit des sessions de rattrapage pour les étudiants qui n’auraient pas réussi leur examen aux sessions normales du semestre 1 et du semestre 2. Naturellement, les étudiants ont été informés de cette mesure. Contre toute attente, c’est au moment de l’application des textes régissant les sessions d’examen que la corporation de l’Association nationale des étudiants du Burkina (ANEB) donne de la voix, s’opposant à l’application des textes en vigueur.

Les étudiants programment les congés des enseignants

Dans le souci de faire prévaloir un climat social apaisé, l’administration a accédé à la requête de l’ANEB et le calendrier de rattrapage a été revu et adopté, prenant en compte les préoccupations des étudiants qui se sont d’ailleurs félicités de cet aboutissement. Malheureusement, quelques temps après cette concession importante de l’administration, et alors que le calendrier était en cours d’application, la corporation ANEB décide de le remettre en cause pour exiger que les cours du semestre 2 qui sont programmés après les évaluations du semestre 1 soient suspendus en attendant les délibérations du 1er semestre.

L’ANEB a ainsi empêché des enseignants et des étudiants d’accéder aux salles de cours et à plusieurs reprises, a fait évacuer des promotions entières en plein cours. Mieux, dans sa plateforme revendicative du 4 août 2012, l’ANEB a exigé des vacances sur une période unique pour toutes les filières de l’UK, du 15 août au 15 septembre 2012.

Pour justifier sa revendication des vacances, l’ANEB évoque des raisons d’accompagnement des services sociaux gérés par le Centre national des œuvres universitaires (CENOU). On soulignera au passage que le ministère, en autorisant la poursuite des activités pédagogiques pendant la période de vacances, a pris des dispositions pour assurer une continuité des œuvres sociales du CENOU. Toujours dans l’esprit de conciliation et d’apaisement, l’administration a revu les dates de la rentrée 2012- 2013, de sorte que les étudiants qui réussissent la première session auront, dans toutes les filières, des vacances d’au moins un mois et de manière échelonnée sur la période d’août à novembre 2012. Ceux devant subir une session de rattrape auront au moins deux semaines de vacances après ladite session.
Plusieurs rencontres de négociation ont eu lieu entre la direction de l’UFR/LSH et la corporation de ANEB, mais sans aboutir à un compromis.


L’appel de l’UK

Le 9 août 2012, la présidence de l’Université a reçu la direction de l’UFR, la corporation ANEB de l’UFR/LSH et le bureau exécutif de l’ANEB pour des échanges sur la plateforme qui les oppose. L’administration regrette fortement les écarts de conduite conduit aux agressions physiques et verbales de la part des représentants de l’ANEB. L’administration a également rappelé que la vertu universelle de l’Université commande que personne ne soit inquiété à l’intérieur du domaine universitaire pour ses opinions, ses idées ou ses propos (confère articles 1er et 10 du décret 2000-560 portant franchises universitaires).

Malgré toutes ces concertations et dialogues, la corporation ANEB reste intransigeante et veut imposer des dates de congés, menaçant d’entreprendre des actions visant à empêcher le bon déroulement des enseignements et des évaluations, cependant qu’elle reste incapable d’aucune proposition concrète pour le rattrapage de l’année et soutient même que cela n’a rien de grave, si le rattrapage doit s’étaler sur plusieurs années.

Face à cette volonté manifeste d’empêcher le retour à un calendrier académique normal, l’administration universitaire prend à témoin l’opinion publique quant aux actes de barbarie et d’agression que font subir les éléments de l’ANEB à la plupart des étudiants qui souhaitent poursuivre paisiblement leurs cours.
L’administration appelle à la responsabilité de :

tous les parents d’étudiants pour qu’ils conseillent ces jeunes ;

l’opinion publique nationale et internationale pour que la vraie information ne soit pas déformée et qu’elle agisse sur les militants de l’ANEB, afin que ceux-ci reviennent à la raison ;

chaque étudiant au respect des activités pédagogiques et académiques.

Elle interpelle le comité exécutif et la corporation ANEB de l’UFR/LSH pour que cessent les intimidations, les agressions verbales ou physiques, les menaces diverses, et que la liberté d’opinion soit respectée sur le campus, afin qu’aucun étudiant ne soit inquiété pour ses idées ou son intention de suivre les cours.
L’administration de l’Université de Koudougou renouvelle sa disponibilité et son engagement à rattraper le retard, afin d’arriver à un calendrier normalisé en 2012 - 2013.

La Présidence
de l’Université
de Koudougou

Sidwaya

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