Fait de chez nous : Elle battait son mari

vendredi 3 août 2012 à 00h17min

« Si je savais… », répète sans cesse Sandrine à tous ceux qui lui prêtent une oreille attentive. « Si je savais n’a pas de queue », sommes-nous tentés de lui dire ! Elle qui pensait que la vie de son concubin se limitait à leur concession, comprend avec regret la réalité. Aubain est un garçon frêle. Bien qu’il ne soit pas de l’ethnie de mes cousins Peulhs, il n’a rien laissé de leur physique. Son chemin sentimental l’a mis sur celui d’une vraie femme africaine (côté physique) du nom de Sandrine. Contrairement aux couples où l’homme dicte sa loi à la femme, celui d’Aubain et Sandrine vivait à l’inverse. Toutes les décisions du couple étaient prises par Sandrine. Toute opposition de « son » Aubain avait une réaction proportionnelle de la part de la patronne de la maison.

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Ainsi, Sandrine passait son temps à battre Aubain. Des proches ont parfois intervenu pour défendre monsieur. Certains ont même menacé de la dénoncer « à qui de droit » pour violence conjugale. Ni l’une, ni l’autre action n’ont pu dissuader la batteuse de mari. « Dieu ne laisse pas mourir les oiseaux du ciel », nous enseigne un adage. C’est dans cette « merde quotidienne » qu’Aubain va faire connaissance d’une expatriée européenne. Le talent artistique d’Aubain a eu raison d’elle. Elle fait partir Aubain dans son pays d’origine pour une production. Les choses ont bien tourné et monsieur est revenu au Faso. Toutefois, Aubain n’est plus reparti dans la même concession.

Il a loué une maison en ville et y a déménagé avec sa nouvelle femme « venue de l’autre côté ». Comme cette dernière est d’un monde qui ne badine pas avec les droits humains, Aubain était plus qu’à l’aise. « Il vivait dans un paradis terrestre », comme dirait notre source. C’est d’ailleurs cette nouvelle femme qui a engagé la procédure pour récupérer les deux enfants d’Aubain qui vivaient toujours avec Sandrine.

Depuis le départ d’Aubain et de ses deux enfants, Sandrine vit une sorte de prison. Personne ne lui rend visite. Les nuits sont devenues des moments pénibles pour elle. Ainsi, chaque soir, Sandrine se poste devant le portail de la concession et interpelle les passants, surtout les garçons pour lui tenir compagnie. Tous ceux qui lui ont prêté une oreille attentive sont repartis avec le refrain, « si je savais… ».

Souro DAO (daosouro@yahoo.fr)

L’Express du Faso

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