AFFRONTEMENT INTERCOMMUNAUTAIRE : Le poste de police frontalier de Kantchari saccagé

vendredi 27 juillet 2012 à 00h52min

Un conflit agriculteurs-éleveurs a dégénéré, le mardi 24 juillet 2012 à Kantchari, à la frontière nigéro-burkinabè, entraînant la mort d’un fermier haoussa.

RÈagissez ‡ cet article Réagissez

Après l’inhumation de la victime, la communauté haoussa a organisé une chasse aux peulhs. Ceux-ci, craignant les représailles, ont trouvé refuge au poste de police frontalier de Kantchari. Selon l’officier Seydou Ouédraogo, trouvé sur place, « les réfugiés », composés essentiellement de femmes et d’enfants, étaient au nombre de 52 dans le bâtiment pris d’assaut par une horde d’environ 500 personnes qui tenaient à venger la première victime. S’engage alors un « corps à corps » entre la trentaine d’éléments du poste et une communauté déchaînée.

« Ils étaient armés de pioches, de haches, de barres à mine, de projectiles et s’en sont pris au bâtiment des « réfugiés ». Nous avons eu le soin d’éloigner les armes et de protéger ces personnes en danger, les mains nus, pour éviter ce qui est arrivé ailleurs », a confié un témoin des faits. La médiation entreprise par le haut-commissaire de la Tapoa et le chef de la communauté n’y ont rien pu. Avec l’avantage du nombre, les assaillants sont parvenus à défoncer toutes les fenêtres du poste et à saccager des bureaux du service des visas. Il a fallu l’arrivée d’un renfort de Fada N’Gourma, à 180 kilomètres, pour extirper les peulhs de l’étau. Fort heureusement, on ne déplore aucune perte supplémentaire en vie humaine, mais certains ont été blessés par des jets de pierres.

Le mercredi 25 juillet 2012, des traces boueuses et ensanglantées d’empoignades étaient encore visibles sur le sol. Par mesure de sécurité, les 52 personnes ont été transférées à Fada N’Gourma et un détachement de la CRS est aux aguets. Le travail, a repris bon an, mal an. « C’est un poste frontalier, nous ne pouvons pas laisser les gens rentrer dans le pays sans contrôle. C’est pour cela que nous avons repris le travail en attendant la réparation des dégâts », nous a-t-on indiqué.

Mahamadi TIEGNA (De retour de Niamey)

Sidwaya

Imprimer l'article

Vos commentaires

  • Le 27 juillet 2012 à 01:45, par Z.
    En réponse à : AFFRONTEMENT INTERCOMMUNAUTAIRE : Le poste de police frontalier de Kantchari saccagé

    Il est temps que l’Etat cesse de se voiler la face en chantant qu’au Burkina, tout va bien et que les différentes communautés vivent en harmonie. Il faut aussi qu’il aille au délà des règlements des conflits au cas par cas pour affronter les racines du mal.
    Avec le contexte de pression sur les terres agricoles, il faut trouver des solutions pour que l’élévage traditionnel puisse continuer à se faire sans gène. Il faut aussi reconnaitre que dans ce pays, certaines communautés sont méprisées par d’autres même si nos autorités ne veulent pas qu’on le dise. Je ne cultive pas la haine, je la denonce. Il faut cesser la politique de l’autriche et regarder en face nos vrais problèmes afin de les resoudre. Car, si nous nous trompons de problèmes, nous développerons nécéssairement de mauvaises solutions.

    Répondre à ce message

  • Le 27 juillet 2012 à 04:36, par Oumou Dilli
    En réponse à : AFFRONTEMENT INTERCOMMUNAUTAIRE : Le poste de police frontalier de Kantchari saccagé

    Il y a un problème avec les paturage !
    Ce pourrait devenir un problème Peulh !

