Travaux d’assainissement à Ouaga : Pagaille ambiante sur les chaussées

mardi 7 août 2012 à 00h19min

Le centre de ville de Ouagadougou est actuellement le théâtre de travaux d’assainissement à grande échelle qui perturbent assez durement la circulation. Aller au centre ville aujourd’hui est un cauchemar pour toutes les catégories d’usagers. L’impatience des citadins commence à se faire sentir devant des chantiers qui ne montrent pas de signe d’avancement. Les sociétés en charge des travaux semblent elles-mêmes évoluer dans une telle pagaille au point que l’on se demande s’il existe un cahier de charges et un plan de travail rationnel.

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Les voies bitumées de Ouaga-centre sont la proie de grues et de marteaux piqueurs qui les éventrent à longueur de journée provoquant des embouteillages fréquents. Maître d’ouvrage de ces chantiers, la nationale des eaux (ONEA). En effet, pour Djibril Toguyeli, directeur des routes et des services techniques municipaux, deux projets sont actuellement en cours d’exécution. Un projet d’adduction en eau potable du projet Zaka exécuté par l’entreprise EBOMAF et le projet d’assainissement collectif de la ville de Ouaga phase II, exécuté par un groupement d’entreprises, SADE et SSI/BF. Ce dernier projet est en cours depuis le 24 octobre 2011 et doit en principe prendre fin en janvier 2013.

Il y a danger au niveau
de la circulation

Entre les innombrables bouchons provoqués par les amoncellements de terre réduisant la largeur des chaussées et les voies barrées, les usagers ne savent pas toujours sur quel pied danser. Pas de signalisations et quand elles existent, elles ne sont pas forcément visibles de loin. Pourtant, la mairie selon toujours M.Toguyeli est très scrupuleuse sur la question de la sécurité des usagers. En plus des panneaux de signalisation obligatoires pour prévenir les passants de l’existence des travaux, des personnes ont été responsabilisées pour orienter les usagers vers les nouveaux itinéraires qui servent de voies de dégagement. Ces personnes portent des gilets signalétiques afin d’être vues de loin. La mairie a aussi recourt à la police pour assurer la fluidité de la circulation sur les axes sensibles. C’est le cas de l’axe menant au Ministère des affaires étrangères en passant devant le Conseil de l’Entente jusqu’au SP/CNLS où les travaux ont nécessité la présence de la police. Manifestement, ces consignes de la mairie rencontrent quelques difficultés sur le terrain comme le reconnaît Monsieur Toguyeli lui-même : « On nous interpelle souvent par rapport à la défaillance dans l’exécution des travaux pour nous signaler l’absence de signalétiques. Une fois que nous nous rendons sur le terrain pour vérifier, nous constatons que c’est plutôt le projet que pilote EBOMAF qui ne respecte pas cet accord. Cela fait plusieurs années que ce dernier projet est exécuté, tantôt on constate une phase latente, tantôt nous voyons redémarrer les travaux. C’est ce qui nous conduit souvent à nous retrouver sur un même axe et alors soit c’est nous qui partons, soit ce sont eux qui partent ».

Un perpétuel recommencement

L’impression qui se dégage c’est que les rues de Ouaga n’en finissent pas d’être réparées. On ne cesse de casser les voies pour ensuite les refermer et revenir à nouveau pour recommencer le même travail. Constat de Moumouni Yaméogo, propriétaire d’un kiosque de librairie sur l’avenue Houari Boumediene : « Ces façons de creuser nous énervent. On déchire la voie quand on veut et quelques temps après ces gens reviennent pour à nouveau faire le même travail. On ne sait même plus si ces gens sont des stagiaires ou des professionnels. Vraiment ça nous crée des problèmes. On est obligé de fermer souvent nos kiosques à cause de la poussière et on perd nos clients qui n’ont pas d’heures pour faire leurs achats ». En outre, quand l’ONEA casse les voies, elles ne retrouvent jamais leur allure de départ. Le nivellement est fait avec précipitation, ce qui donne des « cassis ou dos d’ânes » très désagréables pour la circulation. De nombreux accidents en découlent.

« La prise en charge de ces blessés est assurée par l’entreprise si l’accident intervient au moment où l’entreprise est en train d’exécuter les travaux, mais si c’est après les travaux, les blessés doivent se conformer au service qui s’occupe habituellement des accidentés précise Monsieur Toguyeli. Il rassure par ailleurs qu’ avant deux ans, aucune nouvelle voie bitumée ne doit faire l’objet de travaux exigeant que la voie soit cassée. M. Toguyeli confirme par ailleurs l’existence d’un plan d’urbanisation mais s’empresse t-il d’ajouter, ce plan est tributaire des financements dont les délais de mise à disposition sont souvent en décalage avec les travaux de bitumage envisagés. « S’il est prévu qu’une chaussée doit subir des travaux d’assainissement et que les financements ne sont pas disponibles au moment où cette voie doit être bitumée, il va de soi que lorsque le financement sera obtenu, les travaux d’assainissement vont dégrader le nouveau bitume ».

Une communication défaillante

Les entreprises pèchent souvent sur le volet de la communication. En ce qui concerne les projets en cours, il existe un plan de communication qui est toutefois partiel et ne couvre pas toute la durée des projets. La télévision, la radio et la presse écrite avaient été au départ des canaux de communication pour les projets, mais depuis quelques temps, les gens sont surpris de prendre leur itinéraire habituel pour se rendre au travail le matin et de se retrouver le soir contraint de chercher une nouvelle voie pour rentrer chez eux. Ouédraogo Adama, un motocycliste témoigne : « souvent la voie réservée aux motos est celle qui est choisie principalement pour les travaux. Tu prends la voie le matin pour aller au travail et entre temps tu es obligé d’emprunter une autre voie pour continuer.

Déjà quand on sort on est en retard. Et si la route est barrée on se retrouve encore plus en retard qu’avant. Il faut que ceux qui réparent les voies nous disent clairement quelle voie sera touchée cette semaine pour que nous nous préparions. Rien n’est jamais sérieux au Burkina ». Il ya donc besoin de renforcer et de pérenniser la communication pour permettre aux gens d’être à l’aise lorsqu’ils circulent. Compréhensif, le Directeur des routes a assuré que trois jours d’information étaient consacrés avant le démarrage effectif des travaux sur une voie mais que si d’aventure ce n’est plus le cas, il verra dans quelle mesure relancer la formulen

Par Michaël Pacodi (
pacomik@yahoo.fr)

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