Mariages d’avant le jeûne : Rien que pour s’occuper de monsieur pendant le carême

vendredi 20 juillet 2012 à 00h22min

« Demain, c’est jeudi. Et j’ai le cœur qui bat. On vient de m’annoncer trois mariages. Je dois être présente à tous ces trois endroits festifs. En plus de cette présence physique, il faudrait respecter les règles des manifestations de joie (mariage, baptême…) qui est d’offrir obligatoirement un cadeau. Pourtant, je n’ai pas suffisamment de moyens à même d’honorer toutes ces dépenses circonstancielles. Tout cela, parce que le mois de carême s’annonce », se plaignait une dame, dans un des quartiers populaires de la ville de Bobo-Dioulasso. Le mois béni, le mois de la privation, en effet, avance à grand pas. Il ne reste plus que quelques heures pour que les fidèles musulmans renouent avec l’un des cinq piliers de leur religion.

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D’une manière générale et selon certains musulmans, le mois précédant celui du jeûne, est bien approprié pour sceller les unions. D’aucuns déduisent qu’il s’agit d’une période bénie, donc meilleure pour « se dire oui pour le meilleur et pour le pire ». Dans la ville de Bobo-Dioulasso, cette conviction semble bien ancrée dans les mentalités. Depuis le mois de juin, les jeudis et dimanches sont des jours très chargés pour les Bobolaises, pour les motifs bien entendu de « furi siri », ou « Kongnon y a ». L’heure est au djanjoba (du matin au soir) aux couleurs d’une véritable exhibition en basin. Le soir venu, la nouvelle mariée est conduite chez son époux au son des klaxons de mobylettes et de voitures.

Plus besoin de passer une semaine dans la maison sans mettre le pied dehors, comme il était de coutume. La célébration du mariage et le déménagement de la nouvelle mariée chez son époux se font le même jour. D’ailleurs, le temps presse, puisque selon certaines personnes, elle doit y être rapidement pour s’occuper des travaux du mois de la privation. Le mariage est donc célébré, juste pour que la femme s’occupe de la préparation des bouillies et « zoom-koom » pour monsieur ? En tous les cas, si ce n’est pas le cas, cela y ressemble fortement.

Beaucoup de gens restent alors sceptiques quant au sens réel de ces unions, d’autant plus qu’à l’approche de ce mois de carême, commente une vieille dame, « On fait appel au fiancé pour qu’il accélère les démarches du mariage. Aucune demande n’est d’ailleurs rejetée ». Une remarque, qui amène une autre à ironiser que : « les femmes sont en bonus en cette période ».

Le mariage oui ! Mais pas pour le temps du jeûne ! Comme le soutiennent certains. « Depuis deux semaines, les marchés sont fréquentés par les nouvelles mariées, qu’on peut reconnaître par un pagne (couleur bleu-noir brillant). Après le carême, vous les chercherez sans les voir », soutient une vendeuse de charbon, qui reste perplexe quant à l’issue des relations qui peuvent, dit-elle, sombrer juste après le jeûne.

Bassératou KINDO

L’Express du Faso

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