    Répondre à ce message

  • Le 27 juillet 2012 à 04:56, par sidnabiiga
    En réponse à : AFFRONTEMENT INTERCOMMUNAUTAIRE : Le poste de police frontalier de Kantchari saccagé

    Décidement rien ne va plus dans ce pays ! Il faut avoir le courage et résoudre les problèmes dans leurs racines ! Le premier Ministre enverra t il l’armée retablir l’ordre comme la grave maladresse de Boussouma ? Je crois que non ! Il faut des états généraux sur les conflits inter communautaires au Burkina pour un modis vivendi parce que sans undébat sans tabou, aucun problème ne paeut trouver solution ! ça sera du simple saupoudrage et les conflits latents reprendront quand les repressions sauvages s’estomperont ! Et cela ne s’appelle pas gouverner mais naviguer à vue ! LAT est venu pour résoudre les crises mais j’en doute qu’il réussisse tellement il est devenu imbu de lui meme, arrogant avec des relents repressifs ! C’est bien la repression et la justice ,c’est mieux la reconciliation des coeurs !C’est plus sûr ! Dieu sauve le Burkina !

    Répondre à ce message

  • Le 27 juillet 2012 à 05:03, par Vigilance
    En réponse à : AFFRONTEMENT INTERCOMMUNAUTAIRE : Le poste de police frontalier de Kantchari saccagé

    Félicitation a ces policiers !!!
    Et avec ça des gens se permettent de dire que les forces de l’ordre et de sécurité n foutent rien au point souvent des les mépriser. N’eut été leur bravoure, on assisterait encore a une scène d’hécatombe comme celle qui s’est produit a la frontière avec le Mali il ya environ 2 mois ou 100 peulhs ont perdu la vie.
    Tbarkalalik !!!!

    Répondre à ce message

  • Le 27 juillet 2012 à 05:17
    En réponse à : AFFRONTEMENT INTERCOMMUNAUTAIRE : Le poste de police frontalier de Kantchari saccagé

    L’Etat a encore pris un coup. Il y a un problème fondamental qu’il faut dégouîller. Pourquoi le fermier haoussa est mort ? Qui est responsable de sa mort ? Qui couvre sa mort ? Il y a une supercherie qui fait réagir les Haoussas. Les forces de l’ordre n’ont-ils pas une part de responsabilité ? Les peulh sont chaque fois prêts à corrompre pour ce genre de chose. L’impunité a longtemps regné pour ce genre de mort où les meurtriers utilisent leur argent pour corrompre la police ou la gendarmerie.
    Entre nous pourquoi le service de police de la frontière reprend le travail alors que son autorité est défiée ? Il y a une réalité : l’arrêt du travail arrête le deal de ces policiers. Votre lieu de travail est saccagé et vous continuez de bosser ? on est où là ? Leur propre sécurité est menacée. les installations ne leur permettent pas d’être en sécurité ; leur vie a été menacée ; mais devant l’argent il ont choisi de reprendre le Job ? Hummmm !

    Répondre à ce message

  • Le 27 juillet 2012 à 06:53, par rappel
    En réponse à : AFFRONTEMENT INTERCOMMUNAUTAIRE : Le poste de police frontalier de Kantchari saccagé

    les peuls .ils fauts que les peuls revoient un peut leurs cohabitation avec les autres communautées .ils sont les premiers a provoquer

    Répondre à ce message

  • Le 27 juillet 2012 à 06:56, par L’Africain
    En réponse à : AFFRONTEMENT INTERCOMMUNAUTAIRE : Le poste de police frontalier de Kantchari saccagé

    La reaction de "Z" est fort juste. Mais ce qui preoccupe nos autorités ce sont les liberations d’otages Espagnols, Français, Italiens etc.. et les mediations tout azimut. Ce qui se passe a l’interieur du Burkina ne les preoccupe pas. Comme si elles avaient été elues par les pays europeens et les pays voisins. Ils parlent de nos compatriotes a l’etranger qui pourraient avoir des problemes. Il y a des Nigeriens, des Ghanéens, des Nigerians, des Beninois etc,.. qui vivent hors de leurs pays. Mais leurs autorités ne sont pas aussi zélés pour les mediations. Franchement, y en a marre de ces mediations et autres liberations d’otage.

    Répondre à ce message

  • Le 27 juillet 2012 à 08:01, par Boub’s
    En réponse à : AFFRONTEMENT INTERCOMMUNAUTAIRE : Le poste de police frontalier de Kantchari saccagé

    Hé ! Allah pauvres flics, bon courage à vous et surtout qu’Allah le miraculeux vous protège en ce mois de carême.

    Répondre à ce message

  • Le 27 juillet 2012 à 08:16, par Zizou
    En réponse à : AFFRONTEMENT INTERCOMMUNAUTAIRE : Le poste de police frontalier de Kantchari saccagé

    Z a tout dit. Merci, vraiment, pour ce commentaire et cette lecture eclaires.

