Lutte contre la désertification : Les ressortissants de Bagaré au chevet de leur terroir

vendredi 17 août 2012 à 00h22min

Sacrifiant à une tradition annuelle, l’association des ressortissants du département de Bagaré résidant à Ouagadougou (ARDB/RO) a organisé du 4 au 6 août derniers une sortie dans la commune rurale situé à une quarantaine de kilomètres de Yako sur l’axe de Toma. Une centaine de membres ont effectué le déplacement pour y porter des plants en terre et voler au secours des populations avec des vivres.

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Les filles et fils de Bagaré à Ouagadougou ne sont pas restés en marge de la vague de reboisement et de l’écho de solidarité en cours dans leur pays. Conscients que leur commune rurale est aussi confrontée à la dégradation de son couvert végétal et sa population aux prises à l’insécurité alimentaire, ils ont fait d’une pierre deux coups : contribuer au reverdissement de la zone et apporter un modeste soulagement aux couches défavorisées. Sonnant le rassemblement, le président de l’association des ressortissants du département de Bagaré résidant à Ouagadougou (ARDB/RO), Jean Saba et ses camarades ont mobilisé les populations des vingt-quatre (24) villages autour des maître-mots de la préservation de l’environnement et de la lutte pour l’autosuffisance alimentaire. Avec à leur tête, les autorités politiques et administratives, elles ont massivement répondu à l’appel.

Plus de huit cents (800) plants ont été mis en terre à la mairie, à la résidence du maire, à la préfecture à Bagaré ainsi que dans la forêt classée de Niouma, à sept kilomètres de là. Environ deux cents (200) plants ont été également remis aux leaders (chefs coutumiers, les responsables religieux, conseillers municipaux et présidents de CVD) afin qu’ils puissent procéder à une plantation utile et exemplaire dans leurs concessions. Les arbres de diverses espèces ont été acquis grâce au ministère de l’Environnement et du Cadre de vie. « Bagaré signifie pâturage. Cela suppose abondance de fourrages et d’eau, synonyme de verdure. Jadis la richesse de ses habitants reposait sur l’élevage. Et c’est à contre cœur que l’on constate la disparition de ces atouts.

Il appartient aux héritiers que nous sommes de rééditer cet espoir en préservant les générations futures d’une éventuelle catastrophe », a indiqué Jean Saba, président de l’ARDB/RO. Son cri de cœur est unanimement partagé par tous les campeurs qui se sont engagés à promouvoir les actions en faveur de la régénérescence du pâturage qu’est Bagaré. Chaque village a été invité à reprendre sur place le camp de reboisement.

Moments de retrouvailles et de convivialités, les 4, 5 et 6 août ont été également mis à profit par l’association pour sonner la participation aux efforts d’épanouissement des parents restés aux villages. A l’occasion, elle a fait un clin d’œil aux familles qui éprouvent des difficultés liées à l’alimentation en cette période de soudure. Divers dons ont permis de constituer un stock de vivres en leur faveur. « C’est une modeste contribution certes mais une grande preuve de solidarité. A travers ce geste bienveillant, nos parents savent que leurs préoccupations de jours comme de nuit sont aussi les nôtres malgré notre éloignement », a relevé Jérôme Rakistaba, Expert maritime à Ouagadougou, premier président de l’ARDB/RO.

L’Association a ouvert une série de réflexions qui ont permis d’explorer les pistes d’un partenariat entre les ressortissants installés aux quatre coins du pays et leur commune rurale. Elle se réjouit de l’exemple d’un de ses membres, Christophe Zouda, qui a favorisé la construction de l’école de Kala par la coopération japonaise. Les ressortissants installés dans la capitale ont espéré que cet acte fasse des émules dans une zone dont les défis sont énormes sur tous les plans : éducation, santé, hydraulique, routes, etc. En attendant l’électrification prochaine de Bagaré, ils souhaitent susciter la voie d’un tremplin pour le bien-être débarrassé de toute prise en otage.

Car malgré l’érection de la localité en entité administrative en 1963, celle-ci peine encore à réussir l’unisson de ses filles et fils pour véritablement entreprendre des actions qui vaillent pour le développement. En témoigne leur incapacité à s’accorder pour célébrer le Cinquantenaire de l’Ecole primaire publique (EPP) de Bagaré qui devrait intervenir depuis 2003. L’ARDB/RO entend surmonter tous les préjugés et autres considérations inhibant le progrès de la commune rurale pour rassembler durablement les habitants de la commune rurale autour d’un élan et d’une adhésion unanimes pour le développement local. Plus qu’un pari, il en a fait un challenge à gagner coûte que coûte.

Jolivet Emmaüs (Joliv_et@yahoo.fr)

Sidwaya

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