HOMMAGE AU LARLÉ NAABA AMBGA : De la nécessité de perpétuer l’œuvre d’un grand homme

jeudi 2 août 2012 à 00h14min

Dans le cadre des activités commémoratives du 30e anniversaire de la disparition du Larlé Naaba Ambga, le comité d’organisation de l’évènement a convié, le dimanche 29 juillet 2012 à Ouagadougou, un panel sur la vie et l’œuvre de l’illustre disparu, suivi d’un concert, le lendemain 30 juillet à la Maison du peuple.

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Le Larlé Naaba Ambga, de son vrai nom Yamba Kiendrébéogo, intronisé Larlé (deuxième ministre du Moogho Naaba) en 1928 à l’âge de 21 ans, a rejoint Dieu et les mânes de ses ancêtres, le 30 juillet 1982 à l’âge de 75ans. Trente ans après sa disparition, sa mémoire semble vivace dans le cœur de tous ceux qui l’ont connu et mieux, de ceux qui se sont par la suite abreuvés à la source de son immense savoir. Le dimanche 29 juillet 2012 dans l’enceinte du palais royal du Larlé, des personnes-ressources se sont entretenues avec une grande foule sur la vie et l’œuvre du regretté.

Pour l’ancien administrateur des services culturels, Lamoussa Théodore Kafando, le Naaba Ambga a été à la fois, philosophe, psychologue, sociologue, pédagogue, historien (3 livres à son actif), musicien (luth à 3 cordes), un conteur hors pair… En somme, une personne aux qualités intellectuelles et morales insoupçonnées. « Comme testament, il a laissé à l’humanité un inestimable patrimoine culturel », a ajouté M. Kafando. La renommée du Naaba Ambga s’est construite en grande partie de la ville vers les campagnes, à travers ses contes du mardi soir sur la radio nationale. Initiés en 1961, les contes du Larlé reflétaient, selon le chercheur et ethno-musicien Oger Kaboré, l’expression d’un nationalisme confiant, propre aux années d’indépendance.

De l’avis de M. Kaboré qui a écrit sur le sujet, les contes du Larlé se composaient des "yelsoalma" (histoires à consonances spirituelles et mystiques) et des "kibai" (récits portant sur la méditation, la morale, les dictons et les anecdotes ancestraux.) En guise de conclusion, le Larlé servait à ses auditeurs, des maximes et leur prodiguait des conseils. Les histoires obscènes bien qu’existant dans les récits de l’époque, étaient exclues. Toute la philosophie des contes, a laissé entendre le chercheur, peut se résumer en ces termes : « Fais le bien, agis toujours au nom de Dieu ». Naaba Ambga, a confié l’ethno-musicien, était un homme très spirituel. L’illustre disparu croyait fermement à un univers régi par Dieu dans lequel coexistent les mânes des ancêtres et des forces surnaturelles.

En outre, pour ce chef coutumier, l’existence humaine doit impérativement se fonder sur des valeurs ancestrales et intrinsèques. Par ailleurs « Le Larlé Naaba choisissait ses contes en fonction des évènements sociopolitiques et les élucidait ou non en fonction des destinataires », a indiqué Oger Kaboré.

‘’Fais le bien, agis toujours au nom de Dieu’’

A en croire le directeur de l’Institut des sciences de la réussite, Nazigouba Kaboré, tous les principes qui ont concouru au développement des grandes puissances et à l’émergence de certains pays se retrouvent tels ou ont leurs équivalents dans l’œuvre du Larlé. A l’instar des autres intervenants, il a souhaité que des mesures soient prises afin de mettre à la disposition de la jeune génération, cet immense savoir. Pour Sibiri Diallo dit Bagnaaba, qui participe aux contes du Larlé depuis 1963, le Naaba Ambga était à la fois un rassembleur et un visionneur qui évoquait généralement le passé et le futur.

Le Larlé Naaba autorisait toute personne quelle que soit son ethnie, à prendre part aux contes à condition que l’intéressé soit attaché à la langue et à la culture de son terroir d’origine. « Le jour de son décès, la cour royale a été prise d’assaut par plusieurs communautés telles que les Samo à telle enseigne que même les membres de la famille étaient relégués au second plan », a témoigné l’ancien diplomate et fils du défunt, Anatole Tiendrebéogo. Le Larlé Naaba, a-t-il souligné, était d’une grande accessibilité et adoptait facilement ceux qui venaient à lui.

Le promoteur de la radio Savane FM, Aboubacar Zida dit Sidnaaba, a confié que sa réussite tire sa source de « l’école du Larlé » dans laquelle il s’est inscrit depuis l’âge de 7ans. Selon ses explications, les nombreuses maximes du Larlé lui ont permis très tôt de se forger une personnalité d’homme de culture et de communicateur en langue mooré. Le Larlé Naaba Tigré a, au nom du Moogho Naaba Baongo et de la famille royale, remercié les organisateurs représentés par les journalistes Boureima Djiga et Jean Roger Kisito Batiébo. « La culture souffre. Nous avons besoin d’occasions et de circonstances pour nous ressourcer. A mon modeste niveau, je me battrai afin de perpétuer l’œuvre de mon grand-père notamment en le réadaptant sur de nouveaux supports », a-t-il déclaré. Au menu des activités commémoratives, il y a eu également des jeux de société, un gala de boxe et un concert à la Maison du peuple le lundi 30 juillet.

Des vedettes de la musique traditionnelle telles que Bamogo de Nobéré, Kisto Koinbré, Fati Sidpayété et Zougnazaguemda ont tenu en haleine le public. Au cours de la soirée, Rigobert Ilboudo de la radio Canal Arc-en-ciel et Sidnaaba ont reçu des attestations de reconnaissance pour la promotion de l’œuvre du Larlé sur leurs ondes. Le secrétaire général du ministère de la Culture, Jean Claude Dioma, le Larlé Naaba Tigré et un représentant du Moogho Naaba ont assisté avec intérêt aux différentes prestations artistiques. L’actuel Larlé, à savoir le Naaba Tigré, est le successeur de Naaba Ambga (1928-1982), après le Naaba Belmwendé (1982-1990).

Tilado Apollinaire ABGA

Sidwaya

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