    Répondre à ce message

  • Le 27 juillet 2012 à 08:36, par Idée
    En réponse à : AFFRONTEMENT INTERCOMMUNAUTAIRE : Le poste de police frontalier de Kantchari saccagé

    sans vouloir jeter l’huile sur le feu, si il est indéniable que les éleveurs peulh sont victimes de violence, force est de reconnaitre qu’ils sont souvent proactifs à déclencher les hostilités. donc des efforts doivent faits de part et d’autre que l’harmonie soit sauvegardée. "si on accuse la souris de manger le soumbala de la femme,il faut aussi avoir le courage de dire à la femme de bien deposer son soumbala"

    Répondre à ce message

  • Le 27 juillet 2012 à 10:16
    En réponse à : AFFRONTEMENT INTERCOMMUNAUTAIRE : Le poste de police frontalier de Kantchari saccagé

    Il faut relever que le problème est vécu sur toute l’étendue du territoire même si sa virulence est moins ressentie en ville qu’en campagne.
    Je ne vois pas autre solution que la sédantarisation des éleveurs. Il faut leur trouver des zones d’élevage bien déterminées et non des bandes passantes. L’agriculteur a droit à la terre au même titre que l’éleveur. Que chacun en respecte les limites de l’autre et le problème sera sûrement résolu. Quand je pense aux AVV, je suis convaincu que l’Etat peut bien trouver des zones précises pour chaque type d’activité
    De grace, n’attendez pas plus pour appliquer ma solution.
    Dans tous les cas, je vous donne rendez-vous dans 5 ans ; si rien n’est fait...

    Répondre à ce message

  • Le 27 juillet 2012 à 10:58, par donmozoun
    En réponse à : AFFRONTEMENT INTERCOMMUNAUTAIRE : Le poste de police frontalier de Kantchari saccagé

    je pense que le Burkina a vraiment mal, les populations ont mal mais nos dirigeants refusent de nous assister et nous soutenir. Ils se complaisent à dire à qui veut l’entendre que tout va bien, alors que la gangrène qui s’installe lentement et inévitablement, nous conduira à coup sûr vers la catastrophe. c’est vrai aussi que le gouvernement ne peut pas prévoir tous les remous sociaux mais il lui faudra travailler à faire en sorte que les populations se préoccupent de développement, d’un meilleur être que de l’existentiel.Le diplomate français n’a pas eu tort dans ses déclarations. L’implosion viendra de l’intérieur. vous imaginez qu’un groupe ethnique du Burkina qui se sentirait très lésé , marginalisé, se rebelle et veuille se faire entendre, qu’est ce qui adviendra de la paix sociale ? Ne remettons pas tout à Dieu mais trvaillons chacun en ce qu’il peut à consolider la paix, la concorde et l’entente, la bonne cohabitation.

    Répondre à ce message

  • Le 27 juillet 2012 à 14:50, par la verité
    En réponse à : AFFRONTEMENT INTERCOMMUNAUTAIRE : Le poste de police frontalier de Kantchari saccagé

    qui a dis que les flics sont pauvres ils ont maintenant 210000.le francais commence avoir raison le burkina va mal.

    Répondre à ce message

  • Le 27 juillet 2012 à 15:25, par sidzabda
    En réponse à : AFFRONTEMENT INTERCOMMUNAUTAIRE : Le poste de police frontalier de Kantchari saccagé

    Merci Z tu as tout dit c’est ça on di une analyse. Il faut rappeler aux éleveurs qu’il n’y a pas un métier aussi pénible que de labourer la terre surtout avec un résultat subjectif. Ce cela se confirme par le châtiment que Dieu a infligé à l’homme « tu mangera à la sueur de ton front » et le première activité d’Adam était de cultiver. Donc mes frères peulh « tchawrè de dènonne hôrèmôme è guêssè yimbè saboudèy gôlè guêssè na nawi sannè » traduction en français : frère peulh éviter au maxi de défricher les champs d’autrui car les travaux champêtres sont très pénibles

    Répondre à ce message

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter


LeFaso.net
A propos..
Flux  RSS 2.0
Plan du site
Nous contacter
Condition d'utilisation
Responsabilité
Cookies et cache
Version mobile
Publicité
Partenariat

LeFaso.net © 2003-2017 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés