Facebook : Ni ange, ni bête !

jeudi 12 juillet 2012 à 23h08min

Nous ne nous intéressions pas du tout à Facebook à cause de certaines appréhensions basées sur des a priori. Poussés par des amis, nous nous sommes ouvert un compte. Aujourd’hui, nous avons 446 amis sur le réseau et nous appartenons à plusieurs groupes. Il faut dire que nous aimons passer souvent un sacré temps sur notre page. Notre comportement et nos expériences en rapport avec le réseau social nous ont emmené à nous ’interroger sur les liens existant entre Facebook et les milliers d’internautes du Burkina Faso et du monde entier.

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Selon des récentes informations, l’utilisation de Facebook a connu un ralentissement au premier trimestre de l’année 2012, notamment aux Etats-Unis. En termes chiffrés, il a perdu successivement 158,93 millions de visiteurs en mars, 158,69 en avril et 158,01 en mai. On pourrait dire que le réseau perd du terrain sur sa terre natale. Le paradoxe, c’est que le temps moyen des utilisateurs est en hausse. En résumé Facebook se porte bien.

Plus de 800 millions de personnes dans le monde l’utilisent. Sur le continent africain, réputé être le dernier de la classe en matière numérique, les chiffres sur l’utilisation de Facebook se cherchent avec une torche. Certains estiment aujourd’hui à 17 millions les Africains abonnés à ce réseau social contre 10 millions en 2009. Selon les chiffres, 15% des internautes africains (ils étaient 100 millions à la fin de 2010) utilisent Facebook contre 11% pour les Asiatiques. Mais selon Socialbakers.com, l’Afrique compte 119 millions d’internautes dont 32 millions possédant un compte Facebook.

Les pays champions en matière d’utilisation de Facebook en Afrique sont l’Egypte avec 10.669.020 utilisateurs, l’Afrique du Sud (4.583.480), le Maroc (4.297.920), le Nigeria (4.133.900), l’Algérie (3.386.800), la Tunisie (2.974.940), le Kenya (1.317.450), le Ghana (1.192.480), la République Démocratique du Congo (845.200) et le Sénégal (667.820). Il ressort que le nombre de connexion au réseau le plus populaire actuel au monde qu’est Facebook, va croissant, atteignant 120% dans des pays comme la RDC.

En matière de données chiffrées sur les internautes du Burkina connectés au réseau, le tableau reste vierge. Selon Malick Tapsoba, analyse programmeur au ministère des Transport et de l’économie numérique, il n’y a pas encore d’étude au niveau national sur le phénomène des réseaux sociaux, dont Facebook à cause principalement de l’évolution ultra rapide et difficilement maitrisable de ces réseaux.

Par contre, on constate un engouement autour de ce réseau. Parmi les connectés, on dénombre des artistes, des intellectuels, des hommes politiques et entreprises, des élèves, des étudiants... Sur la page Facebook, on rencontre par exemple des hommes politiques tels Harba Diallo, Zéphirin Diabré, Gilbert Noël Ouédraogo et même deux comptes du nom du Président du Faso Blaise Compaoré pour ne citer que ceux là. Les partis politiques sont également représentés. On peut dire donc que Facebook rentre dans les habitudes.

Facebook, l’ange

Ce qui nous préoccupe sur ce réseau Facebook, ce n’est ni son utilité ou son usage à plusieurs dimensions, ni la massification en cours en matière de connexion ; c’est surtout l’effet qu’il est en train de créer au sein des internautes. Un sondage auprès de 70 de nos amis « facebookers » nous a permis de faire un listing des raisons motivant l’utilisation du réseau. Il s’agit de communiquer, de retrouver ou de se faire des amis, de se distraire, de réduire les distances et de faire des recherches. Effectivement, Facebook dispose des applications qui permettent aux internautes de disposer d’un certain nombre de services. Dans ses principes de base, il permet de profiter des avantages de notre société d’information et d’intelligence dans ce qu’on appelle le village global. Dans ce village global, des familles se retrouvent ; des gens qui s’étaient perdus de vue revoient ; les citoyens embrigadés dans les frontières des Etats découvrent une certaine liberté et deviennent des citoyens mondiaux et planétaires. En un mot, le réseau social que nous connaissons ressemble à une vie naturelle en version révisée.

Facebook, la bête

Dans son état second et donc « diabolique », Facebook est un danger permanent qui guette ses utilisateurs, si un certain nombre de dispositions ne sont pas prises par les uns et les autres. Le dernier exemple illustre en date, est le piratage du compte du ministre des Transports et de l’Economie numérique, Gilbert Noel Ouédraogo. Lorsque nous avons essayé d’échanger avec lui sur son compte facebook, il a préféré par prudence nous recommander à son chargé de communication. Cette réaction du ministre à notre invitation est illustratif d’une méfiance permanente qu’il faudrait avoir face à des « amis » internautes dont il est difficile de maîtriser l’identité, fussent-ils des connaissances. On ne sait jamais assez qui est derrière chaque compte facebook. C’est peut-être la raison pour laquelle certaines autorités politiques inscrites sur le réseau n’ont pas voulu répondre au petit questionnaire que nous avons envoyé à nos « amis ».

Notre sondage auprès des 70 de nos amis facebookers nous indique d’ailleurs que « l’utilisation des informations non vérifiées », « l’utilisation malveillante des profils », « l’insécurité », « le piratage des comptes », « l’exhumation de la vie privée », sont des éléments qui hantent tout le monde sur le réseau. Dans son livret intitulé « Conseils pratiques pour une meilleure protection de ses données personnelles », la Commission de l’Informatique et des Libertés (CIL) résume en un paragraphe, les préoccupations des facebookers : « l’adhésion aux différents réseaux sociaux peut entraîner : une exposition de la vie privée ; toute information donnée par ce canal est souvent démultipliée. Une atteinte au droit à l’image : les photos envoyées par ce canal peuvent avoir plusieurs destinataires et être utilisées à d’autres fins à votre insu, sans votre accord. Une atteinte à la réputation : toute information ou photos transmises par ce canal peut être utilisées ultérieurement en vue de salir votre réputation ».

Les autres nuisances non encore évaluées

Nous avons demandé à une de nos amis facebookers, les inconvénients du réseau qu’elle utilise. Elle a cité son aspect envoutant. En fait, notre amie était dans une salle de classe mais était malgré tout connectée parce qu’elle « adore échanger avec ses amis ». Cet effet « accro » de Facebook impacte négativement sur le plan professionnel. L’expérience, selon certains internautes, montre qu’une partie des travailleurs qui ont accès à ce réseau dans leur lieu de travail ne sont pas assez concentrés sur les tâches quotidiennes. Il se dit aussi que le réseau sépare des couples, favorise des divorces tout comme il constitue un terrain idéal pour les hommes et les femmes pour se faire la cour !

L’aspect distractif et divertissant excessif vient ainsi apporter une autre dose de négativité à Facebook. Certains services publics ou privés ont eu l’idée d’en priver l’accès à leurs travailleurs ; encore faut-il se demander la légalité et l’opportunité d’une telle mesure. En tout cas, c’est une impression de tout distractif que nous observons chez les travailleurs qui passent plus de leur temps sur le site. Le fait qu’il y ait énormément de passion autour de ce réseau, (on pourrait le nommer facebookmania ou facebook-gouvernance) pourrait ainsi engendrer un phénomène sociologique dont les limites pourraient se révéler difficilement contrôlables. A moins qu’entre-temps le Burkina Faso imite la Chine en interdisant l’accès à ce canal. Une hypothèse qui n’aurait pas de sens car étant en quelque sorte une restriction aux libertés fondamentales des citoyens.

Bref, en réalité Facebook n’est ni bon ni mauvais. L’avenir du phénomène sociologique qu’il incarne dépend de l’Homme dans son essence « blaisepascalienne » : « L’homme n’est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête.” Il en va de même des rapports entre les internautes et Facebook. Ce réseau est certes l’affirmation de « libertés », mais il comporte des contraintes et des nuisances qu’il faut savoir doser pour trouver l’équilibre utile. Car après tout, juger Facebook, c’est juger les motivations de ceux qui s’y connectent. Il faudrait peut-être instruire les « facebookers » à un usage responsable de leur réseau pour en tirer meilleur profit.

Par Michel NANA


Mesures et précautions à prendre lorsque vous utilisez les services des réseaux sociaux

Bien choisir quelles informations rendre visibles et avec qui les partager.

Ne pas accepter n’importe quelle invitation d’inconnu : on peut se retrouver en relation avec d’illustres inconnus, bien intentionnés ou malintentionnés qui auront accès à nos données personnelles, e-mail, numéro de téléphone, photo de famille ou d’amis, parcours scolaire, profession, etc. (ces données personnelles peuvent être utilisées pour créer des messages d’hameçonnage, deviner votre mot de passe, usurper votre identité pour commettre éventuellement des infractions à votre insu).

Prendre le soin de configurer préalablement les paramètres de confidentialité.

S’appuyer sur la notoriété d’un éditeur avant d’intégrer un réseau social.

Source : CIL

Par Bendré

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Vos commentaires

  • Le 13 juillet 2012 à 11:07
    En réponse à : Facebook : Ni ange, ni bête !

    bien qu’étant tous les jours connceté à internet où je fais plein de choses et ayant des comptes mail depuis 10 ans je ne suis pas interressé par les reseaux sociaux qu’on ne cesse pourtant pas tous les jours de me proposer. je me mefie de cela car il n’est pas question pour moi de mettre des informations privées au vu et au su de tous et dont je ne peux reguler ni connaitre l’utilisation qui peut en etre faite par mes correspondants. les reseaux sociaux n’ajoutent pas un plus a ma vie.

    Répondre à ce message

  • Le 17 juillet 2012 à 16:39, par mamansoucieuse
    En réponse à : Facebook : Ni ange, ni bête !

    article très intéressant... il repond à mes préoccupations en tant que mère ; je me suis toujours méfiée de ces reseaux sociaux ; je voulais y aller pour comprendre et savoir protéger mon fils de 15 ans qui y est ! En lisant , je retiens que ce n’est ni bon ni mauvais ; tout dépend en réalité de chacun, il faut savoir rester seul maître de sa personne, ne pas devenir esclave de ce phénomène ; ; prudence prudence à tous et surtout pour les plus jeunes. merci et bon vent à vous

    Répondre à ce message

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